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Les idées noires.

Fake-yann
Fake-yann
Niveau 5
20 juin 2011 à 11:16:36

Hello tout le monde ! Aujourd'hui est le grand jour pour moi : je mets en ligne le début de mon texte... !

J'ai déjà fait la découpe sur word, bien que l'histoire soit loin d'être finie ! Comme cadence je pense me baser à un post par semaine, ça m'obligera à continuer, histoire de se booster un peu !

J'accepte toutes les critiques, tant qu'elles sont constructives ( si tenté qu'il y aie des lecteurs... ^^ )

Bonne lecture ! :)

Le commissaire Thomas Duquesne, fraîchement nommé au commissariat d’Avignon, ne s’attendait pas à un pareil désordre en pénétrant dans son tout nouveau bureau. Le petit hall précédant le bureau en lui-même était pourtant bien rangé. Mais il n’avait surement pas été confié aux soins du prédécesseur de Thomas. Jean-Luc Estaret était parti avec les honneurs, certes, mais au moins aurait-il pu ranger la vaste pièce circulaire qu’était son bureau. Dossiers ouverts, photos de victimes ou de criminels, parfois rattachées entre elles, punaises et marqueurs, plans de la ville… La panoplie complète de nombreuses et minutieuses enquêtes était là. Duquesne prit le temps d’observer l’endroit dans lequel il venait de pénétrer. Aussi, il resta debout sur le pallier de la porte plusieurs minutes durant lesquelles il s’efforça d’imaginer les innombrables heures passées ici, entre les douze fenêtres qui entouraient la pièce. Puis il finit par aller s’asseoir derrière le bureau, en face de la porte, au fond de la salle. Il posa sa mallette, à l’intérieur de laquelle étaient méticuleusement rangés ses outils de travail personnels, -qui consistaient en réalité en un Mac Book, un organiseur, deux cahiers et quelques stylos- puis remarqua une feuille sur laquelle était rédigé un mot à son attention. L’information arriva jusqu’au cerveau en moins de deux secondes. Duquesne comprit, d’après l’écriture, qu’il provenait de l’ancien occupant des lieux. Tout comme la pièce, l’écriture était grossière et peu soignée. Néanmoins, le jeune commissaire parvint sans aucun mal à déchiffrer ce qui pouvait s’apparenter à des hiéroglyphes pour d’autres. Aussi, il lut rapidement :
« Cher Thomas,
Malgré les nombreuses années durant lesquelles nous avons travaillé ensemble, tu trouveras dans cette pièce tous les dossiers, toutes les affaires que je n’ai pas pu boucler ou résoudre. Je les mentionne car tu n’as probablement participé à aucune d’entre elles, certaines remontant aux années 1980. Tu y trouveras également un dossier contenant toutes les affaires qui m’ont paru louches, ou qui sont susceptibles de refaire surface d’ici quelques temps. Je te souhaite de résoudre autant si ce n’est plus d’enquêtes que moi et tout ceux qui nous ont précédé.
Amicalement,
Jean-Luc.
P.S : J’espère que tu as bien profité des heures de sommeil dont tu disposais étant inspecteur, car dès maintenant, tu peux les diviser par deux ! Bon courage ! »
Ces derniers mots provoquèrent un léger sourire sur le visage de Thomas Duquesne, qui savait bien à quoi s’attendre. En effet, depuis dix ans, le commissariat avignonnais se voyait confier la charge des enquêtes d’un secteur agrandi. Il s’était construit un bâtiment en plein cœur de la ville, à quelques pas du boulevard Raspail, qui regroupait les commissariats de la ville et des communes des alentours. La police avait donc été renommée « La Brigade S.E », S.E signifiant Sud-est. Duquesne avait toujours pensé que ce nom ne correspondait pas vraiment à la réalité. En effet, même si le champ d’action de cette brigade était bien plus étendu, - il partait du nord du Vaucluse pour s’achever à la limite sud du Gard – il considérait légitimement ne pas couvrir tout le Sud-est. Il avait raison de concevoir ainsi les choses, surtout depuis que le commissariat de Marseille avait demandé l’autorisation de créer une unité similaire à la Brigade S.E, simplement pour entrer en concurrence avec celle-ci. Et, comme pour faire jouer cette concurrence, la criminalité du secteur sous la responsabilité de la brigade avait augmenté de trente-sept pour cent. De quoi rendre fou chaque commissaire ayant séjourné dans ce bureau circulaire.
