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Test : L'Oeil Noir : Les Chaînes de Satinav
PC

Alors que les adeptes du jeu de rôle papier L'Oeil Noir pleurent la licence Drakensang, devenue un hack'n slash en ligne, et attendent d'un oeil méfiant un Demonicon dont les déboires n'augurent rien de bon, voilà que Daedalic Entertainment (Les Chroniques de Sadwick, A New Beginning, Deponia) les invite à revenir en Aventurie par le biais de ce que que le studio maîtrise le mieux : un point'n click.

L'Oeil Noir n'a rien perdu de sa popularité en Allemagne ; il n'y a donc rien d'étonnant à ce qu'un studio germanique nous offre un jeu d'aventure basé sur cette licence. Mais que les amateurs de point'n click se rassurent : ce RPG papier est davantage réputé pour son système de règles que pour son background, développé autour d'une heroïc-fantasy relativement générique. Ils n'auront donc aucune peine à rentrer dans l'univers des Chaînes de Satinav, peuplé de nains, de fées et de peaux-vertes. Il faut pourtant souligner que l'ambiance dans laquelle nous plonge le jeu est un peu particulière, et que si ses décors donnent l'impression de se retrouver dans un King's Quest de la grande époque, le ton y est bien plus sombre et mélancolique.

Sans doute un petit air de King's Quest, non ?

Il faut dire qu'une fois de plus, on incarne un raté total ! Larry Laffer, Roger Wilco, Tex Murphy, Guybrush Threepwood... Les loosers et les anti-héros ne sont pas ce qui manque dans les point'n click. Mais Daedalic a fait fort en nous mettant dans la peau d'un apprenti-oiseleur à qui l'on offre, dès les premières minutes de jeu, un bain forcé dans une auge à cochons. Geron – c'est son nom – n'est pas le premier anonyme venu : partout où il passe, il provoque des catastrophes, ce qui lui vaut la méfiance et le mépris de la population d'Andergast. En réalité, le jeune homme a le don de briser certains objets par la seule force de sa pensée. Les circonstances vont l'amener à enquêter sur le meurtre des citoyens qui avaient jadis conduit au bûcher un devin malfaisant, connu pour commander aux corbeaux. Ce faisant, Geron aura l'occasion de rencontrer Nuri, une fée qui possède un pouvoir inverse du sien puisqu'elle peut réparer n'importe quoi.

Comment ne pas tomber amoureux de Nuri ? Impossible.

Tout au long des cinq chapitres des Chaînes de Satinav, nos deux héros auront l'occasion de manifester leur personnalité opposée : à l'image de l'ambiance du jeu, qui oscille constamment entre gravité et légèreté, le cynisme et le défaitisme de Geron tranche singulièrement avec la candeur et l'insouciance de Nuri (qui se révèle par contre tout aussi efficace pour provoquer les catastrophes !). On apprécie cette relation singulière qui sert beaucoup l'écriture des dialogues. Mais Geron et Nuri ont tout de même un point commun : leur relatif détachement à l'égard des événements, que finit par partager le joueur. Il faut dire que les enjeux mettent du temps à se dessiner, que les personnages secondaires se révèlent assez fades et que l'aventure souffre d'un manque de rythme. L'objectif se résume trop souvent à trouver le moyen de progresser d'un écran de jeu à l'autre. Heureusement, la tension et l'émotion émergent à mesure qu'on se rapproche de la fin, où tout s'accélère.

A gauche de l'inventaire, les pouvoirs spéciaux des héros.

Les énigmes proposées par Les Chaînes de Satinav sont appréciables à plus d'un titre. Tout d'abord, elles nous épargnent ces sempiternels puzzles à la Myst qui inondent désormais le genre. Qui plus est, elles tirent agréablement parti des pouvoirs respectifs de Geron et de Nuri, qu'on a parfois tendance à oublier, focalisé que l'on est sur les objets présents dans la barre d'inventaire escamotable ! Enfin, elles demeurent logiques, bien conçues et rarement bloquantes, car si un clic gauche permet d'interagir avec un élément donné du décor, un clic droit déclenche un commentaire du héros sur l'élément en question, pas avare en indices. Et si cela ne devait pas suffire, sachez que les options peuvent être paramétrées pour que chacun puisse bénéficier du degré d'aide souhaité. Ceux qui n'aiment pas la chasse au pixel opteront pour l'affichage des zones interactives de l'écran, ceux qui n'apprécient pas les tâtonnements activeront l'indicateur d'associations possibles, etc.

