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Fiction: La quête pour l'anneau écarlate

linkalink
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Niveau 10
15 janvier 2007 à 21:06:16

ah, m´en fous, tu m´énerves :fou:

Moicesmoi
Moicesmoi
Niveau 10
15 janvier 2007 à 22:59:11

J´t´retourne le compliment :fou:

Moicesmoi
Moicesmoi
Niveau 10
11 février 2007 à 17:20:16

J´vais passer la suite sur le topic, un p´tit moment s´il vous plaît.

Moicesmoi
Moicesmoi
Niveau 10
11 février 2007 à 17:32:08

-III-
La brume matinale ne s’était pas encore dissipée que, monté sur un léger monticule, un orc aux dimensions surdimensionnées soufflait dans une immense corne de bélier. Une armée s’extirpa de la condensation, formée de façon hétéroclite, composée d’Orcs, de gobelins et de morts-vivants, armés jusqu’aux dents, avançant pas à pas vers l’orée de la forêt, puis la plaine où ils pourraient nargués la forteresse.
Un des morts se détacha du convoi. Sa main enserrait un sabre d’argent qui ne lui appartenait pas vraiment… son orbite gauche était vide, mais si ça n’avait pas été le cas, on y aurait vu un œil blanc sans pupille qui jetait des petits regards nerveux en direction d’une grande tente blanche. Il y pénétra, et coupa la conversation frénétique entre trois personnages.
Le premier était un elfe, grand, habillé tel un mage, son poignet droit sur la table, faisant cliqueter un incroyable bracelet où des rubis et des émeraudes se mariaient.
Le deuxième était un gobelin, grimaçant en se tenant l’épaule gauche, assis sur un tabouret, bondissant dessus parfois, lorsque les conseils qu’on lui donnait l’irritait.
Le troisième se tenait à part, les bras croisés, une étrange arme bleutée faite de deux lames, une en dent de scie, l’autre parfaitement courbe, cette épée démoniaque fixée sur son dos et le capuchon noir rabattu empêchant de deviner son sexe.
- Tu es en retard. Dit l’elfe.
- Je sais.
- Et où sont toutes les autres troupes que tu nous avais promises ?
- Il y a eu un imprévu… Le hobbit avait un objet magique qui a annihilé toutes mes forces !
- Idiot ! Siffla le gobelin. Nous n’aurons jamais ces terres, il nous faut plus de soldats !
- Silence ! Le calma l’elfe. Il est clair que c’est assez contrariant, mais je pense que le test pourra être complet même si nous n’usons pas de grandes forces.
- Et Focus ? Demanda le mort-debout.
- Et les aventuriers ?
- Je n’ai pas pu les arrêter. Mais certains de leurs membres sont blessés, ils devront donc faire étape au royaume de l’Ecriture.
- Nous ne pouvons pas les attaquer là-bas, trop près de notre but. Quant à Focus… nous n’avons pas pu le tuer, mais nous l’avons sérieusement blessé… Si nous nous dépêchons, nous pourrons agir avant lui.
- Comment allons-nous procéder ?
Darlac se leva, et posa son gantelet noir sur la carte :
- J’irai avec les orcs sur les remparts Sud, nous concentrerons une majorité de nos forces là-bas, de façon à les tenir le plus occupé possible Notre but sera dans une premier temps de raser les arbres puis de déceler des pierres, ça devrait suffire pour faire en sorte que nos ennemis se concentrent sur nous.
« Les gobelins et Gork seront sur la partie Ouest, ils escaladront les arbres et rentreront dans la cité. Notre première escarmouche nous a montré leur puissance aux armes de jet, nous ne commettrons pas deux fois la même erreur : les gobelins affaibliront les archers.
« La partie Est sera pour toi Plaque. Le souffle des morts les prendra au cœur. Tu dois faire en sorte de pénétrer dans la cité pour préparer l’intérieur du côté Nord.
- Qu’est-ce qui se passera là-bas ?
- J’ai préparé quelques troupes assez étonnantes plus loin, elles feront route dés qu’il le faudra pour attaquer une ancienne poterne. Elle a été renforcée de l’intérieur et sera très défendue. Les morts-debouts devront briser la protection pour permettre à mes… «créatures » de fracasser cette fichue
porte.
- C’est assez brouillon comme attaque.
- Oui… Je le concède.

Les hordes armées formées de créatures impies se rassemblèrent et commencèrent à former un large demi-cercle. Les yeux de Niphrédil évaluèrent rapidement la distance : trop importante pour permettre une attaque avec des armes à distance.
- Qu’est-ce qui se passe ? S’écria Thanatus, depuis la cour.
- Ils se rassemblent, ils vont lancer l’assaut.
- Archers ! Tous sur les remparts !
Une véritable cohue se forma, les guerriers vêtus d’argent grimpant les escaliers avec hâte, encochant des flèches.
- Où est Musique ? S’écria l‘ex-modéro.
- Toujours pas revenus depuis hier. Ce matin risque de bien être le dernier si il ne commande pas ses troupes ! Le renseigna Arc-de-fer.
- C’est un bon à rien, on peut gagner sans lui ! Le coupa Elendil.
Une rangée de pointes métalliques s’hérissa. Les troupes ennemies restèrent éloignées, lorgnant avec peur et mépris leurs opposants. Darlac fendit ses troupes, perça à l’avant, puis sortit son arme.
Il cria. Son cri fut reprit, aguerrissant le cœur de ses soldats. Et ceux-ci s’élancèrent.Les archers attendirent, tremblant, leurs doigts glissants sur les plumes des flèches. Leur corde est tendue, mais ça ne fait rien, les esprits sont suffisamment décontractés, presque euphoriques. Ils profitent de ce qui pourrait être leur dernière bouffée…
La pluie de flèche s’éleva, tourbillonnante, le soleil les frappant de pleins fouets et renvoyant de multiples reflets, puis elle retombe et clairseme les rangs ennemis. Les tirs droits et puissants d´Arc ne parvinrent pas à briser les plaques métalliques du capitaine du désespoir, commandant des forces hérétiques. Les nombreux restes se rassemblèrent vite et se séparèrent en trois rangs distincts : Morts-vivants, gobelins et Orcs. Ceux-ci venaient de face, arbalète et arcs aux poings,certains traînant de lourds présentoirs à lances.
Les archers ennemis tirèrent, leurs pointes se brisant contre les créneaux et les armures. Mais les arbalétriers, eux, étaient bien plus destructeurs : les carreaux volaient, et même si, sur une dizaine, neuf passaient à côté, une atteignait sa cible, synonyme de mort et de sang.
Les plus robustes Orcs s’engouffrèrent sous la voûte de la forêt artificielle et soulevèrent leurs lourdes haches. Elles s’engouffrèrent dans la chair des arbres, avant de se relever, le tranchant enduit de sève collante, hémoglobine végétale. Mais ils étaient robustes, et même à trois, ils ne pouvaient espérer l’abattre avant qu’une flèche n’en tue un.
Moins d’une heure auparavant, Epona avait profité de cette matinée pour monter sur les murailles et profiter du vent frais de la matinée. Doux instant de quiétude, paisible moment de sérénité. On n’aurait pas dit que c’était il y a une heure, car maintenant, elle se cachait derrière un créneau, se relevant parfois pour lancer une dague et tuer un ennemi. Elle ne pouvait rien faire, sa technique reposant sur des attaques rapprochées rapides et efficaces.
Thanatus roula sur le côté et vint s’asseoir à côté de la guerrière humaine, en essuyant sa hache. Il pointa le doigt vers la droite : les gobelins escaladaient les remparts vides de ce côté-là. Epona brandit son plus grand coutelas et sa rapière et s’élança, se baissant pour éviter les traits mortels, l’ex-empereur sur ses talons. Elle trancha la gorge d’un de ses ennemis après en avoir transpercé d´autres. Elle en fit tomber un autre avec son talon, s’écartant pour laisser la fureur d’un maître des haches se déchaîner.
Les gobelins tombaient les uns après les autres, la hargne combinée des deux spadassins les découpant plus d’une fois, leur cape s’entremêlant dans leur lutte acharnée. Gork les observait, dans un arbre, grimaçant de colère et de douleur. Fichu bras gauche qui lui sauvait la vie.
Les morts-debouts escaladaient avec peine, formant une pyramide non vivante pour atteindre le sommet de l’édifice protecteur. Plaque sauta sur le granit et regarda à sa droite. Les archers n’étaient pas dans la cour, mais sur la partie Sud, abattant les orcs. Mais tout allait comme il le fallait, puisque ces chairs à canon remplissaient leur tâche. Il ne restait plus qu’à s’occuper de cette poterne.
- N’avancez pas, créatures du démon !
Plaque regarda le sol en dessous de la muraille et vit un magicien, emmitouflé dans une cape noire, rouge et bordée de fil d’or.
- Qui es-tu ?
- Je me nomme Apop, le magicien foudroyant.
Une série d’éclairs s’abattirent sur les remparts, frappant les quelques undeads ayant réussi à suivre leur maître. Une autre cascade frappa l’endroit où se trouvait Plaque auparavant. Celui-ci se ramassa habilement sur le sol de la cour.
- Pas mal, pour un apprenti, mais la force des ombres est en moi.
Il tira son sabre et bondit, fendant l’air de son arme. Un dôme de foudre se créa et para le choc. Le thaumaturge des ténèbres recula, la main tremblotante à cause de la conduction électrique. Puis il fit sortir des lianes noires du bout de ses doigts, enserrant le dôme. La protection craqua, et Apop usa de plusieurs coups de bâtons pour se sortir des griffes des ténèbres. Le mort ricanait, son large sourire édenté s’étendant de plus en plus. Apop créa une légère balle de foudre dans sa main gauche et la lança vers son adversaire. Celui-ci se déplaça sur la gauche, puis sur la droite, chaque petite sphère frappant le sol sans jamais atteindre sa cible. Apop se stoppa, soufflant.
- Ton énergie magique est plus que limitée. La mienne provient des ténèbres…
- Ne t’en fais pas, je vais te les faire rejoindre tes ténèbres !
Un éclair frappa le magicien des cieux et le métamorphosa : son bâton disparut pour faire place à deux épées de lumières, sa robe devint une armure de paladin, et son corps se renforça.
Il se jeta sur son ennemi avec une vitalité accrue. Ses coups frappèrent avec une puissance nouvelle le sabre d’argent. Plaques recula en tentant de parer un maximum de chocs. Mais son ennemi avait de quoi lui résister désormais. Il accula le puissant mort-vivant dans un coin, et d’un revers sournois, le désarma sans difficulté.Il appliqua l’estoc de son arme sur le cou de son ennemi.
- Désolé, je suis le plus puissant, et c’est tout.
- Tu crois ? ricana le thaumaturge des ténèbres.
Il se saisit du poignet du mage foudroyant et se servit de sa force naturel pour repousser l’arme. Instinctivement, Apop dressa son autre arme.Grave erreur. Lorsque les armes se croisèrent, un puissant choc électrique envahi les deux combattants, le mage décomposé, creusant des blessures nécrosées dans sa chair, et l’apprenti enchanteur, ses organes internes s’affolant.
Plaque s’avança en titubant, mais toujours avec son rictus méprisant. Il laissa là le corps d’Apop, évanoui, mais avec cette ultime pensée dans l’esprit :
« J’ai échoué. »

