Dans la place de GreenDog, durant la nuit, un groupe de voyous s’apprêtait à agresser deux jeunes enfants, une fille et un garçon. Le chef du groupe sortit un poignard, attrapa le garçon par le col et le ramena brusquement vers lui. Les autres voyous ricanaient comme des hyènes. Dans ce genre de situation, vous devez sûrement vous en douter, il n’y a jamais quelqu’un pour venir vous aider ! Et bien, cette fois si, c’était différent… un coup de feu retentit. Personne n’avait, pourtant, était touché. Il y eut quelques minutes de silence. Puis, au loin, dans l’obscurité de la nuit, l’ombre d’un homme se dessina petit à petit. Les voyous ainsi que les enfants le fixèrent. C’est alors, que derrière eux, une voix masculine se fit entendre.
__ Lâche-le !
Le chef, interloqué, ne se fit pas prier et obéit sans attendre. Puis un troisième homme apparut. Il avait des cheveux mi-longs, ébouriffés, de couleur châtain foncé, portait un long manteau de cuir d’un marron foncé, voir noir. Son regard sombre semblait être maître de ce qu’il balayait avec délicatesse. L’homme s’approcha d’un pas lent et régulier des malfaiteurs, écarta les jeunes victimes d’un mouvement sec, et regarda longuement le meneur du groupe dans les yeux.
__ Plus… jamais… ça ! Dit-il en articulent bien chaque mot.
__ Qui êtes vous ? !
__ Cela importe peu.
__ Mec, tu crois que tu nous fais peur ? A trois contre sept ? Retourne chez ta mère !
__ Pense ce que tu veux, j’en ai rien à foutre.
__ Tu te prends pour SuperMan ou quoi ? Eh ! Toi ! Là-bas! Dit-il en s’adressant à l’homme qui était toujours dans l’ombre. T’es un froussard ?
L’homme ne bougea pas d’un centimètre, et ne répondit pas.
__ C’est qu’il veut jouer au p’tit malin !
L’homme dégaina l’un de ses deux flingues, leva lentement le bras puis visa le pied gauche de l’insolant, puis tira sans l’ombre d’un remord. Le chef, recevant cette balle, se mit à hurler et attrapa son pied avec ses mains en appuyant fort pour moins sentir cette atroce douleur qui lui lançait dans toute la jambe, et se roula par terre. L’homme avait visé un nerf… celui qui avait les cheveux ébouriffé reprit :
__ Plus jamais ça !
Puis il partit avec les deux autres hommes.
Les enfants, apeurés, n’avaient pas osé bouger… cloués au sol. De nouveau, le silence tomba dans la mauvaise atmosphère qui régnait en maître depuis un bon moment déjà sur GreenDog. Il y eut un long échange de regards entre les voyous et les victimes. Les uns, comme les autres n’osaient faire un seul mouvement qui pourrait les trahir. Un quart d’heure passa.
__ Jules ! On fait quoi ? L’interrogea Sethor, un membre du groupe, en s’adressant à son chef.
__ On finit ce qu’on a commencé, les gars se sont barrés !
Jules s’avança vers la fille, cette fois, et se crispa, il semblait vouloir crier, mais sans y parvenir. Debout, les mains cherchant le point de douleur dans son dos, la bouche grande ouverte, les yeux globuleux et bien écarquillés, il agonisait. Tournant sur lui-même comme un ivrogne, regardant le ciel, sa vie ne tenait sur rien… il passait lentement dans le monde spectral, triste, sombre, où le temps n’existe pas, éternel et ennuyeux… C’est un poignard dans le dos qui eut raison de son agonie. Ce fut la panique dans les rangs. Les trois inconnus avaient bluffé, évidemment... Le poignard en argent, avait un manche en bois des plus beaux qu’il soit. L’assassin vint récupérer son arme avec un petit sourire fourbe sur le coin des lèvres. C’était celui qui n’avait encore dit mot… toujours dans l’ombre. Jeune homme de dix-neuf ans aux cheveux noir en broussaille. Torse nue, habillé seulement d’un large pantalon noir. Deux grandes ailes noires trônaient sur son dos musclé. Ses yeux étaient de la couleur de ceux des morts… rien de plus froid et intrigant. Il fit volte-face et alla se caler contre un vieil arbre approchant facilement deux cent ans , qui baignait dans le noir. Le jeune homme alluma une clope sans quitter les voyous du regard. Le gars aux cheveux châtains, qui semblait être la tête du petit groupe apparut à son tour.
__ Bon, je me présente, restons dans les normes de la politesse. Dit-il d’un ton sarcastique. On m’appel Dead. Joyeux n’est-ce pas ? Lui c’est Corbeau, pour être plus précis, le Corbeau Mort. Dit-il en désignant le gars doté d’ailes. Et voilà Chaos. Chaos se montra ayant entendu son surnom. Si vous avez l’intention de continuer vos stupidités infantiles, nous aurons la joie de vous présenter Géhenne. C’est à dire que nous vous tuerons, en d’autres thermes plus familiers ! Compris ? Où je répète ?
__ Ou… oui ! Répondit Sethor en tremblent de tous ses membres.
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__ Bien !
__ Mais… pourquoi de tels surnoms ? Et le Corbeau, c’est des lentilles qu’il porte ? Question stupide.
__ Bien sûr que non ! Figure toi que lui et moi sommes des âmes déchues. Crois le ou non, c’est pas mon problème.
__ Vous êtes vraiment morts ?
__ Oui ! Sauf Chaos, mais ça ne t’interdit pas de trembler, il est immortel.
__ Mais… mais comment, pour vous deux, votre corps peut t’il donc… « vivre » ? S’interrogea Sethor.
__ Trop de questions !
__ Mais ?
__ Casse toi ! Intervint fermement, pour la première fois le Corbeau, toujours adossé au tronc d’arbre.
Les voyous décampèrent en vitesse.
Trois mois plus tard, un autre groupe de voyous s’installa dans la cité. Il passèrent leurs nuits à perpétrer des casses souvent accompagnés d’une agression pour se divertir. Jusqu’au jour où ils se firent coincer par les trois mystérieux jeunes hommes. Ce fut une nuit des plus sanglante que connue jusqu’alors la citée. Deux voyous furent tués par le Corbeau avec deux balles dans le cœur et une dans le crâne, entre les deux yeux. Tire précis et net. Un autre s’était attaqué sans prendre garde à Chaos, n’ayant pas évalué le risque qu’il prenait, il sauta sur lui avec un petit canif, Chaos esquiva l’attaque sans aucune difficulté, en lui attrapant la jambe gauche et la tordant au sens opposé de l’articulation. Le voyou s’écroula avec un mal de chien, en le suppliant de l’épargner. Chaos lui répondit avec : « Mais bien sûr mon ami ! »
Et le tua en lui brisant le cou. Un autre voyou, voyant ce massacre sauta sur le dos de Chaos en lui plantent un couteau dans le dos. Chaos hurla de douleur en éjectant le bandit qui s’était agrippé à lui, enleva la lame et l’envoya dans le cœur de son propriétaire. Un autre voyou, assez baraqué, coura en direction de Dead, avec un long bâton à la main droite. Dead fit un pas de côté en laissant son pied gauche dans la trajectoire du fou, qui trébucha. Honteux et consterné, en se relevant, il ne prit même pas la peine de le regarder dans les yeux et repartit tout comme il était venu, à une exception près : il ne brandissait pas son fameux bâton… Ces voyous étaient plus nombreux que l’autre groupe, et bien plus agressifs aussi. Depuis ce jour naquit la légende des Trois Mystérieux.
Le Corbeau Mort 