est ce que vous pensez qu´on peut aimer quelqun du sexe opposé , platoniquement et s´en contenter
(je parle pas de quelqun de sa famille ou un truc comme ca)
Nan. ![]()
Bah si on l´aime platoniquement, c´est qu´on aime l´idée de la personne, son âme, et pas son corps.
Donc oui on s´en contenterait.
Peut on aimer de manière platonique?
Peut on ne pas aimer quelques pour sa réalité physique, pour ce qu´il est dans le monde sensible?
Est ce vraiment aimer alors? Ca ce sont d´autres question.
"Un homme qui se met à la fenêtre pour voir les passants, si je passe par là, puis-je dire qu´il s´est mis là pour me voir ? Non : car il ne pense pas à moi en particulier. Mais celui qui aime quelqu´un à cause de sa beauté, l´aime-t-il ? Non : car la petite vérole, qui tuera la beauté sans tuer la personne, fera qu´il ne l´aimera plus. Et si on m´aime pour mon jugement, pour ma mémoire, m´aime-t-on, moi ? Non, car je puis perdre ces qualités sans me perdre moi-même. Où est donc ce moi, s´il n´est ni dans le corps, ni dans l´âme ? Et comment aimer le corps ou l´âme, sinon pour ces qualités, qui ne sont point ce qui fait le moi, puisqu´elles sont périssables ? Car aimerait-on la substance de l´âme d´une personne abstraitement et quelques qualités qui y fussent ? Cela ne se peut, et serait injuste. On n´aime donc jamais personne, mais seulement des qualités.
Qu´on ne se moque donc plus de ceux qui se font honorer pour des charges et des offices, car on n´aime personne que pour des qualités empruntées."
_Pascal, Pensée, Fragment : Qu´est-ce que le moi ?
(Surement l´extrait que j´ai le plus copié/collé.)
On n´aime jamais une âme. L´amour platonique est porté sur d´autres qualités que l´attirance sexuelle, mais pas sur l´âme.
Aimer quelqu´un non pour ses caractéristiques particulières mais pour l´ensemble, soit aucune caractéristique en particulier mais une globalité mouvante avec le temps et l´évolution de l´individu, c´est quoi si ce n´est aimer "l´âme", l´essence de celui-ci ?
Aimer l´ensemble des qualités à un moment donné. Le fait de se dire dix ans plus tard qu´on l´aime encore alors que toutes ses qualités nous sont detestables est une mauvaise foi envers nous-même. De même, une petite fille peut se représenter le prince charmant, avec qui elle passerait volontier toute sa vie et toute l´éternité, et celui-ci n´a aucune âme, seulement des représentations (même pas de vie effective). De même encore des uns tombent amoureux d´un personnage fictif de livre, de bande-dessinée, de manga, de tout ce qui propose une représentation mais n´implique aucune âme. Il n´y a pas de différence entre aimer Jésus et aimer SpongeBob, on n´aime que leurs qualités respectives. L´âme est seule et n´a d´autre valeur que d´être le lieu de la rencontre de plusieurs qualités.
Je dois dire que je ne vois toujours que peu à redire à Pascal sur ce raisonnement, si ce n´est que ça ne change rien aux faits, que ça ne fait que rabaisser la passion humaine à la passion animale (bien entendu pour lui cela voulait dire qu´il n´y avait de Salut qu´en la croyance en Dieu, ce que je trouve nul, mais je ne tiens ici pas compte de l´aboutissant), ce qui ne me dérange en rien et ne diffère jusque-là en rien de mon point de vue. ^^
On pourrait ainsi résumer : l´intellectualisation des affects est vain. Et je suis d´accord, mais pas pour aboutir à une croyance en la transcendance d´une quelconque âme.
Aimer l´ensemble des qualités à un moment donné. Le fait de se dire dix ans plus tard qu´on l´aime encore alors que toutes ses qualités nous sont detestables est une mauvaise foi envers nous-même
On peut très bien aimer quelqu´un pour ses défauts et non ses qualités.
Non mais qualité pour Pascal (et dans tout texte philosophique il en sera je pense ainsi) c´est pas : grand, beau et fort.
Qualité signifie tout ce qui n´est pas substanciel à l´âme (ici, ou à une quelconque monade pour Leibniz), c´est-à-dire tout ce que l´on peut altérer, modifier ou supprimer sans altérer, modifier ou supprimer l´âme (ou la monade).
Laid, possédant un corps (ben oui, pour Pascal le corps physique est une qualité qui peut tout à fait et qui sera retiré sans changer l´âme et sa substance), grand, éloquent, paresseux, humain, Français, qui aime Mozart, qui a tels penchants bons ou vicieux, et caetera. Il n´est aucunement question de qualités au sens subjéctif.
On pourrait sans trop modifier l´idée, bien qu´un peu tout de même, remplacer "qualité" par "état" (état entendu à tous les niveaux : corps physique, entendement, goûts, affects...).
cocoMOUCHE et si au bout d´un certain temps la personne aimée change la plupart de ses "états" doit-on la considérer comme une autre personne ?