Moicesmoi
Moicesmoi
Niveau 10
25 février 2007 à 01:45:15

On dirait que personne n´a vu... où tout le monde a arrêté. Tant pis :rire:

Bon, je poste le chapitre IV , soit le chapitre 4 de la défense du forum :)

-IV-
Elendil et Niphrédil avaient rejoint Epona et Thanatus dans leur lutte contre les gobelins, se multipliant sur les remparts comme la vermine dans les greniers. La bataille sur ce flanc était déjà gagnée : dés qu’ils les voyaient s’approcher à moins de deux mètres, ils se jetaient dans le vide d’eux-mêmes. L’assaut fut vite maîtrisé, et ils battirent en retraite à distance respectable. Les héros passèrent rapidement aux remparts Sud, et virent avec stupéfactions que la situation était sous contrôle : les orcs étaient abattus les uns après les autres et n’avaient encore réussi à abattre aucun arbre.
- Seigneur ! Hurla l’un d’eux à l’attention de Darlac.
- J’ai vu !
Il examina plusieurs autres possibilités pour continuer de focaliser l’attention sur eux. Tant qu’ils resteraient sous les flots incessants des traits des archers ennemis, ils ne pourraient pas couper les arbres. La couverture que la canopée offrait n’était finalement d’aucune utilité… Alors pourquoi s’embarrasser d’une chose aussi inutile ?
Il se retira en direction de son camp.

Les guerriers du RDR étaient de fiers combattants qui ne s’accordaient aucune pause tant que l’assaillant n’était pas repoussé. C’était donc dans cette optique qu’Epona fit rapidement le tour des remparts. Elle aperçut un corps couché dans la cour. Elle bondit des murailles, se rattrapa avec grâce et examina l’homme. C’était Apop, blessé, mais toujours vivant.
- Epona… Vite !
- Economise tes forces… Dis-moi simplement ce qu’il s’est passé.
- Les… morts-vivants… Ils sont entrés.
Elle appela des gardes, et leur ordonna de transporter le magicien dans une maison et de veiller sur lui.
Elle grimpa ensuite les marches pour avertir Thanatus de la situation.
- Des morts-vivants ? M…
- Nous devons les rattraper ! Nous ne devons pas perdre de temps !
- Inutile de nous précipiter.
Il prit un instant de pause et jeta des regards dans tous les sens.
- Nous ne pouvons pas prendre des soldats, nous devons nous débrouiller tout seul.
- Mais ils peuvent se cacher n’importe où dans cette ville.
- Combinons intelligence et force pour être plus efficace : ils ne nous ont pas attaqué, ils prévoient donc de rester discret. Pourquoi ?
- Ils ne veulent pas attirer l’attention mais ça ne nous aide pas.
- S’ils ne prévoient pas d’attaque interne, ils ne peuvent rien faire… Oui, ils pourraient faire entrer des forces par la porte ! Sauf qu’il n’y a pas de porte…
- Mais sur les remparts nord, il y a une ancienne poterne, une attaque massive seule ne suffirait pas à rompre la magie qui la protège. Toutefois, combiné avec des dégâts internes…
Une flèche siffla et passa très bas au-dessus de leur tête.
- Ca expliquerait pourquoi il se concentre sur la partie sud.
- Nous sommes pris en tenaille entre Charrybe et Scylla…
- A nous deux, on a une chance contre les morts-vivants.
- Ce serait se jeter dans la gueule du loup.
Le rire de Thanatus, amplifié par le métal, fit frissonner Epona.
- C’est dans la gueule du loup qu’on a le plus de chance de le tuer.

Plaques et une dizaine de morts debout se trouvaient actuellement dans une taverne. Au chant de l’elfe… Il avait d’abord pensé à rejoindre directement la poterne avec ses soldats lorsqu’il avait vu ça. Il avait laissé une vingtaine des guerriers continuer leur route tandis qu’ils se livraient à des actes de dégradation et de vandalisme dans cette taverne. Les tables étaient renversées, les bouteilles jetées dans tous les sens et leur contenu déversé sur le sol et les murs.
- Boutons le feu maintenant ! Les commerçants apprendront à ne jamais utiliser les noms des créatures ennemis dans leur enseigne !
Il prit une gigantesque tête de sanglier empaillée et la jeta dans l’âtre, avec quelques bouteilles. Puis il but longtemps, prit une torche, et cracha les flammes qui embrasèrent la décoration. Il ricana en découvrant ses dents pourries.
Puis quelqu’un applaudit. Tout le monde se retourna vers la porte. Dans l’encadrement, un se tenait debout, en armure de cuir bouilli, un fleuret sur le côté.
- Quelle démonstration… Tu es un vrai artiste !
- Qui es-tu ?
Il s’avança, rejeta ses cheveux noirs dantesques en arrière puis plongea ses yeux sombres dans ceux du maître des morts.
- Je n’ai pas à te répondre, acrobate. Vois-tu, ici, c’est le bar d’un ami… Et comme il est en déplacement, je me dois de protéger sa possession.
Un nouveau ricanement. Le sabre elfique jaillit de son fourreau pour plonger vers le cœur de l’impétueux humain. Celui-ci esquiva d’un pas de côté et plaça un atémi sur le poignet ennemi. La lame tomba mais fut rattrapé par le maître d’arme.
- Mais dis-moi, tu sais te battre avec ce sabre ? D’après le fleuret que je vois, tu es un escrimeur. Hors je sais que dans ce genre d’art, on n’apprend à se battre qu’avec un type de lame…
Les cadavres ambulants se jetèrent sur Musique à cet instant. Mais celui-ci fit un bond en arrière, se reçut délicatement avant de se lancer dans la bataille.
Plaque n’en croyait pas ses yeux : L’homme qu’il avait devant lui maniait parfaitement le sabre. Alors pourquoi se baladait-il avec un fleuret ? Etait-ce une technique pour désabuser ses adversaires ou avait-il une maîtrise parfaite des deux armes?
Musique enchaîna trois violents coups de taille, démembrant sans difficulté le dernier de ses opposants.
- Toi et tes hommes avez plus droit à une place dans un cirque que sur un champ de bataille, acrobate.
- Tu es vraiment fort. Néanmoins, je crois que j’ai un argument qui pourra sans doute rééquilibrer le rapport de force.

Thanatus, Elendil et Epona coururent vers les remparts Nord. Malgré leur petit nombre, ils espéraient avoir une chance contre les quelques morts-vivants. Ils avaient tenté de rallier quelques autres héros, mais Arc était trop occupé à abattre les orcs qui n’avaient toujours pas coupé d’arbres, Niphrédil était introuvable, et Apop n’avait toujours pas récupéré. Ils s’avancèrent dans les petites rues étroites, glissant sur les pavés, avant de déboucher dans la seconde cour, plus petite, mais toujours avec une statue de Focus, affrontant les ténèbres. Une vingtaine de morts se trouvaient là, combattant quelques défenseurs en mauvaise posture. Epona tira son dernier poignard de sa botte, et le lança sur l’ennemi le plus proche. Thanatus chargea trois cadavres et les fit tomber au sol, avant de les piétiner. Elendil porta un coup d’estoc, transperça un crâne, avant de trancher quelques autres ennemis. Le rapport de force inversé, les morts furent rapidement défaits.
- Trop facile. Lâcha Epona en essuyant sa rapière.
- Faites attention, il y en a peut-être d’autres. Répondit Elendil.
Puis il fronça les sourcils et pointa le doigt vers l’intérieur de la ville.
- C’est quoi cette fumée ?

