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Liste des sujets

L'Otage

Zangetsu05
Zangetsu05
Niveau 10
22 juillet 2009 à 01:21:37

Qui sont ?

Jedi-Wars
Jedi-Wars
Niveau 10
22 juillet 2009 à 12:26:37

Bah non, y'a pas vraiment d'astuce. Il faut un peu de chance...

AU vu des coms, je me lance dans la lecture :)

Jedi-Wars
Jedi-Wars
Niveau 10
22 juillet 2009 à 13:47:13

Lecture finie ^^ J'aime bien, y'a des jeux de mots très bien trouvés, des tournures un tortueuses mais tellement agréables, et autres trucs du même genre. Ca fait du bien, un peu d'humour de temps en temps. Par contre, j'ai pas saisi s'il y avait un jeu de mots avec "Jean-Pierre Belmonventre"...

Zangetsu05
Zangetsu05
Niveau 10
22 juillet 2009 à 13:50:47

Belmondo, Belmonventre...
Finalement, je crois que je vais lire XD

iron66
iron66
Niveau 6
23 juillet 2009 à 11:50:57

Ya pas vraiment d'astuce, si ce n'est les commentaires positifs des uns et des autres ^^
Sinon ya une technique qui consiste à commenter les textes des dites sommités, des fois ça marche. Et même sans ça commenter les textes des autres est toujours utile.

Et puis c'est ton premier écrit sur le forum, c'est normal qu'il y ait peu de gens, même si je trouve ça dommage au vu de la qualité de ton humour :-)

SimRack-
SimRack-
Niveau 10
23 juillet 2009 à 13:38:58

Tu n'as pas le choix. Il faut lécher des pieds (et si possible entre les orteils).
Tu dois également glisser quelques billets entre tes prospectus, ça c'est évident.
Le mieux reste encore de faire preuve de respect, de t'incliner respectueusement devant les anciens, en n'oubliant pas de baisser ton pantalon et d'éternuer. :hap:

Bon... :noel: Sinon plus sérieusement, je viens d'attaquer à lire, juste ton tout premier post, on va dire que c'était un test pour voir si j'allais accrocher. Et effectivement c'est réussi. ^^
"Ce qui n´entamait en rien l´humeur de Bad, qui bravait vaillamment les intempéries en direction du pub"

Et

"Tel était Bad Plafon. Il était un peu con. "

M'ont convaincu. ^^ Tu m'as fait agréablement sourire, donc tu peux me compter parmi tes futurs lecteurs. Bon maintenant faut que je rattrape le retard, et c'est pas gagné. Surtout que j'ai promis à d'autres que toi de les lire. Alors... :noel:
Enfin bref, ptet que d'ici peu, je ferais un commentaire un peu plus construit. :ok:

Zangetsu05
Zangetsu05
Niveau 10
23 juillet 2009 à 14:03:00

Lu.

Humour bien particulier auquel je suis très réceptif. Je vois pas grand chose à redire sur le style. C'est du très bon travail.

J'attends la suite.

(Au fait, je pense que le genre de tes écrits n'incite pas les anciens du forum à intervenir, d'une part parce que tu sembles le maîtriser, d'autre part peut-être parce qu'ils ne te prennent pas au sérieux)

(Au deuxième fait, tu as eu droit à un commentaire d'un ancien)

Gouloudrouioul
Gouloudrouioul
Niveau 10
23 juillet 2009 à 14:21:56

Lu aussi :) .
Très drôle, beaucoup plus que le début si j'ose dire :o)) . Tu t'améliores de chapitre en chapitre :p .
J'ai particulièrement aimé tous les anachronismes et le nom des villes :rire: .

SimRack-
SimRack-
Niveau 10
23 juillet 2009 à 19:23:25

Je viens de lire. ^^ Pas tout, mais plus ou moins l'ensemble de ce que t'as posté sur la première page.

