Test Napoléon : Total War- PC

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2000-2010 : la saga Total War fête ses dix années d'existence. Dix années que la série brille au firmament de la stratégie, grâce à une formule aujourd'hui extrêmement aboutie, patiemment forgée par les passionnés œuvrant au sein de The Creative Assembly. Après nous avoir fait combattre dans plusieurs contextes, depuis les champs de bataille de l'Europe médiévale jusqu'à la naissance de l'empire romain, le studio anglais s'arrête sur une période particulièrement riche de l'Histoire : les guerres napoléoniennes.

Napoléon : Total War

Empire Total War, le précédent titre de la série, s'arrêtait en 1800. Une fin frustrante, quand on sait que les quinze années qui suivirent cette date furent extrêmement riches sur le plan de la géopolitique européenne – donc de la guerre, fatalement. En effet, en France, un petit bonhomme d'origine corse venait de conquérir le pouvoir, et allait batailler sur tous les fronts pour mettre le continent sous sa botte taille 37. Un expansionnisme que les puissances voisines ne virent évidemment pas d'un bon oeil, et qui plongea alors l'Europe dans une de ses grandes spécialités : la guerre. Napoléon Total War vous propose donc de revivre cette histoire, voire d'en changer le cours, soit aux commandes des troupes de l'empereur, soit à la tête d'une des quatre nations rivales : la Prusse, l'Autriche, le Royaume-Uni et la Russie. Dans le premier cas, vous aurez droit à trois campagnes scénarisées (Italie, Égypte et Europe). Dans le second, on retrouve le mode libre habituel, avec un certain nombre de régions à contrôler avant la fin du temps imparti.

Test Napoléon : Total War PC - Screenshot 48Une des campagnes nous emmène au Moyen-Orient. Gare au coup de chaud !

Pour les joueurs non familiers avec la série, rappelons en effet que les Total War intègrent une composante wargame en tour par tour, qui se déroule donc sur une carte globale découpée en zones à conquérir. Le gameplay de ces phases n'a pas changé et profite des améliorations introduites par l'épisode précédent, notamment la possibilité de faire des recherches technologiques. Notez d'ailleurs qu'elles peuvent maintenant être accélérées grâce à la présence d'un gentilhomme dans la ville concernée. Autre nouveauté : les hommes peuvent être affectés par les conditions extrêmes qui règnent dans certaines régions. On pense bien sûr au rude hiver subi par les troupes impériales en Russie, mais pas seulement. La première fois que votre serviteur envoya une petite armée traverser un désert, pensant trouver là une voie de contournement idéale, quelle ne fut pas sa surprise de voir les soldats décimés par la chaleur torride qui y régnait ! Heureusement, les rangs se reconstituent lentement lorsque vous êtes dans une région sous contrôle, et le processus peut même être accéléré en construisant le bâtiment adéquat. Enfin, signalons que les généraux disposent désormais de diverses capacités passives pour booster les troupes sous leur commandement, leur recrutement n'est donc pas anodin. Pour le reste, la formule n'a pas changé. Malgré un zeste de diplomatie, un soupçon de politique et un brin de gestion économique, il s'agit toujours de faire la guerre.

Test Napoléon : Total War PC - Screenshot 49Quelle joie de remporter une bataille perdue d'avance !

Alors préparez-vous à passer de nombreuses heures à livrer bataille ! Les affrontements sont toujours d'aussi grande envergure, avec des centaines, voire parfois des milliers, de troufions engagés de part et d'autre. Une fois que le choc a démarré, il n'y a pas de secret : il va falloir faire parler vos talents de tacticien, en gérant finement les mouvements de troupes en fonction du terrain, de la position de l'ennemi et d'une foule d'autres paramètres. A vous de savoir lancer une charge de cavalerie au bon moment sur le flanc d'une unité isolée, de positionner savamment votre infanterie pour profiter de l'avantage d'un relief, etc. Le tout en temps réel, même s'il reste possible de mettre la pause pour donner tranquillement des ordres, ou au contraire d'accélérer le temps. Ces phases sont toujours aussi réussies, car elles laissent vraiment toute la place au talent du joueur. Il n'est pas rare de renverser une situation très défavorable (un rapport de un contre trois par exemple) uniquement en manœuvrant intelligemment, ce qui s'avère extrêmement gratifiant. Notez tout de même que cet épisode fait forcément, du fait de son contexte historique, la part belle à l'artillerie. Les canons prennent vraiment une importance cruciale dans la victoire finale. Et puisqu'on en est à parler des combats en temps réel, signalons que les batailles navales, grosse nouveauté d'Empire Total War, sont évidemment de retour. Que serait un jeu sur Napoléon sans la possibilité de rejouer Trafalgar ?

Test Napoléon : Total War PC - Screenshot 50Parviendrez-vous à changer l'Histoire en gagnant à Waterloo ?