Chaque écran est plus somptueux que le précédent.

Mais la plus grosse qualité des Chaînes de Satinav, c'est indéniablement la beauté visuelle de ses écrans de jeu. Ils sont tous très détaillés, mais au lieu d'en accentuer les contours, comme l'imposait le style cartoon de ses dernières productions, Daedalic les a au contraire atténués, afin d'aboutir à un rendu plus "peint". Ce sont ainsi de véritables tableaux auxquels nous avons affaire, dont l'aspect féérique se voit renforcé par une gestion de la lumière qui confine au sublime. Il y a par contre un prix à payer pour cela : celui de l'immobilisme de l'univers, qui manque singulièrement de vie, et de la pauvreté des animations, qui condamne les personnages à se retourner comme des feuilles de papier et à ouvrir la bouche comme dans les mauvais D.A japonais. On finit toutefois par s'y faire, de la même manière qu'on s'accommode des doublages en anglais, loin d'être extraordinaires, ainsi que des mini-freezes provoqués par le passage d'un écran de jeu à l'autre. Rien de bien rédhibitoire.

Les notes
  • Graphique 17 /20

    Difficile de ne pas trouver son compte dans le rendu visuel des Chaînes de Satinav. Plutôt que de reconduire l'inévitable style cartoon qui fait école aujourd'hui, Daedalic a préféré nous offrir de magnifiques tableaux romantiques très détaillés. Dommage que l'animation ne suive pas.

  • Jouabilté 15 /20

    La jouabilité traditionnelle à la souris mise sur une barre d'inventaire escamotable, ainsi que sur quelques fonctions d'aide modernes en option. Il est appréciable que les pouvoirs de Geron et Nuri suscitent quelques énigmes moins conventionnelles que les incontournables associations d'objets.

  • Duree 11 /20

    Les cinq chapitres se bouclent en une dizaine d'heures de jeu, ce qui est dans la moyenne du genre. La difficulté des énigmes nous a semblé bien dosée, à une ou deux exceptions près. Steam oblige, il y a quelques accomplissements à débloquer, mais la replay-value reste faible.

  • Son 13 /20

    La musique ne témoigne d'aucun génie particulier quand elle vient souligner discrètement certaines séquences de jeu. Elle parvient à distiller une certaine émotion durant les cut-scenes. Les bruitages sont trop en retrait et les voix anglaises s'avèrent assez décevantes.

  • Scénario 15 /20

    Les deux protagonistes principaux ont beau ne pas être très complexes, leur relation arrive à nous toucher. On a paradoxalement un peu plus de mal à rentrer dans l'histoire, dont les enjeux mettent du temps à émerger, mais le final emporte l'adhésion. A noter quelques erreurs de traduction.

L'Oeil Noir : Les Chaînes de Satinav est un bon point'n click qui condamne le joueur à passer par plusieurs états. On est d'abord ébloui par sa plastique superbe, qui pousse à relativiser la faiblesse de l'animation. Mais on est vite déçu par un récit en quête de rythme, auquel on a un peu de mal à adhérer. On s'accroche alors à l'ambiance crépusculaire, à la relation entre les deux héros et aux énigmes bien pensées, pour finalement céder à l'émotion à la faveur de quelques séquences vraiment touchantes. C'est là toute la magie du conte de fées, aussi sombre soit-il.

Profil de pixelpirate
L'avis de pixelpirate
MP
Journaliste de jeuxvideo.com
05 septembre 2012 à 16:38:05
15/ 20
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L'avis des lecteurs (10)
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15/ 20
Mis à jour le 05/09/2012 Voir l'historique
PC Aventure Point'n Click Daedalic Entertainment Deep Silver
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