CONNEXION
  • RetourJeux
    • Sorties
    • Hit Parade
    • Les + populaires
    • Les + attendus
    • Soluces
    • Tous les Jeux
    • Gaming
  • RetourActu Gaming
    • News
    • Astuces
    • Tests
    • Previews
    • Toute l'actu gaming
  • RetourBons plans
    • Bons plans
    • Bons plans Smartphone
    • Bons plans Hardware
    • Bons plans Image et Son
    • Bons plans Amazon
    • Bons plans Cdiscount
    • Bons plans Decathlon
    • Bons plans Fnac
    • Tous les Bons plans
  • RetourJVTech
    • Actus High-Tech
    • Intelligence Artificielle
    • Smartphones
    • Mobilité urbaine
    • Hardware
    • Image et son
    • Tutoriels
    • Tests produits High-Tech
    • Guides d'achat High-Tech
    • JVTech
  • RetourCulture
    • Actus Culture
    • Culture
  • RetourVidéos
    • A la une
    • Gaming Live
    • Vidéos Tests
    • Vidéos Previews
    • Gameplay
    • Trailers
    • Chroniques
    • Replay Web TV
    • Toutes les vidéos
  • RetourForums
    • Hardware PC
    • PS5
    • Switch 2
    • Xbox Series
    • Switch
    • Pokemon pocket
    • FC 25 Ultimate Team
    • League of Legends
    • Tous les Forums
  • PC
  • PS5
  • Xbox Series
  • Switch 2
  • PS4
  • One
  • Switch
  • iOS
  • Android
  • MMO
  • RPG
  • FPS
En ce moment Genshin Impact Valhalla Breath of the wild Animal Crossing GTA 5 Red dead 2
Liste des sujets

Insania [Réécriture]

AShnRuins
AShnRuins
Niveau 10
31 janvier 2006 à 08:54:01

Oui oui, ça arrive...

Le pire, c´est que tout ce temps, je ne l´emploie pas à faire du superbe, du parfait (du xbq :coeur: ), mais uniquement à tenter de faire quelque chose de potable de ce passage... :fou:

J´espère y être plus ou moins parvenu... :fou:

Ash´-le- :fou:

AShnRuins
AShnRuins
Niveau 10
01 février 2006 à 19:03:32

Or donc, vous en conviendrez, je n´ai que trop tardé à vous poster ceci. Veuillez m´en excuser, je me suis fouetté chaque nuit pour cela...
Ce passage m´a causé bien du soucis, et il semblerait que son cadet veuille continuer sur cette voie...

Tentez d´enjoy, please :o))

II : L´Empereur

Dans la salle au trône, qui il y a quelques jours seulement voyait se dérouler en ses flancs le terrible massacre de la famille régnante, une tout autre agitation dérange à présent l’air. Des courtisans, les survivants, ceux qui se sont rendus à temps et les ser-viteurs, pour la plupart Exteriors, s’affairent en tous sens. Tout doit être prêt, tout doit être beau, tout doit être parfait, et cela avant que l’heure ne soit écoulée. Aussi on se presse, on nettoie, on organise à tour de bras.
La réfection de l’endroit, presque entièrement en ruines, a pris du temps et néces-sité le concours de dizaines d’ouvriers, mais est enfin achevé.
Esseulé sur le trône, les yeux de nouveau dans le vague, Melanos attend. Son bras, ap-puyé sur l’accoudoir de bois précieux, soutient sa tête dénuée de volonté de maintien vertical. Il a suffisamment donné de consignes pour se ménager un petit temps de repos, mais ne parvient pas à trouver la quiétude à laquelle aspirent son corps et son esprit éreintés.
Son maître l’a fait prévenir de son arrivée imminente. Peut-être est-ce cela qui le per-turbe, mais en ce cas, il n’en comprend pas la raison. Le Seigneur des Hauteurs descend de son nid d’aigle pour soulager son élève de sa tâche et parachever l’embryon de ce qui devra devenir l’empire de connaissance.
Melanos s’interroge. Aurait-il pris goût à ce degré de pouvoir ? Non. Pareille gestion l’encombre plus qu’elle ne l’intéresse. Il est homme d’action, non d’intendance.
Alors quoi ? Il craindrait que son maître ne se débarrasse de lui une fois le travail accom-pli ? Mais il est loin de l’être, et il ne veut pas croire à une telle trahison.
Malgré les trésors de réflexion qu’il met en œuvre, malgré toutes ces scènes, porteuses d’indices il le sait, qu’il se remémore, la solution lui échappe toujours. Irritante proie, elle se laisse entrevoir puis s’évanouit dès qu’il approche, lui glisse entre les doigts, doigts qu’il ne peut que refermer sur un vide au goût amer.
Il se résout donc à patienter. Sans doute cet outrecuidant sentiment sur lequel il ne peut mettre de nom se révélera-t-il sous son triste et véritable jour quand le second principal intéressé sera là...

