Test Leisure Suit Larry : Box Office Bust- PC

PC

Leisure Suit Larry est l'exemple type de la licence décadente. Le dernier épisode en date, Magna Cum Laude, qui avait troqué l'érotisme caractéristique de la série contre une vulgarité outrancière, était aux premiers Larry ce que American Pie est à Woody Allen. Team 17 a donc choisi de changer de cap dans ce nouvel opus intitulé Box Office Bust : adieu le jeu d'aventure, place à un GTA-like dans l'univers du cinéma. Que reste-t-il de Larry ? Réponse dans les lignes qui suivent.

Leisure Suit Larry : Box Office Bust

Les inconditionnels de Leisure Suit Larry attendaient beaucoup des développeurs expérimentés de Team 17 qui, bien avant de nous offrir la série des Worms, avaient pas mal oeuvré pour l'Amiga (Alien Breed, Project X, Body Blows). Pourtant, force est de constater qu'après la disparition de l'humour caractéristique de la série dans Magna Cum Laude (au profit de situations bien trop explicites), le studio anglais achève de la vider de sa substance en lui ôtant sa composante aventure. Box Office Bust est en effet un "bête" jeu d'action, qui aligne des missions très convenues dans un univers "ouvert" à la GTA (en l'occurrence un studio de cinéma). Vous pouvez grimper et fureter un peu partout, conduire des véhicules et renverser des passants si ça vous amuse. Quand vous en aurez assez, il ne vous restera plus qu'à déclencher la mission suivante en ralliant un point particulier de la carte. A votre grand désarroi, vous prendrez alors part à des séquences de plates-formes, de tir ou de combat. Bon, les jeunes femmes aux décolletés pigeonnants sont toujours de la partie : secrétaires ou actrices, elles pullulent même dans le studio. Mais vous ne pouvez leur parler librement et n'avez donc aucune chance de prendre un râteau en essayant de les draguer. Bref, Larry est mort. Mort et enterré. Vous êtes averti. Si le jeu vous intéresse encore, on va tout de même vous le décrire un peu plus en détail.

Test Leisure Suit Larry : Box Office Bust PC - Screenshot 77Cette scène entre lesbiennes est à peu près ce que vous trouverez de plus subversif dans le jeu.

A l'instar de Magna Cum Laude, vous y dirigez non pas Larry Laffer, mais son neveu Larry Lovage, qui a bénéficié d'un sacré lifting pour l'occasion : le quadragénaire aux tempes dégarnies que l'on devinait encore sous les traits cartoonesques du précédent épisode s'est mué en un jeune ado branché travaillé par ses hormones. Larry L., dont le studio de production cinématographique est florissant, demande à Larry V. de l'aider à débusquer une taupe qui ne cesse de révéler à la presse des potins inavouables. Pour ce faire, le jeune Larry doit infiltrer le studio et ses employés. D'abord au service de Al l'homme à tout faire (clin d'oeil à Al Lowe le créateur de la série ?), il travaillera par la suite pour plusieurs responsables successifs, effectuant pour l'occasion des petites missions sur les différents plateaux de tournage. De fil en aiguille, on lui proposera même de tourner dans de petites séquences, mais pas forcément les scènes de sexe auxquelles il aimerait prendre part. Larry pourra tout de même jouer les premiers rôles en s'endormant près d'une affiche de cinéma et en rêvant au film dont elle fait la promotion. De "Crokeback Moutain" à "Britanic", ces parodies axées sur l'action s'avèrent hélas peu drôles. Qu'il soit ou non en dessous de la ceinture, l'humour très immédiat, basé sur des références connues du public, tombe souvent à plat.

Test Leisure Suit Larry : Box Office Bust PC - Screenshot 78Les combats sont imprécis et mous du genou. Certains "rêves" de Larry les alignent pourtant.

A côté de ça, la progression dans le jeu est d'une linéarité totale. Les missions vous sont confiées les unes à la suite des autres, sans qu'aucun choix ni aucune tâche secondaire vous soit proposé. Elles se révèlent de surcroît aussi ennuyeuses que convenues : ramasser des pages de script qui se sont envolées, jouer les facteurs en se rendant d'un point A à un point B, doubler un acteur dans une scène de combat... De temps en temps, une mission tente timidement de rappeler que vous êtes dans un Leisure Suit Larry, comme celle qui consiste à prendre en photo des lesbiennes en train de se tripoter sur le toit d'un bâtiment. Mais les situations restent en général assez soft et insipides. On regrette également que les personnages féminins évoquent davantage les bimbos écervelées de Magna Cum Laude que les femmes fatales qui jouaient au chat et à la souris avec Larry dans les premiers épisodes. Sachez qu'à côté des scènes "de rêve" qui mettent l'accent sur l'action en propulsant Larry dans la peau d'un acteur, on vous propose également de jouer les réalisateurs en supervisant quelques séquences de tournage. Ce sera l'occasion de vous adonner à un mini-jeu qui consiste à sélectionner la meilleure caméra possible en fonction du positionnement des acteurs et de l'intensité de la scène. Autant vous prévenir : ces phases de jeu sont inintéressantes et soporifiques.