Thomas chassa ces pensées déprimantes de son esprit et entreprit de ranger toute la paperasse qui traînait sur son nouveau bureau. Plus de deux heures plus tard, une fois chaque dossier classé et soigneusement rangé en plusieurs catégories, dont une spécialement conçue pour les affaires susceptibles de ressurgir, Duquesne desserra un peu sa cravate. Un pot organisé pour sa nomination avait lieu dans quarante-cinq minutes. Il avait dont le temps de se mettre à l’aise et de boire un verre. Il piocha au hasard dans l’armoire qui se trouvait sur sa gauche et en ressorti sa main serrant une bouteille de whisky poussiéreuse. Il s’en servit un léger, accompagné de deux glaçons. Par précaution, il mit le réveil de son téléphone portable, juste au cas où… Puis il finit par fermer les yeux.
Lorsque Thomas Duquesne se réveilla, il comprit qu’il eut bien fait de prendre la précaution de programmer un réveil sur son téléphone. C’était en effet celui-ci qui venait de le réveiller. Le commissaire s’étira brièvement avant de se lever et de resserrer sa cravate. Il pénétra ensuite dans une petite salle de bains collée à son bureau, accessible par une porte peinte en blanc sur laquelle était fièrement arboré le symbole de la Brigade S.E. Examinant son visage, il se passa un peu d’eau sur le visage et se recoiffa afin d’être présentable. Il quitta ensuite ses locaux en prenant soin de changer le code d’accès à la porte du petit hall et de fermer celle de son bureau à double tour.
Il cru que ses tympans allaient exploser.
L’ovation que Thomas reçut quand il pénétra dans la salle de réunion était bien plus que de simples applaudissements et petits cris de collègues taquins. Tous étaient debout et affichaient un sourire plus vrai que nature. Thomas était apprécié au sein du commissariat, il le savait, mais ne s’attendait pas à autant de succès. Aussi, une fois n’est pas coutume, il fut un peu gêné à l’heure de commencer son discours.
« Et bien, pour commencer, je vous dirais simplement merci. Merci à tous pour cette acclamation ! J’ai seulement eu l’impression d’être une rock star pendant quelques secondes mais le trac avant de monter sur scène est passé ! Bien. Cela fait onze ans que je travaille dans ce commissariat, à vrai dire j’ai toujours travaillé ici. La plupart d’entre vous me connaissent, plus ou moins bien, vu que je ne pense pas me montrer énormément. Et pour ceux qui ne m’auraient jamais vu, je suis celui que l’on surnomme Tintin. Je ne pense pas avoir besoin de dire pourquoi, dit-il en se passant machinalement une main dans les cheveux. On m’a d’ailleurs souvent reproché cette discrétion, reprit Duquesne, mais je vous promets que, dorénavant, je ferai des efforts ! Chers collègues, je pense avant tout que ce commissariat est une grande famille, qu’il faut préserver. Et pour cela nous devons travailler dur. Chacun sait les chiffres qui pèsent sur notre champ d’action et donc, la pression que nous allons devoir supporter durant les années à venir. C’est pourquoi je vous demanderais sans cesse de ne rien lâcher, ne jamais baisser la tête. Ce commissariat a, à sa tête, trois commissaires. Je ne pensais pas en arrivant ici, onze ans plus tôt, faire un jour partie de ces trois personnes. Vous pourrez considérer que je suis le pire commissaire que cet établissement a connu, me traiter d’enfoiré ou de salaud une fois que j’aurais le dos tourné… Mais je me dois de vous dire que j’essaie de mesurer nos efforts à la gravité de la situation. Aussi, je vous souhaite à tous bon courage et j’espère que le travail que nous effectuerons sera récompensé et efficace ! En attendant… Détendons-nous et tournons-vous vers ce fabuleux buffet qui nous attend au fond de la salle ! »
Comme à son entrée, Thomas fut acclamée de manière démesurée. Il sourit et se dirigea ensuite vers le buffet. Il s’entreprit à quelques dizaines de poignets de mains et remerciements et s’attarda à bavarder avec ses collègues les plus intimes, dont Clara Ricci. Ils avaient travaillé ensemble sur plusieurs enquêtes et Thomas s’était toujours efforcé de cacher son attirance envers elle. Clara était mariée. Elle n’avait pas d’enfants, malgré ses trente-trois ans et son désir ardent d’en avoir un - mais avec un mari stérile, la chose devenait bien plus complexe. Néanmoins, la jeune femme était parfaitement au courant des sentiments du commissaire à son égard. Elle les avait devinés des années auparavant.
Vers vingt-trois heures Thomas Duquesne se sentit fatigué. Aussi, après avoir salué les personnes encore présentes, il rentra chez lui, un appartement confortable à quelques minutes du commissariat, derrière la rue de la République. Il se déshabilla rapidement et alla directement se coucher dans sa chambre de célibataire. Cinq minutes plus tard, le commissaire novice était dans les bras de Morphée.

