père et fils
Suite à une menace parkkosinenne, je dois écrire cette fic :$ ce genre d’ordres ne se refusent pas
. Bref soyez indulgents, c’est mon premier essai d’écrivain, je n’ai pas beaucoup
d’expérience en la matière ^^
Je tiens à dire
à Parkko de me forcer à écrire cette fic et
à Acro de m’avoir précisé certaines choses sur la chronologie du jeu
Prologue
Le temps était à l’orage sur Midgar. Nuit sans lune, pesante. C’était bien avant la construction de la plaque supérieure, qui coupa la ville en deux, pure ségrégation verticale. Cette ville encore « à plat » subissait les intempéries, sans broncher. Personne dans les rues (mais qui aurait voulu sortir, par ce temps ?) , toutes les maisons semblaient abandonnées. Les habitants de la ville s’étaient cloitrés chez eux, le temps n’incitait pas aux balades nocturnes. Il faut dire aussi que dans ce genre de situation, les monstres environnants semblaient moins craintifs de l’Homme, plus enclins à défier la civilisation.
Pourtant, deux étranges individus couraient dans la nuit, comme si le diable en personne les poursuivait.
- Vous auriez du l’emmener au dispensaire directement !
- Mais &* »ù% puisque je vous dis qu’elle ne peut plus bouger !!
Le plus grand des deux courait devant, indiquant le chemin. Etant habitué au danger, il n’avait pas oublié de se munir d’un grand bâton de combat. Le second tentait tant bien que mal de suivre le rythme imposé par cet étrange personnage, en se couvrant la tête avec son manteau. Son parapluie s’était retourné dès qu’il l’avait ouvert à l’extérieur, la tempête avait donc fait une victime de plus.
- Nous y somme presque, accélérez bon sang !
- Quelle idée aussi d’habiter si loin, vous pourriez pas habiter dans le centre comme tout le monde ?
- Et ma tranquillité alors ? donnez-moi votre mallette !
Il faut bien avouer que l’homme semblait bien encombré avec son attirail, qu’il trainait tel un poids mort. Quand le grand blond prit la mallette il ne sembla pas dérangé outre mesure par ce surpoids. Au contraire, il accéléra encore.
- C’est au bout de la rue, vite !
Effectivement, une maison se tenait seule, loin de toutes les autres. C’était également la première demeure éclairée qu’ils voyaient, toutes les autres s’étant réfugiées dans le noir, comme pour ne pas attirer le mauvais œil. Le premier ouvrit la barrière, tout en conseillant à l’autre de faire attention au bric-à-brac accumulé dans la cour. Slalomant à travers les divers déchets, ils se précipitèrent sur la porte.
- Chimène ! (1)
Le grand blond se précipita vers le divan où se trouvait une femme, à demi consciente. Il n’y avait pas besoin de grandes connaissances médicales pour comprendre que la jeune femme était sur le point d’accoucher. En sueur, et visiblement épuisée par sa grossesse, elle entrouvrit les yeux. Elle semblait faire un effort surhumain.
- Oh, Milos (2), tu es revenu… j’ai si peur…
- Je suis là maintenant, le docteur est avec moi, tout va bien… bon doc, vous vous bougez un peu où je viens vous chercher ?
Mais le médecin, conscient de la situation, avait déjà quitté sa veste trempée et ouvert sa mallette. Il saisit des gants et quelques objets qui semblaient destinés à la torture. Mais il s’agissait, malgré leur apparence, d’objets de délivrance.
- Madame, je suis le docteur Jacquesmort (3), tout va bien se passer. Monsieur Highwind, allez me chercher des draps et de l’eau chaude. Vous avez une voisine qui a déjà été enceinte ?
- Il y a bien la vieille Carla, dans le quartier, qui a une tripotée de marmots…
- Allez la chercher, dit Jacquesmort, un peu de renfort ne sera pas superflu… et vite !
Milos couru aussi vite qu’il put chercher cette fameuse Carla, qui accepta de bonne grâce. Entre voisins ils se rendaient de nombreux services, la vie n’étant pas toujours aisée. Milos, en bricoleur émérite, avait de nombreuses fois aidé Carla pour que sa maison ne s’écroule pas.
