Bon, y a aucun topic sur Cronenberg alors voilà. J´ai rien inventé dans ce texte, j´ai seulement mis un peu d´ordre dans les idées et réécris ça de façon correcte.
En parlant de la bataille pour la garde de son enfant qui l’a profondément marqué à l’époque de la genèse de Chromosome 3, David Cronenberg expliquait ceci :
« Je pense que Kramer contre Kramer est le navet le plus factice, le plus sentimental, le plus nul qu’on ait jamais fait sur le sujet –et les gens ont adoré, souvenez-vous en ! ça m’a également aidé à comprendre, à la manière forte, qu’on pouvait réaliser un film qui fait pleurer des gens, qui les émeut terriblement tout en étant complètement mensonger –et que ce film peut connaître un immense succès.
C´est justement le genre de films que je ne voulais pas faire. On a maintenant des films comme Le Sixième Sens qui sont des « pousseurs de boutons », on pousse les boutons idoines et les larmes se mettent à couler, comme les chiens de Pavlov ( …) Il va sans dire que pour moi, ce n’est pas de l’art. Je suppose qu’on appelle ça de divertissement ou une sorte de mécanique, je ne sais pas ce que c’est, mais ce n’est pas de l’art. »
Voici donc tout le paradoxe de David Cronenberg, réalisateur reconnu avant tout pour être un des maîtres du fantastique anglo-saxon de la période des 70s et 80s, que beaucoup considèrent comme bénie pour le genre avec une prédominance de l’horreur et du gore, à la fois comme productions hyper-rentables et terrain d’expérimentation acharnée.
Ce canadien se destinait tout d’abord à l’écriture et fantasmait durant ses jeunes années sur l’idée romantique d’être un écrivain inconnu redécouvert après sa mort.
On peut trouver dans cette vocation avortée les bases à la fois matérielle ( le roman inachevé « Robert Pagan, gynécologue » comme brouillon maintes fois retravaillé de Faux Semblants) et méthodologique ( il avoue lui-même chercher à recréer le procédé de la métaphore en images) de sa mise en scène, et plus encore de toute la « création » d’un de ses films.
Le terme même n’est jamais mieux employé qu’avec Cronenberg puisque, que ce soit au travers de ses entretiens, dans sa manière d’aborder la construction de ses œuvres ( une multitude d’objets, de décors , de costumes nécessaires à l’élaboration d’un univers mental cohérent, sont conçus en collaboration avec des fidèles), voire la réaction même du spectateur à celles-ci ( on vit plus qu’on ne voit un film de Cronenberg : les effets gores comme les thèmes intimes et provocateurs abordés y pourvoient) : tout est affaire de donner la vie à des idées, tout est affaire d’acte créateur.
Tout d’abord : Cronenberg enfante plus qu’il ne crée ses différents opus : il participe activement à l’écriture de scénario. Il planchera cinq ans sur une adaptation de Total Recall pour Dino DeLaurentiis, avant de plaquer pour divergences artistiques ( la plupart de ses idées se retrouvant dans eXistenZ). Pourtant la paranoïa des héros désespérément solitaires de Dick et sa façon de donner la parôle à plusieurs subjectivités, de les faire se répondre et d’aboutir à un doute permanent chez le lecteur se retrouvent tout à fait adaptés au style de Cronenberg qui aboutit constamment à la prédominance des subjectivités de ses personnages sur l’intrigue : on a ainsi souvent l’impression de se retrouver face au déroulement d’une réflexion qui échappe au schéma classique des trois actes ( exposition, nœud, dénouement) pour se développer en rhizomes : une idée en entrainant une autre ( d’où, sans doute, le terme péjoratif d’ « intellectualisant » souvent adossé à ses titres).
Ainsi le héros cronenbergien type possède un job souvent routinier qui limite sa perception ( producteur télé dans Videodrome, agent marketing dans eXistenZ, ambassadeur pour M. Butterfly) ou un mode de vie l’isolant du reste des hommes ( savant reclus pour La Mouche, inadapté schizophrène pour Spider).
Leur existence est alors troublé, chamboulé, par l’entrée de l’insolite, l’étrange, l’interdit, le bizzare : « Il s’agit moins de révolution que de liberté » disait Cronenberg dans le documentaire consacré au genre sur le DVD Jeepers Creepers.