J'ai bien aimé. ^^ C'est frais. C'est divertissant. C'est drôle. Et c'est pas chiant à lire. Y a une bonne quantité de texte et pourtant j'ai pas ressentit d'effet pavé. ^^

En ce qui concerne ton humour j'ai du mal à le classer. Certains traits s'apparentent au nonsense Anglais (Monty pithon, pratchet...) mais on sent quand même l'influence du bon vieux humour Français. ^^

A suivre donc. :ok:

triplidio
triplidio
Niveau 11
23 juillet 2009 à 20:04:22

Merci beaucoup à vous qui avez fait l'effort de lire mes conneries ! ^^

Hmm par contre j'ai un petit souci de connection, je suis dans un cyber, j'ai un technicien qui doit passer chez moi mais pas avant le 30, pff...

Puni le triple...

je posterai donc la suite dans le courant de la semaine prochaine si tout va bien.

Merci encore ! :fier:

SimRack-
SimRack-
Niveau 10
23 juillet 2009 à 20:15:34

Ne jamais faire confiance à un technicien. Foi de vieil ours. :noel:

Jedi-Wars
Jedi-Wars
Niveau 10
24 juillet 2009 à 16:05:34

Zang :d) il me semblait bien qu'il y avait un truc dans le genre... :merci:

triplidio
triplidio
Niveau 11
05 août 2009 à 15:24:51

ENFIN !

Après d'ignobles tractations avec le service technique (SimRack, tu avais malheureusement raison, ne serais-tu pas technicien toi-même par hasard ? ^^) d'un fournisseur d'accès portant le nom d'un fruit vitaminé que l'on portait naguère aux souffrants dans les hôpitaux, je viens de récupérer ma connection... :hum:

Il était temps !

Je poste donc la suite:

Alors qu'ils suivaient les nénuphares, l'eau devenait de plus en plus fraiche. Toutefois la végétation était moins dense, et nos amis progressaient maintenant plus aisément.
-Nous ne sommes pas loin de la sortie, dit Jipé
-C'est sans doute probable, oui.
En effet, déja, la plaine se dessinait au loin. Ils prirent pied sur la terre ferme et s'accordèrent une courte pause. Et quelle ne fut pas leur surprise de voir, malgré l'obscurité, les troupes armées du Comte Ebon au grand complet, menées par le Comte lui-même, aux cotés duquel se tenaient respectivement sa fille, plus jolie que jamais, le Seigneur Emett, son redoutable chef de guerre, et le grand Uscul, le plus puissant des mages du royaume !
Aussitôt, ils se mirent a courir en direction du cortège, et, tandis qu'ils approchaient, l'odeur du crottin parvenait nettement à leurs oreilles. Déja certains soldats les avaient aperçus, mais pour faire joli, Jipé tira la fusée de détresse qu'il avait apportée au cas ou. La vision, dans la pénombre, de cette armée éclairée de rouge dont les reflets se perdaient dans les cuirasses lustrées au son des hennissements et du choc des fers à chevaux sur la terre gelée en jetait un max. Le Comte stoppa sa monture à hauteur de nos héros. Bad prit alors la parole d'un air solennel.
-Mes respects Monsieur le Comte. Nous arrivons à l'instant de par-delà les mers, et nous n'avons pas failli à notre mission. Nous savons où se trouve le soleil, et je puis vous affirmer que celui qui est à l'origine de ce vil forfait n'est autre que cet homme ! Dit-il en exhibant le portrait dessiné par les fées.
-Merci a vous aventuriers, mais ça, nous le savions déja ! Cet homme se fait appeler le Baron Noir ! Il se trouve que peu après votre départ, nous avons reçu sa visite, et qu'il s'est livré a un odieux chantage, affamant notre peuple en échange d'espèces sonnantes et trébuchantes. Ainsi, tels que vous nous voyez, nous nous dirigeons vers les royaumes du Nord, afin d'assiéger la forteresse de ce fieffé coquin sans plus attendre, dans le respect des règles de la guerre. En gros, on va tout péter.
Sur quoi un valet tendit au Comte un tonneau de limonade.
-Certes Monsieur le Comte, reprit Bad, mais je vous inviterai toutefois à la plus extrème prudence, puisque le Baron détient en otage la reine des fées elle-même, qui seule a le pouvoir de faire briller le soleil à nouveau.
-Ah! En effet... Ça pose un problème... Nous allons devoir réviser notre stratégie... Votre voyage n'aura donc pas été vain, cher Bad, et vous nous apportez là un renseignement non négligeable. Ca mérite bien un petit bonus. Approchez donc que nous vous fassions Chevalier.
Puis il descendit de cheval, et, du plat de l'épée, l'adouba.