Peu de temps plus tard, des mouvements retentissent depuis l’antichambre. Des bruits de pas, des cliquètements d’armures, et enfin le grincement lourd et boisé des larges portes qui coulissent comme elles peuvent sur leurs énormes gonds d’acier. Outre les deux hommes d’armes qui s’emploient à écarter les épais battants, une seule autre per-sonne entre. Une petite silhouette ramassée sur elle-même, rabougrie, tassée par l’âge. Elle prend appui sur un long bâton de marche usé et sculpté de haut en bas. Son pas tente d’être sûr de lui, mais le vieillard vacille, manquant à plusieurs reprises de se pren-dre les pieds dans la cape de voyage d’un vert-de-gris délavé qu’il porte. Les sourcils de Melanos se froncent d’inquiétude et de surprise. La dernière fois qu’il a vu son maître, moins de deux misérables mois auparavant, il était bien loin d’un tel état de décrépitude sénile. Le silence respectueux instauré dès l’ouverture de l’antichambre cède progressi-vement l’espace sonore aux chuchotements, voulus discrets mais distincts et aisément perceptibles. D’un signe de tête appuyé d’un regard sévère, Melanos y met provisoire-ment terme, alors que le Seigneur des Hauteurs atteint la base des escaliers. Un héraut, dissimulé dans un recoin de la salle, proclame :
- Genou à terre devant votre empereur !
Tous s’exécutent dans un grand bruissement de tissus froissés.

Lentement, laborieusement, le vieillard gravit les quelques marches recouvertes du tapis pourpre. Il lève les yeux vers Melanos, et tandis que ce dernier reste encore ébahi de la subite détérioration de son vis-à-vis, la face parcheminée de ce dernier s’éclaire d’un large sourire presque entièrement caché par les rides.

Revenant brusquement à la réalité, l’élève se met à genoux et abaisse le regard. Il reçoit rapidement l’autorisation de se relever, et se hâte d’embrasser son maître.
- Prenez place, je vous en prie…
- J’y viens, mon petit, j’y viens.
Il s’abandonne à la gravité plus qu’il ne s’assoit sur le trône. Il inspire par saccades, comme s’il revenait juste d’un long et difficile effort. Melanos, toujours debout, se place à sa droite, bien décidé à plonger définitivement dans le silence quiconque osera ne serait-ce qu’esquisser un sourire narquois dans leur direction.