A partir de l’instant fatidique : une rencontre ( J.G . Ballard et Vaughn, les jumeaux Mantle et Claire, Seth Brundle et Veronica, Gallimard et sa soupirante, Ted Pikul et Allegra Geller…) mène à une découverte, intime ou universelle ( la téléportation dans la mouche, la sexualité de Gallimard), accidentelle ou volontaire ( le coma après un crash de John Smith, la tentative d’achat du programme Vidéodrome par Max Renn, l’exploration de l’Interzone par William Lee dans le Festin Nu) qui change à tout jamais les valeurs morales, intellectuelles ou émotionnelles de ces individus plongés dans un chaos qui peut même affecter leurs corps ( le bide magnétoscope de Max Renn, la déchéance de Brundle-mouche, la nouvelle ouverture suite à la blessure à moto de Marilyn Chambers dans Rage).
Cette « mécanique » d’élaboration répond à cette conception du corps comme véhicule et de la chair comme source de vérité : tout part du corps, donc de l’individu, et nos similitudes et distinctions ne font que croître au cours de nos relations sociales, sentimentales, politiques, ou sexuelles.
Comme le héros, le spectateur, alors déconnecté de tout réflexe émotif pavlovien détesté par le créateur, n’a plus comme choix possible que celui de s’interroger sur ses propres croyances, certitudes ou convictions. L’immensité des possibles qui ne décèle aucune réalité unique ou objective, mais un ensemble de subjectivités individuelles ( qui peuvent se complèter mais trop souvent, trop humainement, se déchirent) s’offre alors à lui.
On peut noter aussi l’implication du réalisateur qui, et c’est là sa force, loin de montrer la voie à suivre, prend place aux côtés de ce public, non de masse mais d’individus ( qui pensent, s’émeuvent, doutent, rient, sont choqués ou ronflent : tout est permis) . Ainsi, on trouve parfois un mimétisme de l’apparence de ses héros masculins avec le metteur en scène lui-même ; les looks de Jeremy Irons dans Faux Sembants, de Peter Weller dans le Festin Nu ou celui de Ralph Fiennes dans Spider qui coïncident avec ceux de Cronenberg et surtout ( plus inquiétant celui-ci) : la métamorphose de John Smith/Christopher Walken dans Dead Zone ( 1983) d’instituteur à ange de la mort qui en un film suit la même progression de la raie sur le côté et des lunettes à la brosse que porte désormais le réalisateur mais avec 20 ans d’avance.
Cronenberg injecte également une grande part d’autobiographie dans son œuvre : l’agonie de son père, victime du cancer, qui inspire le calvaire de la Mouche.
Enfin qui dit donner la vie, dit fatalement pourrissement, et conduite irrémédiable vers la mort : les œuvres de Cronenberg mutent, sont pillés , évoluent avec le temps.
Shivers / Frissons et son parasite sorti de la cage thoracique et qui se fixe au visage des habitants d’un immeuble, les emportant dans une frénésie sexuelle, les contaminant et par la suite provoquant l’apocalypse sur la planète, sera ainsi l’objet d’un conflit avec Dan O’Bannon, scénariste d’Alien et Cronenberg sur un ( fort) possible pompage de l’idée.
Videodrome et ses héros virtuels se recréant des identités par le biais d’écrans télévisés, antcipe Internet, mais était à l´époque vu comme une réflexion sur les snuff-movies et l´émergence de la télévision câblée.
Les outils d’autopsie d’Ichabod Crane dans Sleepy Hollow ressemble au matériel entre l’art et la médecine des jumeaux de Faux Semblants.
Le look d’Elijah Price dans Incassable évoque celui de John Smith de Dead Zone, qui est doué de prémonitions donnant un sens à sa vie ratée ( sorti du coma : il doit sauver le monde d’un apocalypse nucléaire) tout en étant un fardeau comme pour David Dunn .
Les Scanners peuvent agir sur des machines et les controler en daptant leurs cerveaux surhumains ( ceux sont des mutants, fruits de manipulations génétiques de l’armée , comme on en trouve à foison dans les comic-books, aujourd’hui adaptés à tout-và) à celles-ci ( avec un plan où la caméra rentre dans un téléphone jusqu’au cœur d’un ordinateur comme Matrix).
Cronenberg œuvre en fait dans le véritable anticonformisme : celui qui rejette d’emblée les modes ( mais les pressent) et le recours aux facilités spectaculaires dans un genre qui en a connues et connait légion ( ce fameux côté « presse-bouton ») .
