Bonjour à tous, je suis un petit nouveau sur ce forum. Je voulais soumettre à vos commentaires avisés une histoire que j'ai écrite il y a quelque temps déja... Voili voilà...
La pluie tombait sans cesse sur le village de Prll, et ce depuis trois jours entiers. De mémoire de villageois, on n´avait jamais vu ça. ( même les plus anciens n´avaient pas le souvenir d´un pareil déluge, un véritable acharnement météorologique.) Le sol détrempé semblait vouloir aspirer les souliers des habitants qui se risquaient à le fouler. Ce qui n´entamait en rien l´humeur de Bad, qui bravait vaillamment les intempéries en direction du pub, en sifflotant qui plus est.
Bad était l´ainé de la famille Plafon, pour l´excellente raison qu´il en était l´unique représentant, du moins dans la région de Prll et ses environs.
Ce nom, il l´avait toujours porté. On raconte que Bad fut trouvé tout gosse à l´entrée du village, porteur d´une carte d´identité qui ne laissait aucun doute à ce sujet.
( la photo et le tampon de la préfecture constituaient une preuve suffisante qu´il n´était nul besoin de discuter)
C´est tout naturellement qu´il fut accueilli par les villageois, tantôt chez l´un, tantôt chez l´autre, et qu´il devint en quelque sorte la mascotte du village.
Au fil des ans, Bad était devenu un jeune homme vigoureux, quoique pourvu d´une nette tendance apathique, d´où une certaine mollesse générale. Ca n´était pas grave, puisqu´à l´époque où se déroule notre histoire, la mollesse n´était pas perçue comme un réel défaut. C´était un temps où on prenait le temps.
Plus exactement, Bad était un rêveur, son imagination fertile se laissait distraire par mille petits détails anodins, portée par l´un et l´autre aux frontières de l´imaginaire. Son monde intérieur était d´une richesse absolue, peuplé d´une foule de créatures toutes plus magiques les unes que les autres, et dans lequel il n´existait nulle violence, nulle méchanceté. C´était son paradis. Tel était Bad Plafon. Il était un peu con.
La lumière veloutée éclaira le visage de Bad et ses chairs trempées furent imprégnées
d´une douce chaleur dès son entrée dans le pub. Près de l´âtre, quelques nains jouaient aux fléchettes tandis qu´une délicieuse odeur de saucisse aux lentilles se répandait dans la pièce. Le tavernier, Mr Daniel, l´accueillit avec un large sourire, du moins pouvait-on le déduire a ses yeux rieurs, car son imposante barbe rousse empèchait l´observateur d´y distinguer la moindre présence d´une bouche.
-Salut Bad ! T´as vu l´temps ? C´est vraiment pas normal, chai pas c´que t´en penses...
-Rien, Jack.
Jack sentit que Bad avait grand besoin de se restaurer, car nul n´est à même de penser le ventre vide. C´est pourquoi il lui servit une énorme assiette de gigot aux haricots accompagnée d´une pinte de sa meilleure bière.
En dégustant son plat, Bad constata avec amertume que l´odorat n´était pas le plus développé de ses sens, car enfin, l´odeur du gigot n´a qu´un très lointain rapport avec celle de la saucisse.
Après une troisième pinte, Bad se bourra une bonne pipe, et le tabac parfumé, propice à la méditation, poussa son neurone dans ses derniers retranchements. L´idée, lumineuse, le frappa de plein fouet.
-Y´a qu´a téléphoner à la météo !
C´était une très bonne idée, mais, en plein XVIe siècle, et surtout dans le village de Prll, personne n´avait encore songé a inventer le téléphone. Mais Bad n´en avait cure, sortit son mobile et composa le numéro vert du service météo.
Nul ne fut surpris, car Prll était un village magique, et Bad avait beaucoup d´imagination.
-Allo, la météo ? Bad Plafon à l´appareil. Comment se fait-il ? Ca fait maintenant plus de trois jours qu´on n´a pas vu le soleil sur Prll, ce n´est vraiment pas normal...
-C´est à cause qu´on l´a volé.
-Comment ?
-Ben, le soleil, c´est à cause qu´on l´a volé.
-Bien, je vous remercie, au revoir Monsieur.
Jack, ainsi que la plupart des clients du pub, était pendu aux lèvres de Bad.
-Alors ?
-Alors quoi ?
-Qu´est-ce qu´ils ont dit ?
