Episode 14. Les hospitalisés.
Dans la chambre d’hôpital, les parents de Red criaient de bonheur.
- Oh ! Il ouvre les yeux ! Mon Dieu !
Des larmes se préparaient déjà à perler sur les joues de la mère (oui, car dans les séries, les hommes ne pleurent pas).
- Red ! Red !
Les cils de l’interpellé laissèrent apparaître une silhouette floue. D’abord indistincte, puis de plus en plus nette. Que s’était-il passer ? Red avait beau chercher dans sa mémoire mais ça ne lui revenait pas. S’était il évanoui ? Cette sensation de trou, de ne pas savoir ce qu’il s’était passé l’énervait atrocement. Finalement, sa mère finit par lui apparaître entièrement. Elle pleurait à chaude larme au dessus de sa personne. Le drogué finit par pouvoir articuler un mot. Un mot infime mais qui signifiait tous.
- M… Maman.
Comme si c’était une sorte de signal, la mère se mit à crier de plus belle.
- OH RED ! OH MON DIEU ! Te voilà ! Bouhouhou ! J’étais tellement inquiète, tu sais…
- M… Maman !
Celle-ci prit la main de son petit protégé avec vigueur.
- Red…
- Qu… Quoi ?
- Red… Promets-moi… Promets-moi de ne plus jamais me faire de chose pareil.
Elle avait l’air dévastée, vidée de tous bonheur. Elle embrassa la main du garçon en la serrant encore plus fort. Un long silence s’ensuivit. La mère attendait que son fils lui fasse sa promesse. Elle essuya ses yeux rougis par les larmes. Red ne dit rien. Personne ne dit rien. Bizarrement, même les autres patients de cette chambre ne firent absolument aucun bruit. Samus qui était censée avoir des contractions n’hurlait pas. Peach qui était censée être énervé contre Mario était tout aussi calme. Dans cette scène muette et (que les scénaristes essayaient de rendre) bouleversante, la mère priait intérieurement que son fils réponde enfin à sa demande. Au bout de ce silence insupportable, les lèvres de Red remuèrent enfin :
- Où… Où suis-je ?
Le médecin qui s’occupait de lui et qui se tenait prêt de son lit fronça les sourcils. Il poussa la mère qui s’écarta à contre cœur et mit sa tête face au jeune homme.
- Petit… Je suis ton docteur. Tu ne te souviens plus de ce qu’il s’est passé ?
- Mon… mon docteur ? Mais qu’est ce que…
- Réponds juste à ma question, il se pourrait que ce soit grave.
- Et bien, non, je ne me souviens absolument pas. J’aimerais bien que l’on m’explique d’ailleurs…
Ce fut le père qui intervint.
- Red… Tu as fait une overdose, fit-il d’un ton gravissime.
Red écarquilla les yeux.
- Qu… Comment ?! Mais jamais je n’aurais pris de… Non…
Il se prit la tête entre les mains.
- Ce n’est pas vrai… Fit il avec un sourire ironique. C’est une blague, n’est ce pas ? Je n’ai jamais été tenté par la drogue !
Le médecin se racla la gorge et croisa les mains, comme tous bon docteur qui se respectent. Puis il proclama :
- Tu sais… Red, dans la vie, il y a des hauts et des bas. Quand tu te trouves dans l’une de ces périodes noires, tu perds parfois le contrôle de toi-même. Tu as besoin de te réconforter dans quelque chose qui te paraît chaleureux et tentant. Vois-tu, quand j’étais encore petit, j’avais un hamster que j’avais appelé Robert. J’avais également un petit frère assez tapageur. Et un soir, alors que je rentrais de l’école, je vis mon hamster écrasé par terre. C’était un spectacle horrible, plus que tout ce que tu peux imaginer. J’appris que c’était mon petit frère qui l’avait écrabouillé, en voulant s’amuser. Ironie du sort, tu ne trouves pas ?
Red ne trouvait absolument pas.
- Après cette épreuve vraiment affreuse, je voulus me jeter par la fenêtre, mais mon père m’en empêcha. Il me mit sa main sur l’épaule et me dit une phrase que jamais je n’oubliai : « survie aux périodes sombres et tu profiteras des périodes heureuses plus tard. » Ahh… Ca c’était un père fabuleux… Malheureusement, il mourut quelques années plus tard. Là encore, je ne me suicidai pas, je tournai ses paroles dans ma tête, je voulais profiter des périodes heureuses…
- Une musique dramatique s’enclenche. Un gros plan sur tous ceux concernés par les paroles du docteur. On voit Dadidou pleurant dans son oreiller. Puis un plan de transparence se fait et l’on voit ensuite Dk subir les moqueries de ses camarades. S’ensuit une autre scène où Krystal regarde dans la vide, le regard triste, agenouillée sur son lit. La caméra tourne vers le lit d’à coté où Pikachu git inconscient. A coté l’on peut apercevoir Mario et Peach se disputant à vive voix. Enfin, le plan retourne vers la mère de Red, et sur Red lui-même. La musique s’arrête*.
