Test Aquaria- PC

PC

Quelles que soient les qualités des grosses productions, l'originalité et la fraîcheur doivent (trop) souvent être cherchées du côté du jeu indépendant. Ode à la beauté et au plaisir vidéoludique, Aquaria nous prouve s'il le fallait que patience et passion sont des ingrédients bien plus efficaces que l'argent.

Aquaria

Il ne nous aura pas fallu plonger dans les profondeurs de la production indépendante pour aller chercher une petite perle comme Aquaria : son titre de "Jeu de l'Année" remporté à l'IGF 2007 lui a déjà valu d'être mis sur le devant de la scène, le bouche à oreille s'étant chargé du reste. Mais si, comme nous, vous étiez néanmoins passé à côté, vous aurez sans doute plaisir à découvrir, tout au long de ces lignes, en quoi il mérite amplement ce prix ainsi que la note qui figure au bas de cette page. D'autant que Bit-Blot, le studio à qui l'on doit ce titre d'exception, n'est composé que de deux développeurs, deux amis répondant aux noms de Derek Yu et Alec Holowka. Deux noms qui méritaient d'être cités. Sachez également avant de pénétrer dans l'univers envoûtant d'Aquaria qu'il ne s'agit ni d'un jeu casual ni d'un "petit" jeu comme on en trouve beaucoup sur le net. Sa richesse, sa durée de vie, sa difficulté et son refus de prendre le joueur par la main sauront vous le prouver.

Test Aquaria PC - Screenshot 10Disséminés un peu partout, ces cristaux rouges vous permettent de sauvegarder votre progression.

Difficile de définir à quel genre appartient Aquaria, habile mélange d'aventure et d'action qui alterne les séquences d'exploration et de shoot'em up. Il est sans doute plus facile d'en distinguer les influences, et notamment celle qui, plus que toutes les autres, revient dans la bouche des joueurs : Castlevania. L'imbrication des différentes zones de jeu dans un tout cohérent, l'acquisition progressive de pouvoirs permettant de débloquer des lieux préalablement inaccessibles, les confrontations avec les boss, l'importance de la musique... : nombreux sont les points communs qui poussent à considérer Aquaria comme un Castlevania sous-marin. Il serait pourtant réducteur d'en parler en ces termes, tant les développeurs de Bit-Blot o-nt doté leur jeu d'une personnalité propre, qui se dégage aussi bien de l'univers dépeint que de l'histoire qu'ils prennent la peine de nous raconter. Au centre, on retrouve Naija, une petite naïade qui, pour autant qu'elle se souvienne, a toujours vécu au fin fond des océans. Alors que la solitude commence à lui peser, elle se voit offrir une vision par un étrange individu, une vision qui la pousse à explorer plus avant le royaume sous-marin dans lequel elle évolue. Au fond de son coeur, Naija désire percer les mystères de l'origine du monde, mais aussi comprendre le rôle qui lui est dévolu.

Test Aquaria PC - Screenshot 11Un sentiment de grandiosité s'empare de votre petit personnage perdu dans ces décors immenses et sublimes.

La première heure de jeu, juste fabuleuse, témoigne du soin apporté à la narration et à l'immersion du joueur dans cet univers de fantasy sous-marine. Sans savoir vraiment ce qu'elle est venue y chercher ni ce qu'elle va y trouver, Naija explore avec crainte et émerveillement de magnifiques environnements peuplés d'une faune face à laquelle elle est désarmée et impuissante. La seule chose qu'elle sache faire ? Chanter, comme toutes les naïades. Une simple pression sur un bouton ouvre un menu radial constitué de notes colorées que vous pouvez lui faire fredonner. Cela lui permet d'agir sur l'environnement (certaines plantes aquatiques s'ouvrent pour lui faire don de leur fruit), mais aussi de résoudre les énigmes musicales fréquemment rencontrées. Au fur et à mesure de son épopée aquatique, Naija découvre les vestiges d'anciennes civilisations et y récupère des combinaisons musicales lui servant à activer des pouvoirs (invoquer un bouclier déflecteur, déplacer de gros rochers...) ou à se métamorphoser. Les différentes formes qu'elle peut emprunter (énergie, bestiale, solaire, poisson...) la dotent de capacités uniques, utiles pour franchir certains obstacles, résoudre certaines énigmes ou affronter certains boss. Certaines formes la rendent même plus offensive en lui procurant des capacités de tir comme dans n'importe quel shoot'em up.

Test Aquaria PC - Screenshot 12Les environnements sont labyrinthiques. Vous disposez heureusement d'une carte et d'une mini-map.

