Chaque console de jeu sortie à ce jour possède son lot de jeux « cultes », inéluctablement liés à la machine qui les a vus naître, ainsi qu’au cœur des joueurs qui s’y sont essayés. Et, bien que l’on ne puisse pas dire que la Saturn brille par la quantité de titres qui composent sa ludothèque, la qualité de nombre de ces jeux suffit amplement à faire valoir les qualités intrinsèques de la machine de Sega. C’est dans ce cas de figure que l’on retrouve Nights, un jeu conceptuel envoûtant et terriblement attachant, sa simple évocation provoquant un accès de mélancolie à toute personne y ayant goûté. Après toutes ces années, le jeu a-t-il su conserver tout son charme ? Le personnage qui a réussi à évincer Sonic de son rôle de mascotte parvient-il toujours à nous immerger dans son monde onirique, ou ce dernier a-t-il aujourd’hui tourné au cauchemar ?

Tout commence quand Claris et Elliot, deux jeunes bambins respectivement friands de chant et de basket-ball, rencontrent des difficultés dans l'accomplissement de leur loisir favori. Elliot perd en effet un match de basket alors que Claris ne réalise qu'une piètre performance lors d'une importante séance d'audition. Le soir venu, c'est le cœur empli de honte et de chagrin qu'ils rejoignent leurs draps et s'endorment, sombrant aussitôt dans d'horribles cauchemars relatant leur triste expérience de la journée. Heureusement, alors que nos deux chérubins s'enfoncent dans les obscurs méandres de leurs tourments, une lueur d'espoir apparaît et les guide vers le monde des rêves. Ce monde, représentant ce qu'il y a d'enfoui au plus profond d'eux-mêmes, les meilleurs moments comme les pires, sera le témoin du combat de Claris et d'Elliot contre la peur, la tristesse et le désespoir. Hé oui, la où n'importe qui aurait rassuré ces jeunes en leur disant « Ce n'est rien, tu as simplement eu une sale journée », le créateur de Sonic a dit « Stop, c'en est assez ! Il est temps d'affronter ses peurs et d'en faire un jeu vidéo féerique, comme il n'y en a jamais eu auparavant ! ».




- Graphismes16/20
Un gros travail a été effectué de ce côté-là, les environnements traversés sont vastes, l’action est à la fois rapide et fluide et le thème du voyage au pays des rêves laisse place à des décors splendides et variés. L’ensemble a cependant vieilli et la magie n’opère plus vraiment, nos yeux sont régulièrement agressés par la pixellisation et l’action a tendance à être un peu confuse. Reste à voir si vous pouvez vous accoutumer à tout cela pour découvrir le monde enchanteur qui se cache parmi tous ces pixels.
- Jouabilité16/20
Nights est entièrement basé sur la simplicité des commandes mises à votre disposition : on déplace le protagoniste à l’écran de façon à passer à travers des anneaux ou former des cercles autour des items pour les ramasser. On y adhère ou on trouve ça rasoir, le tout dépendant principalement de votre capacité à tirer du plaisir d’un parcours bien chorégraphié, rapportant un bon score. La caméra parfois embêtante mise à part, les commandes répondent bien et on ne peut pas se plaindre d’un éventuel manque de précision du personnage.
- Durée de vie13/20
En ligne droite, il n’y a que sept niveaux à terminer pour voir la fin du titre. C’est très peu, surtout en regard de la longueur de ceux-ci. À partir de cela, tout dépend de votre aptitude à accrocher au gameplay si unique du jeu. Vous pourriez aussi bien abandonner votre manette en plein milieu d’une partie que recommencer encore et encore un même niveau jusqu’à le connaître par cœur afin d’en tirer les meilleurs scores. Il est également possible de débloquer un mode de jeu où deux joueurs s’affrontent à coups de cercles tracés dans les airs, l’intérêt y est limité et ne vous tiendra pas longtemps en haleine.
- Bande son17/20
Mythique, le thème principal du jeu résonne encore dans l’esprit des fans, il a même été repris plusieurs fois dans différents autres titres de Sega par la suite. En ce qui concerne le reste de la bande-son, elle se situe dans un répertoire léger et bon enfant, dans le but de conserver une ambiance féerique tout au long du jeu. Le résultat est convaincant et c’est un plaisir de voyager les yeux fermés dans cet univers enchanteur. Notez finalement que le thème accompagnant votre affrontement face à Reala, une sorte de rival de Nights, est tout simplement magistral !
- Scénario/
Claris et Elliot affrontent leurs peurs dans le monde des rêves afin d’en sortir grandis. Cela semble s’adresser aux plus jeunes mais d’un autre côté, le scénario n’est présent qu’au travers de la scène d’introduction, on joue sans se poser de question de ce côté-là.
Difficile d’attribuer une note en toute impartialité à un tel jeu. D’un côté, il est considéré comme culte par un bon nombre de joueurs mais a par ailleurs souffert d’un vieillissement assez flagrant. Une part de la magie des voyages oniriques de l’époque a disparu, évincée par des défauts graphiques. Cependant, il suffit de passer outre cet aspect pour découvrir un jeu enchanteur, ne serait-ce que grâce au potentiel illimité offert par son gameplay, pourtant très basique. Ce que l’on consacre à l’investigation des possibilités offertes par ce titre, Nights le rend au quintuple, surtout si vous êtes fan de scoring. Finalement, il serait vraiment dommage de passer à côté du titre qui a donné son image de marque à la Saturn pour des raisons graphiques, l’expérience de jeu qui s’en dégage étant tout simplement unique.