Le vieil homme, dont le dos encore roide n’offense pas le siège sculpté, prend la parole. Contrairement à ce à quoi on aurait pu s’attendre au vu de sa misérable apparence, sa voix ne trébuche ni ne faiblit. Bien qu’incontestablement ancienne et usée, elle ne souffre pas de ce timbre si particulier qui au contraire lui confère une sorte de crédibilité et de sûreté de soi.
- Mes chers et nouveaux sujets ! Permettez-moi tout d’abord de vous saluer.
Il avance un peu le buste et incline la nuque, la main gauche sur le cœur tandis que sa dextre reste cramponné à l’accoudoir.
- Je n’ai pas pris le pouvoir uniquement par ambition politique, pas seulement pour en jouir moi-même égoïstement comme le faisaient mes prédécesseurs. Je nourris de longue date une idée pour vous, pour vous tous, sans exception aucune. Je veux mettre la connaissance à portée de mes sujets, aussi pauvres et démunis soient-ils. La plupart d’entre vous, qui m’écoutez de cette pièce, viviez dans le luxe. Or la majeure partie de vos concitoyens mourait de faim et de manque d’hygiène dans ce ghetto que vous appeliez la Bordure. Vous les méprisiez. Vous les ignoriez. Vous ne désiriez rien savoir de leurs innommables conditions de vie !
Ses paroles, tout d’abord engageantes, se font plus dures, porteuses de lourds repro-ches. La foule courtisane, si elle n’en éprouve pas le moindre remords, prend néanmoins un air contrit, pénitent.
- Je donnerais cher pour ne pas avoir à dresser de douloureux exemple pour mon avènement. Je vous laisse donc une chance de rachat, ne la gâchez pas je vous en prie. Nous allons considérer que vous avez été entraînés par la mauvaise in-fluence des princes passés. Oubliez cela !
Il se tait un instant et observe la portée de ses mots. De faibles murmures de protesta-tion, parfaitement compréhensibles malgré la distance, lui parviennent, atténués et mê-lés les uns aux autres.
- N’ayez crainte ! Je ne vous demanderai pas de vivre vous-même dans le dénue-ment et l’immondice dans lesquels vous avez pourtant laissé vos frères, non. Les ressources seront redistribuées, le plus équitablement possible, tout en veillant à ne pas vous léser.
Les discussions basses changent de ton. Nul n’est exactement satisfait, parmi les anciens nobles, mais comparé à ce qui aurait pu leur arriver, cette solution tient du miracle.

