Belfast, Irlande du Nord ( Ulster ) 
Dixième jour d'émeute.
La majorité des nord-irlandais voulaient à présent passer à autre chose, ces émeutes minaient l'économie, leur moral et aggravait l'image déjà déplorable qu'on se faisait d'eux à l'étranger. Mais lorsque les premiers crépitements des kalachnikovs déchirèrent le silence matinale de Belfast et de Derry, tout le monde, résigné, compris que cette journée ressemblerait aux précédentes.
La pluie tombait à verse à Belfast. Elle nettoyait les rues jonchées d'éclats de bouteilles de verres calcinés. Elle précipitait vers les caniveaux des douilles et des cartouches de différentes tailles. Elle frappait contre les toits des habitations, lavait leur façades où s'éparpillaient des impacts de balles. Elle ralentissait avec les jets d'eau des lances des pompiers la progression d'incendies criminels dévastant commerces et logements sur leur passage. Elle tambourinait contre les carrosseries blindées des véhicules de l'armée qui, venus des dix bases militaire encore présentent dans la province, avaient remplacés les véhicules de la police d'Ulster. On les voyait patrouiller dans toute la ville, et veiller à ce que les barrières séparant quartiers catholiques de quartiers protestants restent bien closes. Rare étaient les soldats qui s'aventuraient hors des blindés, car Belfast grouillait de tireurs embusqués. Dans certains endroits comme Falls ou Shankill Road, allongés sur des toits ou simplement adossés contre des murs, des combattants républicains-catholiques ou loyalistes-protestants faisaient le guet de leur yeux fatigués. Ils n'avaient confiance ni en l'Etat, ni en l'armée, en ces temps de tensions extrêmes, et veillaient eux-même à la sécurité de leur communauté respectives. Leur imperméables ruisselant de gouttelettes de pluie étaient suffisamment ample pour dissimuler leur AK 47.
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photo d'un soldat britannique à belfast ouest http://www.corsophotos.com/images/Recon_Patrol.jpg