Les moustaches de Pikachu frétillaient. Il rêvait à nouveau. Non ! Non ! Pas encore ce rêve ! Pourquoi ?! Avait-ce un rapport avec le fait que son fils ait été assassiné ? Rââ ! Il ne pouvait plus revoir cette scène !
- La charmante maison se fait revoir. Il pleut toujours. L’orage gronde toujours autant. A chaque coup, Pikachu tremble un peu plus. Son rêve le mène vers l’intérieur de la maison. La silhouette… Elle est en train de tendre le bras vers son dessin. Ce dessin ravageur. Ses longs doigts de méchants caressent la feuille. Puis, soudainement, il la prend et la suspend devant son visage. Il la considère longtemps comme ça. Au bout d’un moment, il la plie délicatement, et met le dessin dans sa poche de manteau noir de méchant. Il fait demi-tour. Il traverse à nouveau le couloir menant à la salle à manger. Il s’arrête une fois encore devant la porte. Sa main se pose sur la poignée. Pikachu sursaute. Le méchant tourne la poignée. Il ouvre doucement la porte. Dans un grincement terrifiant, elle s’ouvre et montre notre joyeuse famille en train de rire. Soudain l’air se fige. Tous les visages se tournent vers l’intrus, sorti de nulle part. Les parents de Pikachu ne font rien. Ils restent immobiles. Comme si ils avaient redouté ça toute leur vie. La souris jaune pousse des petits cris dans son lit d’hôpital. Le père ne dit qu’un mot :
- Vous…
L’homme enlève sa capuche, mais l’on ne voit pas son visage, il est de dos. Il s’approche sadiquement de la table. Chacun de ses pas sont le produit d’une terreur extrême chez Pikachu.
- Je suis venu pour vous.
La mère pleure.
- Non… Pas maintenant… Vous voyez bien… Ce n’est pas le moment !
- Ne protestez pas. C’est l’heure, fait le méchant.
- Non ! S’il vous plaît ! Ne faites pas ça maintenant ! Clame le père.
- Je vous dis de ne pas protester. C’est comme ça.
L’homme sort un poignard de sous son manteau avec une dextérité effrayante. Il le fait tournoyer avec ses doigts et le plante brutalement dans la table.
- Qui est le premier ?*
- Poussez madame ! Poussez !
Samus était allongée sur le lit, l’accouchement avait eu lieu prématurément. Les médecins étaient accourus dès qu’ils avaient entendus les cris aigus que poussait Samus. Les jambes écartées, elle grimaçait de douleur.
- Râââââ !
Bowser était à coté du lit et ne semblait pas compatir le moins du monde pour sa femme.
- Mmh… Des noms… Quel pourrait être son nom ? Larry ? Iggy ? Oh, qu’est ce que j’hésite.
- Râââ !
Le docteur poussa une exclamation.
- Ah ! Ca y est ! Je vois la tête ! Continuez ! On y est presque !
- Râââââ !
Sur son visage se lisait de la douleur et encore de la douleur. Les traits de Samus étaient tirés à l’extrême et sa mâchoire se déchaussait presque. Mais, ignorant totalement les cris, Bowser continuait de chercher des prénoms.
- Mmh… Ma foi, ça pourrait être pas mal Wendy, si c’est une fille… Lemmy, si c’est un garçon… Oh j’espère que ce sera un garçon. Un beau garçon fort et digne de me succéder !
- Monsieur, intervint le docteur, je crois que ce serait bien si vous aidiez votre femme….
- Mmh… fit Bowser, pensif, attendez une minute.
Cependant, la lutte de la chasseuse de prime continuait encore, au grand désarroi de celle-ci.
- Ahhhhhh !!!
- On y est presque ! Répétait le médecin. On y est presque !
Un dernier cri atroce se fit entendre, puis Samus poussa un soupir de soulagement. L’homme en blanc prit le bébé dégoulinant entre ses mains et le présenta à madame.
- Et voilà, il est beau, votre bébé.
Samus le regarda avec tendresse. Ca valait le coup de subir tant de souffrance si c’était pour qu’un être si mignon en ressorte. Elle le prit entre ses bras avec amour et le serra contre sa poitrine. Bowser pencha la tête, intrigué et plissa les yeux pour bien voir. Et soudain il poussa un cri de joie.
- C’est un garçon ! Oh mon dieu ! C’est un garçon ! Ouiiiiiii ! Un garçon, un garçon, un garçon !
La tortue dansait presque tant elle était contente. Quand à Samus elle ne prêtait pas plus attention à sa bonne humeur que lui n’avait porté attention à son accouchement. Elle dévorait son bébé des yeux.
- Vous avez décidé d’un nom ? Fit tendrement le docteur.
Bowser se tourna aussitôt vers lui.
- Ouiiiiii ! Il s’appellera Morton ! Non ! Ludwig !
- Dois-je comprendre que vous n’êtes pas encore décidé ? Dit le docteur en souriant.
- Mais si… je…
Il fut interrompu par un hurlement de Samus. Tous se tournèrent vers elle.
- Que se passe-t-il, madame ?
Un autre médecin se tourna vers celui qui avait posé la question.
- Je… Je crois que… Qu’il y a un autre bébé dans son ventre !