-Ben apparemment c´est à cause de parce qu´on aurait volé le soleil.
Le château Ebon se dressait fièrement sur les contreforts des collines de l´Est, dominant les plaines fertiles, les villages paisibles et les nombreux vignobles qui faisaient la réputation du Comté.
Dans la salle principale du château, le Comte Ebon avait réuni ses meilleurs sujets en un colloque extraordinaire. Homme de grande prestance, le Comte avait le regard déterminé du meneur, et la dévotion de ses troupes lui était pleine et entière. Ses hommes l´auraient suivi vers une mort certaine s´il en avait fait la demande, tant ses décisions étaient sages et justes. De plus, il était gentil, et très fort en calcul mental. Apparemment, l´heure était grave, car le Comte avait revètu ses habits de cérémonie. Dans l´assistance, les rumeurs allaient bon train, et l´on se perdait en conjectures sur les raisons d´une telle réunion.
-L´heure est grave ! dit le Comte. Le soleil a maintenant disparu depuis plusieurs jours et la pluie incessante qui s´abat sur nos terres risque fort d´endommager nos récoltes. Il nous faut à tout prix découvrir quelle en est la cause, car nos réserves sont minces, et notre peuple ne survivrait pas des mois à pareil traitement. Tenez-vous prêts à toute éventualité. Il se peut que nous soyons amenés à prendre les armes contre je ne sais quelle puissance démoniaque, car tout cela ne me parait pas très naturel. Affûtez vos lames Messires, et restez aux aguets. Quoiqu´il arrive, sachez que nous ne nous laisserons pas faire, et que nous défendrons le Comté par tous les moyens dont nous disposons. C´est tout pour le moment.
Sur quoi le Comte Ebon, sous les applaudissements, se servit un méga verre de limonade car tant parler lui avait donné grand soif.
Dans ses appartements, la fille du Comte, Aude, était occupée à trier le courrier de ses innombrables prétendants, en provenance de tout le royaume, qui s´amoncelait sans cesse dans son bureau et menaçait d´envahir sa chambre à coucher.
Il faut dire qu´Aude était belle. Très belle.
Elle était si belle que l´éclat de son teint rendait le port de lunettes de soleil indispensable a qui souhaitait l´approcher.
Mais des vertiges de l´amour, Aude n´en avait que faire.
Ce qu´elle aimait par dessus tout, c´était chevaucher de longues heures durant à travers le pays, humer l´air vif de ses pâturages, caracoler dans ses verdoyantes forêts, profiter de ce que la nature, dans sa grande générosité, avait à lui offrir. Elle sella donc son cheval favori, et partit à la chasse aux champignons, le temps y étant très nettement favorable.
Pas envie de paraitre méchant, surtout que je suis nouveau ici aussi...
Mais c'est vraiment pas le genre de texte qui m'accroche, je trouve l'humour assez douteux, et j'ai un peu peur que la suite tourne en ridicule...
Mais je suis curieux, donc si tu pouvais poster la suite ça me ferait plaisir...
Bah c'est pas méchant, c'est le jeu. Pi on ne peut pas plaire à tout le monde... Merci d'avoir lu en tout cas !
Je posterai la suite demain.
Dans la douce chaleur du pub, la consternation se lisait sur tous les visages. Bad sentit qu´il lui fallait dire quelque chose.
-Puisque c´est comme ça, j´irai le chercher moi, le soleil, et je le ramènerai, parole de Bad.
A peine regrettait-il ce qu´il venait de prononcer que Jack prit la parole.
-Si telle est ta volonté, qu´il en soit ainsi.
. .. Après tout, Bad avait toujours rèvé d´aventures, et comme il n´avait pas de famille, rien ne le retenait à Prll, si ce n´était la gentillesse de ses habitants. De toute façon, il était trop tard pour reculer. C´est alors qu´un nain, plus petit et teigneux que ses congénères, se fraya un chemin à travers l´assistance et déclara d´une voix puissante:
-Permettez que je me joigne à vous, jeune homme. Je m´ennuie à mourir dans ce village car je suis imbattable aux fléchettes. Peut-etre trouverai-je par delà le vaste monde adversaire à ma taille.
...Ce qui, pour un nain, était un euphémisme. N´y voyant aucune objection particulière, Bad opina du chef.
-Si vous y tenez, Monsieur. Monsieur ?
-Belmonventre, Jean-Paul Belmonventre.*
-Et bien Mr Belmonventre, vous paraissez fort déterminé.