Le Seigneur des Hauteurs sourit, satisfait qu’il est de son petit discours. L’esprit de son élève vagabonde de nouveau, abruptement ramené à la réalité par le brusque salut des courtisans à leur futur souverain.
- Je suis heureux, extrêmement heureux que vous n’opposiez aucune résistance à l’avenir que je vous propose. J’ose espérer que vous n’en serez pas déçus, et qu’il n’en sera aucun d’entre vous pour commettre l’irréparable, auquel cas je devrais me montrer impitoyable.
Il écarte largement les bras, toujours réjoui :
- Peuple de la nouvelle Insania ! Votre futur sera grand, d’une magnificence difficile à se représenter !
Les acclamations montent soudainement, explosion de cris et d’applaudissements.
- J’ai dû faire un long voyage, sur mes propres jambes, pour parvenir jusqu’ici. Aussi désirerais-je me retirer à présent. Pour ce soir encore, vous êtes sous les ordres du seigneur Melanos.
Il pose sa main noueuse à la peau tachetée de marques bleuâtres propres à l’âge sur l’épaule de son élève. Ce geste, comme nombre d’autres à présent, réveille dans ses os et ses articulations une douleur sourde dont il ne laisse rien paraître.
- Peut-on m’indiquer la voie vers mes appartements ?
Un serviteur se détache de la masse, alors que cette dernière se disperse, petit homme au regard fuyant et chafouin. Ses doigts, parcourus de tic nerveux, ne cessent de cares-ser ses bagues, par petits mouvements brusques. S’inclinant rapidement, il invite son seigneur à le suivre.
- Maître…
Melanos n’a qu’à peine haussé le ton, mais le vieil homme l’a parfaitement compris.
- Eh bien ? qu’y a-t-il donc ?
- J’ai donné des ordres, avant votre venue. Assez pour pouvoir me permettre de ne m’occuper de rien pour ce soir. J’aimerais vous montrer moi-même le chemin, si cela ne vous dérange pas, sans compter que leur confiance ne vous est pas en-core tout à fait acquise. Celui-ci serait un traître armé, un meurtrier prêt à vous poignarder dans le dos que cela ne m’étonnerait pas plus que cela.
L’homme en question le regarde avec un air outré de cette suspicion mais aussi par la franchise indécente et mal venue du bras droit de l’empereur. Cependant, un simple coup d’œil de la part de ce dernier le remet en place, non pas terrible ni coléreux, mais si froid et calme qu’il en devient de fait mortifiant.
L’empereur hoche de la tête
- Bien sûr, bien sûr.
Ils commencent à descendre les marches. Précautionneusement.
- Une fois de plus, Melanos, tu as fait du bon travail, du très bon travail. Je n’aurais pas pu demander mieux que ce que tu me livres à présent, pas en un temps si court.
Il prennent une petite porte discrète et commencent le trajet dans les entrailles du pa-lais. L’élève observe le maître, guettant la défaillance, et le maître observe sa nouvelle demeure avec attention. Il marmonne dans sa barbe d’incompréhensibles détails qu’il prend en note.
- Ceux qui ont fondé cette ville et qui ont choisi les couleurs n’avaient aucun sens du bon goût ! Ce vert ! Il est bon pour ceux qui vivent près des bois, ou de la na-ture. Ici, il n’a plus rien de convenable. Et cet or ! Il est réservé aux rois, pas aux princes à ce qu’il me semble. De plus, il fait trop prétentieux.
- Croyez bien que tout cela sera changé au plus vite selon vos convenances, mon-seigneur.
Le vieillard soupire.
- N’y prends pas garde. Ce ne sont que des détails sans importance aucune.
- Mais ceci est à présent votre palais, et votre empire. Si l’on ne vous obéit pas pour quelque chose d’aussi simple, vous êtes perdu.
- Ne te fais pas d’illusions, Melanos. Je ne suis plus là pour bien longtemps. Le temps m’a rattrapé, et à présent il m’est compté. Je ne puis pas m’en plaindre, la faiblesse inhérente à cette damnée chose qu’est l’âge ne m’afflige qu’aujourd’hui. D’autres en souffrent plusieurs années avant de partir.
- Ne parlez pas de telles choses, maître. Vous n’êtes pas encore sur votre lit de mort.
- Non. Pas encore…
Il change soudainement de ton et d’expression pour devenir joyeux et aimable.
- Allons bon ! Est-ce encore loin ? Mes jambes n’en peuvent plus de me soutenir, et j’ai grande hâte de découvrir à quoi peuvent bien ressembler mes quartiers.
- Je crains qu’ils ne soient aux couleurs de la ville, maître, mais cela mis à part, je ne vois rien à leur reprocher pour servir à un empereur.
Ils arrivent devant une porte gardée par deux soldats. Ces derniers, en armure régle-mentaire d’Insania, ne sont autres que des Exteriors travestis de l’uniforme de leurs vaincus, comme en témoigne leur apparence usée et abîmée. A l’arrivée des deux hom-mes, ils s’empressent de leur ouvrir la salle.

AShnRuins
AShnRuins
Niveau 10
02 février 2006 à 18:44:20

:up: :g) Ceci n´est pas un :up: :g) Ceci n´est pas un :up: :g) Ceci n´est pas un :up: :g) Ceci n´est pas un :up: :g) Ceci n´est pas un

Yun_Shui_Jen
Yun_Shui_Jen
Niveau 5
02 février 2006 à 18:57:41

lol c´est super :ok:
par contre pourquoi t´as mis lein de tirets au milieux de certains mots :question:

mon oeil de lynx :ironie: n´a pas détecté de fautes :fou:

AShnRuins
AShnRuins
Niveau 10
02 février 2006 à 18:59:42

Ben... c´est involontaire et totalement incongru je te l´accorde. J´ignore d´où cela provient, et je prie tout le monde de me pardonner pour ceci... :o))

:o)) :fou:

SophyErzengel
SophyErzengel
Niveau 10
04 février 2006 à 13:07:50

Donc on se retrouve avec un clone de Palpatine qui est empereur mais qui a des idées communistes de redistribution... Diantre...
Ce chapitre est moins bon, car il y a moins d´aventure. Je suppose que c´est une transition et qu´il est donc nécessaire.
Bonne continuation.

