bon voilà un hors mission
dernière transmission de Serian :
Tout avait commencé par une simple insubordination, une remarque désobligeante et nous étions à bord d’un Phantom. Le capitaine Orphan n’avait pas toléré notre attitude à moi et au sergent Urla’Epsolee. Le Phantom se dirigeait vers le croiseur covenant « Vérité révolue », tout contactes avaient étés perdus neuf jours plus tôt alors qu’il transportait des spécimens de parasites, destinés à l’observation en laboratoires. Le capitaine avait été clair, nous devions nous introduire à bord du vaisseau, enquêter, brûler la vermine parasite, permettre aux éventuels survivants de s’échapper et en cas de situation désespérée détruire le vaisseau et ses occupants ; autrement dit c’était du suicide, mais c‘était le seul moyen de rattraper notre faute et nous permettre d’avoir notre place dans le Grand Voyage.
Urla’Epsolee était tendu, mais ne laissait rien voir de son inquiétude, moi, par contre, je tremblais de tous mes membres, j’avais entendu tant de récits épouvantables au sujet du Parasite, j’osais à peine penser à ce qui m’arriverait si j’échouais. Je serais réduit à l’état de containeur vivant, aidant le Parasite à se multiplier et à infecter d’autres covenants, la Voie de l’Élévation, empruntée par nos Dieux, me serait définitivement close. Nous entendîmes la voix rauque du pilote jiralhanae : « Tenez vous prêts, le croiseur est en vue ! C’est dommage que le capitaine vous ait envoyés dans la gueule du parasite, j’aurais préféré qu’il vous envoie dans la mienne ! », nous échangeâmes un regard et le sergent déclara : « Je te ferais regretter tes paroles, barbare ! », le sergent semblait penser que nous survivrions à cette mission c’était bon signe. Le vaisseau dérivait lentement à travers l’espace, les réacteurs étaient gravement endommagés, il y avait un énorme cratère là où auraient dû se trouver ceux-ci ; une mousse verdâtre recouvrait la coque par endroits. Le Phantom s’approcha d’un des hangars, ses boucliers de protection étaient désactivés, l’appareil se retourna et se plaça dos à un des ponts d’embarquement. Le sas arrière s’ouvrit et nous posâmes enfin les pieds sur le vaisseau. Le Phantom s’éloigna et le pilote annonça : « Au fait si dans cent cinquante unités temporelles, vous n’avez pas donné signe de vie nous ouvrirons le feu sur le croiseur et si vous nous envoyez un message de repli, je viendrai vous rechercher ici …… ou pas. ».
La plupart des véhicules de la baie étaient détruits, nous avançâmes de quelques unités jusqu’à la porte, un liquide vert suintait par les interstices, lorsque nous l’ouvrîmes, une atmosphère épaisse et nauséabonde nous enveloppa, du moins, c’est-ce que je compris au commentaire de mon coéquipier : « Rhaaa ! Cette puanteur, c’est sûr le Parasite a envahi le vaisseau, tu as de la chance unggoy de ne pas respirer cet air. ». Nous progressâmes à travers le long couloir, des « poches » de tailles diverses jonchaient le couloir, des réserves de nourriture faites par les parasites afin de survivre au voyage. Nous avions de la chance, notre présence n’avait pas encore alerté les organismes en hibernation, le specops ramassa un fusil à plasma sur le sol et me le tendit, « Ils dorment, mais ça ne va pas durer. Je sais que ce n’est pas réglementaire, mais quand ils s’éveilleront tu auras besoin d’une meilleure arme que ton pistolet à plasma ! », je me saisis de la lourde arme, mon compagnon épaula sa carabine et nous reprîmes notre route.
Certains couloirs étaient obstrués par les poches et les réservoirs, nous dûmes faire des détours, mais nous atteignîmes enfin la salle de contrôle. J’ouvris la porte et jetai un coup d’œil à l’intérieur. Un énorme sac occupait une partie de la salle, il était pourvu de nombreux pédoncules qui le reliaient aux tableaux holographiques de commande, il ne semblait posséder ni yeux, ni aucun autre organe sensoriel, à part ses pédoncules. Nous pénétrâmes dans le peu d’espace encore libre, Urla’Epsolee posa ses doigts sur l’hologramme et commença à consulter la base de donnée. Les tentacules du parasite « cerveau » se mirent à se contracter et il émit des sons gutturaux. « Je crois qu’on l’a réveillé, il faut vite extraire les données » dis-je au sergent, « Je lis le rapport. Quand le Parasite s’est libéré, ils ne parvinrent pas à l’arrêter, alors ils ont fait exploser les moteurs. » répondit celui-ci, « Y a-t-il des survivants et un moyen de quitter le vaisseau ? » demandais-je, des bruits résonnaient autour de nous, « D’après la dernière entrée, ils ont isolé un des hangars et se sont barricadés dans leurs quartiers, ce n’est pas loin, mais rien ne nous dit qu’ils sont encore vivants… », la grille au dessus de nous céda et des organismes combattants tombèrent devant nous. Le sergent en abattit deux avec sa carabine, mon fusil à plasma déchiqueta un autre avec facilité. « Il faut qu’on trouve les survivants. Suis moi ! » me dis le sangheili, nous courûmes jusqu’à la porte, mais déjà des petites formes infectieuses s’affairaient sur les corps pour les contrôler, je lançais une grenade à plasma sur le groupe de créatures, avant que la porte ne se referme j’aperçu l’explosion calciner les créatures de la pièce.