-Rien n´est pire que l´ennui, l´ami, et un poil d´exercice ne me fera pas de mal. On s´encroûte ici !
-Comme vous voudrez.
-Que notre association soit donc scellée sur le champ. Aubergiste !
Ainsi la bière coula à flots ( tout comme la pluie) jusqu´au petit matin.
***
Au réveil, nos amis, qui n´étaient pas très frais,ne purent que constater qu´on ne pouvait pas partir pour un tel périple le sourire au bec et les mains dans les poches. Il leur fallait des vivres, et puis des armes aussi.
-Il nous faudrait des vivres, et puis des armes aussi.- chuchota Bad, car il était pris de violentes céphalées.
-Passons chez mon cousin. C´est un grand forgeron, enfin si l´on peut dire, et je ne doute pas qu´il nous fournisse les meilleures lames de tout le pays.
-D´accord JiPé. Permettez que je vous appelle JiPé ?
-Pas de problème mon gars !
Décidément, ce nain, quoique bourru, se révélait d´assez bonne composition, et ce n´était pas pour déplaire à Bad, car ils allaient certainement devoir se supporter l´un l´autre jusqu´au dénouement de cette étrange histoire.
Au centre du brasier, l´alliage de fer, d´étain et d´argent rougeoyait sous les coups de marteau du cousin forgeron. De cet amas de métal en fusion, prenait forme, sous les yeux de Bad, l´une des plus belles et plus fines épées qu´il lui eût été donné de voir.
-Voila pour toi, Bad Plafon- dit-il après avoir trempé l´objet dans l´eau glacée.
-J´ai pris soin de faire quelques encoches dans le manche pour y incruster des gemmes,si d´aventure tu en trouvais. Pour toi, JiPé, cette hache forgée par mes maitres aux temps anciens, dont l´éclat et la puissance sont sans pareils de ce coté du monde. Et en bonus, ces quelques fléchettes d´argent.
-C´est magnifique, un véritable travail d´orfèvre ! Comment vous remercier? - sussura Bad, qui avait toujours atrocement mal au crâne.
-Et bien en ramenant le soleil, par exemple !
Ca tombait sous le sens.
A la sortie du village, les attendaient Jack Daniel, muni de deux gros sacs de cuir remplis de provisions, ainsi que l´ensemble des villageois.
-Bon voyage les amis, croyez en votre bonne étoile, revenez-nous vite, et si possible encore vivants !
Cette dernière note d´humour parut à Bad légèrement déplacée, superflue, et, pour tout dire, d´un goût douteux, d´autant plus qu´il avait encore extrèmement mal à la tête.
***
Après quelques heures de marche sous la pluie, JiPé rompit le silence.
-Sais-tu au moins quelle direction prendre ?
-A vrai dire, je n´en ai pas la moindre idée.
-Alors continuons tout droit, nous finirons bien par arriver quelque part...
C´était plus sage ainsi, songea Bad, et il ne douta pas que le destin finirait bien par leur venir en aide. La campagne ressemblait de plus en plus à un immense marécage, ce qui rendait leur progression difficile. A ce rythme, il serait bientôt plus aisé de s´y déplacer en bateau ! C´est exténués qu´ils décidèrent de faire halte sous un vieil arbre touffu. La nuit commençait à tomber.
-Impossible de faire du feu, nous ne trouverons pas une brindille de bois sec en ces lieux- dit JiPé, trempé jusqu´aux os. ( Malheureusement, JiPé était un nain perméable)
-En ce cas, vengeons-nous sur la nourriture.
Ils dénouèrent leurs sacs et firent le compte des nombreuses victuailles qu´ils contenaient.
Pain, saucisses et charcuteries diverses, fèves et légumes secs, ainsi que quelques pommes en provenance des vergers de Prll. Ils dinèrent frugalement pour ne pas gaspiller, et ne tardèrent pas à trouver le sommeil.
Au matin du deuxième jour, la pluie avait cessé. Mais le temps restait gris et le pays semblait plongé dans une sorte de pénombre permanente. Toutefois, nos deux compagnons se réveillèrent de bien meilleure humeur. Ils allaient pouvoir faire sècher leurs vêtements, et le voyage leur serait moins pénible. Ils partirent donc en fin de matinée, entonnant une de ces chansons paillardes dont la teneur m´empèche de dévoiler ici le détail.
