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Test : Risen
PC

On pourrait résumer la genèse de Risen comme la quatrième de couverture d'un roman Harlequin. C'est l'histoire d'un divorce, prononcé au terme d'une idylle impossible. C'est aussi celle de trois rejetons arrachés à leur géniteur. C'est enfin celle de leur demi-frère, un bâtard illégitime qui ressemble comme deux gouttes d'eau au cadet de la famille. Mais pour traduire de façon moins énigmatique cette entrée en matière tarabiscotée, on se limitera à dire que Risen, le dernier jeu de rôle de Piranha Bytes, est le successeur spirituel de Gothic II.

Depuis le premier volet sorti en 2001, les Gothic avaient repris avec brio le flambeau de la saga des Ultima : un univers ouvert et immersif source de multiples interactions, un système de progression très roleplay et une liberté d'action et de choix ayant une incidence sur l'histoire. Dépossédés des droits de la série, les développeurs de Piranha Bytes n'avaient pas pour autant l'intention de laisser tomber un concept si prisé des fans. Leur nouveau RPG, Risen, s'inscrit donc dans la continuité de leurs jeux précédents, dont il perpétue les mécaniques en prenant soin de les huiler de façon encore plus convaincante. Inutile de dire que si vous n'appréciez pas les Gothic, il n'est nul besoin d'aller plus loin dans votre lecture : fermez donc cette page et patientez jusqu'à la sortie de Dragon Age : Origins. Dans le cas contraire, nous allons tenter de vous convaincre que sous le couvert d'une austérité typiquement allemande, Risen est un jeu de rôle captivant et gratifiant, d'une richesse et d'une profondeur qui n'ont rien à envier à celles de ses prédécesseurs.

Bon, les choses ne commencent pas vraiment très bien.

Les premières minutes de jeu portent la marque de cette filiation : dans Risen, vous incarnez un héros lambda, échoué sur une île inconnue suite au naufrage du navire à bord duquel il s'était embarqué. Le jeu ne vous propose pas de créer votre personnage (après tout, on ne choisit pas qui on est), mais va vous offrir l'occasion d'écrire son destin. De cet anonyme sans passé et sans talent particulier, vous allez faire « quelqu'un ». C'est votre capacité à puiser dans l'univers fouillé et immersif qui vous entoure, ainsi qu'à tirer parti des rencontres amicales et inimicales que vous y ferez, qui vous permettra de progresser. Pour l'heure, songez d'abord à survivre. Pieds nus, vêtu de haillons et muni d'un gourdin de fortune, lancez-vous dans l'exploration de cette île inhospitalière : avancez lentement, prenez soin de ne pas déranger la faune locale, essayez tout de même de vous trouver à manger (et au besoin faites-le cuire), et n'oubliez pas de chercher de quoi vous abriter pour la nuit, à moins que vous ayez réussi à mettre la main sur une torche. Vos débuts seront douloureux, soyez-en certain, car Risen est tout aussi exigeant que ses aînés. La densité de la faune et les compositions végétales chargées vous inciteront à avancer avec prudence, car la moindre rencontre nez à nez avec un sanglier se soldera par un inévitable game over. Oubliez donc la montée en puissance immédiate, typique du genre : ici, les maîtres mots sont observation et patience. Au moins pourrez-vous compter sur une présence féminine, celle d'une autre naufragée répondant au nom de Sarah, qui vous accompagnera un moment avant de vous préférer le confort d'une habitation en ruine.

Ce monastère haut perché est le quartier général de l'Inquisition.