Mais, et c’est là où se situe la controverse actuelle, il rejette également de rester cantonné dans une esthétique à laquelle il a tant apporté tout en cherchant toujours à inclure du sens, mais qui a été, depuis ses débuts, phagocytée par les marchands d’idées que sont les studios ; ceux-là même qui renaclent à le produire. Du coup, sa réalisation déjà austère en comparaison, à l’époque, d’un Miller, d’un Raimi voire d’un Carpenter ( leurs deux parcours sont effectivement intéressant à mettre en parallèle comme l’avait écrit Mad à l’époque), se fait de plus en plus épurée.
Pour autant, il ya toujours autant de force ( ou de « rage », gag) dans ce plan fixe hypnotique sur une autoroute qui semble de plus en plus bondée au fur et à mesure que le Crash se déroule, que dans ces hallucinations d’appartement remodelé en tannière SM à l’époque de Vidéodrome.
Dans son dernier « bébé », Spider , un plan récurrent sur des usines résumait même en une image la fin de l’industrialisation, l´aliénation humaine, et son autodestruction.
Car il n’est au final question que d’une chose dans son cinéma : de notre date de péremption et de ce que nous créons pour la retarder, l’accepter ou la transformer.
Frissons ( Shivers), 1975, David Cronenberg, Canada
Synopsis :
Starliner, c´est quoi ? Et bien c´est une île dont la population vit en autharcie quasi-complète dans un gigantesque complexe hôtelier avec tout à portée de main : médecin, dentiste, supérette,...
Et c´est donc là qu´un médecin digne des plus grands savants fous des films des années 50 ( " et si je lui greffais un cerveau de gorille pour voir ? " ) décide de révolutionner le monde de la greffe d´organe. Un bien joli monde d´ailleurs, plein de morts sur liste d´attente. Il crée donc un parasite censé recréer l´organe disparu. Qui aurait alors pu s´imaginer que celui-ci déciderait de vivre sa vie tout seul ? En dehors du spectateur je parle hein.
Premier film portant la patte de son auteur, Shivers ne fait cependant qu´effleurer son génie. Le film est prévisible de bout en bout, manque d´originalité et, il faut bien le dire, n´est pas très bien mené. On retrouve un début de ce qui peut s´apparenter à une des thématiques principales de Cronenberg : la déformation du corps. Mais ça reste très superficiel.
Le début laissait pourtant présager du meilleur : " pourquoi cette fille est-elle morte ? Pourquoi cette homme a-t-il tant mal au ventre ? " mais l´histoire ne suit pas. Une fois que la propagation du parasite démarre et que les gens commencent à être contaminé, Shivers se transforme en course-poursuite/esquive en couloirs avec triple axel et double vrille piquée. Manquent les commentaires de Nelson Monfort. Bon j´exagère, mais les péripéties ne sont pas passionnantes et pas mal répétitives. Le film n´est pourtant pas ennuyeux et se suit assez agréablement. Mais sans exhaltation, pas comme devant Scanners ou Videodrome. Pour tout dire, la seconde partie s´apparente presque à un zombie-movie basique du type cours ou crève. Une dernière chose nous indique tout de même que l´on est fasse à un film de David Cronenberg : une fin archi-pessimiste.
Intéressant à regarder pour s´apercevoir à quel point le canadien a évolué depuis. En ne tenant compte que de la période pré-90, après, ça n´a plus rien à voir.
Chromosome 3 ( The Brood), 1979, David Cronenberg, Canada
Synopsis :
Nola Carveth est soignée pour problèmes psychologiques graves dans la clinique Somafree du Docteur Hal Raglan. Ce dernier utilise une thérapie révolutionnaire de son invention appelée " Psychoplasmics" ( psychoplastie en français) et qui consiste à pousser ses patients à exprimer leur colère intérieure sous formes de manifestations physiques ( pustules, bosses et autres dérèglements beaucoup plus graves du corps). Le mari de Nola, Frank Carveth, refuse d´amener leur fille Candice voir sa mère chaque semaine car il s´est aperçu que celle-ci avait été battue. Le traitement de Nola nécessitant un isolement complet du monde extérieur, Frank est dans l´impossibilité d´en discuter avec elle, celle-ci étant entièrement sous l´autorité de Raglan, qu´il envisage du coup d´attaquer en justice. Candice va malheureusement vivre un épisode éminemment traumatique, en assistant au sauvage assassinat de sa grand-mère par une créature des plus étranges. Malgré les protestations de Frank et du père de Nola, Raglan refusera de les laisser voir celle-ci et poursuivra ses expériences psychosomatiques sur elle seule pour arriver à la plus surprenante et pessimiste des conclusions.