- Ecoute, acrobate, tu peux faire ton malin, mais c’est moi qui aie les atouts en mains.
- Vraiment ? Vois-tu, en arrivant ici, une fille est arrivée. Elle avait l’air drôlement en pétard. Elle s’est même mise en tête qu’elle pourrait tous nous vaincre. Je l’ai facilement maîtrisé avec mes pouvoirs et mes hommes l’ont emmenés en haut.
- Et pourquoi te croirais-je ?
Plaque ricana… avant d’utiliser sa magie : il souleva les braises de l’âtre par la pensée et les jeta sur son opposant. La décoration incandescente heurta Musique qui s’effondra en lâchant son arme. Le thaumaturge s’en saisit, puis lança quelques braises sur les murs et le sol imbibés d’alcool. La pièce prit feu à une vitesse alarmante. Le magicien sortit, se dirigeant vers la porterne.
Musique se releva rapidement et jeta un regard vers le fuyard puis sur l’escalier… Il avala les marches quatre à quatre tandis que les flammes se propageaient, transformant l’ancienne pièce commune paradis des alcooliques en fournaise issue des enfers. Il regarda dans toutes les pièces avant de trouver, attachée sur le lit et une énorme bosse sur le front, Niphrédil, se débattant pour attraper sa dague à sa ceinture.

Le soleil était bas à l’horizon lorsqu’une grande forme noire s’éleva dans les cieux. La peur saisit les soldats au cœur, lorsque deux grandes ailes de toiles noires se déployèrent. En quelques battements, une effroyable créature vint se placer au-dessus des défenseurs. Arc regarda la bête et ordonna qu’on l’abatte. Des dizaines de flèches s’envolèrent et se fracassèrent contre les écailles sombres. Darlac, assis sur le dos du dragon ricana en ordonnant à son serviteur de cracher les flammes des terribles montagnes incandescentes sur les pitoyables défenseurs effrayés. Tous se jetèrent dans la cour, préférant se briser les membres plutôt que périr carbonisé. Les murailles furent rapidement dégarnies… Une nouvelle volée de flammes s’abattit ensuite sur la forêt, boutant le feu aux arbres et grillant les orcs. Puis le seigneur ailé monta à nouveau dans les cieux, avant d’être agité de soubresauts. Puis il vomit, et sa bile se déversa sur les remparts… Mais ce n’était pas du suc gastrique, mais de la lave qui fit fondre quelques roches et interdit le retour à leur poste aux archers. Un partie s´abattit sur les faubourgs adjacents aux murailles, provoquant une réaction incendiaire en chaîne.

linkalink
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Niveau 10
25 février 2007 à 14:02:25

Uhuh :noel:

Moicesmoi
Moicesmoi
Niveau 10
25 février 2007 à 18:04:05

J´ai bien peur de ne pas avoir saisi le sens de ton message :noel:

Moicesmoi
Moicesmoi
Niveau 10
04 mars 2007 à 00:33:19

Sweet (suite).

Chapitre V, soit les chapitre 5 (et dernier) de la défense du forum. :fou:

Je suis un peu déçu de la fin, mais bon, il fallait caser ça.

-V-

Une chaîne d’hommes transportant des seaux fut rapidement créée. Ensemble ils tentèrent d’éteindre les incendies, menaçant de brûler entièrement la cité, à part le palais délabré du modérateur, où les civils s’étaient réfugiés. Les étoiles s’allumaient une à une, mais elles étaient voilées par la fumée se dégageant des faubourgs. Elendil arriva et vit la pagaille qui régnait sur la place. Il trouva rapidement Arc, qui commandait les forces en l’absence de Thanatus.
- Arc ! Que s’est-il passé ? Et c’est quoi cette odeur ?
L’interloqué se retourna, et sourit :
- Orcs grillés à point… Un dragon est arrivé et… Nous ne pouvons plus défendre ces remparts-ci, et les maisons brûlent.
- Il faut défendre la partie Est !
- Quoi ?
- Les morts-vivants… Ils arrivent par centaines et ils se dirigent vers la poterne !
L’expression de l’archer se fit grave.
- Combien ?
- Des centaines je te dis ! Thanatus, Epona et quelques hommes défendent la poterne mais…
- On arrive !
Il désigna quelques soldats qui devaient continuer la lutte contre les flammes se propageant. Le reste de ses troupes et lui coururent dans les rues étroites, se hâtant vers le lieu de la bataille. Lorsqu’ils arrivèrent, ils se rendirent facilement compte de l’ampleur de la guerre modèle réduite qui se déroulait dans la cour. Les morts-vivants étaient en grande supériorité numérique, le rapport de force se trouvant à plus de dix contre un. Et, malgré le courage des héros qui défendaient au détriment de leur vie le mur, les renforcements magiques jetés pour protéger les briques de granit avaient presque cédé. Les nouveaux arrivants se jetèrent corps et âmes dans la bataille, tirant leurs lames et bandant leur arc.
Arc encocha flèches sur flèches, se livrant à un vrai massacre sur les cadavres ambulants. Mais ceux-ci ne s’arrêtaient pas pour les simples pointes qui les transperçaient, ne ressentant pas la douleur et leurs organes vitaux étant protégés par de simple armure de cuir. L’expert en flèches troqua rapidement son arc pour deux poignards et se dirigea vers le grand mur de roche renforcé de bois. Les morts se jetaient dessus, espérant affaiblir la protection magique lancée il y a bien longtemps par Focus. Son pouvoir diminué par le temps et par l’éloignement de son sorcier, le sortilège pouvait toutefois résisté quelques temps, repoussant les undeads trop entreprenants. Néanmoins, ceux-ci jetaient des marteaux et des roches sur le mur, luisant d’une lumière de plus en plus faible.
Thanatus avait rejeté ses épaulières et ses protège poignets, gênant ses mouvements. Son plastron était recouvert de griffures de toutes tailles, et percé en tous les endroits où une lame avait réussi à larder l’ex-modérateur. Il balançait sa hache en de grands mouvements latéraux, coupant les têtes et éventrant les ennemis. Epona était débordée mais se battait avec fougue, sa rapière brisée mais toujours perçante. Trempés de sueur, ils maintenaient une grande partie de leurs ennemis loin de la roche magique, qui pourtant subissait des assauts de plus en plus violents. Une véritable marée de nouveaux soldats envahit la place, faisant reculer les noirs assaillants. Ceux-ci formèrent un mur, pour tenter de retenir leurs ennemis, dressant des boucliers et des pointes entre eux. Malgré leur nombre en équilibre avec ceux des morts, les arrivants n’arrivèrent pas à défaire la ligne ainsi placée.
Les deux héros étaient isolés, mais avaient réussi à entasser un tas de cadavres devant leurs ennemis. Les lames plongeaient et mettaient un terme aux souffrances des morts debout , toutefois ils étaient trop nombreux pour être arrêtés.
Des flèches volèrent des remparts… La situation s’aggravait encore : Les gobelins avaient réussi à escalader les murs et faisaient pleuvoir une pluie de pointes meurtrières sur les défenseurs. Le chaos de la bataille redoubla, tandis que les boucliers se faisaient plus dur que le diamant. Le doute et la peur envahirent le cœur des humains : avaient-ils une chance de remporter la victoire ?
Thanatus fit signe à Epona. Celle-ci se plaça derrière le colosse, qui chargea la masse compacte des assaillants. Renversant toutes les créatures décomposées, il se fraya un chemin jusqu’à la ligne séparant humains et putrides monstres, protégé par la guerrière derrière lui. Il trancha trois têtes, et un des teneur d’écu s’effondra. Une percée était faite. Un autre se retourna, prêt à transpercer l’assaillant, mais Elendil bondit, et sa lame plongea dans les entrailles nauséabondes.
Tandis que ces deux mètres libérés permettaient à des humains revigorés de se mêler à la foule des zombies, Thanatus et Epona se frayèrent un chemin jusqu’à la rue d’où avaient déboulé les défenseurs quelques instants auparavant. L’ex-modérateur s’agenouilla quelques instants, puis ordonna à Epona :
- Va chercher musique.
- Pourquoi ?
- Elendil se plaint de lui, mais il m’a raconté comment il se battait. Nous avons besoin de lui.
- Mais, la poterne risque de céder…
- Va, et trouve-le… Tu peux le faire. Lui saura quoi faire. Va, cours, et nous venge.
La guerrière s’élança dans la rue, passant à côté des larges maisons à colombage, des caniveaux inondés de sang coulant de la cour. Sa mission : Trouver le seul capitaine qui avait une chance de les sauver.