Il est difficile de décrire ici le bonheur que ressentit Bad en cet instant, d'autant plus que le regard d'Aude se posait sur lui, et ce regard avait changé. Il se sentit désirable, estimé et respecté. Il faut dire que depuis le temps que durait cette aventure, Bad avait muri, et n'était plus le jeune garçon chétif et rèveur qui avait quitté le village de Prll.
Il était devenu un homme, emprunt de virilité, qui sentait bon le sable chaud, et dont les pectoraux le disputaient aux tablettes de chocolat qui formaient le damier parfait d'une ceinture abdominale sans reproche.
Il était toujours aussi con, c'est vrai, mais ça n'avait pas l'air de perturber la jeune Comtesse qui le dévorait des yeux.
Son sang bouillonnait, il ressentait pour la première fois les affres de l'amour s'immiscer en lui, dans le même temps qu'il accédait aux plus hautes distinctions sociales.
Puis, sous les vivats et l'émotion, il perdit connaissance.

Un campement de fortune fut établi, et l'on fit griller des moutons. L'odeur de la viande le réveilla, et c'est avec appétit qu'il partagea la table du Comte.
-Demain dès l'aube, nous nous mettrons en route, dit ce dernier, et en chemin nous déciderons de la marche à suivre. Prenez du repos Chevalier Plafon, car nous aurons besoin de toutes nos forces !

triplidio
triplidio
Niveau 11
15 août 2009 à 17:56:40

Merci beaucoup sug.. heuu, metatron ! Voilà qui me met en joie. :-)

Bon, par contre, je suis débordé de boulot en ce moment, je m'excuse donc de ne pas participer comme je le voudrais à la vie du forum, mais je promets ici de manière solennelle de lire et commenter vos écrits dès que mon patron m'aura lâché les baskets. :oui:

En attendant, voici la suite :

Les troupes du Comte avaient fait halte à quelques centaines de mètres de la forteresse noire. Tapis dans l'ombre, les soldats attendaient le signal de leur chef dans un silence religieux. Légèrement en arrière comme d'habitude, les officiers élaboraient leur plan de bataille. Vue d'ici, la forteresse semblait tout bonnement imprenable. De sombres silhouettes se détachaient sur les créneaux et leur ballet incessant laissait supposer leur nombre... y'avait du monde au balcon ! La porte principale était munie d'un puissant système de sécurité, et seul le Baron en connaissait le code d'accès. L'attaque de front paraissait donc impossible. L'heure était à la réflexion, il fallait réfléchir, c'est pourquoi tout le monde réfléchissait. Aude, qui comme beaucoup de femmes du sexe féminin, restait en toutes circonstances soucieuse de son apparence, lustrait négligemment son armure à l'aide d'une peau de chamois tout en jetant vers Bad d'incessants regards lourds de signification.
Mais celui-ci focalisait son attention sur les tempes du mage, desquelles se dégageait une légère fumée due à la condensation, tellement synapses et neuro-transmetteurs, suivant le principe du four à micro-ondes, se frottaient avec agitation dans sa boite crânienne.
Le Comte prit alors la parole:
-Auriez-vous une suggestion, mage Uscul ?
-Je crois que oui Monsieur le Comte, répondit celui-ci, voyez ces légères ouvertures, ces petites fentes disposées à intervalles réguliers dans la muraille, au dessus des douves ?
-Je crains qu'il ne fasse un peu sombre, dit le Comte en plissant les yeux, et ma vue baisse avec l'âge...
-Tenez. Le mage fit alors apparaitre une paire de jumelles de son chapeau à l'aide de sa baguette magique. Voyez ?
-En effet, répondit le Comte après quelques secondes d'observation. Ne sont-ce point là des soupiraux ?
-Tout à fait Monsieur.
-J'avoue que je ne vois pas très bien où vous voulez en venir, Uscul.
-Il se trouve que j'ai avec moi de nombreux compagnons à poil, plumes et autres carapaces, dont certains sont doués de pouvoirs magiques, tel celui que je me propose de vous présenter illico. Rec, au pied !
Surgit alors du chapeau une minuscule créature ailée en forme de coléoptère. L'assemblée ne put retenir un rire moqueur.
-Il va falloir nous expliquer en quoi ce doryphore pourra nous être d'une quelconque utilité pour l'affaire qui nous occupe mon brave Uscul.
Le visage du mage s'éclaira d'un large sourire.
-Ce doryphore n'est pas à proprement parler un doryphore Messires. C'est plus exactement un magnétophore. Il a la particularité d'enregistrer mot pour mot les conversations dont il est le témoin. J'ai donc eu l'idée de...