De retour chez lui, Milos, qui pourtant n’était guère impressionnable, se trouva comme pétrifié en voyant sa femme si pale et si meurtrie. Carla ne semblait pas choquée, et se mit aux ordres du docteur. Une tension incroyable régnait dans la pièce, et Milos resta sur place jusqu’à ce que sa femme l’appelle. Il s’approcha d’elle à grand pas, s’agenouilla et lui pris la main.
- Ça va aller, ma douce (4), tout va bien se passer…
Mais Jacquesmort ne semblait pas de cet avis. Il donnait ses instructions à Chimène, qui avait de plus en plus de mal à les suivre. Son épuisement se lisait sur son visage, de grosses goutes de sueur coulaient sur son front. De son coté Carla semblait horrifiée de la tournure de l’opération, Chimène perdait beaucoup de sang. Jacquesmort, d’ordinaire si calme, semblait dépassé par les évènements.
- Oh non, il se présente par le siège, c’est mauvais… Chimène, je vais vous demander un effort supplémentaire !
Mais Chimène n’eut pas la force de se plaindre, elle concentrait son énergie sur sa libération, et réduisait la main de Milos en bouillie. Celui-ci ne bronchait pas, trop inquiet pour s’occuper de ce qui apparaissait là comme un détail.
L’accouchement dura encore de longues minutes, durant lesquelles Chimène se battait de toutes ses forces pour son enfant. De leur coté Jacquesmort et Carla faisaient tout pour assister la jeune femme, mais l’inquiétude grandissait, tant les destins de l’enfant et de Chimène étaient incertains.
Puis tout à coup, l’enfant tant attendu apparu, couvert de sang, mais bien vivant. Un cri puissant poussé par ce petit être soulagea Milos, mais Jacquesmort semblait toujours aussi inquiet.
- Monsieur Highwind, dit-il après avoir rapidement coupé le cordon, vous savez vous occuper d’un nouveau né ?
- Heu, j’ai jamais fait ça de ma vie moi ! dit Milos, tout à coup pris à parti.
- Hé bien il va falloir improviser, je ne peux m’en occuper, et Carla doit m’aider. Nettoyez le, mettez le dans un linge propre pour qu’il ne prenne pas froid. Carla, vous allez me passer mes instruments, Chimène est loin d’être hors de danger !
En effet, la jeune femme avait perdu beaucoup de sang, et cela ne s’arrêtait pas. Milos s’éloigna avec son fils dans les bras, effrayé pour sa femme et intrigué par ce petit homme. Carla lui ayant fait signe de partir, Milos quitta la pièce pour la salle de bain.
- Mais comment on s’occupe d’un truc pareil ? comme si je savais quoi faire d’un machin si petit… hey gamin, ne gigote pas comme ça…
Aucun bruit ne venait de la salle, si ce n’est quelques ordres de Jacquesmort. Milos entendait la peur dans sa voix, mais concentrait toutes son attention pour son fils. Quand il eut fini (ou du moins fait ce qu’il pouvait), il revint dans la salle, l’enfant emmailloté dans un linge blanc. Carla et Jacquesmort le regardèrent, la mine défaite. Milos s’approcha de sa femme, pale comme jamais. Il approcha le petit de Chimène.
- Regarde chérie, c’est notre fils…
- Comme il est beau, il te ressemble... dit Chimène dans un souffle.
- Chimène… souffla Milos à son tour, sois forte, il a besoin de toi maintenant… tu va te remettre vite !
Jacquesmort ne semblait pas de cet avis, il faisait de son mieux mais la cause semblait perdue. La jeune femme avait utilisée toutes ses forces pour son fils, et elle ne pouvait plus lutter pour elle-même. Elle l’avait compris.
- Milos… je crois que tu devras prendre soin de Cid… tout seul.
- Mais je sais pas faire, j’ai besoin de toi…, dit Milos, la voix étranglée.
Ses paupières se fermèrent doucement. La douleur s’estompa de son visage, pour lui redonner la douceur qui le caractérisait habituellement.
Milos, pour la première fois de sa vie, pleura.