Le dernier des défenseurs de la muraille sud tomba, égorgé par la lame elfique de Plaque. Il découvrit une nouvelle fois ses dents gâtées, en admirant le massacre qu’il avait réussi à accomplir en quelques instants. Des coups de marteaux résonnaient, de l’autre côté des blocs de pierre. Tout marchait pour leur plan : Gork pensait que la muraille Nord abritait une ancienne poterne, et qu’il s’agissait de la partie la plus faible. Ce qu’il ignorait, c’était que l’heure était venue pour les parias des ténèbres de se débarrasser des gobelins. Ces ridicules créatures pensaient qu’elles pourraient habiter cette forteresse, mais en fait, elles ne devaient pas passer la guerre. Elles étaient là pour les besoins du test, et c’était tout.
Le siège était presque gagné : toutes les forces étaient maintenant occupées à repousser les morts au nord, mais personne n’avait songé un instant que l’imprenable côté sud était la cible… Une fois les pierres vitales au mur décelées, il s’effondrerait comme un château de carte.
Il ne lui restait plus qu’à attendre. Toutefois, des bruits de pas se firent entendre, derrière lui, troublant sa réflexion. Il se retourna et aperçut une guerrière arriver, tout en sueur, essoufflée. Elle tituba un instant et s’approcha, apercevant les multiples soldats, abattus. Puis elle vit l’apathique sorcier.
- De la viande fraîche. Ricana celui-ci.
Elle le regarda, l’examinant. De multiples symboles tribaux étaient tatoués sur son torse nu, recouvert d’entailles et de blessures superficielles. Son bas était une armure ancienne, rouillée à certaines jointures, tandis qu’un drap rouge sang était attaché en un pagne serré. Son orbite était vide, son crâne sans cheveux et ses joues creuses. Son nez grec frémit, et deux rangées de dents pourries ne cessaient de se faire voir dans l’ombre.
Epona rabattu son capuchon rouge, et mit en avant son armure de cuir bouilli intacte. Elle jeta sa rapière brisée et se saisit d’une épée longue d’un capitaine de la garde.
Plaque se mit en garde.
Les deux combattants se regardèrent quelques instants.
Puis ils bondirent, sabres en avant. Les lames se croisèrent et les deux assaillants luttèrent quelques instants. Puis ils se dégagèrent et frappèrent, une lueur morbide se dégageant de leur arme. Une fois, puis deux fois, et encore une troisième fois. Plaque se fendit, en direction du cœur adverse. Epona roula sur le sol, et, en se relevant, frappa le ventre de ses pieds. Le souffle coupé, il recula, tandis qu’elle profitait de l’unique instant où elle pouvait le tuer pour le tenter. Plaque bondit sur le côté, mettant un maximum d’espace entre la furie et son pauvre corps encore endolori du choc. Il remplit ses poumons, toujours en garde puis bondit, comme sa force surdéveloppé le lui permettait. Sa lame heurta le sol, passant de peu à côté du visage humain. Epona enchaîna trois violents coup de taille, des étincelles froides jaillissant de la rencontre en les deux métaux disparates. Plaque bloqua l’épée de son ennemi, frappant sur le tranchant avec le plat de son sabre, la force brute suffisant à garder la pointe vers le bas.
Il leva sa main gauche. Une boule de feu suffirait à tuer son ennemie désormais, elle n’avait aucune chance d’y échapper.
Mais celle-ci changea de tactique : elle lâcha son arme et asséna un violent atémi à la jugulaire flasque de son ennemi, un coup qui aurait suffit à lui rompre les os si Epona n’avait pas été épuisée par sa journée de bataille éprouvante. Une fois de plus sans le souffle, l’immortel lâcha son sabre pour parer une nouvelle et violente attaque. Elle se mit à enchaîner les manchettes et autres coups, l’ennemi reculant de plusieurs pas à chaque coup. Mais il profita d’un instant de répit pour placer un violent coup de pied dans le torse de son adversaire, celle-ci basculant en arrière.
Elle tenta de se relever, et, dans sa tentative, sa main tomba sur le sabre elfique. Elle s’en saisit et porta un violent coup latéral au niveau des chevilles ennemies. Mais ce dernier avait bondi au-dessus de la guerrière, roulé sur le sol de marbre maculé de sang, et s’était retourné avec précipitations, parant au dernier moment avec l’épée longue qu’il venait de ramasser. La dernière des luttes était engagée. Epona se tenait debout, appuyée de tout son poids sur le sabre, et Plaque était agenouillé, l’épée horizontale, usant de toutes ses forces pour repousser la guerrière. Les métaux et les dents grinçaient horriblement… Tout deux savaient que ce serait le dernier bruit qu’un d’eux entendrait. Puis, petit à petit, il commença à s’élever. Et il finit par écarter les armes, en se relevant. Epona recula puis revint, assénant un coup vertical.
Plaque leva la main, pensant avoir le temps pour une attaque magique.
Le sabre trancha les doigts de la main gauche, tandis que l’épée et sa pointe plongeaient dans l’armure de cuir, puis dans la chair abdominale. Puis la lame passa sur les cuisses, déchirant les braies, la guerrière glissant sur le sol.
Le sorcier ricana, profitant de sa victoire. Puis il posa sa botte sur la poitrine de la vaincue, et la nargua du haut de son piédestal de vainqueur. Il leva la lame, prêt à lui trancher la tête.
Mais une voix se leva, chantante :
- Acrobate…

Moicesmoi
Moicesmoi
Niveau 10
04 mars 2007 à 00:34:04

Arc se battait comme un forcené, sa dague sautant d’une gorge à l’autre, ses forces diminuées par la fatigue et, surtout, par la flèche plantée dans son dos. Les gobelins, même s’ils ne possédaient pas une habilité comparable à la sienne, étaient de bons archers. Ils connaissaient par instinct toutes les positions qu’ils pourraient tourner à leur avantage, le trait le plus anodin devenant mortel. La protection magique avait fini par céder : un coup de marteau plus violent que les autres l’avaient brisée en une pluie de paillettes étincelantes. Maintenant, les pierres étaient la seule protection qu’il restait, en plus du bois vermoulu les recouvrant. Un passage allait bientôt être ouvert, les créatures se déversant par milliers, et le pouvoir de Focus à jamais brisé.
Arc brisa la nuque d’un mort d’un violent atémi, avant de s’écarter de la mêlée. Il arracha la flèche, et tituba. Les humains étaient en sous nombre. Et même si ça n’avait pas été le cas, la peur les dominait. Et pour les rares pour lesquels elle n’avait pas d’emprise, la fatigue était maîtresse. Cette journée avait été redoutable, et maintenant ils allaient faillir à la plus dure des épreuves, dans cette glauque ambiance, bercé par les cris des mourants et les lumières des maisons qui brûlaient.
Le maître archer se laissa glisser contre le mur humide, recouvert d’eau et de sang. Il laissa tomber ses armes.
Gork ricana en le voyant ainsi désespéré : celui qui l’avait blessé était maintenant inoffensif.
Le gobelin se faufila entre les défenseurs, et vint se planter devant son ennemi, un grand sourire sur son visage.
Arc leva le visage vers son adversaire et ses yeux fatigués fixèrent les siens. Son corps était endormi, las des batailles et des souffrances, les armes hors de portée. Il n’avait aucune chance. Il n’avait pourtant pas l’intention de détourner le regard : il affronterait la mort jusqu’au bout, avec ce qui lui restait de détermination et de haine du mal, cachées derrière les larmes.
Le cimeterre se leva, prêt à en finir.
Plus qu’un instant. Un instant et il n’aurait plus à supporter l’atroce spectacle.
La lame fondit.
Il s’écroula. Il était mort avant de toucher le sol.

