C'est parti pour la suiiiiiiiiiiiite :
Chapitre III
Orion s’élança immédiatement à la poursuite de l’ombre de la jeune femme, si c’était bien elle…
« N’y va pas, tu vas te faire tuer, regarde ce qu’elle a fait aux gardes ! »
« Mais moi je ne lui veux aucun mal ! »
« Et comment le saura-t-elle gros malin ? Tu crois qu’elle va te laisser t’approcher, déballer ton histoire loufoque et te croire ? »
« Bah… euh… oui ! »
« Il est malade ! »
Richard s’élança à son tour, rattrapa Orion et ils entrèrent tout deux dans le poste de garde alors que la nuit tombait. A l’intérieur, il faisait noir et on entendait rien, vraiment rien. Ce silence était oppressant, il pesait sur les deux amis, Richard voulait faire demi-tour et attendre l’aube pour revenir, Orion allait accepter lorsqu’ils entendirent un soupir de satisfaction, puis un cliquètement, comme des outils de métal qui s’entrechoquaient, et enfin, pour couronner le tout, un juron qu’avait poussé la jeune femme car elle avait trahi sa position. Orion se jeta sur l’origine du bruit et percuta un corps, celui d’un garde effondré sur sa chaise, mort une bouteille à la main. Tout d’un coup, l’entrée du poste s’obscurcit, l’évadée avait fermé la porte et criait au-dehors :
« Ils sont ici, j’ai coincé les fuyards dans le poste !! »
Orion et Richard se regardèrent, coururent vers la porte et essayèrent de l’ouvrir, mais elle était verrouillée, derrière ils pouvaient entendre la femme discuter avec des gardes sur le sort qu’il fallait leur réserver. Les deux amis décidèrent de fuir, ils connaissaient le sort réservé aux fuyards dans cette ville : la potence. Ils trouvèrent une lucarne et Orion passa aisément, grâce à sa musculature fine. Richard quant à lui ne pouvait pas, étant forgeron, ou apprenti forgeron serait plus exact, sa musculature était plus imposante, c’était un véritable colosse. Richard poussa, grogna et jura de toutes ses forces, mais rien à faire il ne passait pas. Les gardes se préparaient à entrer dans le poste lorsque Richard annonça à Orion qu’il fallait absolument qu’il retrouve cette femme, et que lui comme il n’avait jamais eu d’ennuis, il devrait pouvoir s’en tirer, après tout son maître était très influent ! Orion partit à contrecœur, ne voulant pas abandonner son ami à son sort, qu’il fut triste ou non, mais il n’avait pas le choix, les gardes arrivaient et s’il voulait fuir, c’était maintenant ou jamais. Alors Orion fuit, il fuit pour sa vie mais aussi pour un rêve, il partit à la poursuite d’une jeune femme dont il ignorait tout. Le jeune homme courut jusqu'au rempart et de là-haut, aperçut une silhouette solitaire sur la route, mais c’était le crépuscule, et Orion ne pouvait bien la définir, il pouvait très bien s’agir d’un marchand. Orion s’assoupit à même le sol en ressassant de bien noirs souvenirs. Cette nuit là, Orion ne rêva pas de la jeune femme, c’était la première fois depuis plusieurs semaines, il ne rêva pas, il sombra dans un très profond sommeil, loin des rêves et de leur magie. Lorsqu’il se réveilla, une idée le frappa, la ville était sous loi martiale, comment un marchand aurait-il pu se trouver en dehors des remparts ? ça ne pouvait être qu’elle ! Il se releva rapidement et fonça à la forge où Richard travaillait. Il la trouva vide, fermée. S’avisant que l’aube pointait à peine, il préféra partir immédiatement pour commencer à combler son retard sur la mystérieuse inconnue.
Une semaine plus tard, malgré l’envie omniprésente de revenir à Nortica pour savoir comment ça se passait pur Richard, Orion continuait sa poursuite. La jeune femme semblait prendre toujours un peu plus d’avance chaque jour, mais elle laissait des traces, ce qui rendait le pistage un peu facile, trop facile. Orion s’arrêta alors, mais oui, cette femme voulait être suivie, mais pourquoi ? peut-être pour le tuer lorsqu’il serait vraiment seul ? Depuis que cette idée lui avait traversé l’esprit il fit attention à tout ce qui pouvait paraître suspect, il avança donc beaucoup plus lentement sur la piste de la jeune inconnue. Un soir, alors qu’il se préparait à monter sa tente pour dormir à côté de la route, il entendit un cliquètement familier et, avant même de pouvoir esquisser un seul geste, une dague était pointée sur son cou et une voix chaude lui susurra à l’oreille :
« Pourquoi me suis-tu, qu’attends tu de moi ? »
« Eh bien je vou… »
« T’ais-je autorisé à parler ? non, je ne crois pas, maintenant arrête de me suivre ou meurt. »
Alors qu’Orion s’apprêtait à se retourner il sentit un bruissement de feuilles, un léger courant d’air puis plus rien, elle était partie. Au moins, il était sûr que c’était bien elle, sinon pourquoi serait-elle venue ? Malgré les recommandations de l’inconnue, il décida de continuer à la suivre, à ses risques et périls.
Le lendemain soir, la jeune femme revint, mais cette fois Orion était prêt…