La première chose qui me vient à l´esprit est : pourquoi ? Oui, pourquoi un titre si ignoble ? Chromosome 3....seul un esprit malade pouvait engendrer une telle ignominie alors qu´il suffisait de traduire littéralement le titre original. The Brood....La Meute....c´est trop vulgaire ? Ca attire moins le spectateur ? Pourtant, le sentiment engendré par les 3/4 de la population devant " Chromosome 3", c´est logiquement : " encore une pauvre série Z sans intérêt". Pauvres fous, s´ils savaient....
The Brood est sûrement le film le plus personnel de son auteur. Et pour cause : il a écrit le scénario d´après des évènements qu´il a vraiment vécu. Après avoir divorcé d´avec sa femme à cause des divers groupes qu´elle fréquentait ( et qu´il pensait être des sectes), il a tout fait pour que jamais elle ne mette la main sur leur fille. Il a même été jusqu´à la kidnapper pour que son ex-femme ne la retrouve jamais. Le film est donc pour lui un moyen d´analyser tout cela pour parvenir à une catharsis. The Brood est donc plutôt destabilisant, surtout par les moyens que le film ( et que Cronenberg) se donne pour arriver à ses fins. Le sujet est de premier abord assez banal sur le fond ( un couple proche de la rupture se disputant un enfant), mais son originalité réside dans le mélange de différent genre : drame classique ( éclatement d´une famille), enquête policière ( des meurtres sont commis), critique sociale ( les dangers des mouvements de la nouvelle psychiatrie) et tout cela avec un traitement radical de ses thèmes fantastiques personnels.
Le film culmine quand on découvre avec horreur les conséquences de la psychoplastie sur Nola Carveth. Le spectateur ne peut que réagir de la même façon que son mari face à cela. Le titre du film prend alors tout son sens. CHROMOSOME 3 ! Ah non, en fait pas à un seul moment on parle de chromosome ou de 3 ou de chromosome 3. Mais par contre, " the brood" ( la meute donc) y gagne toute sa signification.
Il est intéressant de noter qu´il s´agit de la première collaboration entre David Cronenberg et Howard Shore, celui-ci ayant écrit la musique de tout ses films depuis ( en dehors de Dead Zone où il s´agit de Michael Kamen) et ce jusqu´à A History of Violence ( 2005) qui sortira en novembre de par chez nous.
Scanners, 1981, David Cronenberg, Canada
Synopsis :
Périphérique de numérisation de documents ( photos, diapos, dessins, texte...) et de petits objets.
Ah non ok voilà, j´ai trouvé :
Consel, un conglomérat de fabrication et vente d´armes en tout genre, dirige le projet Scanners, dont le docteur Paul Ruth est le directeur. Un scanner est une personne ayant des pouvoirs psychiques et Consel compte utiliser ces gens comme armes de guerre en les " éduquant". Darryl Revok, le plus puissant d´entre eux, leur mène une lutte acharnée.
La découverte d´une nouvelle " recrue" plutôt intéressante, Cameron Vale, va compliquer tout cela.
Les films de David Cronenberg ont toujours été décrit comme de " l´horreur intelligente". Un terme sûrement crée par une frange haissant le cinéma de genre et supposant que par définition, le cinéma fantastique et horrifique est destiné à abêtir ceux qui en sont adeptes. Dans un sens, j´ai tout de même du mal à l´accepter, ils ont raison : les films de Cronenberg ne ressemblent à rien d´autre ( tout du moins jusqu´à The Naked Lunch) et portent tous en eux une réflexion toujours pertinente et aboutie. Scanners ne déroge pas à la règle, mais possède quelque chose en plus par rapport à Frissons, Rage et Chromosome 3 ( je me répète mais beurk) : un sens cinématographique hors du commun. C´est le premier film de son auteur qui véritablement dérange et passionne.