- Qu… Quoi ? Comment est-ce possible ?
- La ferme, l’acrobate.
Musique s’avança et se pencha sur son amie. Il enleva sa cape noirâtre de cendres et brûlée par endroit, et la déposa sur la blessure légère. Puis il se releva et se retourna.
- Tu penses vraiment avoir une chance contre un magicien contre moi, stupide escrimeur ?
Les premières lueurs de l’aube percèrent des collines avoisinantes, effaçant quelques étoiles.
Musique tira son fleuret et appuya le pommeau contre son épaule. Il portait toujours son armure de cuir bouillie, et ses braies trouées et calcinées. C’était un drôle d’ensemble, surtout avec son physique, sans muscle mais aux traits anguleux.
Plaque examina sa façon de tenir sa lame : une main sur la garde comme tout combattant avait l’habitude de la mettre, une autre dans l’autre sens, fermement serrée sur le cuir. Les tranchants des mains étaient l’un contre l’autre.
- Tu arrives trop tard, le mur va céder d’un instant à l’autre.
- Alors je vais faire vite.
Il se jeta en avant, faisant de grandes enjambées. La blessée lança le sabre, que Musique rattrapa au vol, tournant sur lui-même en une danse de lames étincelantes qui s’abattirent sur la garde de leur ennemi, celui-ci projeté en arrière, manquant de peu la chute.
Autant Plaque avait trouvé son adversaire puissant lors de leur première rencontre, autant il le trouvait invincible désormais. Il virevoltait en des mouvements gracieux, se moquant des coups qui en comparaison semblait grossier et malhabile. Aussi insaisissable que le serpent, mais avec la rapidité du faucon en piqué, il se jouait de la moindre des attaques de son ennemi, et il en profitait pour le rabrouer à l’aide de ses esquives de guerrier émérite. C’était un combattant inégalable, plus grand que Focus lui-même avant que son pouvoir n’ait été transcendé. Au moindre coup de taille, il sautait au-dessus de la lame, avant de blesser superficiellement son adversaire.
Plaque se jeta sur le côté, tentant de retrouver un semblant de souffle. Rien n’y faisait : la rapidité de Musique était telle que le moindre de ses pas le ramenait déjà au thaumaturge. Celui-ci connaissait déjà l’issue du combat si il se poursuivait ainsi. Sa défaite se profilait à chaque blessure barrant son torse.
Il ramassa une deuxième épée longue, et s’avança, imitant les gestes de l’épéiste. Il canalisa toute sa magie dans les lames, celles-ci flamboyant. Puis l’énergie remonta dans ses bras, quelques gouttelettes de sang jaillissant du bout de ses doigts tranchés. Finalement, alors qu’il se trouvait à moins d’un mètre de son adversaire, il se fendit.
Glissant sur le pavé, Musique recula, une expression de surprise lui métamorphosant le visage. Quelques autres attaques eurent tôt fait de confirmer ses craintes : la magie ennemie avait rendu Plaque plus rapide. Sa vélocité devait maintenant égalée celle de l’épéiste. Celui-ci para difficilement quelques attaques.
Il eut à peine le temps de remarquer le sang qui coulait de ses avant-bras, nus pour ne pas gêner ses mouvements, que la pointe se créait déjà un chemin à travers sa garde : elle pénétra son armure de quelques centimètres sans causer de dommages. L’escrimeur n’avait jamais lutté à rapidité égale, celle-ci étant son principal atout. Mais il avait encore un tour que son ennemi ne connaissait pas : le tour de la compensation.
Il se jeta en avant, les lames passant d’une position défensive à une position offensive. Les armes plongèrent, les attaques étant mimées l’une sur l’autre. Les métaux se heurtèrent avec violence, des éclairs blafards jaillissant de leur rencontre.
Les deux combattants s’écartèrent.
Son attaque n’avait servi à rien : Musique avait cru que si leurs coups se touchaient à chaque fois, il aurait pu éviter tous les assauts sans subir de dégâts. Mais il avait négligé un point important : son adversaire avait beaucoup plus de force et d’endurance. Il pouvait continuer la bataille pendant des heures entières, tandis que l’humain finirait pas tomber, épuisé.
Il ne lui restait aucune astuce. Il était fini…
Puis il pensa à quelque chose, qui pourrait bien lui sauver la vie.
L’ennemi se jeta en avant, prêt à en découdre, maintenant que l’avantage était à lui.
Musique esquiva les attaques, laissant sa garde ouverte pour accomplir sa botte. Profitant d’un moment où les lames étaient sur le point de bondir dans ses entrailles, il porta un coup d’estoc avec le sabre. L’ennemi s’écarta de la trajectoire. Le côté droit de Musique était désormais exposé à tout assaut.
L’épée plongea pour pénétrer les chairs. Mais l’épéiste bondit, et tourna sur lui-même, à côté de la lame. Les adversaires étaient maintenant flanc contre flanc, et l’escrimeur fut le premier à en profiter. Il frappa de la garde contre le poignet adverse, faisant tomber la lame, et du pied contre le côté du genou, brisant la jambe. Il s’écarta prudemment, son attaque accomplie.
L’ennemi regarda sa blessure, et jeta un regard apeuré au combattant.
- C’est bien ce que je pensais : lorsque tu utilises ta magie pour devenir plus rapide, tu ne peux pas utiliser la simple sorcellerie curative.
Paniqué, Plaque utilisa toute sa force dans sa jambe encore valide pour bondir, sa dernière épée dirigée vers le cœur ennemi.
Musique fit virevolté ses lames, tournoyante comme deux roues mortelles.
Il fit passer le sabre tournant devant lui. Un trait se dessina sur la gorge flasque de l’ennemi.
Il fit un tour sur lui-même, son fleuret suivant en une brillante attaque ascendante. La main tenant l’arme s’envola.
Il éleva les deux lames, celle-ci dégageant des étincelles blanches à chaque fois que leur tour les menait l’une contre l’autre, avant qu’elles ne s’abattent. Deux bras s’envolèrent.
Démembré, Plaque mit genoux à terre. Il leva un regard mi-respectueux mi-effrayé.
Musique lâcha une arme, et tint son sabre comme il tenait son fleuret quelques minutes auparavant.
- Repose en paix, toi qui as enlevé le droit sacré à l’éternel repos de tant d’âmes.
La pointe s’enfonça dans le crâne, transperçant le cerveau, rompant le pacte avec le démon. Plaque était enfin mort.

Arc cligna des yeux. Pendant un moment, il s’était cru mort. Mais la blessure qui le marquait entre les yeux, et qui faisait couler le sang brouillant sa vue était très superficielle. Peut-être aurait-il une simple cicatrice, mais sans plus.
Gork était mort, une flèche fichée dans sa boîte crânienne.
- ça va ? Demanda une douce voix elfique.
Arc leva les yeux : Niphrédil se tenait là, son arc à la main, le visage grave.
- Oui, ce n’est rien. Ce n’est rien.
Puis il ferma les yeux.
- Relève-toi.
- Ça ne sert à rien. Rien. Nous allons tous périr.
- Aussi noir que soit la nuit, l’aube vient toujours après.
La lumière du jour se fit voir. Des éclairs passèrent sous les yeux d’Arc… Une illusion.
Mais il se rendit compte que non : le tonnerre était là aussi. Puis il le vit : Apop était déjà guéri. Il se tenait sur les remparts, lançant ses sorts. Les gobelins étaient maîtrisés.
- Relève-toi, mon ami.
Elendil arriva, le sang des morts couvrant sa large lame.
- Je t’ordonne de reprendre courage.
Thanatus s’avança.
- Vous pensez que nous avons une chance ?
- Courage vieux frère. Personne ne peut nous vaincre. Et puis on a l’habitude de casser du mort-vivant non ?
Arc se releva avec difficulté. Il ramassa ses couteaux.
- Pour chez nous ?
- Pour chez nous.
Il se jeta dans la bataille, suivi de ses trois compagnons.
Ils se créèrent un chemin, se souciant peu des ennemis les entourant. La poterne devait tenir, la poterne devait…
Un grognement de victoire retentit parmi les undeads : les pierres étaient brisées, le passage était ouvert.
Ce fut avec joie qu’ils contemplèrent les entrailles du passage, attendant les démoniaques renforts… Pourtant, rien n’arriva.
Un grand coup de hache clairsema les entrailles des morts se tenant devant l’entrée.
Les quatre héros se retournèrent, pour faire face à la marée des mort-debout. Ils attendaient l’ordre mental de leur capitaine…
Un d’eux s’avança, mesurant près de trois mètres. Des cicatrices couvraient son corps, un bout de tripes dépassant de son armure. Le haut de son crâne avait disparu, sa cervelle dépassait. Il leva sa lourde masse, prenant pour cible Niphrédil. Celle-ci se jeta sur le côté, encochant une flèche. Thanatus leva sa hache et la planta dans la cheville, les protèges tibia éclatant sous le choc. Elendil bondit sur le poignet et remonta le long du bras, prouvant par son agilité sa demi-appartenance à la gente elfique. Arrivé à l’épaule, il planta sa lame dans l’œil gauche de l’ennemi.
Arc lança ses poignards dans le ventre ennemi, il n’en avait plus besoin maintenant.
L’ennemi balança sa hache dans tous les sens, tentant vainement de faire tomber Elendil, de se protéger des flèches de Niphéril qui lui perçaient les bras, et de la hache de Thanatus brisant chaque pièce de l’armure.
Le maître archer reprit son arc et planta des traits dans le sol, afin de les avoir à porté de main. Il prit le premier et visa, une infime fraction d’instant.
Une pointe s’enfonça dans la gorge du monstrueux mort-vivant. Puis une deuxième. Ce fut quand elles furent au nombre de cinq qu’Arc décida de stopper sa pluie de flèches. Il s’élança et cria à Elendil :
- Ton épée !
Celui-ci arracha son arme du globe oculaire et le lança à son ami. Les jambes de l’expert en pointes se détendirent, et il se saisit de la lame au vol. Il lacéra le ventre de son ennemi, arrivé au menton donna une autre impulsion pour repartir vers le sol, tout en marquant le torse de l’ennemi, roula sur le sol, pour finalement encocher les dernières flèches qu’ils avaient plantées au sol.
Il se releva et admira son œuvre : Un gigantesque A couvrait le buste de l’ennemi. Celui-ci s’effondra, vaincu.
Les quatre héros se regardèrent : ils venaient encore une fois de prouver qu’ils étaient les plus grands combattants que la terre ait portés.
Puis leur sourire s’évanouit, lorsqu’ils s’aperçurent que quatre autres de ces titans s’approchaient. Le premier arriva, inspirant la peur… puis il s’effondra sur le côté, sans vie.
Il ne fut pas le seul : tous les morts-vivants tombèrent, leur visage se transformant. Ils n’étaient plus que des impotents cadavres.