Blina
Blina
Niveau 8
20 juin 2011 à 11:44:15

Alors !
Je trouve que c'est un début qui a l'avantage d'installer une ambiance très richement nourrie (par les détails de la description, les éléments d'information qui tournent autour des secteurs criminels, par le discours sans fioritures du commissaire). Pas d'entrée en fanfare mais une introduction douce, comme dans un épisode de série policière, toute en nuance de gris et de mélancolie poussiéreuse.

J'attends de voir la suite pour me faire une idée ! (Pense à ménager des surprises pour ton lecteur. Tout semble trop planifié dans la manière dont les événements se déroulent (le lieu, le personnage, ses pensées, son discours, ses enjeux sentimentaux...) Il ne faut pas qu'on ait trop l'impression de lire le déroulé d'une carte d'identité littéraire déjà définie dans l'esprit du lecteur habitué au genre (ou habitué à l'idée qu'il s'en fait).

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
20 juin 2011 à 11:48:23

C'est un texte épais (et mal présenté, attention aux paragraphes collés les uns sur les autres) mais pas désagréable à lire. On ne s'y ennuie pas. Maintenant, on attend que s'y passe quelque chose. J'attends aussi la suite pour te dire ce que j'en pense :) .

Fake-yann
Fake-yann
Niveau 5
20 juin 2011 à 20:25:02

Ben ça fait toujours plaisir d'avoir deux commentaires, des vrais ! La mise en place risque de durer un petit peu encore car il y a vraiment pas mal de personnages... Après Blina pour ce qui est des surprises t'en fais pas. Je sais que ce début annonce plus ou moins ce qu'il va se passer, ou veut l'annoncer en tout cas ^^

J'ai quelques idées de rebondissements... ^^

Ensuite Carnavale, c'est vrai que certains paragraphes font carrément offices de pavés, ça me semblait plus aéré sur Word, je veillerai à ce que ça le soit ! :)

En tout cas merci, suite en fin de semaine ou début de semaine prochaine ! :)

couille2bite
couille2bite
Niveau 6
22 juin 2011 à 15:53:44

J'ai pas eu le temps de lire (je le ferais ce soir :-))) ), mais déjà trois fois le mot "bureau" dans les quatre premières phrases :-(

Gerb0s
Gerb0s
Niveau 7
23 juin 2011 à 13:53:57

Je trouve que tu as bien installé cette ambiance très américaine des commissariats. On est tout de suite plongé dans l'univers du personnage principal, un lieu jovial qui contraste avec la vision que les "gens de l'extérieur" ont du commissariat.
Personnellement, le manque de rebondissement du début ne me dérange pas, au contraire. Je trouve qu'un rebondissement précoce nuit à la bonne mise en place du contexte.
Descriptions pas trop longues, juste ce qu'il faut pour comprendre le lieu.

Peut-être pus étayer la psychologie du personnage, ses sentiments sur le moment, ses pensées...

J'attends la suite ! :)

Fake-yann
Fake-yann
Niveau 5
23 juin 2011 à 17:08:42

Merci Gerb0s ! :)
Ca fait grandement plaisir ! Pour ce qui est de la psychologie des personnages, j'avoue que c'est un point que j'ai du mal à faire partager. Je vois très bien la psychologie de mes personnages mais je galère à la retranscrire disons de manière jolie au niveau de l'écriture. Je lis beaucoup de Fred Vargas en ce moment, qui, je trouve, est très très forte pour la psychologie des personnages. :) La suite peut-être ce soir, selon comment ma progression sur word avance... :)

Blina
Blina
Niveau 8
26 juin 2011 à 19:06:30

Eh bien mon ami en effet impression confirmée ! Mais dans le bon sens. Tu installes tranquillement avec beaucoup de soin (mais sans trop d'apprêts) les ancrages d'une réalité de fiction policière crédible. Les petits dialogues et les petits détails se marient de façon suffisamment tranquilles pour ne pas surprendre le lecteur, conforter l'horizon d'attente d'un genre délicieusement poussiéreux - l'enquête en milieu trouble sur fond de tabac chiqué, dans la pénombre d'un vieux bureau... - qu'il appréciera, ou non, à retrouver.

Attendons de voir ce qui va bouleverser tout ce petit monde-là ! (J'espère qu'il y aura (osons-le) du sexe avec Clara ! (Dont j'adore le nom cliché^^!!)

Fake-yann
Fake-yann
Niveau 5
27 juin 2011 à 16:11:56

Merci ! :D

Ca fait rudement plaisir ce petit commentaire ! :)

Personnellement je pense que tu ne n'attends au déroulement de l'histoire en fait, quoique... :)

Et, soyons fous, révélons : oui il y aura du sexe avec Clara ! Mais je ne dis pas avec qui ! :)

Blina
Blina
Niveau 8
27 juin 2011 à 17:04:30

Aaaaaaaaaaah ! Ca, c'est de la bonne bande-annonce ^^!! Il me tarde :) ...

Fake-yann
Fake-yann
Niveau 5
28 juin 2011 à 16:02:15

Voici la suite ! J'ai pas trop mal avancé hier donc je me permets de poster un petit coup ! :)

Ca sera peut-être à intervalles un peu plus longs dans une ou deux semaines! ^^

Alfred Garideau regardait pas la fenêtre de son bureau, le même que possédaient ses deux collègues. Il était dix heures cinq lorsque Clara Ricci arriva. Il lui sourit et la regarda pensivement. C’était un bon élément. Peut-être un des meilleurs lieutenants qu’il avait eu sous ses ordres. A quarante-neuf ans et après quinze années en tant que commissaire, il avait vu défiler des dizaines d’inspecteurs au commissariat de la Brigade S.E.

Il avait même fait ses débuts de commissaire avant la naissance de la brigade, au commissariat des remparts de la ville d’Avignon, sur l’avenue St Roch résolvant plusieurs affaires dont un double meurtre qui avait fait parler de lui.