La télépathie et la télékinésie sont des sujets qui peuvent paraitre totalement ridicules s´ils sont mal traités ( " ouais, je te balance une assiette à la figure rien qu´en y pensant, ouais ! " ). Ce n´est donc pas à la portée de n´importe quel tâcheron de rendre crédible et intéressant des échanges psychiques entre individus. Cronenberg y parvient à l´aide de ficelles d´habitude utilisées dans les films d´espionnage : le conglomérat surpuissant, une résistance qui s´opère, un groupuscule coincé entre les deux, des agents doubles, des starlettes en bikini...non pas de starlettes en bikini ( LE point négatif du film). Et au lieu des habituelles armes de poing, on a des cerveaux au travail. S´ensuit alors des luttes mentales acharnées que les acteurs parviennent à rendre crédible en jouant sur les mimiques faciales, sur le mouvement du crâne, des yeux. Fascinant. Et risible pour quelqu´un qui ne regarde jamais de films de genre d´habitude, j´en suis conscient. Mais fascinant. Surtout quand on a Darryl Revok qui est incarné par le formidable Michael Ironside. Malsain rien qu´en bougeant les yeux, cet homme est l´incarnation de Dieu ( Satan ? ) sur Terre. Je te baise les pieds ô saint homme.
A un rythme d´enfer s´enchainent les séquences d´anthologie ( scannage sur cobaye yogi, explosion de crâne, combat mental chez le sculpteur ancien psychopathe) et les trouvailles génialissimes. Par exemple, Cronenberg prend pour base le fait que les pouvoirs psychiques des scanners sont basés sur le système nerveux. Un ordinateur possédant lui-même un système nerveux ayant ses propres caractéristiques est donc " scannable". La séquence où Cameron Vale opère à l´aide d´un téléphone puisque l´ordinateur est relié au réseau est hallucinante. J´en suis encore scotché. Plus de suspense en voyant un mec froncer les sourcils devant un combiné que n´importe quel film se voulant haletant sorti des dernières années. David, t´en as dans le bide. Cronenberg, fort comme un iceberg. La rime est mélodieuse, qu´attendent donc les vieillards à tricorne pour m´incorporer dans leur club gériatrique de mots croisés ? Je ne parlerai pas du final apocalyptique, époustouflant, cataclysmique, écoeurant, cathartique et jubilatoire. Non je ne parlerai pas de cette lutte psychique finale usant jusqu´au sang les protagonistes. Non je ne dirai rien du plan concluant le film, glaçant et pessimiste ( enfin ça dépend de quel côté on se place). Que dalle !
Des suites ont été réalisées, que je n´ai pas vues mais dont j´imagine le piètre niveau : Scanners II: The New Order, Scanners III: The Takeover et deux spin-off, Scanner Cop I et II ( le II ayant aussi porté le titre de Scanners IV, oui c´est compliqué). A chopper tout de même dans un Cash pour se rendre compte de la médiocrité de la chose.
Crash, 1996, David Cronenberg, USA
Synopsis :
A la suite d´un accident de voiture, un homme va découvrir de nouvelles sensations et décide d´explorer de nouveaux territoires de jeu confrontant sexe, mort et tôle froissée.
Résumer Crash en 2 lignes, c´est plutôt absurde et disons-le tout net, on est entre potes on peut se le permettre, carrément impossible. Et puis si j´en dis trop, vous allez partir et moi je serais tout triste. Déjà, première constation, casting incroyable et plutôt osé : James Spader, Holly Hunter, Elias Koteas, Deborah Kara Unger, Rosanna Arquette, Darry Cowl ( qui joue un accidenté après une collision contre un triporteur). Ca vous en bouche un coin hein ? Ensuite Howard Shore pour la bande-son et il s´en sort plutôt bien le bougre, décidément, il peut tout faire. Passé cela, la seconde chose qu´on peut remarquer c´est que si voir des gens copuler à l´écran vous gêne, allez regarder un porno. Ah non mince, c´est pas logique me dit-on. Les 2/3 du films sont consacrés aux ébats des protagonistes. Mais attention, pas n´importe où : dans des voitures, concassées ou non. Le film est tiré du bouquin de J.G. Ballard et m´a drôlement donné envie de le lire, ce qui est plutôt rare pour ma part, préférant plutôt le cheminement inverse.
Tout en modifiant pas mal son style ( plus adulte ? ) , Cronenberg conserve tout de même les thématiques qui ont fait de lui sa renommée ( déshumanisation du corps, fusion chair/metal, merci qui M. Tsukamoto ? ) . Je dois bien avouer que dès que le malsain fait son apparition, je saute dedans sans réfléchir. Alors voir des gens lécher des cicatrices, provoquer des accidents volontairement pour jouir, ça ne peut que me plaire. Bouh qu´il est déviant cet homme. Hé bien non pas du tout, en plus j´aime pas l´eau minérale.
Tu vois, c´est pas difficile. N´oublie pas de t´excuser auprès de notre modératrice.
Merci Flicht, intéressant topic.
