29 juin 2005 : six enveloppes sont distribuées. L’une est postée à Epinay-sous-bois, village situé dans le sud ouest, une autre à Landins, en plein centre du pays, une à Paigny, ville située sur la côte nord, encore une autre sur la petite île de Mareta et enfin deux dernières à Suzac même, bien agrandie depuis la construction du château. Ces six missives furent adressées respectivement à :
- M. Bunter, 28 ans, marié et père d’un petit garçon ;
- M. Ramler, 29 ans, marié, sans enfant ;
- Melle Schneider, 33 ans, vivant en concubinage, mère d’une fille;
- M. Schmidt, 26 ans, divorcé, sans enfant ;
- Mme Chevalier, 29 ans, mariée, mère de deux filles ;
- Melle Buten, 25 ans, célibataire.
Dans ces enveloppes, un contenu identique : une feuille de papier ancienne sur laquelle était écrit un petit texte de quelques lignes écrites à la main d’une écriture fine et arrondie :
« Une expérience inoubliable, pour vous. Vous avez été sélectionné, rendez-vous le 1er août à 11 heures, au château de la ville de Suzac. Récompense assurée… » Alexandra Buten crut tout d’abord à une mascarade, toutefois, après avoir lu la lettre maints et maints fois, celle-ci se résolut à se rendre au château, cela ne lui coûtant rien et surtout, parce qu’elle habitait à peine à un petit kilomètre de la grande bâtisse de pierre. Ainsi, le 1er août, Alex, comme la surnommait ses amis, se retrouva face à l’immense grille de fer protégeant l’accès au château. Seulement, rien ne se passa ; alors elle commença à faire les cent pas, sous le soleil de plomb qui éclairait le ciel, contrastant avec l’immense obscurité du château. Celui-ci se dressait au dessus d’une colline verdoyante, et se composait de quatre parties, délimitées par les quatre tours pointues qui fendaient le ciel. En effet, le château, haut d’une trentaine de mètres était visible depuis de nombreuses villes alentours. Au bout d’un certain temps, Alexandra envisagea sérieusement de partir, cependant, elle s’abstint lorsqu’elle entendit le bruit d’un moteur ronronnant de plus en plus proche d’elle. Une poignée de secondes plus tard, et Alexandra voyait débarquer devant elle une voiture flambant neuve, à la peinture métallisée et aux jantes brillantes d’acier. En sortit alors un homme vêtu d’un smoking noir, d’une cravate bordeaux à pois et de chaussures marron, « sûrement cirées juste avant de venir compte tenu de leur brillance », se fit remarquer la jeune femme. Elle se sentit tout à coup gênée, dans son débardeur, son jean et ses baskets. L’homme, à peine plus âgé qu’elle, vint alors la saluer :
« Bonjour madame…
- Mademoiselle, rectifia Alexandra. Enchantée de faire votre connaissance.
- Moi de même, lui répondit le jeune homme. Vous vous appelez ?
- Alexandra, Alexandra Buten. Et vous ?
- Je suis Paul Schmidt. Vous aussi vous avez reçu la lettre ?
- Oui, est-ce que vous savez qui nous a fait venir ici ?
- Non, je n’en ai pas la moindre idée malheureusement, révéla Paul non sans une pointe de déception. »
A peine eut-il terminé sa phrase qu’une nouvelle voiture arrivait devant eux.