Il fallait faire vite, les poches sur les murs gigotaient et de nouveaux corps déformés surgirent au bout du couloir, nos tirs percèrent leur chaires pourries. J’enjambais les corps et suivais le specops à travers les couloirs sans fins, déversant des pluies de plasma sur l’ennemi, qui, alors que ses membres avaient étés déchirés par le plasma, tentait néanmoins de nous frapper avec se qui restait de son corps. Devant nous, approcha une marée de formes infectieuses, ils rampaient sur les murs, le sol et le plafond, nous ouvrîmes le feu, faisant éclater leurs petits corps bulbeux, le sangheili n’avait aucun problème à se frayer un chemin à travers la vermine grâce à son bouclier, moi, cependant, je devait repousser chacune des créatures, jusqu’à ce que l’une d’elles parvint à enfoncer ses tentacules dans ma jambe. Une vision d’horreur et la peur m’envahirent, je ressentais déjà les myriades de créatures se développant en moi, mon corps se putréfiant, soudain tout s’arrêta, Urla’Epsolee arracha l’abomination, ses tentacules quittant ma jambe. Il la broya dans ses mains et m’aida à me révéler, je courus derrière lui, malgré la douleur qui empoignait mon membre ensanglanté.
Le sergent s’arrêta devant une porte et tenta de l’ouvrir, j’appuyais sur l’interphone et dis : « Nous sommes l’équipe de secours ouvrez ! », il n’y eu pas de réponse. Doucement, la porte s’ouvrit, nous reculâmes et deux lekgolo sortirent, nous donnant ainsi un couvert et nous pénétrâmes dans le dortoir. Les lekgolo nous suivirent et refermèrent la porte, je scrutais la salle, quatre unggoy étaient tassés dans un coin, deux kig-yar inspectaient leurs armes et trois sangheili discutaient au centre de la pièce. L’un d’eux s’avança, et déclara : « Je suis le major Horo’Undolee, je commandais ce vaisseau, nous sommes les seuls survivants. Vous êtes l’équipe de sauvetage ? », « Oui, il n’y a que nous deux, nous cherchons un moyen de quitter le vaisseau… », répondit le specops, « Il n’y que le hangar numéro deux, il est au bout du couloir, on y a des Séraphins et des Phantoms, mais il est impossible d’y accéder…des juggernauts se sont installés dans la salle d’information, qui sépare le hangar du couloir. » continua le major, « Mais il faut y aller c’est le seul moyen ! » intervins-je, nous nous préparâmes à nous tailler un chemin jusqu’au hangar.
Nous ouvrîmes la porte, de nombreux organismes combattants s‘étaient massés devant la porte et ils furent accueillis par deux décharges radioactives des lekgolo. Les lekgolo et les kig-yar ouvraient la voie, suivis par les unggoy et les sangheili qui fermaient la marche. Notre avance était implacable, les rares tirs de plasma des parasites s’évaporaient sur les boucliers à énergie des sangheili ou sur l’armure des lekgolo. La salle d’information était en vue et ce qu’elle contenait aussi, les lekgolo tirèrent sur les deux abominations, mais cela ne fit que les énerver. J’envoyais plusieurs salves de plasma, mais c’était bénin ; un parasite parvint jusqu’à nous, sautant au dessus des sangheili, il balaya un unggoy avec ses tentacules, les autres l’abattirent immédiatement. Les sangheili et les lekgolo se jetèrent sur les juggernauts. Les sangheili tournaient autour du monstre, desservant des volées de plasma, d’aiguilles et de projectiles, le juggernaut se saisit d’un lieutenant et le projeta sur le mur avec tant de force que son sang mauve recouvrit le mur. Un des lekgolo transperça la créature avec ses épines dorsales et l’autre abattit le tranchant de son bouclier si fort qu’il déchira le corps de la monstruosité. Les sangheili, fous de rage, esquivaient et attaquaient avec tellement de hargne qu’ils vinrent à bout de la deuxième créature, elle s‘effondra et détruisit une partie du mur dans sa chute. Les kig-yar et les unggoy repoussaient les assauts des autres pourritures autour du corps de leur frère mort. Les décharges vertes firent éclater la porte soudée du hangar, les sangheili ramassèrent le corps du lieutenant et dirent : « On ne laisse personne, plus aucun covenant de ce vaisseau ne leur servira d’hôte ! », nous fîmes de même avec l’unggoy lacéré. Nous nous engouffrâmes sur le pont d’embarquement, un Phantom intacte était au bout du pont, la pourriture commença à envahir la salle, nous abattions toutes les créatures qui tentaient d’atteindre les embarcations avant nous. Ils faisaient des bonds d’une hauteur démesurée, mon arme surchauffa et je la lançais sur les parasites dans un acte désespéré. Le délai était écoulé, le croiseur fit feu sur le vaisseau infesté, la porte du Phantom n’était plus qu’à quelques unités…