Test Leisure Suit Larry : Box Office Bust PC - Screenshot 79Imaginez ce que peuvent représenter ces phases de jeu avec une caméra hystérique et des ralentissements.

Quant à l'aspect GTA mis en avant, il se révèle tout aussi inutile. Le studio de cinéma, dont on fait le tour plus vite qu'on ne le pense au départ, propose une liberté de mouvement bien superflue vu le peu de possibilités octroyées : il est impossible d'engager la conversation avec les personnes croisées, la conduite des véhicules est sympa mais vite lassante, les Oscars ramassés çà et là n'ont qu'une utilité statistique et la possibilité de changer de costume serait amusante s'ils étaient plus nombreux. Mais l'aspect le plus décevant dans Box Office Bust, c'est encore sa réalisation. Le rendu visuel s'appuie sur l'Unreal Engine 3 pour afficher des personnages bien modélisés et des environnements aux textures travaillées. Mais le reste n'est qu'un gigantesque naufrage technique. Il y a d'abord ces nombreux ralentissements, qui surviennent aussi bien sur PC que sur Xbox 360. Couplés à une caméra qui n'en fait qu'à sa tête (et qu'il n'est possible de recentrer qu'en extérieur), ils rendent les phases de plates-formes particulièrement pénibles à négocier. Il faudra aussi compter sur une gestion hasardeuse des collisions, qui nuit à l'exécution des différents mouvements de Larry (les sauts en particulier) ainsi qu'au réalisme des phases de conduite. Face à ces lacunes techniques, on se demande bien ce qui a pris à Team 17 de vouloir centrer son jeu sur l'action.

Pixelpirate, le 03 avril 2009

Les notes

  • Graphismes 10/20

    Leisure Suit Larry : Box Office Bust n'a pas à rougir de sa plastique. En revanche, dès que cet univers cartoon et coloré s'anime, les choses se gâtent : nombreux ralentissements (même sur de grosses configurations PC), bugs de collision, problèmes de caméra... Rien ne vous sera épargné. Comme quoi il ne suffit pas toujours de s'appuyer sur un moteur graphique renommé.

  • Jouabilité 5/20

    Le gameplay, qui aurait pu se révéler agréable à défaut d'être très étoffé, souffre de trop nombreux problèmes techniques (caméra hystérique, gestion des collisions, chutes de framerate) pour délivrer un quelconque plaisir de jeu. D'autant que la difficulté à passer certaines séquences de jeu provient davantage des soucis de jouabilité que de la présence du chronomètre.

  • Durée de vie 11/20

    La durée de vie du titre variera en fonction des joueurs : entre ceux qui ne s'acquitteront que des missions principales et ceux qui prendront part aux "rêves" de Larry (souvent longs) et fouilleront le studio de fond en comble à la recherche de tous les Oscars, on peut estimer que Box Office Bust offre en moyenne une dizaine d'heures de jeu.

  • Bande son 8/20

    On a la sale impression que seules les voix, non doublées en français, ont été suffisamment travaillées (des stars américaines comme Carmen Electra se sont prêtées au jeu). Le reste souffre d'un manque cruel de vie : la plupart des personnages restent muets comme des carpes (mêmes quand ils sont disposés comme s'ils étaient en train de discuter) et les bruitages sont trop discrets.

  • Scénario 7/20

    L'histoire est ennuyeuse, les personnages n'ont aucune épaisseur, les missions sont insipides et l'humour, moins vulgaire et moins subversif que dans Magna Cum Laude, fait rarement mouche en dépit de toutes les références cinématographiques qui sont exploitées. Rendez-nous Al Lowe et son Larry Laffer !

  • Note Générale7/20

    Ce n'est pas Leisure Suit Larry : Box Office Bust qui permettra à la licence de redorer son blason. Soucieux de ne pas trop s'aventurer sur le terrain glissant et incertain de l'humour coquin et de la subversion, les développeurs de Team 17 ont pris le parti de couper la série de ses racines et d'en faire une sorte de GTA à Hollywood. Mais encore fallait-il assumer ce choix en dotant ce jeu centré sur l'action de missions intéressantes et d'une technique à toute épreuve, ce qui est loin d'être le cas. En dépit de son petit prix, Box Office Bust n'a donc pas la moindre chance de convaincre le joueur, qu'il soit fan de la série ou nouveau venu.

    La note de la rédaction est une appréciation de la qualité générale du jeu, mais n'est pas une moyenne arithmétique des différents critères.

  • Note Lecteurs 5/20

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