J'attaque. 
Le titre n'a rien à voir avec la fic, mais je le trouve joli.
(merci GB)
Bon, j'espace un peu la bête, et je poste.
Je me réveillai, comme tous les matins, totalement conscient, en alerte, mais d'une humeur sombre. Me passant une main dans les cheveux, je repensais à la soirée de la veille, ce qui s'était passé avec mon père… Je me levai, ôtant de mon esprit ce souvenir fâcheux.
Nous vivions tous les deux dans une petite maison assez proche de Céladopole, la Ville du Commerce. Morose, je jetai un coup d'œil à ma chambre. Elle devenait de plus en plus sale, un véritable capharnaüm d'immondices était dispersé dans tous les coins. Je commençai à plonger dans la déchéance, comme mon père après la mort de maman.
J'ouvris rapidement la fenêtre et jetai quelques détritus à la poubelle. Il devait être sept heures, et déjà le soleil d'été se levait dans un ciel bleu vierge de nuage, et avec lui une chaleur qui promettait d'être étouffante.
Je passai rapidement à la douche, puis me vêtis d'un tee shirt blanc tâché et d'un jean troué, coupé grossièrement aux genoux. Je retournai dans ma chambre, et attrapai un petit paquet sous une latte de mon plancher.
Descendant les escaliers, je vis mon père, affalé sur un fauteuil, endormi. La télévision était encore allumée, et une bouteille d'alcool à moitié entamée reposait dans sa main. A ses pieds, de nombreuses cannettes vides jonchaient le sol, et j'eus un frisson de dégoût en voyant son énorme ventre qui dépassait de sous son pull.
Il se réveilla et posa ses petits yeux vitreux sur moi :
-Te voilà, petit salaud ! Cracha- t- il, d'une voix confuse.
-Me parle pas comme ça ! Répliquai- je, rouge de colère.
Il tenta de se lever, mais retomba aussi lourdement, me foudroyant du regard.
-Tu vas encore refourguer ta merde ! Immonde chien ! Tu n'es pas mon fils… se lamenta- t- il en portant une main à son front.
-Il faut bien que quelqu'un gagne de quoi payer la maison, imbécile, soufflai- je, en me calmant un peu.
-Dégage ! Bon à rien de merdeux ! Pas capable d'avoir un Pokémon, comme tout le monde… pleurnicha- t- il, hystérique.
-Oui, c'est bizarre, j'ai du mal à apercevoir le tien ! Répondis- je, sarcastique.
-Du balai ! Hurla- t- il en lançant sa bouteille dans ma direction.
Mais j'avais anticipé, et je claquai la porte d'entrée violemment, esquivant le projectile qui se fracassa contre le mur, où je m'étais trouvé quelques instants plus tôt.
Calmant ma colère, je grimpai sur mon vélo et pédalai rapidement vers la ville.
Un sentiment de rage inexplicable m'envahissait, et il n'était pas dû uniquement à mon père…
Je le haïssais, certes, et ma vie depuis la mort de ma mère avait été un véritable cauchemar…
Mais c'était ainsi. Je devais revendre de la drogue pour survivre, couard que j'étais… D'autres auraient préféré mourir plutôt que de se livrer à de tels méfaits… Mais pas moi.
Ce qu'il m'avait dit n'était pas dénué de vérité. J'aurais dû, il y avait six ans maintenant, avoir mon premier Pokémon, comme tous les enfants de mon âge…
Comme tous ces gosses, j'aurais dû être irrésistiblement attiré par ces êtres hors du commun et qui cohabitaient avec nous depuis des lustres.
Je l'avais été. Mais ma mère s'y était opposée. Elle ne voulait pas que je parte, et je lui en avais voulu longtemps. Subissant sans cesse les moqueries de mes camarades, qui avaient tous des Pokémon, j'avais dû me soumettre, et assister au départ de tous mes anciens amis…
Cela m'avais profondément dégoûté, et la mort de ma mère il y avait quatre ans n'avait rien arrangé…
J'étais destiné à faire inlassablement le même parcours chaque jour, pour payer le loyer et nourrir mon alcoolique de père en boisson, en attendant qu'il rendre l'âme lui aussi, où qu'il m'arrive quelque chose…
Voilà. 
J'attends toutes sortes de remarques. 