Le sexe sans amour n´a rien de choquant en soi c´est juste qu´il consiste à user de l´autre comme un simple réceptacle de sa propre jouissance, comme l´objet média permettant la satisfaction d´un désir, d´une excitation, ponctuelles, qui peuvent être répétitifs. A la limite, l´autre devient l´équivalent d´une main, plus sophistiquée certes, pour se masturber.
Si le sexe amoureux est valorisé c´est parce qu´il implique une dimension sentimentale, spirituelle, qui dépasse la simple union des corps, la simple jouissance gratuite. Jouir en l´autre, l´être aimé, ça n´est plus jouir seulement pour soi, c´est jouir par l´autre, pour soi et pour lui, ce qui en fait un moment symboliquement plus fort que la copulation accomplie sans dimension sentimentale.
Copuler avec l´ami, c´est rendre trouble les frontières entre amitié et amour (l´un n´est pas supérieur à l´autre, ce sont deux choses différentes), mais si l´amitié a une dimension charnelle, alors peut-être faut-il admettre que l´amitié n´est qu´une forme d´amour, qui peut s´approfondir dans l´union charnelle, et dans ce cas là, ça n´est ni moral, ni amoral, c´est culturellement naturel.
Mais copuler avec l´autre sans lien, sans sentiment,(genre la prostituée), c´est réifier l´autre, se réifier soi, faire de soi un accessoire de jouissance, c´est être animal sans vouloir reproduire.