Au détour du chemin, ils aperçurent un homme aux prises avec son âne, tentant désespérément de faire avancer l´animal. Aux flancs de celui-ci pendaient deux gros paniers d´osier remplis d´objets divers. L´homme était vieux, courbé par le poids des ans, et proférait un chapelet d´insultes à faire pâlir le plus avisé des charretiers. Apercevant nos amis, le vieillard se tût, comme pris en faute.
-Bien l´bonjour, nobles chevaliers ! - déclara-t-il enfin.
Il devait avoir de sérieux problèmes de vue, Bad et JiPé n´étant que de simples piétons, prolétaires qui plus est.
-Bonjour vieil homme, qu´y a-t-il pour votre service ?
-Tel que vous m´voyez, chevaliers, je m´rends au marché de Twnn pour y vendre ma cam´lote, mais on dirait qu´ce satané bourricôt en a décidé autrement. J´aurais rien contre un p´tit coup d´main d´vot´ part.
Jipé s´approcha de l´âne, et murmura quelque chose. La bête se mit alors en marche sans autre forme de procès.
-Comment diab´ avez-vous fait vot´ compte ? - questionna le vieil artisan, estomaqué.
-J´utilise le langage des nains, transmis de génération en génération.- répondit JiPé.
-Ca m´s´rait bien utile vot´ truc, Monseigneur. Si vous m´dites vot´ secret, m´est avis que j´pourrais bien vous faire un p´tit cadeau en r´tour.
Après réflexion, JiPé glissa un mot à l´oreille du vieillard.
-C´était qu´ça ? Ben mon vieux, j´aurai pu l´trouver moi-même... Enfin, c´qui est dit est dit. Allons jusqu´à Twnn, j´vous donnerai vot´ cadeau.
Et ils se mirent en route à la suite de l´âne qui avait bien trois-cent mètres d´avance.
C'est excellent
franchement je me suis bien fendu la poire mais c'est un peu... "emprunté non ?"
enfin j'ai l'impression d'avoir déjà vu certaine blagues quelque part ?
Bonne chance pour la suite ![]()
Merci beaucoup, ça me fait bien plaisir !
Alors pour le coté "déja vu", il est très possible que j'aie été sous influence par moments, mais c'est malgré moi... enfin pas volontaire s'il y a des trucs que j'ai pompés.
Par exemple, j'ai vraiment cru trouver moi-même le blaze de mon nain, et d'ailleurs je me faisais rire tout seul tellement je me trouvais génial, jusqu'à ce que je m'aperçoive plus d'un mois après en bouquinant un vieux Desproges qui trainait dans mes toilettes que je lui avais littéralement piqué le nom !
J'en ai trouvé d'autres mais aucun ne me plaisait autant, du coup j'ai préféré l'utiliser, mais je le signale quand même...
La pluie avait cessé, mais le Comte Ebon était soucieux. Il fallait agir, et vite, la responsabilité lui en incombait. Il convoqua son intendant.
-Il n´est pas dit que nous laisserons les choses s´envenimer. Faites mander tout ce que la région compte d´aventuriers. Que chaque personne désireuse de résoudre cette affaire se présente céans au château. Placardez des affiches à travers tout le comté.
Ne restait à espérer que quelqu´un se présente...
Aude avait stoppé sa monture. Elle avait aperçu, au beau milieu d´une clairière, un magnifique champignon noir qui serait certainement délicieux revenu dans le beurre avec une pointe d´aïl. Elle mit pied à terre.
-Ne commets pas l´erreur de me manger- dit-il avec une petite voix erraillée. je suis extrèmement indigeste, et de plus, il se pourrait que je te sois utile, jolie princesse.
Aude devint toute rouge. A l´évidence, ce champignon savait parler aux femmes.
-Je ne suis pas princesse, dit-elle, je ne suis que l´humble fille du Comte Ebon. Et comment pourrais-tu m´être utile, toi, tu n´es qu´un vulgaire champignon. En plus, tu parles, c´est complètement insensé...
-Je ne suis pas n´importe quel champignon. Mon nom est Miles Davis, et contrairement à la plupart de mes collègues, il me faut du soleil pour me développer. Or, je ne saurais dire pourquoi, je sens sa présence, où qu´il se trouve. Mais je suis cloué au sol. Emmène-moi avec toi, et je t´indiquerai la position du soleil aussi sûrement qu´une boussole indique le Nord.
-Soit, je te ramènerai à mon père et lui seul décidera ce qu´il adviendra de ton sort.
