CHAPITRE 8
Tandis que Taki, ninja, et Ivy, fille de pirate, se disputaient la palme de la plus belle poitrine au Japon, une jeune femme concupiscente et liée à l’épée maléfique sillonnait l’Europe…
Une forêt verte et épaisse. Un amas formidable de branches et de feuillages, d’arbres et de fourrés, d’ombre et de lumière. La faune de ces lieux ne survivait que par dissimulation : les insectes, proies nombreuses et faciles, cherchaient à se confondre avec les petits branchages, pour échapper aux lézards ou autres batraciens qui parvenaient à se confondre avec les herbes folles ou les feuilles. C’était sans compter sur le flair et la vue perçante des chats sauvages et des rapaces, qui les débusquaient et les dévoraient, le chasseur étant alors la proie. Le cercle se fermait lorsque les prédateurs vieillissant devenaient la cible des plus petits insectes et finissaient comme repas des fourmis et des vers. C’était la dure loi de la vie, et son cycle naturel. Il eut fallu à un être humain une grande capacité d’adaptation et un instinct de survie surdéveloppé pour survivre en ces lieux, et pourtant…
Parfaitement dissimulée dans la verdure environnante, une jeune femme observait avec attention une araignée. Parfaitement immobile, elle retenait même son souffle : seuls ses yeux, animés d’une lueur rosâtre et dérangeante, bougeaient. Puis, alors qu’elle suivait toujours du regard l’araignée, ses lèvres s’entrouvrirent et elle murmura dans un souffle :
_En voilà un joli hôte !
Une voix gutturale émit alors un profond soupir dans la tête de la jeune femme.
_Enfin, Tira… J’aurais l’air de quoi, moi, réincarné en araignée ?! ... Bon sang, je me demande bien ce qu’il va advenir de moi avec une idiote comme toi à mon service…
Tira l’ignora et reporta son attention sur l’araignée. Alors, doucement, ses lèvres s’étirèrent en un sourire grimaçant et carnassier puis, avec une rapidité éclaire… elle goba l’araignée. Ses yeux étincelèrent tandis que le petit corps craquait sous ses dents.
-C’est délicieux ! s’exclama t-elle.
La voix dans sa tête poussa de nouveau un long soupir.
Lorsqu’elle eut cessé de mâcher, elle demanda à la voix qui depuis quelques temps parlait en elle :
_Mais au fait, pourquoi tu m’as choisie moi pour être à ton service ? Ou pourquoi tu ne me prends pas simplement telle que je suis pour être ton hote ? Ca ne me gêne pas tu sais ! Je suis déjà l’hôte de plein de choses !
_Comment ça ? demanda la voix, dubitative.
_Oui, je suis l’hôte de poux par exemple, dans mes cheveux ! Ou de mousse verte, sous mes bras ! J’ai aussi des champignons sous mes ongles de pied ! Alors tu vois, un de plus, ça ne me gêne pas ! dit-elle, très fièrement.
_... Je crois que je vais vomir… soupira la voix. Pitié, faites qu’elle me trouve vite un hote digne de ce nom…!
Tira s’étira et se mit en route.
_Ok ok, je vais t’en trouver un ! Tu le préfères comment, ton hôte ?
_N’importe comment, sauf vert !!
_Ah ! Ca devrait être facile à trouver alors ! Mais n’oublies pas ta promesse ! Tu as dit que tu me révèlerais mes origines en échange de l’hôte !
« Oui…, pensa la voix en son fort intérieur, mais tu risques d’être déçue en apprenant que tu es le fruit d’un accouplement raté entre une betterave et un choux de Bruxelles… »