Je l'ai revu lundi soir, et voici une critique que j'ai faite à chaud.
Je viens de finir Le Voyage de Chihiro. Ça doit être ma quatrième ou cinquième vision, mais je ne me lasse absolument pas de ce film. Je pourrais résumer en un mot (chef-d'œuvre, par exemple) mais je vais développer un peu.
Chihiro donc. Un personnage clef de l'univers miyazakiesque. Une enfant dans un monde inconnu, étrange et apeurant, le monde réel en quelque sorte. Une personne à la psychologie très détaillée, aux réactions réalistes et vraies, une Alice japonaise chez les fantômes dont l'esprit se forge au fur et à mesure des épreuves qu'elle affronte. Quel chemin parcouru entre la première rencontre de l'héroïne, toute tremblante de peur, avec le vieux Yamaji et l'épreuve finale et cruelle imposée par Yubaba, dont elle se sort avec brio. C'est un véritable rite de passage que ce voyage au pays de l'imaginaire, matérialisé par un trajet, d'une beauté incroyable, dans un train rempli d'ombres glissant comme par magie sur une étendue d'eau.
Imaginaire foisonnant, un des plus incroyables univers dressés par le maitre de l'animation japonaise, Hayao Miyazaki. Dragon se glissant dans le ciel comme une anguille, grenouilles-serviteurs cupides, boules de suie sur pattes, esprits et ectoplasmes en tout genres, sorcières jumelles se transformant en corbeau, homme-araignée aux bras interminables et j'en passe, la richesse visuelle est énorme, et la qualité de l'animation est à un niveau rarement atteint. Ce travail sur l'image sert une histoire qui, bien que finalement assez grave, est pleine de petites touches d'humour, comme cette maladresse chronique de Chihiro ou ce rat apathique transporté par un moustique.
Riche et poétique, cette histoire est également, comme la plupart des Miyazaki et bien que cela se remarque moins que dans Princesse Mononoke ou Nausicaa, un hymne à la nature, contre l'industrialisation à outrance, la recherche du profit et l'asservissement de l'être humain.
Et lorsque l'histoire se termine et que le générique de fin défile à notre grand regret, on à le droit à une des plus belles chansons du cinéma, qui émeut et rend nostalgique, qui nous rappelle cruellement à la réalité après ce voyage intense et merveilleux.
Ce film est un hymne profond, dense et intemporel à l'enfance, au rêve et à l'amour.
Prochaine étape dans mon cycle "revoir la filmographie de Miyazaki": Le Château ambulant.