AShnRuins
AShnRuins
Niveau 10
04 février 2006 à 13:44:54

Oui, c´est belle une transition, la transition par exellence, longue et chiante. L´action (action pas vraiement... physique, mai action dans l´histoire, mouvement en gros) arrive dnas le suivant, et même dans les suivants. ne vous attachez pas trop aux persos, vous n´aurez guère l´occasion de les voir vieillir :fou:

Ash-le-Magnifique :fou:

:o))

Nanaki7
Nanaki7
Niveau 10
04 février 2006 à 13:47:51

Voilà j´ai rattrapé mon retard...
Bon bah, c´est du bon boulot, avec peu de fautes, une bonne intrigue, à surprises ma foi, et pis un Mélanos très bien travaillé.
Juste un truc, le coup du "deux ans plus tard" ça l´a pas trop fait. C´était trop sec je trouve.
Et on manque un petit peu de paysages, de ciels bleus, de nuages opalins.
M´enfin, c´est une très bonne fiction, et j´tiens à t´féliciter :ok:

AShnRuins
AShnRuins
Niveau 10
04 février 2006 à 13:57:50

nanaki ! Moi qui te considérait comme perdu :snif: Je pensais que tu t´étais égaré sur le blabla 15-18, mais mes tentatives de sauvetages n´ont rien donné... :o))

Heureux que tu sois de nouveau là, et que tu apprécies. la suite demain ?

Ash-le-Grand :fou:

Nanaki7
Nanaki7
Niveau 10
04 février 2006 à 14:00:45

Je reconnais être fou, mais pas au point d´aller sur le 15-18 !! !

La suite pour quand tu veux, je lirai quand je peux.
Mon chapitre 4 est corrigé, mais j´le poste pas maint´nant ^^

En fait je risque d´être absent à nouveau durant quelques temps, mais j´pass´rai lire, t´inquiète pas :ok:

AShnRuins
AShnRuins
Niveau 10
04 février 2006 à 14:03:20

Mais que fais-tu donc ? :doute:

Bon, dès que tu posts je me jette dessus :fou:

Ash-le-Munificent :fou:

Nanaki7
Nanaki7
Niveau 10
04 février 2006 à 14:07:50

J´attends d´avoir avancé dans mon chapitre 5...
J´posterai p´tet d´ici Vendredi prochain, si Guild Wars continue de pas fonctionner...
:p)

AShnRuins
AShnRuins
Niveau 10
04 février 2006 à 19:10:19

Well,

Bon, je vous post ça maintenant, mais je n´ai guère confiance... Je ne vous cacherai pas que je ne l´aime pas, ce chapitre, tout comme son prédecesseur. Dur moment à passer, je crois que c´est fini :o))

Ne soyez pas indulgents pour autant...

Voilà :

III : Second défi ;