-Je n´ai guère le choix, jolie Comtesse.
Et Aude rougit pour la seconde fois.
Elle rangea délicatement le champignon dans sa besace et s´en retourna au château aussi vite que son cheval le lui permettait.
-Père, père ! Regardez ce que j´ai trouvé dans la forêt.
-Il est très beau Aude, dit le Comte en chaussant ses Ray-Ban. C´est une trompette de la mort.
-Il dit qu´il s´appelle Miles Davis.
-Logique, répondit-il, car il avait une grande culture générale.
Une fois averti des pouvoirs de cet étrange champignon, le Comte jugea raisonnable de le confier, en temps voulu, à celui qui saurait s´en montrer digne. En attendant, il serait logé comme n´importe quel invité dans une des nombreuses chambres d´amis du château.
***
La jolie petite ville de Twnn était particulièrement animée ce soir-là. Réputée pour son marché, elle attirait à chaque nouvelle lune une foule hétéroclite de badauds en tout genre. Ses rues pittoresques grouillaient de monde, et Bad, Jipé et le marchand eurent bien du mal à trouver une auberge disponible.
Après avoir dégusté la spécialité locale, un succulent jarret de truite, le marchand jugea le moment opportun de tenir sa promesse.
-Comme conv´nu, v´là mon cadeau, chevaliers !
Il ouvrit doucement la main et une forme minuscule s´agita dans sa paume.
-Qu´est-ce que... c´est un ver... ? ??
-çui-ci est luisant Messires.
-C´est gentil, mais il y en a plein les champs. Il suffit de se baisser pour les ramasser.
-Oh mais l´mien est pas pareil. Y s´met à luire que si y´a du danger, c´est comme un don qu´il a. Mais me d´mandez pas pourquoi, j´s´rai bien incapab´ de vous l´dire. Tout
c´que j´sais, c´est qu´il peut d´viner quand quelqu´un vous veut du mal, et que plus ça
s´approche, plus il s´met à clignoter comme un dératé.
-Il est vrai qu´un tel présent nous serait bien utile, mais nous ne voudrions pas vous en priver.
-Oh j´en ai plus b´soin chevalier, j´ai trouvé une luciole l´aut´ jour qui fait exactement
l´contraire !
-Le contraire ?
-Elle clignote que si y´a aucun danger, alors pour moi, pensez, c´est comme qui dirait du pareil au même.
-Et bien dans ce cas, nous acceptons avec plaisir, marchand.
Cette nuit-là, avant de se coucher, Bad confectionna un sachet d´étoffe légère dans lequel
il plaça le ver luisant ainsi qu´une feuille de salade de manière à ce qu´il ne meure pas de faim.
Puis il noua le tout à son cou a l´aide d´une fine lanière de cuir, et sombra dans un sommeil sans rèves.
La ville se réveilla au son des boniments. Sur la place principale, de nombreux camelots avaient installé leurs étals et rivalisaient d´adresse verbale à l´attention du chaland.
On trouvait pèle-mèle des fruits, des légumes, de la viande, des vêtements, du fromage, des outils, des épices, des animaux, des grimoires de toutes sortes et différents objets
d´art.
Bad et Jipé décidèrent de faire quelques emplettes avant de reprendre la route.
C´est alors qu´un roulement de fifre retentit au centre de la place, le crieur public n´ayant aucune maitrise du tambour.
-Oyez oyez braves gens ! Le Comte Ebon recherche activement toute personne susceptible de partir séance tenante à la recherche du soleil disparu. Se présenter au château
d´urgence. En plus, il y a un champignon à gagner. Oyez oyez ! ( oh yeah ?)
Nouveau roulement de fifre. Jipé fit un clin d´oeil a Bad;
-Mon garçon, nous cherchions une destination, on nous l´apporte sur un plateau ! En route pour le château Ebon !
pas très fun cette partie, mais enfin l'histoire avance donc c'est ça de prit...
Pas grand chose à dire sur ce chapitre, c'est bien écrit, c'est plutôt original... enfin je trouve.
+
Merci fidèle lecteur ! ![]()
Ils marchaient depuis plusieurs jours déja en direction de l´Est. La progression devenait difficile. Il faisait de plus en plus froid et le sol était maintenant recouvert d´une mince pellicule de neige glacée. C´est avec soulagement qu´ils arrivèrent enfin en vue du château, dont la silhouette se détachait dans la pénombre.