On lui attribuait également une participation au projet de la Brigade S.E et il en avait tout naturellement été l’un des trois commissaires dès sa mise en place. Actuellement, son nom était associé à la succession d’Arthur Mas comme divisionnaire. C’était un des sujets préférés de Clara pour taquiner son supérieur.

« Alors, comment va notre futur Grand Manitou ? dit-elle en souriant.
- Par pitié Clara arrête ça ! Je ne sais pas d’où vous sortez ces conneries, mais Mas n’a aucunement l’intention de prendre sa retraite ! Il est très attaché à ce poste figure-toi.
- Ou au chèque qui l’accompagne… »

Clara Ricci n’avait jamais apprécié Arthur Mas. Elle le trouvait arrogant, dépourvu de bon sens et trop carriériste pour être vraiment préoccupé par des criminels.

« Garde tes convictions pour toi veux-tu ? Mas est un pro, quoiqu’on en dise, il s’arrache pour qu’on puisse bosser le mieux possible. Et de plus, je suis moi-même très bien ici. Je ne trouverai aucun plaisir à faire le boulot de divisionnaire. Je suis déjà affligé quand je dois lire des rapports parce que, très franchement, ça m’emmerde, alors je ne t’en parle même pas si je devais me payer toute la paperasse qu’il doit lire par jour. En tant que commissaires on doit déjà en faire assez. Vous êtes plus souvent sur le terrain que nous, des fois je me dis que j’aimerais repasser lieutenant…
- C’est vrai, j’admets que je n’apprécierais pas de rester enfermée pendant que mes hommes seraient sur le terrain. Je trouverais ça injuste, et pour eux, et pour moi.
- Pourtant tu es amenée à me remplacer ma chère !
- Peut-être… Peut-être pas ! Si je peux continuer à aller sur le terrain avec mes hommes pourquoi pas ? En attendant, je ne suis pas la seule à prétendre à ta succession ! Eric est un super flic, il m’impressionne à chaque intervention !
- Moi aussi, admit Alfred. Cependant, tu as quelque chose qu’Eric n’a pas.
- Qui est… ?
- Tu es une femme. Ce commissariat manque de féminité, autant sur le terrain que dans les bureaux. Vous voyez très souvent les choses d’un autre œil que nous, et ton avis a fait avancer voir résoudre bien des enquêtes au sein de l’équipe. »

Clara se rendait compte en écoutant parler Alfred à quel point elle appréciait son travail, et son chef. Alfred l’avait coachée pendant ses premières années. Il ne l’avait pas formée, mais simplement aidée à s’imposer, se sentir à l’aise ici et à évoluer. La jeune femme lui en était reconnaissante, vraiment. Un homme très humain, un poil féministe et révolté contre un monde qui tournait de moins en moins rond. Un esprit d’analyse hors norme et un acharné du travail. Un flic exceptionnel en somme.

Eric Gonzalez entra dans le bureau dix minutes après Clara. Il partageait le point de vue de cette dernière sur leur chef, à ceci près qu’il ne le trouvait pas assez dur, parfois trop gentil avec ses hommes. L’inspecteur Gonzalez avait fêté son trentième anniversaire une semaine auparavant.

C’était un bel homme, d’origine californienne par son père. Grand, brun, des yeux verts de tombeur. Il avait toujours été sportif et avait eu les meilleurs résultats dans les épreuves physiques et sportives du concours d’inspecteur. Il aimait le fait de pouvoir rattraper un fuyard grâce à sa vitesse. Non pas qu’il se vantait d’être athlétique, mais il voyait là un moyen de garder une forme physique qu’il jugeait nécessaire pour son métier.

En entrant dans le bureau d’Alfred il fit une bise à Clara Ricci et serra chaleureusement la main de son chef puis pris le café que lui tendait celui-ci. La jeune femme regardait son partenaire évasivement. Eric avait quelque chose d’attirant.

Outre le fait qu’il soit très bel homme, il dégageait une assurance naturelle –qui expliquait probablement le fait qu’il multipliait les conquêtes féminines- et cela faisait craquer la jeune femme. Elle était cependant mariée et n’envisageait pour rien au monde de quitter son mari. En buvant son café, assis sur le bureau D’Alfred, « l’Américain », comme il était amicalement surnommé, prit la parole :

« On est en avance ou ce sont les autres qui le prennent trop tranquillement ?
- Un peu des deux peut-être, répondit le commissaire avec un léger sourire. En réalité vous avez dix minutes d’avance mais si tout le monde était là nous commencerions plus vite et donc pourrions commencer à bosser plus tôt. Parce-que croyez-moi, vous allez vivre une fin de mois à la fois palpitante et épuisante !
- Ah… Du nouveau sur « le treizième apôtre » ?
- En effet, mais j’attendrai que tout le monde soit là pour en parler. »

Clara Ricci avait hâte que cette réunion commence. Le « treizième apôtre », surnom dégoté par Eric le tant qu’on retrouve l’identité du tueur, se foutait royalement de leur gueule. Se permettant de laisser des indices mais pas trop, il avait conduit les enquêteurs sur plusieurs pistes, avec des suspects incroyablement crédibles. Mais, évidemment, aucun d’entre eux n’était le coupable. Un vrai roi de la cavale ce mec-là.

