Projection hier soir pour le film a Venise, l'avis des Inrocks :
"Harmony Korine tendance “Boulevard de la mort”
On ne voulait pas rater la projo de compète du soir puisqu’il s’agissait du retour d’Harmony Korine, ex-enfant prodige et terrible du cinéma indé US. Spring Breakers n’est pas entièrement satisfaisant, mais on n’est pas déçu non plus. Prenant appui sur la tradition du “spring break” (au printemps, tous les étudiants américains convergent vers la Floride pour deux semaines de sea, sex, sun, drugs and rock’n’roll), Korine le ciné-DJ balance un flux filmique bourré de couleurs fluo, de bikinis très courts, de pop et de techno. Evoquant tour à tour du Larry Clark en bonne santé, du Tarantino versant Boulevard de la mort, du Malick sous ecstasy ou les clips érotiques de Snoop Dogg, Spring Breakers est une ritournelle pop remixée gangsta rap. Les quatre jeunes héroïnes parties s’éclater au soleil braquent un resto pour se payer le voyage, puis plus tard rencontrent en prison un bad boy richissime, sorte de sous-Tony Montana qui les initie à la gansgta life.
Spring Breakers évoque à la fois la phrase de Samuel Fuller, “a film is a gun and a girl” et la chanson des Cramps, Bikini girls with machine guns. On peut s’énerver de cette fascination puérile des ricains pour le gros biff et les gros guns, et s’agacer de la façon dont Korine botte en touche, portant un regard à la fois critique et séduisant sur la violence de la gangsta weltanshung. Mais au final, ses twists ironiques, son humour noir, son énergie de série B, sa verve formelle, sans oublier la plastique superbe de ses actrices emportent le morceau."