Ils pénètrent en même temps dans la chambre. Ici, l’opulence et le luxe semblent saturer l’air, prenant à la gorge l’inconnu qui passerait d’aventure. Cela en devient presque indigeste. Les meneaux d’or de la large baie vitrée, étincelants, rivalisent avec les innombrables tableaux et autres tentures cousues de fils d’argent et serties de gemmes chatoyantes. Les meubles, d’ébène pour la plupart et savamment sculptés, encombrent la pièce pourtant plus que spacieuse. Le lit en particulier, exagérément confortable, s’attire les regards irrités du nouveau maître des lieux.
- Cette couche est bien trop molle ! À mon âge, il faut quelque chose de bien ferme, et non pas cette espèce de sable mouvant ! Tu n’imagines pas, toi qui es encore jeune, à quel point il est douloureux de se réveiller après une nuit passée là-dedans lorsqu’on a vu autant d’hivers que moi...
Il se dirige vers les vitres claires, finement gravées à la base. Il inspecte la cour en pente douce recouverte d’herbe impeccablement taillée qui s’étend de l’autre côté de la mince couche de verre.
- Ceci, mon jeune ami, ceci est un véritable présent à quiconque désire profiter de mon sommeil pour attenter à mes jours. Pour peu que l’assassin ne tienne pas particulièrement à s’en sortir vivant, il peut parfaitement fracasser ces carreaux, parvenir jusqu’à ma couche et me poignarder tout à loisir avant que les gardes n’arrivent. Il faudra d’urgence faire placer des barreaux, non pas de ceux dont on fait des décorations mais de véritables et solides.
- Vos ordres seront exécutés au plus vite, mon seigneur...
- Bien. En d’autres temps, j’aurais pu supporter, voire apprécier ce luxe. Mais à présent il me faut donner l´exemple. Que penserait le peuple, à qui je demande de se démunir pour permettre à certains de survivre, si moi-même me vautrais dans pareilles richesses...
- Sans doute songerait-il que vous appréciez la récompense qui vous est due pour ce que vous leur apportez.
- Si seulement... mais cela ne peut être si simple, malheureusement. Il verra surtout qu’il doit se reposer à même le sol tandis que son empereur dort dans des draps de soie fine. Mais qu’importe. J’ai vécu pire, bien pire, et ne mourrai pas d’un peu de rigueur ou de quelques murs dénués d’ornements.
Il s’assied sur le bord du matelas, grimaçant devant l’indolente résistance opposée par ce dernier.
- Désirez-vous que je me retire, à présent ?
- Reste.
Melanos, qui s’apprête à sortir, suspend ses gestes et reste immobile, debout, les bras le long du corps au milieu de la salle, en face de son maître. L’étrange sensation qui l’a saisi au petit matin persiste, annihilant en quelque sorte sa volonté, son dynamisme.
Le vieil homme se malaxe lentement la figure, étirant sa peau sillonnée de rides.
- Il est une chose que je voulais te dire. Sache que je conserve de nombreux secrets, dont bon nombre à ton sujet. Tous ces... secrets, je ne te les ai cachés que parce qu’ils pouvaient te porter préjudice. Or, il en est un qui, pour une raison qui m’échappe, ne peut plus être gardé par mon seul esprit. Je suis totalement conscient qu’il te détruira, mais excuse-m’en, je ne puis plus le taire.
Son visage, crispé par l’effort, se tord en ce qui semble être une attitude de désolation sincère, assez incroyable à observer chez pareil personnage.
- Je... Je suis le mage qui t’a manipulé dans le but d’assassiner... d’assassiner Hyprya.
Le temps que l’information parvienne à la tête de Melanos, qu’elle lui imprègne la pensée et qu’enfin il en saisisse toute l’effroyable signification, un voile noir tombe devant ses yeux. Il se sent agir, il se sent se mouvoir. Droit devant lui. Sur ses mains, le contact d’un épiderme rugueux et tiède. Une pression, une terrible pression qu’il exerce de ses doigts et les anneaux cartilagineux qui cèdent un à un.