La réflexion de la jeune femme s’arrêta là. Les personnes attendues, un autre lieutenant, Samir Al’Bakir, et cinq agents de police, apparurent dans le bureau d’Alfred Garideau.

« Bien, commença-t-il, le compte est bon. Bonjour à tous, j’espère que vous êtes en forme, parce qu’à partir de cet après-midi il va falloir que chacun d’entre vous soit au top. Que ce soit les trois lieutenants ou les dix agents qui ne sont pas habitués à tant d’action. Comme vous le savez, il y a en ce moment trois affaires « majeures » si j’ose dire. Durant la semaine qui va suivre, vous allez vous consacrer uniquement à celle de ce département. Laissez de côté vos petits dealers de quartier, les cambriolages et les vols pour le moment, dit-il en se tournant vers les agents. Je ne voulais pas en arriver là et croyez moi que ça me les brise de devoir vous ordonner de faire l’impasse sur vos affaires habituelles qui sont classées « moins importantes ». La priorité est ce foutu « treizième apôtre ». Mettez les bouchées doubles ! On a jusqu’à la fin du mois pour le coincer… Sinon quoi, l’affaire passera au S.E 2.
- Mais vu qu’on est probablement la meilleure équipe du pays, ça n’arrivera pas ! »

La remarque d’Eric Gonzalez fut suivi par quelques ricanements et sifflets. La plupart des officiers et agents travaillant à la Brigade S.E avaient développé un esprit de compétition féroce avec le commissariat Sud-Est 2. Compétition que leurs homologues marseillais étaient ravis d’entretenir. Alfred Garideau reprit la parole une fois l’assemblée redevenue calme.
« J’espère que je me suis bien fait comprendre. On peut penser, vu la pression que Mas nous met, que plusieurs postes sont en jeu ! Alors, remuez-vous ! Des questions ?
- Oui, intervint un jeune agent blond. On a un plan d’attaque spécial ou est-ce que l’on ne part de rien ?
- Ravi que tu poses la question Yohan. On a peut-être une piste. Si elle se révèle correcte, elle est la plus sérieuse qu’on ait jamais eue jusqu’ici. Une vieille dame est venue témoigner tôt ce matin. Elle a dit avoir vu un homme d’environ quarante ans entrer dans le bâtiment ou elle vit, une bible à la main.
- Et comme tous les hommes entrant dans un bâtiment une bible à la main sont des tueurs en série homophobes… On touche au but !
- Non, ils ne le sont, heureusement, pas tous. Mais elle nous a dit de plus qu’elle avait remarqué des traces de sang sur ses mains et sur le bouquin.
- On part quand même de pas grand-chose, on n’a pas mieux ? demanda Clara.
- J’y viens. La gentille mamie nous a rapporté, que lorsqu’elle a vu l’homme rentrer dans le bâtiment elle en sortait. Or, avant de rentrer il a regardé les noms sur les sonnettes. Et il aurait dit à voix haute « Rougier ». Or, Guillaume Rougier, domicilié au bâtiment « Les Colibris » dans le quartier des Sources… Est homosexuel selon notre témoin.
- Mais alors qu’est-ce qu’on fout là à attendre qu’un jeune se fasse écorcher bordel ?! s’emporta Gonzalez.
- On n’a pas attendu tu te doutes ! On a directement envoyé une équipe sur place. Il ne s’est rien passé. On a mis deux agents dans une voiture banalisée dans le quartier au cas où. Il nous faut une liste de tous les pacs entre hommes effectués ces dix dernières années. Soit notre tueur à recours à des infos qu’on à pas pour repérer ses cibles, soit il les surveille pendant un moment avant d’attaquer, auquel cas nous aurons un coup d’avance la prochaine fois. Allez, au boulot ! »

FandeDQ4
FandeDQ4
Niveau 9
28 juin 2011 à 18:25:48

En fait ton texte ne convient pas à ce forum. Ou plutôt pas pour moi.

C'est bien mais trop long.

Ca pourrait m'intéresser si je laisais un roman.

Mais tu vois si tu continues je suis persuadé que le roman commencera vraiment pas avant une 50aine de pages, avant ça va être du blabla, sûrement la découverte d'un corps, une autopsie peut-être, le début de l'enquête...

Je sais pas pour un forum ça prend trop de temps.

Par exemple j'écris également un texte en ce moment, j'aimerais le poster mais franchement je peux pas : c'est lent, c'est chiant pour des gens de 15/20 ans (or ici il y a que ça quasiment), pas beaucoup d'action...

Je trouve ça vraiment risquer de poster un texte comme ça ici.

Fake-yann
Fake-yann
Niveau 5
28 juin 2011 à 18:33:14

Hmmm... Je vois ce que tu veux dire. Néanmoins, je pars du principe qu'il en faut pour tous les goûts, et je pense qu'il sont très divers ici ( peut-être que je me trompe ^^ )..