Naija peut ainsi affronter la grande diversité de créatures rencontrées : poissons, hippocampes, pieuvres, crustacés et autres créatures aquatiques moins avouables. Sans oublier les boss, aussi impressionnants qu'agréables à combattre vu que le moyen de les vaincre ne vous sera pas donné et qu'il vous faudra toujours faire preuve d'ingéniosité. De manière générale, Aquaria ne vous prend jamais par la main pour vous montrer ce qu'il faut faire ni où il faut aller : l'exploration de l'univers vaste et labyrinthique est le fondement d'une progression basée sur l'initiative et la curiosité. Le jeu regorge de secrets à découvrir, d'items bonus à débloquer (costumes, mobilier, mémoires de Naija) et de zones inaccessibles à revenir explorer après avoir acquis certains pouvoirs (il est heureusement possible de voyager à dos de tortue pour écourter certains trajets). On vous propose même des boss secondaires, contre lesquels l'affrontement est facultatif, sachant que vous êtes susceptible d'y gagner un "familier" qui vous accompagnera dans votre périple, ou bien encore une recette de cuisine. Eh oui, cela peut vous surprendre mais Naija est un vrai petit cordon bleu, et ça tombe bien vu que les fonds marins regorgent d'ingrédients dont elle peut se servir pour concocter des potions aux effets divers et variés (regain de vie, vitesse accrue...).

Test Aquaria PC - Screenshot 13Naija a la possibilité de s'accrocher aux parois, ce qui peut se révéler très utile contre certains boss.

Ce gameplay très convaincant est soutenu par une jouabilité d'autant plus irréprochable qu'elle offre différentes possibilités de contrôle : à la souris, au clavier ou à la manette de jeu, sans qu'il soit possible de dire laquelle se révèle la plus efficace (ça dépend de vous !). Seul bémol : la difficulté à distinguer certaines couleurs proches dans le cercle chromatique des notes. Les graphismes en 2D sont quant à eux somptueux, en dépit d'une animation perfectible (voir les sprites des monstres se retourner comme des feuilles lorsqu'ils font demi-tour choque un peu au début). Mais la véritable clé de voûte d'Aquaria, c'est sa musique vraiment exceptionnelle, et je pèse mes mots. Dès le menu du jeu, elle vous plonge (littéralement et sans jeu de mots idiot) dans un univers sonore dont vous n'émergerez qu'avec peine. Alec Holowka, dont les talents de musicien poussent à l'admiration, a conçu une bande-son dynamique sous la forme de boucles musicales douces et poétiques qui se répètent à l'envi (comme dans toute musique séquencée) et dont l'évolution et les variations sont suscitées par les découvertes successives de Naija. Utilisé dès l'introduction, ce procédé confère à la progression une force émotionnelle fantastique qui risque de vous donner les larmes aux yeux. C'est le point d'orgue d'un jeu magistral dont vous vous devez au moins d'essayer la démo disponible.

Pixelpirate, le 06 mars 2009

Les notes

  • Graphismes 15/20

    Fins, détaillés, colorés, ils prouvent que la 2D n'a pas dit son dernier mot. Seule l'animation déçoit un peu, peut-être parce qu'on a perdu l'habitude de voir évoluer des sprites. Mais que pèse la technique devant une telle réussite esthétique ?

  • Jouabilité 17/20

    Le gameplay, qui emprunte beaucoup à la série des Castlevania, n'a rien de révolutionnaire, mais sa mise en oeuvre (chants et formes de Naija) le rend diablement séduisant. La maniabilité est elle aussi très convaincante. A noter que le jeu prend en charge le pad Xbox 360.

  • Durée de vie 15/20

    Aquaria se boucle en une vingtaine d'heures de jeu, sachant qu'il vous en faudra un peu moins si vous fendez les eaux comme un dauphin en rut et un peu plus si vous voulez découvrir les nombreux secrets du jeu. A noter qu'il propose même un éditeur de niveaux !

  • Bande son 19/20

    La quasi-perfection. Seule ombre de reproche : la musique séquencée (digne d'un Klaus Schulze au mieux de sa forme) et le bruit de vos tirs ont tendance à éclipser les sons environnementaux qu'on aurait aimé entendre un peu plus. La voix de la narratrice est superbe et touchante.

  • Scénario 16/20

    Fin, sensible, intéressant et émouvant, le scénario d'Aquaria prouve qu'un shoot'em up peut se doter d'une véritable histoire pour peu qu'on prenne la peine de s'y atteler.

  • Note Générale17/20

    Aquaria est un magnifique ballet aquatique dont la sensibilité et la poésie risquent de vous tirer quelques larmes. Reprenant des mécanismes de jeu issus entre autres de la série des Castlevania, il réussit à se doter d'une personnalité propre grâce à sa jouabilité inventive, son esthétique irrésistible et sa bande-son d'une prodigieuse efficacité, qui vous immerge littéralement dans l'hypnotisante beauté des fonds marins. Oui, les superlatifs sont de sortie, mais peut-il en être autrement face à un jeu de cette trempe ?

    La note de la rédaction est une appréciation de la qualité générale du jeu, mais n'est pas une moyenne arithmétique des différents critères.

  • Note Lecteurs 17/20

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Infos jeu

  • Aquaria
  • Afficher recto jaquette
  • Editeur : Bit Blot
  • Développeur : Bit Blot
  • Type : Aventure / Shoot'em up / Réflexion
  • Support : Disponible uniquement en ligne
  • Multijoueurs : non
  • Sortie France : 7 décembre 2007
  • Version : jeu en anglais
  • Config minimum : Processeur 1,6 Ghz, 256 Mo de Ram, 200 Mo d'espace libre sur le disque dur, connexion internet haut débit
  • Web : Site web officiel
  • Existe aussi sur :
    Aquaria - iPhone/iPod Aquaria - Mac
Mots-clefs : Aquarica

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