Ces batailles navales sont une nouvelle fois l'occasion d'admirer le superbe travail effectué par The Creative Assembly sur les plans visuel et sonore. On le répète à chaque épisode, mais la série Total War est vraiment très impressionnante. Pour tout vous dire, je me suis surpris à zoomer au cœur des combats pour admirer les animations des servants d'une pièce d'artillerie durant plusieurs minutes. On peut les voir s'activer pour recharger, puis se boucher les oreilles au moment du tir, avant que le canon ne recule sous l'effet du souffle, le tout dans un fracas étourdissant et un épais nuage de fumée. On pouvait presque sentir l'odeur de la poudre tellement la scène était détaillée... En allant observer les lignes ennemies, on pouvait à l'inverse admirer les effets des boulets sur les troupes : les corps volaient dans tous les sens avec des animations très convaincantes, offrant au joueur un spectacle absolument grandiose. Ce n'est pas une surprise, mais il convient de signaler ce fait comme il se doit : Napoléon Total War est un régal pour les yeux et les oreilles. Bref, il s'agit encore d'un jeu splendide proposant un gameplay d'une grande richesse. Mais c'était déjà le cas des précédents volets de la série Total War. Qu'est-ce que cet épisode offre d'autre, si ce n'est un contexte différent et les quelques nouveautés mineures évoquées plus haut ? Eh bien le soft propose enfin de joueur la campagne en multi ! Cet ajout tant réclamé par les fans (et récemment intégré à ETW, d'ailleurs) justifie presque à lui seul l'acquisition de cet opus, vendu à tarif raisonnable qui plus est. Foncez, vous ne le regretterez pas.

CptObvious, le 26 février 2010

Les notes

  • Graphismes 18/20

    Le moteur graphique n'a pas subi de gros changements depuis la sortie d'Empire Total War l'an passé. On note quand même de petites améliorations, notamment au niveau des effets de particules, de lumières et de météo. Le tout s'accompagne d'une meilleure optimisation pour les machines dotées de processeurs multi cœurs, bien que le soft ne soit toujours pas un modèle du genre. Mais quand on voit la beauté du résultat final, on comprend cette relative gourmandise.

  • Jouabilité 17/20

    Certes, les développeurs font preuve d'une certaine timidité dans l'innovation, la plupart des mécanismes restant inchangés. Mais ce classicisme a aussi ses avantages : le gameplay est désormais impeccablement rodé et offre une expérience d'une profondeur rarement égalée. Peu de jeux peuvent se targuer de proposer de tels moments de bravoure, une telle satisfaction quand on parvient à se sortir d'une situation mal engagée par la seule force de son cerveau.

  • Durée de vie 19/20

    Impossible de reprocher quoi que ce soit au jeu dans ce compartiment. Entre les trois campagnes de Napoléon, celles de la Coalition et les batailles indépendantes, il y a déjà énormément de contenu en solo. Et pour ne rien gâcher, le mode multijoueur est enfin le plus complet possible puisqu'on peut désormais y jouer la campagne entre amis. Et si la perfection était finalement de ce monde ?

  • Bande son 16/20

    Comme d'habitude, les effets sonores et les musiques sont de très bonne qualité. Les compositions savent ménager quelques plages de calme, qui rendent les envolées encore plus épiques lorsque la fureur des combats se déchaîne. Il est toutefois dommage que le studio soit resté cantonné à des orchestrations symphoniques classiques, alors que la campagne d'Égypte, par exemple, aurait pu se prêter à des sonorités plus orientales.

  • Scénario 16/20

    La série se veut toujours au plus proche de la réalité historique. Les amateurs de l'époque napoléonienne seront donc ravis de la trouver fidèlement retranscrite, même s'il reste bien sûr possible de changer le cours des événements, en remportant Waterloo par exemple. On regrette que la réalisation visuelle des cinématiques ne soit plus tout à fait au niveau d'une production de ce calibre, mais on chipote.

  • Note Générale17/20

    Sans surprise, The Creative Assembly signe encore un jeu de stratégie de haute volée. Maîtrisé dans le moindre de ses aspects, Napoléon Total War représente un nouvel aboutissement pour le studio, qui séduira les fans de la série comme ceux de la période historique concernée. Un hit de plus pour la série Total War, tout simplement.

    La note de la rédaction est une appréciation de la qualité générale du jeu, mais n'est pas une moyenne arithmétique des différents critères.

  • Note Lecteurs 17/20

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Infos jeu

  • Editeur : Sega
  • Développeur : The Creative Assembly
  • Type : Stratégie / Wargame
  • Multijoueurs : 2-8 joueurs en réseau local ou en ligne
  • Sortie France : 26 février 2010
  • Version : française intégrale
  • Config minimum : Windows XP/Vista/7, processeur 2,6 GHz, 1 Go de RAM (2 Go sous Vista/7), carte graphique 256 Mo, 18 Go d'espace disque
  • Config conseillée : Windows XP/Vista/7, processeur double coeur 2 GHz, 2 Go de RAM (3 Go sous Vista/7), carte graphique 512 Mo, 18 Go d'espace disque
  • Classification : Déconseillé aux - de 16 ans
  • Web : Site web officiel
  • Existe aussi sur :
    Napoléon : Total War Gold Edition - Mac
Mots-clefs : Napoléon Total War, Napoléon TW

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