Bref, je vais continuer quelques temps, et puis on verra bien ! :)

Blina
Blina
Niveau 8
29 juin 2011 à 16:00:25

Eh bien moi je ne suis pas du tout d'accord avec FandeDQ. Je trouve au contraire que la manière dont les épisodes se construisent est très agréable à lire et à recevoir. Les dialogues se font au rythme d'un film tranquille, le lecteur suit les personnages avec attention, sans être trop orienté par un narrateur arrogant qui viendrait nous matraquer avec des jugements de valeur cachés sous les adjectifs. C'est un vrai petit plaisir de se laisser porter. L'écriture est simple, les personnages attendus mais pour l'instant bien construits, et la sauce prend bien. Tu imposes un rythme, une ambiance, une atmosphère, même. Peu savent le faire. A défaut d'avoir un début d'histoire palpitant - ce qui n'est pas tant l'intérêt de ce que tu écris - tu présentes un univers qui, pour être déjà connus de tous, n'en demeure pas moins agréable à retrouver. L'ensemble est frais et même si la chute n'est pas construite en forme de : "Mais qu'est-ce qui va se passer???", on a totalement envie de connaître la suite.

Un grand + et des encouragements pour cette belle entreprise romanesque, qui refuse le spectaculaire du "vous allez en avoir pour votre argent". C'est un vrai début de roman. Continue dans ce sens, moi j'adhère totalement :-) .

Fake-yann
Fake-yann
Niveau 5
29 juin 2011 à 21:20:16

Merci Bli ! :ouch:

Ca me fait tellement plaisir, même si pour l'instant du dois être la lectrice la plus assidue ( la longueur en a peut être découragés certains ! :) ) ça fait toujours chaud au coeur d'avoir des critiques constructives qui plus est positives ! :)

Blina
Blina
Niveau 8
29 juin 2011 à 21:28:36

Héhé il en faut bien :-) !!

Fake-yann
Fake-yann
Niveau 5
29 juin 2011 à 21:29:50

Certes ! :)

Fake-yann
Fake-yann
Niveau 5
03 juillet 2011 à 22:06:10

Hep là ! Voici la suite ( en fait je trouve que deux par semaine c'est pas mal, mais vu que j'ai commencé le boulot je vais peut être bien moins écrire et bien moins poster pendant le mois de juillet ! ^^ )

S’il y avait bien une chose qu’Eric Gonzalez reprochait au commissariat S.E 1 c’était la façon dont les hommes étaient répartis. Les effectifs étaient très important, il le reconnaissait volontiers, mais en plus des catégories «commissaires» et «inspecteurs», appelés également et de façon erronée, « lieutenants », les agents de police étaient divisés en trois sous-catégories. La catégorie 3, la plus basse, était généralement constituée de nouvelles recrues ou des agents ayant fait des fautes professionnelles. On les distinguait par le fait qu’ils devaient porter la panoplie complète des agents : uniforme, képi… Ils étaient affectés à la circulation. La catégorie 2 comportait des agents confirmés, qui avaient fait leurs preuves. Eux n’avaient pas d’uniforme. Ils étaient vêtus d’une veste avec le blason du commissariat S.E 1 sur leur poitrine. Enfin, la catégorie 1 parlait d’elle-même. Surnommée la catégorie des « sous », elle avait été créée pour accueillir les agents qui étaient en passe de devenir inspecteur. Ils avaient les compétences pour, seul le diplôme leur manquait. Eux s’habillaient comme ils le voulaient.
C’est en tenant compte de cet organigramme, qu’il considéraient pour le moins troublant, que l’ « Américain » et Clara Ricci avaient pour tâche de constituer des équipes. Cela se fit tout de même relativement vite. Ils décidèrent que chaque équipe serait composée d’un chef d’équipe -de la catégorie 1 obligatoirement- de deux agents de la deuxième catégorie. Enfin, par mesure de sécurité, un seul agent de la catégorie 3 par équipe. Sécurité, autant pour eux que pour l’opération. Ils n’étaient, pour la plupart, pas encore assez habitués au terrain et risquaient de stresser si l’opération tournait mal. De plus, malgré les instructions de leur supérieur, les deux inspecteurs avaient choisi de laisser quelques agents convoqués à la réunion au commissariat, histoire que les petites infractions soient tout de même prises au sérieux durant cette fin de mois de mars.
« Bon… commença Eric, je crois qu’on est bons là.
- Ouais. C’était plus rapide que prévu, lui répondit Clara.
- Heureusement. Je ne comptais pas y passer deux heures. Au fait, c’est déjà midi, tu veux aller manger un morceau ?
- Avec plaisir ! Je commence à avoir faim aussi.
- On prévient Thomas non ?
- Non, laisse tomber. Il a une tonne de boulot ce matin.
- Les débuts de commissaire… Palpitant ! Si dès son premier vendredi il ne peut pas aller manger avec nous… Je n’imagine même pas ce que ça sera quand il sera en pleine bourre !
- Eric… Tu connais Thomas aussi bien que moi, il est déjà en pleine bourre ! »

