Dernière chose :
L’enfance n’est qu’une étape qui rassemble tous les ayants droit, et les personnages qui paraissent semblables permettent une identification immédiate à tous les films de Miyazaki, sans que l’un ou l’autre ne nous rapproche vraiment plus du héros. Cette uniformisation ferait donc partie d’une volonté réfléchie de la part de l’auteur. Et pour ceux qui ne seraient pas convaincus, Miyazaki a pris soin de créer Chihiro, totalement différente de San ou de Nausicaä, avec son visage rond et juvénile, ainsi qu’Haku et Hauru, tout deux ayant un visage plus fin.
Voilà en gros (pour les points que tu citais).
Non mais Chihiro est juste gâtée au début du film, elle est tournée sur elle même. Et c'est la transformation qui s'opère dans le film qu'il est intéressant d'analyser. Le monde dans lequel elle se retrouve la fait évoluer pour peu à peu acquérir la dimension d'une vraie héroïne de Miyazaki à la fin du film (courageuse, à l'écoute du monde qui l'entoure, sensible, généreuse...).
La différence entre Mononoké et Chihiro (par exemple) est le moyen. Chihiro est très différent des autres dans le sens où c'est une oeuvre très atmosphérique, donc qui touche encore plus au ressenti (à l'inverse d'un film plus épique où le grandiose des scènes frappe directement). Et ce sont pour ces deux raisons combinées que ce film là en particulier me semble encore plus intéressant que les autres.
Bref, sortir que le film est bof parce que l'héroïne est geignarde, pas aussi "pure" physiquement que les autres héroïnes de Miyazaki, c'est d'une part étonnant de ta part mais c'est surtout passer à côté de l'enjeu du film. Parce que Chihiro est justement censée représenter une figure plus banale (du moins au début). Son visage plus rond y fait aussi. Mais cette différence lui donne un charme indéniable.