Quelques minutes plus tard, le petit animal se frayait un chemin par un soupirail, puis gagnait la salle principale de la forteresse sans être inquiété. Là, il s'installa confortablement sur la plus haute poutre, prenant son mal en patience, prêt à enregistrer fidèlement la moindre parole prononcée.
Au bout d'un moment, le Baron et son homme de main prirent place à la grande table de chêne massif.
-Qu'on nous apporte à boire !
On fit venir plusieurs bouteilles du meilleur vin pétillant qui se puisse trouver.
-Ouvrez-moi ça bon sang !
Les bouchons sautèrent sous les précis coups de sabre du petit personnel.
-Ah, Fuligineux mon ami... Notre victoire est totale, et presque trop facile. L'ennui nous guette à présent. Peut-être devrais-je faire venir plus de femmes de petite vertu. Organiser davantage d'orgies. Des combats à mort. De nouvelles séances de torture sur le thème de l'innocence , de la naïeveté, de la petite enfance... Mais ces jeux n'ont plus la même saveur aujourd'hui... Tout me parait futile... Je suis las... Pourtant, c'est moi, le Baron Noir, il me faut donc ourdir de noirs desseins pour ressentir à nouveau la jouissance. Il faut que j'invente quelque chose, quelque chose de neuf, un projet d'une violence inouie. Voilà qui me rendrait le rictus. Et puis j'ai vraiment l'impression de parler tout seul. Vous m'écoutez ou quoi ?

Rec, qui en avait assez entendu, prit son envol et parcourut le chemin en sens inverse, de toute la force de ses petites ailes.
De retour au campement, il délivra son message en échange d'un susucre.
Le Comte n'en crût pas ses oreilles ! C'était bel et bien la voix du Baron en personne que restituait précisément cet insecte ridicule ! Décidément, Uscul était un magicien de grand talent, comme il l'avait prouvé par le passé quand le Comte fut transformé en sorbet par cette sorcière hydrocéphale à l'haleine fétide lors de la canicule de 34, mais ça n'est-ce pas, c'est une autre histoire.
Il fallait maintenant établir un montage cohérent de l'enregistrement afin d'endormir la vigilance des gardes.
Pendant ce temps, le seigneur Emett soulevait méthodiquement d'énormes quantités de fonte car, comme beaucoup d'hommes du sexe masculin, il vouait un véritable culte à sa musculature. Tout le monde se préparait consciencieusement.

Monsieur Fuligineux allait se coucher et passa devant l'interphone quand la sonnette retentit. Il décrocha.
-Oui ?
-C'est moi, le Baron Noir.
-Vous, Monsieur le Baron ? C'est marrant ça, je viens de vous quitter à l'instant !
-Ah, Fuligineux mon ami... Ouvrez-moi ça.
-Mais c'est dingue quand même ! Comment pouvez-vous vous trouver dehors en si peu de temps ?? Vous êtes trop fort vous alors !!
-Ouvrez-moi ça bon sang ! Vous m'écoutez ou quoi ?
-Heu oui patron, pardon patron... mais quand même, zètes trop fort...
Et il actionna le mécanisme d'ouverture de la porte principale.
Le gros des troupes du Comte attendait dans l'ombre.
-Notre subterfuge a fonctionné Messieurs, à l'assaut ! (de cow-boy)

iron66
iron66
Niveau 6
18 août 2009 à 13:08:06

Toujours aussi génial !

