Si l´on en croit Rousseau, l´humanité est bonne par nature, la société la pervertie. En effet, société implique relations entre les humains, or comme tout animal, l´homme cherche son intérêt personnel. Alors pourquoi ne dit-on pas que tous les animaux sont méchants ? Parce que les animaux ne sont pas doués de morale. En effet, le seul concepte qui nous permet de juger de la méchanceté est la morale. On ne peut pas dire "le lion est méchant parce qu´il a mangé la gazelle", mais on peut dir "le cambrioleur est méchant parce qu´il a volé 3 millions d´euro dans une banque". La différence vient, en effet, du libre arbitre. En quoi ? Tout simplement parce qu´on peut considérer comme immorale une action dont les issues sont néfastes à quelqu´un, et dont l´auteur a eux la possibilité de choisir, de penser cette action a priori de toute conséquence. Dans ce cas, se pose le problème de la portée de la morale : on peut avoir à un moment ou à un autre à choisir entre une action bénéfique à une personne au détriment d´une autre, et une autre action dont les conséquances seraient inverses. Que doit-on choisir alors ? La porté de cette morale a été étudiée par des philosophes, et en particulier deux écoles s´affrontent ; l´école kantienne s´appuie sur l´imperatif -ou plutôt les impératifs- catégoriques énoncés par Kant : "Agi uniquement de telle sorte que tu puisses vouloir que la maxime de ton action devienne une loi universelle." et " Agis de façon telle que tu traites l´humanité, aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre, jamais simplement comme moyen, mais toujours en même temps comme une fin."
Une autre morale possible est celle énoncée par les utilitaristes (Mill, Bentam), selon laquelle une action est morale si elle profite à une majorité, même au détriment d´une minorité.
L´humanité n´est donc pas méchante, elle n´est simplement pas toujours morale, et tend vers une morale difficile à définir, solution à la cohabitation en société.