C´est le problème "clef" de l´empirisme, si je puis dire...
J´ai un bateau, il faut faire de nombreuses réparations. Durant de nombreuses années je change des pièces jusqu´à ce que finalement il n´en reste aucune d´origine. Est-ce toujours le même bateau ? (Cette histoire a un nom dont je ne me souviens plus.
)
Mais pour Pascal, car nous parlons de Pascal et de l´âme, c´est la même âme, les qualités ne sont pas substancielles de l´âme.
C´est le problème "clef" de l´empirisme, si je puis dire...
J´ai un bateau, il faut faire de nombreuses réparations. Durant de nombreuses années je change des pièces jusqu´à ce que finalement il n´en reste aucune d´origine. Est-ce toujours le même bateau ?
Et si le bâteau a été tellement modifié et retouché qu´à présent il est utilisé comme camping-car ?
car nous parlons de Pascal et de l´âme, c´est la même âme, les qualités ne sont pas substancielles de l´âme.
C´est que je ne vois pas en quoi il serait impossible d´aimer une âme (du moins dans la théorie).
Si tu aimes la personne même pour son mental uniquement t´auras envie de la toucher.
"Et si le bâteau a été tellement modifié et retouché qu´à présent il est utilisé comme camping-car ?"
L´idée était dans faire le même bateau, pas un camping-car. XD
"C´est que je ne vois pas en quoi il serait impossible d´aimer une âme"
Parceque l´âme est une substance imperceptible sur laquelle viennent se "fixer" des qualités perceptibles pour ce que peut percevoir autrui (et même soi, si j´ose dire (car le soi est la conscience et non l´âme, cf://Locke, Identité et Différence, Essais sur l´Entendement Humain)). Ne pouvant percevoir l´âme, il n´y a de raison d´aimer ce qu´on ne peut même pas se représenter ou percevoir (même pas percevoir inconsciemment, j´entends bien).
[Je rappelle que je suis encore dans la théorie d´autrui, de philosophes que je ne maîtrise pas forcément, et que je croise qui plus est (ça peut paraître absrude de croiser Pascal et Locke, je le conçois bien, mais on tombe sur des résultats rigolos), donc n´hésitez pas à me rappeler à l´ordre si je fais erreur dans l´interprétation ; je ne cherche qu´à eclaircir une pensée d´auteur.]
"Si tu aimes la personne même pour son mental uniquement t´auras envie de la toucher."
C´est vrai. Du moins je ne peux le nier.
Euh, excusez-moi de jouer les chieurs ms faudrait pte´t définir les termes avt de se lancer ds de htes spéculations! ![]()
C´est difficile de définir "l´amour". Est-ce que ce que vous ressentez pr vos amis est de l´amour? quelle est la frontière entre l´amour et l´amitié? Est-ce le désir charnel qui fonde l´amour? Surement pas, on dit bien d´une mère qu´elle "aime son enfant".
Disons qu´une très bonne définition de l´amour est celle que donne Spinoza ds l´éthique et dont je ne me souviens pas parfaitement (dsl) ms qui donne en gros : "sentiment de joie accompagné de l´idée d´une cause extérieure" (ahlala, l´est fort ce Spinou
)
Alors j´vois pas en quoi ça pourrait pas être platonique (au sens de "dépourvu d´attrait charnel").
Moi je pense que c´est surtout "platonique" qu´il faudrait (re)définir... ![]()
Ok. "platonique" au sens d´"idéel" alors?
Pour les choses de ce monde c´est pô possible alors parce que notre essence se manifeste à travers deux attributs: un corps/un esprit et que nous sommes tjrs affectés par les deux à la fois.
Par exemple: Vous trouvez cette fille a priori désirable mais elle est terriblement idiote, même son physique finira par vs inspirer du dégoût (ex: Paris Hilton).
Cas contraire: fille a priori pas attirante ms (Ô combien captivante) vous finirez par la trouver désirable.
Donc, dichotomie âme/corps (genre: il est beau gosse ms tellement con, ou bien: il est gentil ms bon...) = totalement illusoire.
Car perception que l´on a d´une personne se fait sur deux modes (certes) mais est une perception unique, on aime pas que le corps ou que l´esprit de qq1 ms bien son être qui se manifeste à travers les deux.
Et ne me dîtes pas que vs pouvez seulement aimer un corps pcque vs avez bavé sur la blonde à forte poitrine au nouvel an sans la connaître pcque là c pas de l´amour ms du désir sexuel ok? that is different (si si messieurs j´vous jure).
On ne peut donc pas aimer autrui platoniquement. On peut aimer Dieu ou des idées platoniqument.
nan?
Je suis d´accord avec toi, je ne pense pas qu´on puisse aimer quelqu´un si son corps ne nous plaît pas. Je pense que dans ce cas il faut plus parler d´adoration.
Pourquoi aimer, comme on l´entends la, impliquerait toujours un caractère sexuel ?
Ça supposerait que nos penchants privilégieraient le charnel au spirituel.
C´est bien la une preuve de notre infériorité caractéristique ![]()