Dans la cour, une foule de mercenaires de tout poil se pressait à un guichet de fortune derrière lequel deux employés distribuaient des lunettes de soleil.
Il y avait là des nains, quelques géants, des trolls, un ogre, des types en armure, des sorcières, deux harpies, des farfadets, un chien, des types sans armure, un demi-elfe et plusieurs paysans. Certains d´entre eux n´avaient vraiment pas l´air commode.
Deux jours durant, le Comte fit passer d´interminables auditions à chacun des participants, y compris le chien, qui eut bien du mal à se faire comprendre.
Après quoi, entouré de ses plus proches collaborateurs, il s´accorda un délai de réflexion
supplémentaire.
Puis il convoqua tout le monde dans la salle principale. A sa droite siégeait son intendant, sa fille Aude se tenant sur sa gauche.
Je vous laisse deviner de quel coté les regards se tournèrent.
-Tout d´abord, dit le Comte, je tiens a vous remercier de vous être présentés si nombreux. Après délibération, sachez que notre choix s´est porté sur Bad Plafon et Jean-Paul Belmonventre ici présents.
Tout le monde se retourna.
-Ce fut finalement assez simple, puisque ces jeunes personnes sont les seules dans
l´assistance à ne pas avoir réclamé d´émoluments compensatoires pour l´affaire qui nous occupe. En vertu de quoi cette mission leur est tout naturellement attribuée.
( N´oublions pas que le Comte était très fort en calcul mental)
-Vous pouvez maintenant disposer, et n´oubliez pas de rendre vos lunettes en sortant !
Les mercenaires s´éclipsèrent sans rechigner. Après tout, ils avaient vu la fille du Comte, ce qui, en soi, valait largement le déplacement.
Cela dit, certains d´entre eux n´avaient vraiment pas l´air commode, et Bad et Jipé
n´étaient pas très à l´aise.
-Suivez-moi, jeunes aventuriers, dit alors le Comte, j´ai quelqu´un, ou plutôt quelque chose, a vous présenter.
Jipé, qui, à cinquante ans passés, n´avait plus grand-chose de jeune, se garda bien de contredire le Comte, et lui emboita le pas.
-Messieurs, voici Miles Davis, qui vous accompagnera dans votre quète. Ce champignon vous indiquera précisément la direction à prendre.
-C´est vrai, dit Miles en regardant négligemment ses ongles.
-Enchanté Miles, et merci de bien vouloir nous venir en aide.
-Pas d´quoi.
-Et quel chemin nous conseillez-vous ?
-J´ai le regret de vous annoncer qu´il va nous falloir traverser l´Océan, car le soleil se cache par-delà les mers les plus profondes, dans une vaste contrée que personne n´a jamais visité jusqu´alors.
-Ben v´là aut´chose, grogna Jipé, qui comme beaucoup de nains, n´ayant avec l´eau que de vagues relations, lui préférait la bière, et de loin !
Aude, qui les avait rejoint, demanda à son père l´autorisation de partir à l´aventure en compagnie de nos héros.
-C´est trop dangereux ma fille, répondit celui-ci. De plus il fait déja très sombre, et nos amis, équipés de leurs lunettes, n´y verraient alors plus rien du tout.
C´était un solide argument, mais Aude, furieuse, quitta la pièce en claquant le rideau, puisqu´il n´y avait pas de porte.
-Elle est un peu susceptible, dit le Comte comme pour s´excuser.
-Elle est aussi très jolie, pensa Bad.
Le lendemain, à l´aube, ce fut une bien curieuse équipe qui prit le chemin de la mer.
Un jeune homme légèrement amorphe flanqué d´un nain quinquagénaire, d´un champignon parlant et d´un ver devin se dirigaient dans le noir vers le port le plus proche.
Bah franchement je suis aucune histoire d'habitude mais celle-là est sympa j'adhère bien de la fantasy drôle, c'est cool
Miles Davis le Champignon ![]()
je pense qu'il y a de la matière avec le nain, il peut être franchement drôle
Sinon si j'ai peut-être un conseil :
je pense que tu pourrais introduire un elfe toxicomane et un dromadaire aquatique ça pourrait être drôle.
Je trouve ton histoire véritablement drôle, triplidio. Je ne peut pas trop commenter (manque de temps) mais je me devais de te dire combien j'avais apprécier ces moments de franche poilade en lisant ce récit. Tu as un style très particulier, unique presque.