J'ai beaucoup aimé le mage Uscul ^^
Ce n'est pas sans me rappeler les BD Trolls de Troy (tu connais ?) dans lesquelles tous les trolls ont des noms qui, lorsque l'on rajoute "troll" devant où derrière forme un mot.

Par exemple : Tyneth => trolltyneth
Gnondpom => trollgnondpom
Haygwepa => haygwepatroll

Et plein d'autres !! Notons aussi le Prince Dehlu dans Lanfeust qui ressemble comme 2 gouttes d'eau audit prince

triplidio
triplidio
Niveau 11
18 août 2009 à 15:48:52

Trolls de Troy, j'en ai vu dans les magasins mais je n'ai jamais lu. Faudra que j'emprunte ça à la bibliothèque tiens !
En tout cas vu comment c'est positionné dans les rayons des grandes enseignes, on ne peut pas les rater ! Ça doit bien cartonner à la vente ce truc.

Sinon un grand merci pour vos commentaires over-flatteurs à nouveau ! Du coup je sais plus où me mettre... :rouge:

triplidio
triplidio
Niveau 11
18 août 2009 à 15:53:48

Et désolé pour le double-post mais le premier qui me répond "dans l'oignon" c'est direct un coup de nunchaku, non mais!

:banzai:

emy_la_fumeuse
emy_la_fumeuse
Niveau 8
19 août 2009 à 15:10:00

sympa la suite, même si un peu court. Idéal quand on a pas trop le temps, en vacance :-p

triplidio
triplidio
Niveau 11
23 août 2009 à 19:35:15

Bon ben voilà, les meilleures choses ont une fin, et plutôt que de faire languir mon fidèle lectorat, je fais péter direct ! ( en espérant que ça rentre en un seul post ^^)

Attention lecteur, nous approchons de la fin de cette formidable aventure. Or, si tu es sensible ou que tes parents te surveillent, je te conseille vivement de sauter ce chapitre et de te rendre directement à l'épilogue.