( je suis Hojo)
Je n´ai vu que La mouche de Cronenberg, qui est un classique de SF et en lisant quelques lignes de ses différentes réussites j´ai bien envie de les voir
Je n´ai pas encore tout lu, mais la mouche je te le conseille fortement Jack.
J´aime beaucoup Cronenberg, j´ai vu La Mouche, Faux Semblants, Existenz et Spider. Il y a pas mal de choses dans ses films qui me font penser à Lynch qui est mon réalisteur préferé ( les instruments pour les femmes a triples uterus ( je crois que c´est ça lol...) dans Faux Semblants, ça un côté très organique qui me fait penser aux peintures et photos de Lynch ( surtout dans ses Fish Kit et Chicken Kit ) , et puis il y a aussi la blonde/brune dans Spider qui est evidemment un thème qui revient très souvent chez Lynch ( Twin Peaks,Lost Highway,Mulholland Drive) ) .
Lynch et Cronenberg c´est vraiment deux super cinéastes, mais j´avais entendu qu´ils ne s´appreciaient pas specialement, surtout à cause du fait que quand Cronenberg avait été president du jury à Cannes, il n´avait pas donner la palme d´or à une Histoire vraie de Lynch, et inversement avec Spider en 2002. Mais je ne crois pas que ce soit vrai. Mon Cronenberg préferé reste Faux Semblants, Jeremy Irons est vraiment excellent dedans. D´ailleurs il va jouer dans le prochain Lynch, Inland Empire.
Dirty_Flichty_, tu me donnes bien envie de connaitre encore mieux Cronenberg, j´ai entendu beaucoup de bien de Crash, j´ai vais essayer de le voir, et je vais bien sur aller voir dès qu´il sort A History of Violence.
Pour l´instant de lui, j´ai vu :
Frissons
Chromosome 3
Scanners
Videodrome
La Mouche
Crash
ExistenZ
Spider
Et si tout se passe bien, avant la fin du mois :
Rage
Le Festin Nu
Moi pas grand chose, juste Spider et Dead Zone.
A noter que Dead Zone, Scanners et Chromosome 3 étaient à 2 euros en grande surface y a encore pas si longtemps.
Et moi comme un idiot j´ai pas pris Scanners.
Salut a tous, moi je n´ai vu que Videodrome ( son chef d´oeuvre?), La Mouche, Le Festin Nu et ExistenZ...
j´ai aimé Videodrome et La Mouche, les deux autres moins, même si Le festin Nu a le mérite de se baser sur le classique de Burroughs, et qu´il est tout aussi barré ( trop pour moi)...
alors à ceux qui les ont tous vus, quels sont votre ordre de préf. ( ça m´aidera p-e à faire mon choix), par ex chromosome 3 et crash sont considérés comme de ses meilleurs films... ?
ah et j´ai aussi vu Dead Zone... bien mais je suis sorti du film car j´ai trouvé qq détails assez peu crédibles.
J´ai vu " Dead Zone" et " La Mouche", 2films que j´ai plutôt bien aimé même si je préfère le livre pour le premier, a noter la série qui s´avère sympa pour quelques épisodes.
" La Mouche" je vais essayer de voir le 2 pour l´anecdote, mais je trouve qu´il peut bien faire flipper.
Kaso Posté le 04 juin 2005 à 23:21:34
Je n´ai pas encore tout lu, mais la mouche je te le conseille fortement Jack.
loule c´est justement le seul que j´ai vu ^^
Mea culpa, j´ai lu de travers.
Moogly25
Posté le 05 juin 2005 à 13:10:31
J´ai vu " Dead Zone" et " La Mouche", 2films que j´ai plutôt bien aimé même si je préfère le livre pour le premier, a noter la série qui s´avère sympa pour quelques épisodes.
" La Mouche" je vais essayer de voir le 2 pour l´anecdote, mais je trouve qu´il peut bien faire flipper.
J´ai presque préféré le 2 au 1. J´ai plus trop de souvenirs de celui de Cronenberg mais le 2 m´a plutôt marqué. Y a des débordements assez craspecs et le film est loin d´être chiant.
J´ai vu 2 films de Cronenberg récemment : Crash et Videodrome. Bah pas terrible, les deux films se ressemblent un peu : c´est toujours l´histoire d´une personne qui est attiré par la violence. Après Vidéodrome c´est beaucoup plus fantastique et délirant, quelques trucs m´ont fait penser à Existenz. Crash est plus réaliste et il m´a mis assez mal à l´aise.