AAaaaaalors là bande de fidèles lecteurs, ça m'colle du baume au coeur c'que vous m'dîtes !
joel_veritable
en fait j'ai un concept à deux balles d'euro: c'est de l'héroïque-fantaisiste.
Laule ! ^^
L´oiseau décrivait de larges cercles à travers les épais nuages. En contrebas se dressait, parmi les sapins noirs, une énorme forteresse d´acier, symbole de la puissance des territoires du Nord. Au faîte de la plus haute de ses tours se tenait un homme à la stature imposante, le poing tendu vers les cieux. Dans un bruissement d´ailes, le faucon vint se poser sur le gant de cuir. A la lecture du message qu´il portait, l´homme esquissa un rictus menaçant, puis, d´un coup sec, brisa le cou du rapace et jeta le cadavre au loin avant de regagner l´intérieur de la forteresse.
Ainsi agissait le baron Noir, qui régnait sans partage sur ces contrées hostiles, et c´était pas un rigolo.
Mr Fuligineux, son fidèle homme de main, dont la fourberie égalait la cruauté, vint à sa rencontre.
-Des nouvelles du comté, maître ?
-Oui, d´après notre indicateur, cet idiot d´Ebon vient d´envoyer une expédition à la recherche du soleil. Ce ne sont que quelques hommes. Une brochette. Que dis-je, une poignée... Enfin ils sont deux pour être exact. Ah ah ah, deux hommes pour contrer notre puissance, nous allons tout simplement les massacrer !
-C´est presque trop facile maître, à croire que le Comte ne mesure pas la menace qui pèse sur son pays...
-Qu´il nous sous-estime donc, notre tâche n´en sera que plus aisée. Ainsi nous affaiblirons son peuple et ce fanfaron viendra supplier notre aide.
-Quel plan machiavélique, maître.
-Normal, je suis l´immonde baron Noir, mouhahaha ! Mr Fuligineux, je vais vous confier la mission d´empècher ces deux crétins d´atteindre leur but. Ca devrait être simple, l´un est un vieux nain bourru, et l´autre un jeune pèquenot à moitié niais. Allez vous préparer, vous partez dès ce soir, et faites remettre cette bourse à l´intendant du Comte avec les compliments des territoires du Nord.
-Bien maître. Aurais-je le droit de les torturer ?
Mr Fuligineux n´avait pas son pareil dans l´art de l´inquisition, et faire avouer les brebis innocentes était l´un de ses passe-temps favoris.
-Carte blanche Mr Fuligineux, vous avez carte blanche.
-Merci maître, je vous tiendrai au courant de l´évolution de la situation.
Dans son bureau, Mr Fuligineux jubilait." Enfin un peu d´exercice", pensait-il en affûtant ses scalpels et ses bistouris. Son long visage pâle et émacié, traversé par une fine bouche aux lèvres exsangues, luisait d´un éclat pervers, et l´on pouvait lire la jouissance dans ses petits yeux chafouins. C´était pas un rigolo non plus.
Le baron noir, après son repas ce soir-là, se détendait en ôtant les ailes d´une mouche et les pattes d´une autre aux fins d´organiser une course dans ce qui restait de sa crème anglaise. On s´ennuyait ferme dans cette immense forteresse, et les loisirs étaient bien rares. Mais ça n´allait pas durer. Si son plan fonctionnait, le baron étendrait son pouvoir au monde entier, il en serait l´unique souverain, alors à lui les fêtes ininterrompues, les danseuses du ventre, ripailles et autres droits de cuissage.
Pendant qu´il songeait à l´avenir, Mr Fuligineux, sa mallette de travail bourrée
d´ingénieux ustensiles tranchants et contondants, filait au triple galop en direction de la mer.
A mesure qu´ils progressaient, l´air devenait plus vif et l´odeur de l´iode parvenait nettement à leurs narines. Les flocons de neige fondue fouettaient leurs visages rougis par le froid, et maintenant leur goût était salé. Ils touchaient au but. Au détour d´une falaise, ils aperçurent le port se dessiner en contrebas. Quelques goélettes mouillaient près de la jetée, mais la majorité des embarcations n´étaient que de simples bateaux de pêcheurs. Au cou de Bad, le petit sac de toile se mit à luire faiblement. Jipé le lui fit remarquer et ils convinrent de rester sur leurs gardes. Quelques femmes vendaient a la criée le produit de la pêche du jour. Ils s´approchèrent de l´une d´elles.
