Au début de la deuxième add-on, shivering isles, mon perso est déjà un sacré costaud, capable de maitriser les sorts les plus puissants, armé de pied en cape à la daedrique, le tout enchanté bien sûr.
Je débarque donc dans le royaume de Shéogorath la tête haute, comme le seigneur de guerre que je suis, sans crainte.
Et là on me parle d´un gardien d´une porte, soit disant invulnérable ce gardien, qu´il faut affaiblir avant de ne serait-ce que penser à combattre.
Je ne vois bien évidemment pas ce qui pourrais me poser un problème, moi qui ais terrasser le roi-démon des Ayléides, fermer les portes d´Oblivion, remporter le légendaire tournoi des dix sangs, moi le Croisé des Neufs, celui a fait face à Merhunes Dagon, et qui est toujours là pour en parler, et qui suis l´auteur de tant d´exploits qu´il serait trop de les énumérer.
Ainsi, certain de ma puissance quasi-divine, je ne prends même pas la peine de chercher des alliés contre ce fameux gardien, et me lance à sa recherche sans hésiter.
Je le trouve aisément, sur une place circulaire, devant deux portes jumelles aussi sinistres l´une que l´autre.
Et là, surprise, ce gardien est déjà aux prises avec une demi-douzaine de guerriers dont j´ignore tout, exceptée la puissance, insuffisante à abattre la montagne de muscles qu´est le gardien.
J´entre en lice, décidé à sauver la mise à ces inconscients, remarquant au passage que le gardien est couturé de cicatrices, comme l´assemblage de plusieurs corps, nécessaires pour créer cette silouhette de trois mètres de haut, au visage masqué d´acier noir, dont une main n´est rien de moins qu´une gigantesque lame, rouillée et ébréchée, mais dont je peux trés vite gouter l´efficacité en voyant un des guerriers s´envoler dans les airs, pour finir sa course contre un mur, le corps flasque et immobile.
Inutile d´en voir davantage, je me dépèche encore, craignant que les quelques mètres qui me restent à parcourir ne laissent le temps au géant de se débarasser des survivants.
Encore étonné de la rapidité à laquelle les guerriers succombent, j´arrive enfin à portée de l´abomination, qui ne me prête pas attention avant d´avoir achevé le dernier des guerriers que je voulais secourir, ce qui ne tarde pas.
Pourtant dés mon arrivée, ma terrible lame à deux mains est entré en action, sans parvenir toutefois à ébranler le titan.
Je comence à douter de ma capacité à sortir victorieux de ce combat.
C´est alors qu´un coup me percute de plein fouet, je m´effronde, à genoux, alors que mon adversaire en profite pour s´acharner.
Jamais rien ne m´avait frapper avec autant de force, mon armure résonne comme une cloche sous les impacts, même mon bouclier ne peut me garder de ces frappes.
Les dieux eux-mêmes doivent craindre une telle puissance destructrice.
En désespoir de cause, je parviens à me rendre invisible, n´abandonnant pas encore. Je voulais affronter cette créature loyalement, mais à présent ma colère est grande, Je me prépare donc à déployer toute l´étendue de ma puissance magique, celle de l´Archimage, maitre suprême de la magie sur ce continent, rien ni personne ne me surclasse en la matière; même les grands Mannimarco et Mancar Camoran durent s´incliner devant mon art.
Je choisis le plus destructeur de mes sorts et, brisant mon invisibilité, projette cette lance de feu blanc vers mon ennemi, qui est frappé de plein fouet.
L´explosion qui suit manque de me souffler au passage mais je résiste et enchaine les sorts destructeurs, je ne m´arrête que quand je n´ais plus de mana, même si je suis certain que rien n´aurais pu survivre à ma première offensive.
Quelle n´est pas ma surprise quand je vois surgir le géant, ses deux tonnes lancées à pleine vitesse, je n´ais même pas le temps de hoqueter, il me percute, m´envoyer valser comme une poupée de chiffon.
Le reste du combat n´est que formalité.
il n´y a rien à faire, je suis surclassé.
La mort dans l´âme, je me rend invisible et fuis les lieux, laissant le géant revenir se placer tranquillement devant les portes dont il est le gardien, comme si rien ne s´était passé, comme si il ne venait pas de mettre à genoux le Champion impérial, sans effort.
J´ai un goût étrange dans la bouche, que je n´avais pas senti depuis fort longtemps, je réfléchis un instant.
Ah, ça y est, je me souviens, ce goût est celui de la modestie, car aujourd´hui j´ai chuté.