***

Ce fut une véritable boucherie. Les sentinelles du Baron, occupées à surveiller les alentours, ne prirent pas immédiatement conscience qu'elles étaient attaquées de l'intérieur. Déjà, dans la cour du château, se précipitaient les troupes du Comte Ebon, pressées d'en découdre, exhortées par leur chef Emett, ayant pour consigne de ne pas faire de quartiers, de n'épargner personne et encore moins quelqu'un.
Le Baron Noir, réveillé en toute hâte par ses femmes de chambre, se tenait au sommet de la plus haute muraille, hurlant à ses hommes de faire promptement demi-tour.
Comme il était en pyjama, il avait moins de prestance que d'habitude, mais ses soldats comprirent tout de même que l'enjeu en valait la chandelle. Ils obéirent donc.
Balistes, catapultes et autres machines de guerre furent alors disposées de manière à faire face à l'envahisseur. Pendant ce temps le Baron avait revêtu son armure.
-Faites chauffer l'huile d'olive ! Ordonna-t-il.
En effet, par le passé, le Baron, qui n'en était pas à son coup d'essai, avait utilisé différents types d'huiles bouillantes, mais aucune d'elles n'avait eu grâce à ses narines, la plupart s'accommodant mal avec la chair grillée, hormis peut-être l'huile de noix, qui diffusait un subtil parfum automnal lors de la cuisson.
Des hectolitres d'huile d'olive furent donc versés dans la cour, et l'odeur, cette fois printanière, n'était pas si désagréable. Par souci d'agrément, le Baron jetait de ci de là quelques pincées d'herbes de Provence, et l'on aurait pu croire un gigantesque barbecue.
Mais l'heure n'était pas à la fête, car les soldats du Comte qui avaient été épargnés luttaient de plus belle pour atteindre les étages supérieurs. Dans les escaliers, la bataille faisait rage. Enjambant les corps mutilés, Aude et Bad moulinaient de concert, toutes lames dehors, et défrichaient le terrain comme dans une jungle épaisse afin d'ouvrir un passage aux autres membres de la troupe. Le sang ruisselait sur les tuniques et les cuirasses, en un flot mêlé incessant... Après une lutte interminable, ils débouchèrent enfin sur les remparts. De l'autre coté, ils pouvaient apercevoir le Comte, accompagné du seigneur Emett et d'une poignée d'hommes, atteindre l'endroit où se trouvaient le Baron et sa garde rapprochée. En quelques minutes, le seigneur Emett fut embroché, de fort belle manière d'ailleurs, d'une lance tenue en main gauche par le Baron, tandis que de la droite il décimait, à l'aide d'un sabre finement ciselé, tous ceux qui passaient à sa portée.
Bientôt le Comte et le Baron se retrouvèrent face à face. S'ensuivit une remarquable passe d'armes, les protagonistes se rendant coup pour coup. De l'autre coté des remparts, tout le monde s'était arrêté et retenait sa respiration.
C'était un duel magistral. Les hommes étaient de même puissance et montraient chacun la même ardeur au combat. Celui-ci aurait pu durer une éternité si le Comte, parant une botte exécutée de main de maître par le Baron, ne perdit l'équilibre, et, dans sa chute, tomba. Lourdement. Quelques vingt-cinq mètres plus bas. Le Baron, en geste de victoire, ouvrit la braguette de son armure et fit copieusement pipi sur le cadavre encore fumant du Comte Ebon, cadavre qui, s'il faut le préciser, ne donnait plus aucun signe de vie, preuve qu'il était probablement mort.
Aude, qui avait tout vu, se jeta dans les bras de Bad en pleurant, effondrée. Mais très vite, la tristesse fut remplacée par la haine, les larmes qui embuaient ses yeux magnifiques devinrent des larmes de rage, et tout son être cria vengeance.
-Ne te laisse pas déborder par tes sentiments. Nous devons sauver la reine des fées, dit Bad d'une voix qui trahissait le doute. Pense à ton peuple. Montre-lui l'exemple !
Malgré son incertitude, Bad affichait un calme Olympique.
Alors, dans un sursaut de dignité, Aude ravala ses larmes, remit un p'tit coup de blush et suivit Bad au sous-sol puisque les geôles et les cachots se situent rarement aux étages supérieurs. Une porte mieux gardée que les autres attira leur attention. Après avoir fait le ménage, ils firent irruption dans une salle pourvue de multiples équipements dédiés à la torture sous toutes ses formes. En son centre était attachée une petite créature ailée qu'ils reconnurent sans peine. C'était la reine des fées en personne. A proximité, la main sur une manivelle, se tenait l'immonde Fuligineux, qu'un léger sourire rendait presque humain.
-Un pas de plus et je lui ôte la vie dit-il avec une assurance effrontée.
C'est bien simple, on avait envie de lui coller des baffes. N'écoutant que son instinct, Aude se précipita vers lui l'arme au poing. Fuligineux brandit alors son scalpel favori, et d'un unique geste précis, l'égorgea des pieds à la tête. Dans une expression de surprise, les deux moitiés du visage de la jeune fille se séparèrent à regret, ainsi d'ailleurs que le reste de son corps. Bad, rendu fou à cette vision, s'apprêtait à décapiter Fuligineux d'un large revers lifté, quand il s'aperçut avec curiosité qu'une fine lame saillait de son abdomen, souillée par ses propres entrailles. De l'autre coté de la lame, un gant de cuir tenait fortement le pommeau, et la main qui portait ce gant n'était autre que celle de... Jipé !
-Désolé dit-il, marmonnant dans sa barbe. Je suis passé de l'autre coté. L'appât du gain sans doute, l'assurance d'une vie facile passée à gober des grappes de raisin en compagnie de créatures plantureuses certainement.
-T... traitre ! murmura Bad tandis qu'un épais flot de sang noirâtre qui ne sentait pas la rose s'écoulait de sa bouche entrouverte.
-Désolé, répéta le nain.
Bad, à l'agonie, se recroquevilla sur lui-même tandis que la vie le quittait. Au loin il perçut la voix du Baron dans un silence ouaté, un peu comme au ski. Beau travail, Belmonventre... Ainsi donc cette pénible quête n'avait été qu'une chimère, le monde resterait sombre à jamais, le mal y règnerait sans partage jusqu'à la fin des temps, et l'homme juste et bon ne naitrait que pour souffrir encore et encore, pour les siècles et les siècles, sans le moindre espoir de jamais voir le soleil. C'est pas cool, pensa-t-il, puis, dans un dernier râle, il s'éteignit aussi sûrement qu'une minuterie.