Moicesmoi
Moicesmoi
Niveau 10
04 mars 2007 à 00:34:31

Les derniers défenseurs du RDR, blessés, meurtris et rompus, arrivèrent sur la place principale, qu’ils avaient défendu quelques heures plus tôt. La nuit blanche qu’ils venaient de passer pourrait toujours bien être la dernière.
Musique était debout, face au mur qui subissait des assauts ininterrompus depuis l’extérieur. Epona était légèrement en retrait. Thanatus regarda sa blessure, avant de s’approcher de l’escrimeur.
- Où étais-tu ? S’enquit-il. Tes hommes avaient besoin de toi.
- Mes hommes ? Je ne suis pas le modérateur.
- Tu es leur capitaine.
- Je sais.
Il profita du vent, puis dit :
- Si tu veux tout savoir, j’ai appris que quelqu’un voulait me voir. Et il m’a fait un cadeau… Un cadeau qui pourrait plonger ce monde dans les ténèbres.
Un coup plus puissant que les autres retentit, une pierre se fissura.
- Recule.
La fissure s’élargit. Thanatus recula.
Puis le mur explosa, les blocs s’écrasant sur les faubourgs.
Trois créatures s’avancèrent. Elles semblaient humaines, mais deux grandes cornes enroulées sur elles-mêmes trônaient au milieu de leur front. En pénétrant dans la cour, elles déployèrent leurs ailes de toile noire.
- N’avancez plus, démons ! Hurla Musique.
- Qui es-tu ? Pitoyable humain, seul un dieu peut lutter contre notre pouvoir, ou tout au moins leur représentant sur terre.
- Vous n’avancerez pas.
Le dragon apparut à l’horizon, et piqua vers la cour. Il atterrit, avec pour cornac, Darlac.
- C’est la fin, vous n’avez aucune chance.
Sa bête s’avança, en claquant des mâchoires.
- Que tous les êtres mortels souhaitant trouver clémence et rédemption reculent de dix pas. Ordonna l’escrimeur.
Les chevaliers du RDR et les héros des deux tours reculèrent, les assaillants ricanèrent et restèrent sur place.
- Qu’il en soit ainsi.
Musique éleva sa main droite. Une lueur rouge y luisit, avant de descendre le long de son corps et de s’enfoncer dans le sol.
Une colonne de flammes s’éleva, enveloppant l’épéiste. Lorsqu’elle se retirèrent, tous eurent un mouvement de recul, car, là où s’était tenu le capitaine impérial un instant auparavant, une grande créature, plus de dix mètres de haut, semblable à un des démons se tenant devant eux, se trouvait.
Son corps était recouvert d’ombres et de flammes, et son visage, où trois yeux rougeoyants lorgnaient les assaillants, était composé d’une mâchoire prédominante et de deux fentes représentant son nez, en plus de ses pupilles verticales.
La voix de Focus s’éleva :
- Fuyez, ou mourrez.
L’incandescente créature ouvrit sa gueule et le terrible souffle infernale s’abattit sur les ennemis.
Darlac ordonna à sa monture de décoller, mais c’était trop tard, le dragon était pris dans les vapeurs mortelles. Les écailles commençaient à se retirer, la peau de la bête mise à nue brûlant.
Darlac retira ses pieds des étriers et bondit, hors du souffle. Il sourit, puis deux ailes de plumes noires sortirent de sous son manteau, et il s’en servit pour s’élever et s’en aller.
Les démons, pris également dans le vent dantesque, périrent dans milles souffrances : leur peau se creusa, des cicatrices noires la couvrant, leurs ailes s’arrachèrent dans une effusion de sang. Puis leur corps partit en cendre.
La créature invoquée par l’esprit de Musique bondit, s’aidant de ses bras musclés, pour faire face à l’armée Orc, prête à entrer dans la ville. La bête éleva ses mains et une nuée de flammes en jaillirent.

Les envahisseurs furent tous exécutés par la créature, symbole du pouvoir de Focus. Par après, Musique devait avoué : « Une telle puissance dans un seul être est une grande faute… Quand j’ai usé du pouvoir de l’Unique pour faire appel à cette chose, j’ai eu l’impression qu’une soif de pouvoir allait s’emparer de moi. Ça me fait peur… J’espère ne plus jamais avoir à revivre ça. ».

Bon maintenant je trace, la flême :fou:

Moicesmoi
Moicesmoi
Niveau 10
18 mars 2007 à 19:37:42

Allez une suite. J´annonce d´ailleurs que j´ai entamé la dernière ligne droite, vers une fin se rapprochant de jour en jour. :-d

-15-

On disait que les terres de l’Ecriture étaient autrefois rattachées à celles des hobbits du RDR. Cette rumeur populaire était, comme toute rumeur, erronée. En vérité, c’était la personnalité du modèrempereur qui avait rendu ces contrées si verdoyantes et conviviales. Car l’élu de l’anneau de ce pays était en fait… Un hobbit.

La ville était grande, mais désordonnée. Elle regorgeait d’intéressantes choses, mais les trouver relevait du parcours du combattant. Du moins, c’était ce que pouvait juger le hobbit à travers la fenêtre d’autant plus petite qu’elle se trouvait derrière son lit. Il devait pratiquement se tordre le cou pour apercevoir la rue, tout en ne faisant pas bouger sa jambe emplâtrée. Il reporta son regard vers sa lecture, respirant le humet du repas qu´on préparait dans les cuisines.
L’accueillante auberge était bondée. Ce fut grâce à des relations haut placées ( notamment le modérateur, chez qui elle passait le plus clair de son temps. )et quelques pièces soigneusement disposées qu’Essenoïs avait pu leur trouver une chambre, à la condition sine qua non qu’elle ne soit pas occupée le samedi et le dimanche. L´elfe noire accepta, sans signaler qu’un de leur compagnon devrait rester alité quelques semaines, dont ces jours-là.
Ostramus était installé au bureau de la pièce, plusieurs plumes entre les doigts. C’était une personne relativement calme et aimable, si on faisait abstraction de sa propension à se croire supérieur aux autres et à son inattention dans son travail. Il avait en effet l’incroyable habitude de commencer de nouvelles œuvres sans en avoir terminées d’autres, et de fournir une quelconque suite quelques mois après l’introduction. Il n’en demeurait pas moins un formidable nouvelliste et un maître de la science-fiction. Il s’isolait chaque fin de semaine pour trouver un peu de temps pour se consacrer à l’écriture, dans la même chambre où il se trouvait désormais. Il n’avait toutefois pas appelé l’aubergiste lorsqu’il avait trouvé sa place occupée… Un vieux service qu’il devait à Togo.

La porte s’ouvrit délicatement, et Essenoïs entra. Elle jeta un regard curieux au travail de l’écrivain, puis s’assit sur une chaise à côté du lit où se reposait le hobbit.

- Alors ? Ces emplettes ?
- Aucun artisan ici n’est en mesure de me fabriquer une lame en argent. Je crois que je vais devoir continuer l’aventure avec celle de Plaque.
- Dommage.

Ils ne parlèrent plus pendant un moment, admirant l´ardeur d’Ostramus.

- Il y a quelque chose d’étrange au palais du modérateur. Dit finalement Essenoïs. Il paraît qu’un inconnu serait venu pour poser des questions étranges.
- Quel genre de questions ?
- Il demandait où il pouvait trouver « l’œil de Kridath ».
- En effet, étrange…

La maison de KaiM était petite, mais parfaitement accommodée pour conditionner qui s’y trouverait à un travail intensif. KaiM avait une excellente réputation dans ce domaine : on lui prêtait souvent le pouvoir de s’immerger dans ses écrits au point d’écrire jusqu’une vingtaine de page par jour, un rythme insoutenable. Ses histoires étaient d´un réalisme prenant... voir presque réelles… pour Itsmi en tout cas.
Celui-ci lança un nouveau sortilège contre le mur, répandant de nouvelles flammes dans la pièce.

- Je ne le répèterai pas deux fois. Menaça-t-il.

KaiM se traîna sur quelques mètres, avant de pousser un nouveau gémissement.

- Où est l’œil ?
- Dans l´orbite... Répéta l´écrivain.

La magie du sorcier ébranla à nouveau les fondations.

- Ne joue pas au plus fin avec moi.
- L’œil de Kridath n’existe pas, c’est un mythe que j’ai inventé pour les besoins de…

Des éclats de voix à l’extérieur l´interrompirent. Des gens arrivaient pour voir ce qu’il se passait.

Togo venait de finir le manuscrit qu’il tenait en main lorsque la porte se rouvrit, laissant entrer Azerty. Le hobbit alité n’avait jamais rien compris à ce personnage. Il semblait plus être un blablateur atypique qui (parfois) écrivait, qu’une personne qu’on voyait rarement passé pour faire part de ses prouesses littéraires. Sous sa touffe de cheveux châtains mal coiffés, deux yeux bruns passaient de l’elfe à l’écrivain, non troublé par sa présence. Il avança son corps squelettique vers le centre de la pièce et dit :

- C’était là que tu te cachais Ostra ?
- Qu’est-ce que tu veux ?
- A toi ? Rien. Il n’y a qu’une petite réunion chez le modéro, rien que ça.

Puis il se tourna vers les deux autres :

- Par contre, vous, vous devez venir.

Togo prit une canne et suivit Essenoïs dans les méandres des couloirs du palais. On leur ouvrit la porte de la salle principale, et ils purent y pénétrer. Au fond de la pièce, il y avait un trône sur lequel un hobbit était nonchalamment assis, ayant l’air de profondément s’ennuyer. Quelques personnes attendaient, non loin de lui, debout et lançant parfois des regards amusés à une cage, où un boulet marmonnait de sombres paroles qui déclenchaient à chaque fois des fous rires dans l’assemblée.
Le modérateur n’avait pas du tout le même air que ses pairs. Certes, si tous combattaient le fléau des orcs et autres créatures pernicieuses, celui-ci n’avait jamais connu les affres de la guerre entre les vrais guerriers et ces pitoyables bêtes. Quand une d’elles pénétrait l’enceinte, on la capturait et on l’emmenait dans la salle principale, afin qu’elle serve de bouffon. De plus, ce hobbit-ci était très différent de celui qui menait la quête : habillé par les meilleurs tailleurs, les cheveux soigneusement plaqués contre le crâne et le regard flamboyant, il dégageait une aura de puissance caractéristique des porteurs d’anneaux.
Boitillant, Togo arriva, et s’arrêta, inquiété par cette convocation en urgence.
Le modérateur se redressa et entra en propos :

- Merci à vous deux d’être venus. Ne vous inquiétez pas, vous n’êtes accusés de rien. Toutefois, vous pouvez peut-être nous aider.
- De quoi s’agit-il, très cher hobbit ? Demanda Essenoïs.
- Le premier jour de ton arrivée sur Ecriture, tu es venue me trouver et tu m’as raconté ton… « aventure », ton parcours jusqu’ici.
- Exact.
- Tu as cité un nom, qui revient dans l’affaire qu’on m’a soumise. Itsmi.