Il reste ainsi durant un instant d’une interminable longueur, immobile, tétanisé. Lorsque enfin la vue lui revient, il observe le corps inerte qu’il serre toujours. Petit à petit, il en retire ses doigts ankylosés par leur inconfortable position crispée.
Il tombe à genoux sur le sol en se tenant la tête entre les mains, le regard fou. La brèche de son esprit, un instant comblée, se trouve littéralement écartelée. L’affreuse et douce sensation d’une seconde personne cohabitant sous son crâne est de retour. Et cette dernière ne se contente plus de murmurer son avis. Elle le hurle à pleins poumons, le crie de toutes ses forces. Melanos sent ses pensées se disloquer brusquement, de plus en plus vite.
- Mort ! Mort ! Pour la seconde fois tu m’arraches un proche ! C’en est assez ! Viens donc me prendre à présent, si tu l’oses.
À nouveau il se trouve dans la salle aux modestes dimensions.
À nouveau la forme enveloppée de brume noire flotte devant lui.
Sa voix de jeune fille torturée se fait entendre, atténuée :
- Je croyais t’avoir déjà dit que je n’y étais pour rien. Je ne dispose pas à ma guise de l’existence des non-morts...
- Rends-les moi, au moins ! Ou alors achève-moi...
- Je ne le puis. C’est tout à fait contraire à mes règles. Désolée...
- Je vais te briser. Je vais te briser !
- Tu es désespérant d’imbécillité. Tu ne peux rien contre moi.
- C’est ce que tu crois. J’ai changé.
- Mais il te faudrait être devenu un Dieu majeur pour m’abattre. Ce qui risque fort d’être impossible.
Melanos forme son sort dans sa main. Un coup simple, une tranche élémentaire. Avec un calme incroyable et une discrétion totale, il le modèle, le met à sa convenance.
- Ton temps est achevé.
- Et qu’est-ce qu’un petit homme comme toi pourrait bien en savoir ? Je suis là depuis la création du monde, et j’en verrai sans en souffrir la fin.
- Si tu en es si sûre...
Il tire sa dague et fait mine de s’élancer. Au lieu de cela, il projette le plus violemment possible son sort. L’adversaire, surpris, se retrouve projeté contre l’un des murs de roche qu’il a créé. Déjà Melanos est au-dessus de lui et le fixe avec un sourire narquois, prêt à réitérer son geste. Toutefois, la Mort ne semble plus guère en état de relever le défi. Ses brumes se dispersent, laissant paraître un corps de d’adolescente nue d’une pâleur improbable. Se protégeant la face de ses mains aux ongles cassés, elle implore :
- Ne me détruis pas ! Je ne dois pas disparaître ! Tu ne peux imaginer ce que cela entraînerait...
- Mais je t’ai bel et bien vaincue. Je puis disposer à volonté de ton existence. Moi, pauvre petit humain.
Il met un accent tout particulier sur ces derniers mots.
- Je puis... je puis t’être utile ! Je puis t’enseigner des choses dont tu n’as même pas idée...
- Et quelle assurance ai-je que tu ne me trahiras pas ?
- Je te donne ma parole. Ma parole d’honneur. Si la parole d’un Dieu ne vaut rien à tes yeux, je doute que tu aies confiance en quiconque.
- C’est le cas. Aucun humain ne peut être considéré comme sûr. Cependant, je te crois. Mais au moindre doute envers toi, tu rejoins les limbes de l’oubli.
- Je saurais m’en souvenir. Je ne te décevrai pas.
- Bien. Pour l’heure, j’ai d’autres affaires à régler. Je reviendrai sous peu.
La chambre royale se reforme devant ses yeux. Appelant les deux gardes en faction devant la porte, il les somme de débarrasser l’endroit du corps du Seigneur des Hauteurs. Il lui revient vaguement à l’esprit qu’il aurait pu ressusciter son maître ainsi qu’Hyprya, mais cette possibilité ne trouve plus aucune grâce à ses yeux. Il n’en a plus cure.
Se jetant littéralement sur le lit, il s’endort sans prendre la peine de se dévêtir.