FIN

Epilogue

Content de voir qu'il existe un peu de tendresse et de douceur en ce monde, bien que je ne croie pas un seul instant que tu aies résisté à la curiosité de découvrir le chapitre précédent. S'il t'a choqué, tu étais prévenu, par conséquent tu mérites une bonne correction, et je compte sur tes parents pour te la donner sans tarder. Toutefois, si tu es déçu par le dénouement de cette histoire, j'ai pensé, dans ma grande bonté, te proposer une alternative en forme d'épilogue. Comme ça ça fait deux fins pour le prix d'une et tout le monde est content.

Voici donc :

EPILOGUE

La bataille fut de courte durée. Pris par surprise, les hommes du Baron n'opposèrent qu'une résistance mineure. Les assaillants, évitant les gouttes d'huile, se dirigèrent progressivement vers le lieu où se trouvait détenue la reine des fées, semant la mort sur leur passage. Bientôt, écrasés sous le nombre, le Baron et quelques hommes s'enfermèrent dans une sorte de cave aux murs suintants. Le mage Uscul fit alors apparaitre un animal qui n'était au fond qu'une brebis, mais de sexe mâle, munie d'une paire de cornes.
-Qu'est-ce que c'est encore que ce tour de passe-passe Uscul ? questionna le Comte, l'air dubitatif.
-Un bélier monsieur le Comte, un bélier. J'ai lu il y a fort longtemps dans je ne sais quel grimoire que cet instrument servait à enfoncer les portes, et je me propose de vous en faire la démonstration.
Sous les directives du mage, quelques hommes s'emparèrent alors du bélier, et, prenant leur élan, en donnèrent de grands coups sur la porte, qui ne tarda pas à céder.
-CQFD. dit-il alors dans un sourire triomphant.
Puis ils s'engouffrèrent dans la pièce. En son centre gisait inanimée la reine des fées, qui venait de subir d'infectes tortures sous les mains expertes du maître en la matière, l'infâme Fuligineux himself, qui faisait moins le malin à présent. Le regard du Comte se tourna alors vers celui du Baron, acculé, entouré de sa garde personnelle qui elle aussi faisait moins la maligne. Tandis que ses hommes s'apprêtaient à donner l'hallali, il stoppa leur ardeur d'une voix claire.
-Messieurs, laissez-moi lui faire sa fête. J'estime avoir été profondément humilié par cet individu, et il ne sera pas dit que le Comte Ebon se laissera marcher sur les pieds par un vulgaire Baron, fut-il Noir ou Mauve. Je tiens à ce que vous soyez tous témoins de la remarquable dérouillée que je vais lui infliger en combat singulier, et je puis vous assurer qu'à la suite de ce jour, bardes et autres troubadours chanteront ce haut fait durant les siècles à venir, et certains tiendront même au top 50 pendant plus de trois semaines, je suis prêt à le jurer sur la tête de mon futur gendre. dit-il en désignant Bad qui n'en crut pas ses oreilles.

Puis, comme il n'y avait plus de limonade, il bût sous les applaudissements un grand verre d'une boisson gazeuse mondialement connue.

-En garde trou d'balle !