Vous ne tarderez pas à rencontrer les premiers habitants civilisés, à qui vous pourrez demander votre chemin afin de vous orienter un peu, le temps d'acquérir votre première carte de l'île. La surface de jeu est plus restreinte que celle de Gothic III, mais elle gagne en richesse ce qu'elle perd en étendue. Avec ses côtes escarpées, ses sous-bois touffus, ses marais brumeux et ses cavernes qui serpentent à travers son massif volcanique, l'île propose une bonne variété de paysages. On y trouve de surcroît plusieurs centres d'intérêt, parmi lesquels une ville portuaire, un camp de hors-la-loi et un monastère. Autrefois gouvernée par Don Esteban, Port-Faranga est désormais aux mains de l'Inquisition, qui a jeté son dévolu sur l'île depuis qu'elle est la proie de phénomènes étranges. De mystérieuses ruines, truffées de créatures monstrueuses et d'artefacts de grande valeur, ont en effet émergé du sol. Les habitants sont sommés de rester en ville pendant que l'Inquisition forme ses novices depuis un monastère haut perché et exploite ces ressources inespérées. Destitué mais toujours en vie, Don Esteban (dit "le Don") est parti fonder un camp de hors-la-loi au fin fond des marais, d'où il tente d'organiser la rébellion. On retrouve donc un système de factions qui a fait ses preuves dans les jeux Piranha Bytes : au fil des quêtes accomplies, vous êtes progressivement amené à prendre parti pour tel ou tel camp. Et si les dialogues se limitent un peu trop souvent à épuiser l'ensemble des répliques disponibles, on apprécie que certaines quêtes puissent être résolues de plusieurs façons différentes, et qu'il vous faille mesurer les conséquences, à plus ou moins long terme, des choix que vous aurez à effectuer.

La compétence de furtivité vous permet de vous infiltrer dans les bâtiments.

Comme il est de coutume dans les Gothic, les possibilités d'évolution de votre personnage sont intimement liées à ce système de factions. Le credo des développeurs n'a pas changé, c'est : "Dis-moi qui tu aides, je te dirai qui tu es". Ne comptez donc pas pratiquer la magie si vous n'offrez pas vos services à l'Inquisiteur ; a contrario, les compétences de chasseur et de filou ne vous seront accessibles qu'en aidant les hommes du Don. Ce système quelque peu rigide est toutefois crédible (il évite toute polyvalence) et très roleplay dans l'esprit, puisque vous façonnerez votre propre personnage au gré de ses rencontres avec les différents PNJ et de votre comportement envers eux. En effet, si l'expérience accumulée au fil des quêtes et des combats permet de franchir des niveaux et d'obtenir des points d'apprentissage, ce n'est qu'en vous rendant auprès de certains professionnels, disposés à vous entraîner en vertu de vos agissements préalables, que vous développerez telle ou telle capacité (force, dextérité, sagesse...) ou tel ou tel talent (arts du combat, magie, furtivité...). Les compétences disponibles sont variées même si moins nombreuses que dans Gothic III. Elles incluent bien entendu différents métiers d'artisan : forge, alchimie, calligraphie... vous avez de quoi faire, d'autant que les matières premières abondent, à ramasser, prospecter ou dépecer, ou bien encore à trouver dans des coffres (crochetables via un mini-jeu hérité de Gothic II). Si les fonds vous manquent, vous pouvez toujours détourner l'attention des PNJ pour leur faire les poches. Dommage que ce maudit sac sans fond soit toujours de la partie. Il vous permet d'accumuler tout et n'importe quoi et de revendre votre butin aux marchands locaux, dont les fonds semblent illimités.

Il y a des fois où il faut savoir prendre ses jambes à son cou.