Pour ceux qui comptaient connaître le nom du Seigneur des Hauteurs, autant vous prévenir, c´est raté, et d´une jolie façon :o))

Nanaki7
Nanaki7
Niveau 10
05 février 2006 à 19:37:09

Ainsi je suis le premier...
Bon et bien, je suis déçu !
Oui, déçu par le niveau bien bas de ce chapitre...
Outre de très belles descriptions, comme a l´accoutumée, ce qui m´a tout d´abord ravi, nous n´avons rien de plus intéressant niveau manuscrit...
Le vieux crouton meurt, ok, c´est même bien, mais la rencontre avec la mort est B A C L E E !
Mwaaaarf.
Attends, je veux bien concevoir que notre petit Melanos a largement gagné en puissance...
Mais on ne se défait pas aussi facilement de la Mort, qui existe depuis toujours...

Il lui a suffit d´un petit sort, et puis hop, elle cède...
Franchement, si tous nous faisait un beau combat bien difficile, ce serait un chapitre excellent, mais là, tu le bacles, tu tournes la page sans même la combler...

Chuis déçu par ce chap, qui aurait pu être excellent avec un beau combat.

En fait, c´est un bon chaputre, mais le scénario et la finition sont largement en dessous de ce dont tu m´as habitué...

Tu peux pas nous le refaire ?

AShnRuins
AShnRuins
Niveau 10
05 février 2006 à 20:36:27

Cher Nanaki,

Bien content que tu penses cela.

"Tu es fou !" , me diras-tu. Oui, te répondrais-je. Oui mais non. Il est tout à fait normal, voulu, souhaité que vous soyez déçus de ce combat, bien que vous n´en conaitrez la raison que dans moult chapitres :fou:

Pas le temps de m´apesantir, mais j´y reviendrai :fou:

Nanaki7
Nanaki7
Niveau 10
05 février 2006 à 21:08:27

Il ne me surprend guère que cela soit volontaire, mais quand même...
Un peu de sang... :hap:

Allez, la Quite alors :ok:

AShnRuins
AShnRuins
Niveau 10
06 février 2006 à 17:02:43

Bien, je suis de retour.

Désolé que cela t´ait déçu, cher nanaki, mais tu comprendras plus tard, dans quelques chapitres. Tu varras alors clairement Pourquoi le combat ne Pouvait être ni beau ni sanglant ni enragé ni rien de quoi que ce soit d´autre que cette merdouille purullente (je conviens très volontier que cet affrontement est pitoyable au niveau guerrier). J´espère qu´à ce moment là tu me pardonneras la présente déception. Cela vaut d´ailleurs pour tout ceux qui le rejoignent (je le répète, vous êtes dans la bon :fou: )

Sinon, content que mes descriptions t´aient plues :o))

Ash-le-Maître :fou:

:o))

Nanaki7
Nanaki7
Niveau 10
06 février 2006 à 18:44:33

Dans ce cas dépèche toi de poster !! !
:fou: La Quite ! :fou:

AShnRuins
AShnRuins
Niveau 10
06 février 2006 à 20:17:21

Malheureusement, en parlant de suite, cela risque d´être un peu retardé. Il se trouve que je me suis bâtit un projet d´une ampleur assez conséquente, et que sa réalisation fait pâtir l´avancée du chapitre suivant. En fait, ce projet est la suite en elle-même, mais sur un terme plus lointain. Je dois pour l´heure régler l´affaire des derniers soldats qui s´opposent à Melanos dans Insania (toi, Nanaki, qui voulait du sang, il va y en avoir, et ce jusqu´à la fin), régler deux-trois détails avec la Mort et hop, on changera de décors... mais je n´en dis pas plus :o))

++

Nanaki7
Nanaki7
Niveau 10
06 février 2006 à 22:07:07

Petit message H.S mais...

/!\ 200 /!\

:ok:

Ash :d) Vivement la Quite, et vive le sang ! :-d

Sous forums
  • Ecriture
  • Modélisation 3D
  • Montage vidéo
  • Arts Graphiques
  • Modélisme
La vidéo du moment