-Madame, mon ami et moi-même cherchons à embarquer pour l´autre continent. Savez-vous ou nous pourrions nous adresser ?
-Feriez mieux de faire le tour des tavernes, c´est là que tout se négocie. Un p´tit poisson Messieurs ?
Ils gobèrent quelques anchois, payèrent et se dirigèrent vers le plus proche estaminet.
A l´intérieur, l´atmosphère était pesante et enfumée. L´odeur de l´alcool se mélangeait à celle de la sueur, et les rares hommes qui se tenaient encore debout chantaient ( faux), rotaient et pétaient de concert. C´était tout bonnement irrespirable !
Une strip-teaseuse d´un âge plus qu´indéterminé s´effeuillait sous les quolibets, et nombreux étaient ceux qui auraient préféré la voir s´habiller tant le spectacle était rebutant.
Jipé, qui ne semblait pas importuné le moins du monde, se faufila jusqu´au jeu de fléchettes qu´il avait instantanément repéré. Là, il défia immédiatement les joueurs présents. C´était l´occasion rèvée d´essayer ses nouvelles fléchettes d´argent.
"Cet endroit n´est vraiment pas fréquentable", songea Bad. C´était même un bouge infect. Toutefois, il était bien déterminé a trouver un bateau.
Utilisant ses mains comme porte-voix, il hurla:
-MON COMPAGNON ET MOI CHERCHONS A TRAVERSER L´OCEAN. CONNAISSEZ-VOUS UN NAVIRE EN PARTANCE ?
De stupeur, tout le monde cessa ses activités.
Le silence se fit. Même la cellulite de la strip-teaseuse se figea un instant, a l´image d´un vieux pudding, avant de reprendre ses incessants ballottements.
C´est alors qu´un grand éclat de rire retentit à l´autre bout du comptoir. Un petit homme brun, moustachu, et borgne de surcroit, prit la parole en ces termes:
-Moussaillon, je pars demain dès l´aube, à bord de l´Albatroce, dont je suis le capitaine.
J´espère que vous êtes disposé à payer grassement, car seul l´argent me motive. Et sachez que je n´accepte pas les chèques.
Jipé, qui venait de plumer tout le monde aux fléchettes, déposa une pleine poignée de pièces d´or devant le capitaine.
-Cela suffira-t-il?
-Nous parlons le même langage moussaillons ! Rendez-vous donc demain sur le quai. Je ne vous serre pas la main, ce serait à vos dépens. dit-il en montrant son index, dont la dernière phalange était remplacée par un très joli crochet d´ivoire sculpté. C´était un magnifique crochet du doigt. Sur quoi il quitta la taverne. Nos deux compagnons lui emboitèrent le pas en quète d´une auberge.
Dans sa chambre, assis sur le lit, Bad examina longuement son épée à la lueur d´une bougie. Elle brillait d´étranges reflets changeants allant du noir le plus mat au bleu le plus profond et semblait animée d´une vie propre. Pris de panique, il la rangea prestement dans son fourreau.
-J´espère ne jamais avoir à m´en servir, songea-t-il. Il eût bien du mal a trouver le sommeil, en proie à une électrique angoisse inexplicable. Heu, en proie à une angoisse inexplicable électrique.
Au matin, ils embarquèrent comme convenu à bord de l´Albatroce qui quitta le port en direction du large, mû par une dizaine d´hommes d´équipage aux torses velus.
Sur la jetée, Mr Fuligineux, muni d´une longue-vue, observait le départ de la goélette en couinant. Tout se déroulait selon ses plans. Serein, il fit demi-tour en shootant dans une mouette.
J'ai presque tout lu, et franchement, j'ai adoré
Bien écrit, l'histoire et bonne, comme déjà dit plus haut tu as un style unique, un humour subtil... Bravo, je suivrai ton histoire ![]()
je valide le post de speed et je trouve ça bien :
ce que je prenais pour une blague c'est transformé en un véritable récit, intéressant et bien écrit.
sinon petit conseil : tu devrais inventer un vécu à Bad car on ne le connaît pas assez je trouve. et j'aurais trouvé ça marrant que Mr. Fuligineux soit borgne ou mono-testiculaire. à toi de voir.
à tous les deux.
joel_veritable
En effet, j'aurais du étoffer un peu plus mes personnages, mais l'histoire est déja écrite... Ce sera pour une autre fois donc...