Hormis ces quelques entorses au réalisme, Risen propose un univers crédible, vivant et immersif. Les nombreux personnages qui peuplent l'île de Faranga ont presque tous un nom, une profession, un rôle et une personnalité. Ils se lèvent et se couchent, mangent et dorment, travaillent et vont se détendre à la taverne du coin. Tous réagissent à vos actions. Si vous les agressez (physiquement ou verbalement), si vous pénétrez dans leur demeure sans autorisation ou s'ils vous surprennent en train de les voler, ils vous attaqueront ou feront appel à la garde. Même si vous épuisez toutes les répliques possibles avec un personnage, revenez le voir plus tard car vos interactions avec des PNJ qu'il côtoie ou connaît débloqueront peut-être des jeux de dialogues supplémentaires. Au risque d'insister sur ce point, chacune de vos actions aura une influence plus ou moins grande sur le déroulement de la partie ; la frontière entre quêtes principales et secondaires n'a sans doute jamais été aussi floue, et c'est tant mieux. Qui plus est, la progression est découpée en quatre chapitres, entre lesquels le contexte évolue : certains personnages se déplacent donc d'un endroit à l'autre au gré des événements. La faune qui peuple l'île n'est pas en reste : les créatures rencontrées mènent elles aussi leur propre vie. Si vous passez près d'elles, elles réagissent différemment. Certains monstres agressifs vous attaquent sans sommation, d'autres ne le font que si vous sortez votre arme, mais commencent généralement par vous intimider ; d'autres encore sont trop occupés à dévorer une proie... que vous venez d'occire quelques instants plus tôt ! L'intelligence artificielle des monstres de Risen est donc sans conteste la meilleure jamais vue dans un jeu de rôle.

Les affrontements sont dynamiques mais particulièrement ardus.

Pour ne rien gâcher, le système de combat s'avère plus technique qu'il ne l'était dans Gothic III (et plus proche en cela de celui de Gothic II). La jauge de fatigue a disparu, vos adversaires ne vous renversent plus à tire-larigot, mais les affrontements restent très réalistes. En fait, le système repose moins sur les coups disponibles (classiques et peu nombreux) que sur votre capacité à vous adapter finement au comportement de vos opposants. Si le combat s'engage, il faut composer avec leurs techniques d'attaque spécifiques : certains reculent pour mieux vous charger, d'autres vous tournent autour, sans compter les groupes de créatures qui s'organisent dans l'espace pour multiplier les angles d'attaque et vous empêcher de parer les coups. Les affrontements, qui vous opposent à un bestiaire varié (humains, loups, squelettes, hommes-lézards, ogres, bêtes cendreuses...), sont donc aussi exigeants qu'intéressants, mais souffrent pourtant de plusieurs défauts. Tout d'abord, la seule façon de jauger efficacement la puissance d'un adversaire reste de s'y frotter... et d'en passer généralement par le rechargement de votre partie. A contrario, une technique permet de venir à bout aisément d'ennemis puissants : il suffit de les coller dos à un mur, à un précipice ou à un de leurs congénères pour que leur belle IA s'envole, ce qui est un peu regrettable. La jouabilité, par contre, se montre très efficace : clic gauche pour attaquer, droit pour parer, touches directionnelles pour esquiver, les commandes sont simples et votre héros réactif. L'interface n'a pratiquement pas bougé par rapport à la série des Gothic : elle est toujours aussi peu esthétique mais reste très efficace, barre d'actions et raccourcis à l'appui.

Que cachent ces mystérieux temples qui sortent du sol comme des champignons ?

Venons-en enfin à l'aspect technique du jeu. Risen affiche de jolis environnements très fouillés, à la composition soignée et à l'éclairage travaillé. Les textures, de bonne qualité, n'ont plus rien à voir avec ce que laissait présager la version preview. Tout n'est pourtant pas rose : la modélisation et l'animation des personnages sont vraiment dépassées (les sauts, notamment, donnent l'impression désagréable d'évoluer sur la lune) et le character design est complètement raté (de près ou de loin, les visages sont souvent hideux). Pour ne rien arranger, là où le jeu proscrit les PNJ génériques, il aligne hélas comme ses prédécesseurs les clones physiques. Mais à l'instar d'un The Witcher, qui souffrait du même défaut à sa sortie, Risen mise sur quelques atouts appréciables pour favoriser l'immersion, parmi lesquels un cycle jour/nuit, des conditions météo variables et la possibilité de pénétrer dans les bâtiments sans aucun temps de chargement. L'ambiance sonore remplit plus timidement son rôle : si les thèmes musicaux sont très réussis (quoiqu'un peu redondants), le doublage en français est plus inégal et les bruitages restent trop en retrait. Bien entendu, c'est sur le terrain de l'optimisation que de nombreux joueurs attendent Risen au tournant. Soyez rassuré : stable, bien optimisé (le jeu est fluide sur les cartes graphiques de milieu de gamme), épargné par les bugs, il ne souffre que de quelques problèmes de collision. On ne se plaindra pas, sur ce point, de voir le studio Piranha Bytes faillir à sa réputation ! Cela devrait vous convaincre définitivement de vous adonner à ce jeu de rôle tout aussi exigeant, gratifiant et envoûtant que Gothic II, mais au degré de finition bien plus convaincant.

