Bonjour ! :D
Après plusieurs semaines d'absences (ici et sur mon projet) je vous mets la suite non tant attendue !
En espérant avoir quelques coups d'oeil !
Le commissaire Duquesne était lessivé. Il préparait depuis plus d’une semaine tous les petits détails de son plan anti-sicilien. Il avait multipliant les rendez-vous avec Rossi et Veron, pris contact avec son divisionnaire, Arthur Mas, pour voir quels moyens pouvaient lui être fournis, recruté des hommes spécialement pour cette opération –lesquels suivaient un entraînement de prise de bâtiment chaque jour, sous la direction de l’athlétique lieutenant Gonzalez- et bu plus de café qu’à l’accoutumée.
Aussi, lorsqu’il se réveilla ce dimanche matin-là, il prit peur en se voyant dans le miroir de sa salle de bain. Une barbe somme toute moche, des cernes qui lui rajoutaient dix années et l’apparition de premiers cheveux blancs, probablement explicable par le stress engendré par tout ce remue-ménage. Il se rasa, dans un premier temps, se coiffa correctement puis s’habilla comme un gentilhomme qui sort le dimanche. Il restait du café de la veille –une demi cafetière environ- qu’il bu rapidement. Puis il alluma une cigarette. Il s’était sérieusement remis à fumer et se répétait à chaque filtre atteint que tout ça changerait lorsque le sicilien serait sous les barreaux. Ou la peau trouée.
A déterminer.
Il reçut un appel de Francisco Veron vers onze heures. Duquesne avait pris soin de mettre les communications entre lui et les deux mafieux sur une ligne secrète, non écoutable. Personne, à part Arthur Mas, au commissariat ne savait avec qui il montait son opération.
« Duquesne ?
- Salut commissaire ! Bien dormi ?
- Pas mal, et vous ?
- J’ai traîné dans le bordel que tient ma sœur rue Magnanen, donc très peu dormi.
- La détente avant le grand jour hein ?
- Hmm. Non, c’est presque quotidien pour moi. «
Le commissaire se demanda pour la centième fois pourquoi les conversations avec ce type étaient-elles si dérangeantes et hors de propos.
« Vous m’en direz tant. Bon. Cela fait presque deux semaines qu’on bosse, on en est où avec la bijouterie ?
- Et bien il y a des clients qui achètent, d’autres qui s’offusquent devant les prix… Et les lascars de Gaglio qui rendent visite de temps en temps pour apporter du cash, de la coke ou des filles. En général c’est tard le soir, entre deux et quatre heures du matin.
- Ont-ils posé des questions quand au remplacement du propriétaire ?
- Sachant que la plupart d’entre eux ont un muscle à la place du cerveau et deux cerveaux dans les bras, non. Il y en a un qui a juste demandé ou était-il passé. Je lui ai dit que j’étais son frère et que je le remplaçais car celui-ci était parti à l’étranger pour affaire. Je pense qu’il m’a cru, mais qu’il n’a pas loupé d’en parler à ses supérieurs.
- Bien. Ne faîtes rien d’insensé jusqu’à mardi. Dès qu’un client à l’air suspect vous me prévenez.
- Ah… Oui. En parlant de ça, il fallait que je vous informe. Hier un homme est rentré et a voulu braquer la bijouterie le malheureux. J’ai du l’abattre. J’espère que vous ne m’en tiendrez pas rigueur…
- Vous plaisantez j’espère ?!
- Evidemment ! Bonne journée commissaire ! »
Le ton enjoué de Veron disparu. Duquesne se répéta pour la centième fois que ce rital était un grand malade. Mais au fond, il lui trouvait beaucoup de classe et d’humour. L’opération était prévue pour le mardi après-midi. Duquesne stressait comme un porc qui sait d’avance qu’il va être envoyé à l’abattoir –si tenté que ce soit possible-.
Il passa le reste de son dimanche à vadrouiller dans la ville. Il s’offrit un bon restaurant place des Carmes, laissant un joli pourboire à la serveuse qu’il avait analysée sous tous les angles pendant son repas. Laquelle lui avait rendu quelques regards accompagnés d’un sourire. Il rendit une courte visite à son ami Alexis, but deux verres de vin avec lui en discutant de choses et d’autres, surtout pas du travail, laissa tomber quelques pièces dans la casquette d’un clochard qui traînait par là et rentra chez lui.
En s’asseyant sur son canapé, il se sentit idiot. Premièrement, il aurait du parler travail avec Alexis, cela l’aurait soulagé un peu, deuxièmement il n’aurait pas du laissé quelques pièces au clochard vu qu’il n’avait plus de café, ni dans la cafetière, ni dans ses placards. Et troisièmement, il aurait du engager une autre conversation que « une salade de foie de volaille s’il vous plaît – merci – au revoir », avec la sublime serveuse du restaurant.
Refusant un échec de plus avec une femme, il décida par pur instinct de prédateur de retourner manger dans ce restaurant. En plus, les plats étaient copieux, et relativement bons. Il y vit la serveuse du midi, lui adressa un sourire qu’elle lui rendit, commanda son plat avec un quart de rouge et mangea tranquillement. Ecoutant les conversations des uns et des autres. Après son repas, il alluma une cigarette. La serveuse bénéficiait d’une courte et le regardait avec envie. Enfin, elle dévorait du regard la blonde que Duquesne portait à sa bouche régulièrement. Sentant l’ouverture il lui fit un signe de la main, lui disant de le rejoindre. Ce qu’elle fit sans demander son reste.
« Cigarette ?
- Oh oui ! Volontiers monsieur… Monsieur ?
- Duquesne. Thomas Duquesne.
- Hélène Orsait.
- Enchanté Hélène.
- Merci, lança la jeune femme. Pour la clope ! ajouta-t-elle devant le regard perdu de Duquesne.
- Oh de rien… Dîtes-moi Hélène, que faites-vous après votre service ? »
Lundi matin, sept heures trente. Duquesne n’avait pas dormi de la nuit. Une sacrée nymphomane cette Hélène. Se disant qu’il la recontacterait un jour, il s’habilla rapidement et pris le chemin du commissariat… Sans avoir bu de premier café.