Le commissaire Duquesne était effectivement en plein travail. Sa priorité était de coincer Gaglio. Et il avait déjà commencé à réfléchir à la prochaine opération. La dernière fois, ils s’étaient attaqués directement à la villa du mafioso. Mais elle était mieux gardée qu’un bunker. Le résultat avait été catastrophique. Le commissaire Duquesne s’en rappelait parfaitement. Aussi, il avait employé toute sa matinée à mettre en place sa stratégie. En creusant toutes les informations qu’il possédait, il trouva enfin une faille. Gaglio avait crée des sociétés façades qui vendaient de tout et n’importe quoi : des vêtements, des gadgets électroniques ou encore du matériel de pêche. Bien évidemment, ces sociétés n’étaient pas à son nom. Alessandro Gaglio possédait un réseau infiniment étendu. Il avait réussi, assez aisément au paru, à soudoyer de petits entrepreneurs dans chacun de ces secteurs et à les faire travailler pour lui. Ainsi, les entrepreneurs créent une société sur les ordres du sicilien, servaient de point relais pour la marchandise qui intéressait vraiment Gaglio : drogue, alcool venu d’Espagne, armes, et parfois des femmes d’Europe de l’Est ou d’Extrême-Orient.

Néanmoins, tout ce petit système bien ficelé comportait une brèche et, aussi infime soit-elle, Thomas Duquesne l’avait trouvée. Et il comptait s’y engouffrer tel un parasite prêt à détruire tout le système. Cette brèche consistait en fait en une bête erreur du mafioso. En créant des sociétés banales comme celles-ci, il avait simplement pensé à leur fonction de façade. Il avait oublié un risque : tout le monde pouvait se servir dans ces entreprises, tout le monde pouvait commander des gadgets, vêtements ou du matériel de pêche.

Tout le monde. Y comprit un commissaire de la Brigade S.E, un homme comme les autres. Le plan de Thomas était simple, mais avait tout pour être efficace. Il allait commander dans ces trois entreprises, empruntant un faux nom, et livré à un point relais -précaution pour ne pas dévoiler l’emplacement de son domicile. Ainsi, il aurait accès aux entrepôts d’où les commandes avaient été envoyées. Un client insatisfait peut toujours aller se plaindre directement à l’entrepôt..

Il ne restait plus qu’à monter une solide équipe d’une quinzaine d’hommes parmi ceux dont il disposait et de se rendre à chacune des adresses, faire parler l’entrepreneur… Ou collaborer avec lui en lui promettant une réduction de peine.

Ca c’était la première partie de son plan, et, à vrai dire, il aurait pu la mettre à exécution bien avant, dès lors qu’il connaissait l’existence de ces sociétés façades. Mais coincer ces petits entrepreneurs n’étaient pas le plus important. L’important c’était Gaglio. Et s’en prendre directement à lui n’était pas la bonne solution, Thomas l’avait déjà expérimentée. Il fallait y aller petit à petit. La suite de son plan s’avérait la plus difficile à réaliser, elle courait sur le long terme. L’idée était de ne pas détruire ces sociétés mais d’en prendre le contrôle. Pour cela, Thomas Duquesne devait faire quelque chose qu’il n’aimait pas vraiment, mais il y était contraint. Il aurait besoin d’aide, et pas de n’importe quelle aide. D’une aide officieuse, et probablement quelque peu illégale.

Sans plus réfléchir, il attrapa son téléphone portable et composa le numéro inscrit sur son carnet.

« Bonjour, je m’appelle Thomas Duquesne. J’aimerai pouvoir parler à Emilien Rossi s’il vous plaît.
- Désolé monsieur, Emilien n’est pas disponible pour le moment.
- Dîtes-lui que mon appel à un rapport avec Alessandro Gaglio.
- … Ne quittez pas. »
Bingo !
« Monsieur ?
- Oui, j’écoute ?
- Je vais vous demander de rappeler dans cinq minutes, vous tomberez directement sur Emiliano.
- Très bien, merci. »

Sentant qu’il ne pouvait plus tenir, le commissaire se mit à sourire, puis à ricaner. Il attendit patiemment les cinq minutes et rappela.

« Allo ? Emilien Rossi ?
- Lui-même
- Prouvez-le.
- Monsieur Duquesne, vous m’appelez pour me parler d’Alessandro Gaglio ou bien notre conversation s’arrête ici.
Duquesne marqua un temps d’arrêt.
- Bien.. Ce dont je veux vous parler… Ne peut pas être une conversation téléphonique. Rendez-vous Place Crillon, dans une heure, devant la pizzeria italienne.
- Entendu. »

Le commissaire se sentait bien. Il avait réussi à obtenir un rendez-vous avec Emilien. Il s’agissait maintenant de ne pas faire de faux pas lors de leur entretien.
Emilien, de son vrai nom Emiliano Rossi, était un italien lui aussi, de Naples. Il avait en réalité traité avec Gaglio quelques années auparavant. Ils devaient conclure une affaire de trafic d’armes ensemble. L’erreur qu’Emilien avait commise était qu’il avait essayé de doubler Gaglio au dernier moment. Le mafieux s’en rendit compte et tua la femme du napolitain d’une balle dans la tête.

