Moi c'qui m'fait rire, c'est toute cette vague de "neo-retro-gamer" qui ont 20 piges et qui vont nous donner des leçons comme quoi on est de gros blaireaux intoxiqués à la 3D et comment c'était tellement mieux avant...
Ben non, je suis pas d'accord...
J'ai 36 ans, j'ai traversé l'Histoire du jv du milieu des 80's jusqu'à aujourd'hui, et moi, je suis désolé, un jeu comme Shovel Knight, je dis pas que je trouve pas ça rigolo vite-fait, mais bon... comment expliquer...
La plupart des jeux NES tiennent sur moins d'espace que chacun de nos commentaires ici... là on nous vend du "rétro" qui occupe 200Mo, qui nécessite un processeur à près de 2Ghz et 1Go de RAM pour tourner
Moi, la mode "rétro", je vois surtout ça comme un moyen de ne pas se fouler...
Perso, je trouverai que ça serait vraiment du "pixel-art" si les gars s'imposaient les mêmes contraintes qu'on avait à l'époque 8 bit, à savoir des consoles avec un processeur à 1,5Mhz et des jeux qui tiendraient sur 48Ko
Parce que là au final, le mec se foule pas, il nous sort un gameplay simpliste "à l'ancienne", une réalisation simpliste "à l'ancienne", par contre, le prix, lui, il est bien actuel, aller, hop, 15€... bon, OK, en 1990, il t'aurait coûté l'équivalent de 75€
Puis finalement, ce qu'offre un Shovel Knight, on en a bouffé pendant 10 ans, il était temps de passer à autre chose.
Après pour le volet "c'était mieux avant, c'était plus coloré, ça avait une âme blablaba"...
Non.
Ca c'est une vue de l'esprit, les jeux étaient pas moins "d'usine" avant, j'veux dire, putain, t'as 9 Megaman sur NES, et qu'est-ce qui ressemble plus à un Megaman qu'un autre Megaman ?
Idem, tu vires Simon's Quest, qu'est-ce qui ressemblait plus à un Castlevania qu'un autre Castlevania (époque 8-16 bit) ?
Qu'est-ce qui ressemblait plus à Ghosts & Goblins que Ghouls & Ghosts ?
A un Contra qu'un autre Contra ?
On va pas se raconter d'histoire, les jeux se suivaient et se ressemblaient, parfois on s'encombrait même pas de redessiner les sprites d'un jeu à l'autre, on changeait juste la palette de couleurs...
Pour le volet "la 3D c'est fade, c'est le mal, ça n'a pas d'âme", encore une vue de l'esprit, les gens sont addict à la couleur, y a qu'à voir comment 90% des gens règlent leur TV, couleurs à fond, contraste à fond, tu perds la moitié des détails, mais c'est pas grave, tant que ça pète
La subtilité n'est pas une absence d'âme ou de passion, un peu comme les gens qui disent que le J-RPG a plus d'âme que le RPG occidental, juste parce que c'est plus coloré, ça crie plus fort, comme si l'exagération était un gage d'"âme".
Balade-toi dans n'importe quel Elder Scrolls "sans âme", observe les PNJ qui vivent dynamiquement en temps réel, lis les centaines de livres que tu trouves à droite et à gauche, qui tous décrivent un univers incroyablement détaillé et cohérent (et ce, même d'un jeu à l'autre), et viens me dire que le mec qui a mis ses tripes à composer un truc aussi énorme et crédible n'a pas mis plus d'âme et de passion que n'importe quel développeur "pixel art", surtout qu'à une époque, les Elder Scrolls étaient des jeux de niche pour les no-life.
Il y a seulement 10 ans, tu m'aurais dit que Elder Scrolls deviendrait une franchise majeure du marché, j'aurais rigolé, tellement avant c'était un truc pour les deux geeks rôlistes no-life boutonneux à lunette quadruple foyer du fond qui lisaient Tolkien (à l'époque où c'était pas encore la mode, où le mec qui lisait du Tolkien était un quasi-paria)
Encore une fois, ça fait près de 30 ans que je joue, et je me prends pas moins de claques dans la production AAA actuelle que j'en prenais quand j'étais môme...
Pour moi, un Bioshock (le premier), c'est aussi grand qu'un ALTT en son temps, des jeux comme Walking Dead, TLOU, Red Dead Redemption, les Batman Arkham (en tout cas les 2 pemiers), Silent Hill 2, Okami, les Portal ou Mass Effect sont autant des oeuvres d'art que les meilleurs pâtés de pixels de mon enfance...
Le jv d'avant n'était ni meilleur, ni moins bon... chaque époque a ses spécificités, ses qualités, ses défauts, mais aucune époque n'est meilleure qu'une autre... et surtout, il n'y a ni plus, ni moins de passion qu'avant 