Le Comte se démenait comme un beau diable, mais force lui était de constater qu'il avait affaire à un adversaire de taille. En effet, le Baron parait ses moindres assauts avec une facilité déconcertante. Le combat aurait pu durer une éternité si le Comte, dans un accès de lassitude, ne finit par dégainer son Taser et presser la détente. Les deux projectiles électrifiés se logèrent en plein front, de sorte que les yeux du Baron sortirent instantanément de leurs orbites.
Tétanisé, il laissa échapper un long filet de bave avant de s'écrouler sur le sol en proie à de violents soubresauts, gigotant tel un poisson fraîchement pêché sur le pont d'un navire. Le Comte n'eut plus qu'à achever le travail d'un violent coup de masse en plein sur le nez de son ennemi, arrosant au passage les spectateurs les plus proches de diverses matières plus ou moins fluides et difficilement identifiables. Cet arrogant Baron mordait enfin la poussière, et ce n'était que justice après tout.
Tandis qu'Aude se précipitait pour libérer la reine des fées qui reprenait peu à peu ses esprits, Jipé infligea un formidable coup de kung-fu à Monsieur Fuligineux qui vint s'encastrer avec grâce dans une de ses machines sophistiquées. Tout en sautillant avec légèreté, le nain roux ( ai-je précisé qu'il était roux ? ), dont les veines saillaient, s'approcha de sa victime en poussant de petits cris suraigus, puis lui asséna un coup létal d'une extrême violence qui lui ôta la vie. Il mourut d'ailleurs dans la foulée.
Aude, Bad et le Comte se pressèrent au chevet de la reine, s'inquiétant de son état de santé. Ils lui donnèrent à boire et à manger, et quand elle eut repris des forces elle demanda à Bad l'autorisation d'utiliser son portable. Il accepta de bonne grâce, mais pas trop longtemps à cause de la batterie.

De l'autre coté de l'Océan, les fées, apprenant que leur souveraine était désormais en sécurité, se révoltèrent aussi sec. La bataille fit rage, et, plus nombreuses, plus petites et plus mobiles que leurs adversaires, elles ne tardèrent pas à maîtriser la situation, de sorte que bientôt le soleil put luire à nouveau de tous ses feux, imprégnant le monde d'une douce chaleur bénéfique. On raconte qu'à ce moment précis, notre bonne vieille planète eut un frémissement, que chaque être vivant put ressentir, et ce frémissement n'était autre qu'un frisson de bonheur.

Sur le chemin du retour, les vaillantes troupes du Comte s'émerveillaient de sentir la douce caresse du soleil sur leur peau, d'entendre les oiseaux chanter à nouveau, d'observer la neige fondant à vue d'oeil. La vie reprenait ses droits. Déjà quelques pousses recommençaient à fleurir, baignées par les rayons chaleureux de l'astre libéré. Et quelle lumière ! On y voyait comme en plein jour !

Au château, les soldats, qui portaient la reine des fées en triomphe bien qu'elle sache voler couramment, furent acclamés comme des héros. La foule était en liesse, et Bad, du haut de sa monture, put même reconnaitre quelques habitants de son village venus pour l'occasion. On organisa une surboum mémorable, avec du matériel de récupération, quelques spots, une vieille sono poussive, des hectolitres de vin et beaucoup, beaucoup d'enthousiasme ! Sur le dancefloor improvisé, Bad, rouge comme une pivoine, demanda timidement sa main à Aude, qui la lui accorda sans retenue, après quoi ils échangèrent un fougueux baiser sous les encouragements populaires. Plus tard ils s'installeraient à Prll et jouiraient d'une vie simple et ensoleillée, surtout ensoleillée.
C'est ainsi que dans l'allégresse générale et avec la bénédiction paternelle, ils se marièrent, vécurent heureux et eurent beaucoup de Plafon.

FIN

Grizzlyheart
Grizzlyheart
Niveau 7
23 août 2009 à 20:46:55

J'adore, j'ai tout lu aujourd'hui. C'est vraiment chouette, lisible... Vraiment, bravo, j'ai passé un bon moment ,même si j'ai du m'interrompre un peu pour lire d'autres trucs entre temps parce que malgré tout, c'est un peu longuet par moments...

Sinon, génial, et :merci:

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