L’elfe noire fronça les sourcils.

- Il a agressé KaiM. Continua le hobbit. Il a dit être à la recherche de « l’œil de Kridath ». Comme vous le connaissez, peut-être pourriez-vous nous apporter quelques éclaircissements ?

Togo prit la parole :

- On ne le connaît pas vraiment. Nous l’avons croisé dans les profondeurs d’autres terres. Néanmoins, il s’agit d’un puissant magicien. Avec l’œil entre ses mains, il pourrait devenir nuisible.Très nuisible.

Azerty, qui se tenait un peu à l’écart, intervint :

- La question est de savoir si cet artéfact existe vraiment. Cette arme apparaît dans les histoires de KaiM, mais il a toujours certifié qu’elles étaient intégralement fictive.
- C’est ce qu’il a assuré à son agresseur aussi.
- De plus, reprit l’humain, comprendre le fonctionnement de cet objet et apprendre à s´en servir peuvent prendre des années.
- Qu’est-ce que cet œil exactement ? Demanda Essenoïs.

Togo parla le premier :

- Une arme pour sorcier. Il s’agit en fait d’une émeraude qui aurait la propriété de canaliser l’énergie magique de façon à élaborer de puissants sortilèges.

Tous le regardèrent.

- Je me suis renseigné vous savez. Si cette arme existe, Itsmi ne doit pas s’en emparer.
- Avez-vous une quelconque information qui pourrait nous aider à le retrouver ?
- Non. Répondit l’elfe. Quoique peut-être… La dernière fois que nous l’avons vu, il a mentionné une… récompense. Quelque chose qu’il devait avoir pour notre élimination.

Les deux aventuriers prirent congé du modérateur, et s’en retournèrent à leur auberge.

- Que sais-tu exactement de cet œil ? Demanda Essenoïs, alors qu’il se trouvait dans la rue.
- Rien de plus que ce que j’ai lu dans les histoires de KaiM. Mais je n’ai pas tout lu, il est donc possible qu’il soit plus puissant et plus facile à manier que je ne l’imagine.
- Où se trouve-t-il dans l’histoire ?
- Dans les souterrains de la ville de Kridath.

Le hobbit passa à côté de l’elfe quand elle s’arrêta, penseuse.
Il se retourna et dit :

- Je n’aime pas ton air.
- Il pourrait se trouver dans les souterrains d’Ecriture.
- Tu ne penses pas à ce que je pense ?
- Si Itsmi s’en empare,…
- J’ai une jambe cassée, comment veux-tu que…
- Je ne te demande pas de m’accompagner… Réunis juste les autres.

Le hobbit s’éloignait déjà avant qu’elle n’ait terminé sa phrase.
Elle le rattrapa au devant de l’auberge, et ils pénétrèrent ensemble dans l’atmosphère confiné de la pièce.
Ils aperçurent immédiatement leurs compagnons, assis à une table à proximité de la fenêtre. Ils s’approchèrent et virent qu’une autre personne se trouvait à côté d’eux. Quelqu’un de taille moyenne, aux cheveux noirs et aux yeux sombres, d’apparence malingre.

- KaiM, je présume ? Demanda le hobbit.
- Vous présumez bien, mon cher.

Les deux arrivants s’assirent face au locuteur.

- J’étais justement en train d’expliquer la raison de ma venue à vos compagnons.
- Il nous a parlé d’Itsmi. Enchérit Clad.
- Oui, ce sorcier qui recherche l’œil.
- Pourtant cet artéfact n’est qu’un mythe, n’est-ce pas ? Affirma le hobbit.
- Oui et non. J’ai toujours assuré son inexistence, car si quelqu’un de mal intentionné le trouvait…
- Alors il existe ? Le coupa Essenoïs.
- Oui. Dans les souterrains d’Ecriture. Toutefois, je n’ai pas les moyens de m’en emparer seul, mais avec votre groupe, il se peut que…

Tous se concertèrent du regard.

- Combien on est payé? Demanda le hobbit.
- Pardon?

Tous ses compagnons se tournèrent vers lui.

- Pourquoi ce regard? Vous êtes des mercenaires je vous rappelle.

Il reprit son sérieux.

- Entendu, déclara le hobbit. Mais Itsmi nous a déjà vaincu auparavant, nous n’avons pas beaucoup de chance contre lui.
- Il nous a eu par surprise ! Le coupa Arkhan. Cette fois-ci, nous l’aurons. Néanmoins, j’aurai aimé jeter un coup d’œil à cet artéfact avant que nous ne le mettions en sécurité.
- Bonne chance à vous tous, en tout cas. Dit le hobbit.
- Tu ne viens pas avec nous? Demanda Talim.
- Je suis blessé, je ne voudrais pas vous handicaper.
- Pas plus que d’habitude en tout cas. Continua Arkhan.

Voilà :)

Moicesmoi
Moicesmoi
Niveau 10
18 mars 2007 à 19:43:08

J´allais oublier:

https://www.jeuxvideo.com/forums/1-58-54461-1-0-1-0-0.htm

Allez lire KaiM, ça vaut le coup, au moins pour tout ceux qui écrivent de la fantasy :)

clad_mars
clad_mars
Niveau 10
18 mars 2007 à 20:07:19

faudrait quejeme décid à lire ta fi depuis le temps que je le dis ! Il fautjuste que je me motive :oui:

Moicesmoi
Moicesmoi
Niveau 10
18 mars 2007 à 20:30:53

Bof, tu sais y´a pas le feu.

clad_mars
clad_mars
Niveau 10
18 mars 2007 à 20:45:48

Ouais mais faut quand même que je m´y mette un jour :ok:

Dans dix ans je repondrais que je l´ai enfin lu ^^ j´espère que tu me répondra ^^

Moicesmoi
Moicesmoi
Niveau 10
05 mai 2007 à 11:01:38

Pas de problème :noel: .

Au passage, j´annonce que le Jeudi 5 avril 2007 a vu s´achever cette fic, et c´est avec un peu de joie et de tristesse que j´ai posé le mot "FIN" au bas de mon document word. Et ainsi s´acheva une quête de 63 pages ^^.

Moicesmoi
Moicesmoi
Niveau 10
11 mai 2007 à 19:46:57

J´enchaîne.

