Doom... Rien que le nom rappelle des millions de souvenirs à plusieurs générations. Que dire de ce Doom 3? Difficile d'être objectif quand on a connu Doom 1 à sa sortie et qu'on y a joué des heures. Ensuite Doom 2, Final Doom, Eternal Doom et plein de Megawads incroyables comme Memento Mori, Icarus, etc.
Déjà il faut savoir qu'à l'époque, pour faire tourner Doom 3, il fallait du matos sérieux. Le jeu aurait presque dû être gratuit avec la carte graphique optimale du moment. Mais bon, c'est un détail, surtout aujourd'hui.
Si on met la notion de "Doom" de côté, on est face à un FPS incroyable. Graphiquement bien devant ses confrères de l'époque. Action garantie et graduelle. Les ennemis popent un peu partout et pas toujours là où on les attend. C'est intelligemment fait, dynamique et vraiment efficace.
Alors pourquoi 15/20? Deux raisons qui me semblent tellement évidentes que je suis étonné que ça n'ait pas interpellé plus de monde à l'époque. Sans doute certainement parce que le jeu est objectivement excellent et que tout le monde s'en foutait alors de ces deux raisons là.
La première, la moins importante, est l'ambiance musicale. Dans Doom 1 et Doom 2 (ainsi que dans tous les Megawads qui ont suivi) il y avait une réelle recherche musicale et une ambiance bien spécifique entre métal et electro qui donnait une couleur très typée au soft.
La seconde, qui aura été ma plus grande déception, est le jeu au sens propre du terme. Oui Doom 3 est un jeu bourrin et gore qui reprend tous les monstres emblématiques de la licence avec un rythme endiablé démentiel... Mais le jeu "Doom", qu'est-ce que c'est ? C'est avant tout un jeu d'exploration dans des niveaux découpés en labyrinthes de plus en plus complexes sous forme de villes, temples, donjons, châteaux et autres zones industrielles futuristes. Trouver la clé rouge qui ouvrira la porte route qui donnera accès au crâne rouge qui lui ouvre la grille rouge derrière laquelle se trouve la clé bleu qui... etc. Doom était avant un jeu où on zonait à droite à gauche et où il fallait retrouver les éléments clés qui nous permettaient de passer de niveau en niveau jusqu'au boss final. La survie était une excuse et le bourrinage un moyen. Mais la véritable âme de Doom restait la recherche de clés pour avancer. On passait énormément de temps sur la carte à trouver la façon d'atteindre un objet qu'on voyait mais qui était inaccessible. Il y avait des faux murs, des trappes camouflées, des passages secrets un peu partout...
Si Doom 3 est un FPS excellent (et son add on encore plus), ça reste à mes yeux un non-Doom qui utilise le nom et les monstres pour plaire au grand public. Mais dans l'âme des puristes, le jeu est passé à côté de son pari.