
La terre a tremblé en décembre 2018, quand la société Epic Games, à qui l’on doit Fortnite mais aussi le moteur de jeu Unreal Engine, a annoncé le lancement de son propre Store sur PC et Mac. Profitant d’une santé financière au top, le groupe s’aventure sur le terrain de Steam le couteau entre les dents. Il n’ôtera en effet que 12% de leurs revenus aux éditeurs et développeurs, tandis que la moyenne se situe autour des 30%. Epic annonce que les concepteurs utilisant l’Unreal Engine n’auront pas à payer la taxe de 5% liée au moteur en vendant leurs titres sur l’Epic Games Store. Enfin, en guise de cadeau de bienvenue, la société a offert l’excellent Subnautica aux nouveaux inscrits, et proposera toutes les deux semaines un jeu à télécharger gratuitement. Visiblement, Epic semble se donner les moyens d’attirer l’attention de son public potentiel.
Stimulation
L’histoire ne dit pas si des noms d’oiseaux ont été proférés dans les locaux de Valve à Bellevue quand Epic Games a annoncé le lancement de sa boutique en ligne. En laissant plus de marges aux développeurs et en promettant des jeux gratuits toutes les deux semaines, Epic parle à la fois aux joueurs et aux développeurs. Les deux sont indispensables à la réussite de ce Store, et ce n’est pas Sergey Galyonkin, l’homme derrière SteamSpy travaillant chez Epic Games, qui expliquerait le contraire. Soudainement, le coup de gueule de Tim Sweeney contre Google Play formulé quelques mois plus tôt prend tout son sens : l’Epic Games Store est pensé pour aider les concepteurs à être mieux rémunérés. C’est en tout cas le message astucieusement préparé par Sweeney ces derniers mois.

Le timing de cette révélation tombe malicieusement après les annonces timides de Valve quant à la réduction de ses taxes lorsqu’un jeu est publié sur sa boutique, passant de 30% à 25%, voire 20% sous certaines conditions. Les modalités du Store d’Epic ont forcément dû jeter un froid chez Valve.
Un launcher de plus ?
Même si Steam règne pour le moment en maître sur les plateformes de distribution en ligne sur PC, beaucoup d’éditeurs ont lancé leurs propres boutiques, comme Electronic Arts (Origin), Ubisoft (Uplay), Bethesda (Bethesda.net) ou encore Blizzard (Battle.net). D’autres tentent de faire la différence en proposant d’autres services. C’est le cas de Robot Cache qui permet d’acheter mais aussi - et surtout - de revendre ses jeux dématérialisés. Epic Games a cependant les moyens, l’ancienneté et le carnet d’adresses pour réussir à imposer son launcher et grignoter les parts de marché de Valve.


Il serait donc possible que nous assistions en 2019 à un ralentissement de nouveaux inscrits et à un déclin du nombre de joueurs connectés, surtout si Epic Games continue de mener son attaque frontale contre Steam avec autant d’engagement. Pour le moment, la firme de Tim Sweeney s’assure quelques exclusivités (telles que Ashen ou encore Hades) et espère instaurer une saine compétition.
Pour grignoter Steam, il faudrait surtout qu’Epic réussisse à convaincre les éditeurs de baisser leurs prix sur le Store, ce qui pourrait être envisageable puisque la plateforme permet aux concepteurs de gagner plus d’argent sur leurs créations. Reste à voir comment réagira Valve aux coups de semonce portés par leur nouveau rival.