Une femme était à l’intérieur. Celle-ci sortit de sa voiture et s’empressa de venir saluer Alexandra et Paul tout en leur apprenant qu’elle s’appelait Leïla Chevalier.
A partir de ce moment, les voitures arrivèrent à intervalles réguliers, comme si tout avait été réglé. Ainsi, Alexandra, Paul et Leïla purent rencontrer trois nouvelles personnes : M. Julien Ramler, suivi de Sandra Schneider et pour finir Benjamin Bunter. La portière de ce dernier eut un rôle de déclic puisque la grille s’ouvrit dans un grincement assourdissant. Les six personnes avancèrent d’un pas mal assuré et n’eurent pas le temps de se stopper car la grande porte de noyer s’ouvrit elle aussi sans que personne ne la touchât. En entrant dans le manoir, les « invités » ne purent que faire face au délabrement important qui y régnait : les tapisseries étaient arrachées, l’on pouvait voir les cadres blancs censés accueillir les tableaux. Seuls les meubles étaient présents, même s’ils étaient éraflés à différents endroits. Passé le corridor, les invités entrèrent dans le salon : un canapé et deux fauteuils trônaient au centre de la pièce, posés sur un tapis de forme ovale. Autour, deux fenêtres donnaient sur l’extérieur, une porte s’ouvrait sur le corridor et une autre sur la salle à manger. Dans les heures qui suivirent, les six personnes déambulèrent dans le manoir pour connaître toute l’étendue de celui-ci. Ce qui les marqua le plus durant la visite, c’était la différence entre les différentes pièces : certaines étaient comme le corridor, délabrées et d’autres comme la bibliothèque qui resplendissaient. La visite faite, ils prirent place dans le salon et entreprirent une conversation au sujet du « pourquoi » ils étaient là :
« Donc, si je résume bien, nous avons tous reçu la même lettre et le même contenu mais nous ne savons pas pourquoi faire et surtout, pourquoi « nous »…, récapitula Alexandra.
- C’est exact, mais le plus étrange est que, depuis notre arrivée, nous n’avons vu personne, compléta Paul. »
Un cri retentit, provenant du corridor. Tous se précipitèrent et virent Leïla, un livre dans les mains. Elle se retourna, et les cinq autres invités étouffèrent un cri de stupeur : une flèche était fichée en plein centre du manuscrit. Le visage de Leïla était resté figé tant la peur l’avait surprise. Julien fit deux pas en avant et retira fermement la flèche. Le livre s’ouvrit au même moment, à la dernière page que la flèche avait transpercée. Une seule phrase était inscrite à cette page : « Le père est mort, la famille est morte… » :
« Pourquoi avez-vous pris ce livre ?
- Je ne sais pas, il était posé sur la table ronde de la bibliothèque, je me suis dit qu’il avait peut-être un rapport avec notre présence.
- Oui, en attendant, on ne sait toujours pas ce que l’on fait là. Moi, c’est fini, je m’en vais, j’ai d’autres choses à faire, s’énerva Julien Ramler. »
Sa phrase terminée, il joignit l’acte à la parole, et partit à grandes enjambées en direction de la porte de noyer. Mais au moment où Julien posa ses doigts sur la poignée, les portes s’ouvrirent brutalement, projetant l’homme en arrière. Puis, les portes se refermèrent aussi brusquement qu’elles s’étaient ouvertes. L’effroi gagna l’ensemble des personnes et tous cherchèrent immédiatement une sortie possible. A peine eurent ils gagnés les fenêtres que les volets se refermèrent sous leur nez. Ils étaient enfermés, et personne ne pouvait les aider ! Une « réunion » fut alors organisée et tous se rejoignirent dans le petit salon. Paul prit alors la parole :
« Bon, ne paniquons pas, c’est sûrement une farce ou quelque chose dans ce style.
- Oui eh bien comme farce j’ai vu mieux, s’exclama Sandra.
- Qui veut une boisson ?, demanda Benjamin Bunter, qui était devenu blême après l’évènement de la porte. »
Tous réclamèrent un verre d’eau. Benjamin fit d’abord un premier trajet, puis il repartit dans la cuisine chercher les trois derniers verres.
Pendant ce temps, les autres cherchaient des explications plausibles à leur venue.
Ils n’eurent pas le temps de terminer la conversation, alertés par quatre coups de feu.