Ce dernier ne vivait plus que pour se venger. La chirurgie esthétique avait modifié des traits de son visage, avait augmenté la pigmentation de sa peau et changé sa couleur de cheveux. Il était méconnaissable, encore plus pour Gaglio qui ne l’avait plus vu depuis des années. Emiliano avait tenté beaucoup de choses pour s’en prendre à Gaglio ou à sa famille, mais il ne possédait pas les moyens de la Brigade S.E.

C’est là que Thomas Duquesne allait intervenir.

Fake-yann
Fake-yann
Niveau 5
09 juillet 2011 à 22:43:57

Hey bonsoir ! Malgré le bide de mon dernier chapitre, je continue de poster ! (têtue, la bête !)

Donc voici la suite du récit. Partie volontairement très courte !

Enjoy ! (or not :) )

Il faisait chaud, un peu trop même pour la saison, pensa l’homme qui attendait sous le préau d’un établi. Le bienfait d’une bouffée d’air frais le rafraichit. Agréable sensation, pensa-t-il.
Il écrasa le mégot de sa cigarette, par habitude, et parce qu’il ne supportait pas de voir un mégot encore allumé. Un rapide coup d’œil à sa montre augmenta son irritation, déjà bien entamée à cause des vingt-cinq degrés en plein moi de mars. Qui plus est aux alentours de dix-neuf heures trente. Un quart d’heure de retard. Comme à son habitude, l’homme avec qui il avait rendez-vous était en retard. Dix minutes passèrent, et l’homme sous le préau décida de s’allumer une autre cigarette. C’est le moment que choisit le second pour apparaître, à la gauche du premier.
« T’es en retard, mais est-il vraiment utile de le préciser ? commença celui-ci avec un sourire moqueur.
- Pourquoi tu te plains, si tu le supportes ?
- Ce que je ne supporte pas c’est d’attendre avec une chaleur pareil, surtout en cette saison. Bref. On en est où ?
- Il est localisé. Il n’y a plus qu’à, comme on dit…
- Parfait. C’est donc ici que ton travail s’arrête. Cigarette ?
- Oui, merci, dit le second en tendant la main. Bon, écoute, je sais que tu n’es pas décidé à faire machine arrière mais… Après toutes ces années, est-ce vraiment ce que tu veux ?
- C’est ce que je crois nécessaire en tout cas, c’est pourquoi je ne reculerai pas, en effet.
- Très bien. Alors c’est à toi de jouer. »
Le premier acquiesça rapidement, et sortit un révolver de sous son blouson en cuir. Son interlocuteur ne bougeait pas, attendant simplement l’échéance.
« On se revoit vite frérot, lança le premier avec un sourire mélancolique. »
Le second lui rendit son sourire, qu’il garderait éternellement après avoir encaissé trois coups de feu dans le torse.

Assis sur le siège conducteur de sa voiture, il lança son mégot de cigarette par la fenêtre. Il n’avait pas la tête aux habitudes ni aux états d’âme. La machine était en route, impossible de revenir en arrière. De toute façon il n’y comptait pas. Et pendant que des idées noires s’emparaient de son esprit, dans sa tête une voix criait vengeance.

Blina
Blina
Niveau 8
10 juillet 2011 à 10:37:56

Bon! Après des vacances trop longues à mon goût je rattrape mon retard et j'ai tout lu ! Le style continue tranquillement son bonhomme de chemin, sans surprise, mais dans le confort. J'entends par confort le plaisir de discuter avec le narrateur : la manière dont il s'exprime nous donne à plonger dans le récit comme en un drap dont on déplierait, pan par pan, toutes les coutures. On a l'impression d'assister à quelque chose qu'on a déjà lu. Pour moi, ton roman ressemble plus à un hommage aux polars français et américains, un bon exercice d'écriture "à la manière de". On attend que ça bouge un peu plus mais l'ambiance reste impeccable et étrangement prenante - alors même qu'il ne se passe rien.

Attention cela dit aux petites facilités sur les indications psychologiques : "Pendant que des idées noires s'emparaient de son esprit, dans sa tête une voix criait vengeance", là on est dans le cliché total et du coup, on n'y croit pas (alors même que la phrase semble amorcer un enjeu dramatique). Evidemment, le titre du livre apparaît, alors on est ragaillardi, on se concentre bien sur ce micro-événement. On se dit juste : "dommage, il accompagne le titre d'un stéréotype." Il faut être, dans le genre, un peu plus subtil :éviter la grandiloquence, traduire le sentiment de manière détournée (par exemple, je dis n'importe quoi, mais un détail corporel métamorphosé par le sentiment, une paupière, un poing sur le volant...) et ne pas y aller tous les canons dehors ("dans sa tête une voix criait vengeance".) C'est le spectre de la parodie, sinon, qui pèse immédiatement sur ton récit ! ^^

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