Retrouvez prochainement sur le site notre test de la version Xbox 360 de Risen.

Les notes
  • Graphique 15 /20

    Pour ce qui est des environnements, Risen s'en tire avec les honneurs : c'est un vrai plaisir que d'évoluer parmi ces décors fouillés, à la composition soignée et à l'éclairage travaillé. En revanche, la modélisation et l'animation des personnages dépassées, le character design atroce et la profusion de clones gâchent clairement la donne.

  • Jouabilté 18 /20

    On retrouve à l'identique, ou presque, le système de jeu des Gothic, jusqu'à l'interface qui n'a pratiquement pas changé. L'univers ouvert et immersif, source de multiples interactions, le système de progression crédible, les combats techniques et exigeants, la liberté totale d'action et les conséquences de vos choix sur le déroulement de la partie : voilà qui devrait en combler plus d'un.

  • Duree 16 /20

    Difficile d'estimer la durée de vie d'un titre comme Risen, où la frontière entre trame principale et quêtes secondaires n'a jamais été aussi ténue. Disons qu'il vous faudra une quarantaine d'heures de jeu pour en venir à bout, sans en avoir épuisé tous les challenges et sans avoir exploré les moindres recoins de l'île de Faranga.

  • Son 14 /20

    Kai Rosenkranz est une fois de plus à la baguette ; ses compositions mélancoliques très réussies sont pour beaucoup dans l'ambiance du jeu. A côté de ça, on peut se montrer quelque peu déçu par les bruitages, trop discrets dans l'ensemble. Enfin, les doublages en français, qui ont pourtant bénéficié d'un casting solide, se révèlent de qualité inégale.

  • Scénario 15 /20

    Le scénario de Risen est assez classique, même s'il ménage quelques surprises tout au long des quatre chapitres autour desquels il s'architecture. Mais ce sont surtout la solidité du background, la qualité du bestiaire, l'IA collective des PNJ et les nombreuses quêtes à dénouement alternatif qui font de ce titre une expérience plaisante durant laquelle le joueur écrit sa propre histoire.

Durant les premières heures passées à arpenter l'île volcanique de Risen, où le mot d'ordre est la survie, vous aurez l'impression de vous adonner à une simple variante de Gothic. Puis, à la faveur d'une progression lente, mesurée et crédible, le titre exercera sur vous son irrésistible pouvoir d'attraction. Terriblement exigeant, jusque dans ses combats très techniques, le nouveau Piranha Bytes perpétue les qualités de ses prédécesseurs tout en se montrant plus gratifiant que jamais. Doté d'une IA très convaincante et d'un univers dense et riche, source de multiples interactions physiques et sociales, Risen est un excellent jeu de rôle qui affiche un degré de finition inespéré.

Profil de pixelpirate
L'avis de pixelpirate
MP
Journaliste de jeuxvideo.com
30 septembre 2009 à 17:57:56
17/ 20
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L'avis des lecteurs (242)
Lire les avis des lecteurs Donnez votre avis sur ce jeu !
15/ 20
Mis à jour le 30/09/2009 Voir l'historique
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