CHAPITRE 1
Cervantès pousse la porte… et entre.
Il aperçoit sa petite fille de dos, agenouillée sur la moquette.
Elle ne bouge pas, ne semble même pas l’avoir entendu.
Désappointé, il ne peut que murmurer :
-Ivy…
-J’ai pas envie de te parler, répond elle alors froidement.
Elle se retourne, s’apprêtant à répliquer autre chose quand elle se fige. De surprise, sa poupée lui tombe des mains.
-Mais, Papa ! s’écrie t’elle, t’es tout violet !!
Cervantès rougit légèrement.
-Oui, euh… c’est rien ça, ma puce… papa a eu un problème de teinture…
-Tu pues le poisson ! Lâche t’elle en faisant la grimace…
Là, Cervantès fronce les sourcils. Mais au lieu de se fâcher, il sort quelque chose de son sac.
-Tiens ma chérie, voilà un petit cadeau pour toi…
Ivy lui arrache le paquet des mains, dépouille le cadeau de son papier en un instant et pousse un cri de joie.
-Ouuaaaaiiis, le jeu du Parfait Petit Alchimiste, merci Papaaa !
Cervantès lui sourit, ravi et soulagé : finalement, elle ne semble pas vraiment lui en vouloir. Il lui caresse un peu les cheveux, avec toute la tendresse que peut offrir un vieux pirate comme lui, mais elle lui lance un regard noir.
-Vas te laver les mains, je t’ai dit que tu sentais le poisson !
Puis Ivy aperçoit le sac que porte son père. Il semble encore lourd d’objets.
-Dis, il y a d’autres cadeaux là dedans ?. ..
-Euh, non, pas exactement, ma chérie, ce ne sont pas des…
-Siii Papa, montre ce qu’il y a dans le sac !
Avant que Cervantès n’aie le temps de réagir, Ivy se jette sur le sac et en sort… une épée immense, monstrueuse, dotée d’un œil répugnant injecté de sang.
-Trop cool, lache-t’elle, ravie.
-Lâche ça Ivy !!
Il lui reprend l’épée de mains et la remet prestement dans le sac.
-Ca c’est à papa ! Tu touches pas ! la menace t’il.
Ivy croise violemment les bras sur sa poitrine, énervée, puis elle court chercher une étrange petite arme de sa fabrication, un élastique ou sont fixées de petites pierres, le tout attaché à un bâton. Elle en frappe son père, qui s’enfuit en courant, non sans penser « elle n’a vraiment pas changé… ».
Une fois son père sorti, la jeune Ivy s’agenouille par terre et réfléchit intensément. Elle fixe un instant son arme de fortune, puis sa boite d’alchimie, et une idée semble germer en elle.
-Ca, je me vengerai, et je l’aurai cette chouette épée, murmure t’elle entre ses dents avant de se mettre au boulot . . .