-17-

Une magnifique cité, s’élevant à des milliers de mètres d’altitudes, tellement les habitations étaient entassées, malgré la circonférence de la ville, s’étendait à ses pieds. Tout était bien droit, et de couleurs différentes en fonction de la signification de chaque bâtiment. Les temples pour prier les dieux étaient grands et imposants, certainement plus que tout le reste. D’aussi loin qu’ils se tenaient, ils voyaient les milliers et les milliers de guerriers s’agitant, certains réclamant, d’autres refusant, d’autres immobiles.
Le hobbit s’avança et sourit, avant de rire franchement.
Essenoïs s’approcha et lui dit :
- Enfin. Nous y sommes… la fin de notre voyage.
Le fou rire s’arrêta.
- Enfin la fin.
Il s’avança dans la petite descente menant au corps de garde, suivit de toute sa troupe. Ils entrèrent dans la cité, bien pavée, bondée de monde criant de tous côtés. Ils s’arrêtèrent à un carrefour et suivirent les panneaux indicatifs jusqu’à la grande rue, grimpant dans les niveaux. Ici, personne ne parlait, afin d’économiser leur souffle pour l’ascension digne des plus grands alpinistes, la rue étant en effet une pente raide.
Ils grimpèrent, passant à côté des hauts bâtiments aux styles futuristes et aux angles presque droits. Ils s’arrêtèrent à mi-chemin dans une taverne décrépie et désertée, et s’assirent dans un coin, évitant les regards noirs des clients.
- Bien, commença le hobbit, nous voici enfin à la fin de notre périple. Nous pouvons désormais nous adresser aux oracles par l’intermédiaire desquels nous pourrons exposer notre problème.
- Excellent, mais nous perdons du temps, ne devrions-nous dépêcher ? Demanda Elfindel.
- Nous sommes samedi. Lui répondit Clad. Les dieux ne travaillent pas le week-end, voyons.
- En effet, mais nous pouvons toujours demander une entrevue, ainsi ils recevront notre demande le lundi matin. Toutefois, il y a toujours un sujet qui me turlupine.
Les compagnons se tournèrent vers leur chef.
- Que devons-nous dire à propos d’Itsmi et Darlac ?
Le sujet avait été évité depuis leur départ d’Ecriture. Que devaient-ils faire maintenant ?
- Si Darlac a vaincu Itsmi, il a succombé à ses blessures. Rassura Talim.
- Mais si Itsmi l’a vaincu… Il pense avoir la puissance nécessaire d’affronter ces terres. Affirma Arkhan.
- C’est clair que si nous prévenons les oracles, ils pourront informer les dieux qui pourront prendre les dispositions nécessaires pour contrer une offensive de ce magicien.
- Oui, sauf que les dieux ne travaillent pas le week-end. Appuya Essenoïs.
- Itsmi est puissant, mais certainement pas au point de braver les plus hautes défenses existantes au monde. Il est inutile d’inquiéter les gens pour quelque chose qui sera aisément repoussé.
- Puisque les sujets ont été choisis, nous pouvons nous remettre en route.
Ils sortirent de l’infâme taverne pour reprendre leur escalade périlleuse.
Ils arrivèrent au sommet, beaucoup plus bruyant que la précédente rue.
Il y avait là un grand temple, où de petits fonctionnaires traitaient les divers problèmes de modération des différentes terres. Ils étaient innombrables, tous vêtus d’un uniforme noir et blanc aux coutures dorées.
Le hobbit regarda autour de lui et alla dans une file, suivi de ses compagnons. Mais une table à proximité se libéra rapidement et il s’approcha.
C’était la fin du périple : ils avaient affronté les serviteurs de leur ennemi, perdu des êtres chères, rencontré maintes personnes qui les avaient aidés, ou mis en péril. Leur aventure était longue, elle avait été dangereuse, leur vie entière n’avait à plusieurs reprises tenu qu’au fil de leur épée. Et maintenant après un voyage de plusieurs centaines de kilomètres, ils se sentaient reposés à la simple idée que leur demande serait ne se fusse que transmise. Finalement, la félicité arrivait, l’éternel béatitude de savoir que plus jamais leurs terres ne seraient attaquées et qu’ils ne devraient plus connaître le malheur de la perte d’un proche.
Le fonctionnaire regarda Togo s’approcher.
- Votre problème ? Demanda-t-il sans autre forme de politesse.
- Oui, bonjour, nous avons un problème de modération.
- Oui, je sais, ici c’est le temple des problèmes de modération, alors décrivez plus.
- En fait, notre modérateur ne vient plus du tout, et comme nos terres sont souvent assaillies, nous ne pouvons plus lutter.
- Comment s’appellent vos contrées, vous avez dit ?
- Je ne l’ai pas dit : les contrées du RDR.
Le fonctionnaire se retourna, ouvrit un classeur en fouillant parmi toutes les fiches. Le hobbit en profita pour se retourner vers ses amis, étrangement déroutés par la brutalité du fonctionnaire. Celui-ci sortit un parchemin et le posa sur la table.
- D’après nos renseignements, Focus a utilisé son pouvoir sur vos terres lors du siège d’il y a 14 jours.
- Un siège ?
- Oui, quelques morts-vivants, gobelins, un dragon, des démons, des orcs, et un incendie généralisé qui a brûlé une partie des faubourgs. Rien de bien grave en fait.
- Mais… comment est-ce arrivé ?
Essenoïs s’approcha et donna un coup de poing sur la tête de Togo, lui rappelant qu’il était venu pour leur demande.
- Excusez-moi, je me suis laissé emporter.
- Faites vite s’il vous plaît.
- Oui. Nous voudrions que l’anneau soit repris à Focus et qu’une autre personne soit choisie.
- D’après mes fiches, vous n’êtes que quelques centaines.
- La qualité l’emporte sur la quantité.
- Pas sur les fiches, pas sur les fiches.
Le fonctionnaire s’apprêtait à ranger sa farde lorsqu’il dit :
- Nous ne pouvons nous occuper de votre affaire, désolé, suivant.
Un petit groupe de nains s’approchèrent.
Essenoïs passa devant eux en les bousculant et se plaça devant l’homme en uniforme, alors que Togo, rendu muet par la nouvelle, baissait les yeux avec un pincement au coeur.
- Nous ne sommes pas venus simplement pour nous plaindre et repartir, nous sommes là pour du changement.
Le reste du groupe s’approcha, poussant les suivants dans leur hâte.
- Elle a raison. Focus ne mérite pas cette place.
- Ecoutez, écoutez…
- Ne se fusse que pour une question de justice…
- Ecoutez, écoutez…
- Nous avons perdu des êtres chers et beaucoup de nous sommes blessés en dehors et en dedans…
- Ecoutez ! Toutes ces personnes que vous voyez autour de vous représente une par une plus de monde que vous tous combinés.
Tous se concertèrent du regard.
- Focus est comme absent. A quoi sert un anneau écarlate s’il en est réduit à une décoration comme une simple bague ?
- Je ne suis pas ici pour écouter une argumentation détaillée de trente pages, votre demande est refusée, passer votre chemin, merci. De toutes façon, vous n’aurez pas d’autre modérateur si celui-là est retiré. Alors à quoi bon ?
- Mieux vaut ne pas avoir de modérateur et savoir la place vacante et libre pour un autre plus compétent qu´avoir un empereur absent et inactif depuis plusieurs mois, m´est avis. Rétorqua Elfindel.
- Déguerpissez, votre demande ne sera pas transmise, ceci est mon dernier mot.
Le hobbit entra dans une colère furieuse, et pointa son doigt sur le fonctionnaire, prêt à lui faire goûter sa répartie. Une détonation retentit et il fut expulsé en arrière, traversant le hall entier en un magnifique vol plané, avant d’atterrir sur les parterres de fleurs en dehors du temple.
- On ne montre pas du doigt ! S’écria le fonctionnaire.
Le groupe courut vers la sortie et trouva son leader à terre, gémissant.
- Ca va ?
- Non, pas vraiment.
Il se coucha sur le dos et regarda le ciel bleu.
- Qu’est-ce qu’on fait ? Demanda Clad.
- Comment ça qu’est-ce qu’on fait ?
- Ce fonctionnaire ne veut rien entendre, il y a bien quelque chose que nous puissions faire pour que…
- Pour que quoi ? Pour qu’on arrête d’essayer de nous faire voir la vérité ?
Tous furent surpris par l’agressivité de son ton.
- Je crois que tu t’es cogné la tête dans ta chute… ça t’a un peu chamboulé…
- Au contraire, ça m’a remis les idées en place.
Il se prit le visage dans les mains, et soupira.
- J’aurais dû le voir venir… Le prévoir… Mais non, je me voilais la face… à travers tous ces forums que nous avons traversés, du +35 à Ecriture, du plus petit au plus grand, il y avait cette idée qui me harcelait… Mais je refusais de voir ce réalisme poignant…
Ils regardèrent en direction du temple, la mine déconfite, leurs espoirs perdus…
- Alors finalement, les dieux ne sont pas bons ? S’enquit Talim.
- Les dieux ne sont que des apprentis créateurs qui ne savent pas dans quoi ils s’engagent. Leur incompétence n’est qu’un terme de plus qui s’ajoute à l’incroyable somme de leur divine cruauté. Lui répondit Essenoïs.
- Il y a forcément un moyen. Se raccrocha Clad.
- Qu’est-ce que tu veux faire ? Courir dans la rue en gueulant et en espérant qu’un oracle sorte à ce moment là ?
Essenoïs eut un petit rire nerveux.
- On en arriverait presque à soutenir Itsmi.
- Encore un ignorant qui croit pouvoir réussir là où d’autres ont échoué.
Elfindel plongea son regard dans l’obscurité du temple et observa le fonctionnaire répondre aux nains.
- On pourrait essayer d’amener plus de monde ? Continua Talim.
- Pour quoi faire ? Ce n’est que la partie émergée du problème.
- Le hobbit a raison. Quoique nous fassions, nous aurons toujours tort pour eux.
Les aventuriers s’éloignèrent, avec la morne marche de ceux qui ont en eux ce sentiment d’impuissance.
- Alors, il n’y a rien à faire ? Nous devons abandonner tout espoir ?
- Il y a toujours quelque chose à faire.
Le hobbit s’arrêta, sembla réfléchir, et se retourna vers ses compagnons avec un malicieux sourire en coin.
- Focus combat les flooders grâce à son anneau. Mais maintenant que j’y pense, je crois que ce pouvoir n’a pas besoin d’un joyau de ce style pour être libéré.
- Tu veux dire que l’anneau ne sert à rien ?
- Pas exactement. On voulait que Focus revienne ou que quelqu’un d’autre prenne sa place, mais au final, aucunes des deux idées n’est bonne.
- Où veux-tu en venir ?
- A ça : que Focus et les dieux aillent se faire voir. On n’est pas des bêtes incompétentes qui doivent obéir à un chef. Si un boulet arrive, on se chargera nous-même de le mettre dehors, c’est tout. Avec ou sans anneau, on vivra et on survivra. Quoiqu’il se passe, on ne doit pas laisser quelqu’un d’absent mettre en doute notre bonheur.
Ses amis le regardèrent avec un regard neuf, comme s’il le voyait pour la première fois.
- Tu as longtemps réfléchi à ça pas vrai ? Demanda Elfindel.
- Oui.
Ils se turent une minute, comme faisant le deuil de leur ancien concept pour voir renaître cette nouvelle idée.
- Je te suis ! Finit par lâcher Clad.
Le reste du groupe approuva d’un hochement de tête énergique, chassant leur morne déception.
Ils s’apprêtèrent à redescendre la ville, guillerets, prêts à aller célébrer leur victoire contre la fatalité, quand un grand bruit résonna, comme un cor se répercutant en écho. Puis une voix surpuissante s’écria :
- Ils arrivent ! Une armée ! Deux centaines de fois plus nombreuses que l’habituée !

Voilà.

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Niveau 10
12 mai 2007 à 22:36:33

Ciel, ça m´en fait, de la lecture...

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Niveau 10
12 mai 2007 à 23:35:52

Ciel, j´ai finis de lire...

Moicesmoi
Moicesmoi
Niveau 10
13 mai 2007 à 09:40:14

Une heure après quand même :fou: