Dire que j'attendais ce remake était un doux euphémisme. Parmi les rares épisodes que je n'avais pas fait avec le 10 (MMO exclusif au Japon), la trilogie originelle me faisait de l'oeil depuis un moment. La sortie de cet opus tombait donc à pic. À la sortie, j'ai été content de cette découverte même si certains éléments (neufs ou anciens) ne m'ont pas entièrement convaincu.
Vous êtes donc un jeune héros chargé de défaire Baramos, le seigneur du mal , comme votre père disparu mystèrieusement. Une fois vos trois autres compagnons choisis (tous personnalisables avec leur classe unique), vous voilà prêt à partir à l'aventure. Comme tout Dragon Quest, la narration viendra principalement des multiples quêtes qui vous seront confiées dans les différents villages jusqu'au grand final. L'avancée (compter une trentaine d'heures minimum pour en voir le bout) est divisée en trois : le premier continent, la recherche des 6 orbes puis l'affrontement final. Oui, c'est basique, oui, certaines quêtes ont vieilli et pourtant, ça fonctionne toujours autant.
Visuellement, la HD 2-D bonifie le jeu notamment les villes, les animations, les sprites divers et variés créés par Akira Toriyama sans oublier les sorts que vous verrez très souvent lors des affrontements. En revanche, avoir voulu rendre les déplacements sur terre, mers ou dans les airs à échelle humaine (contrairement à la démo de 2021 où tout était plus compact comme dans les premiers DQ) rend l'exploration particulièrement pénible au bout d'un moment. Sur le papier, pourquoi pas mais la vitesse de déplacement reste lente (il aurait fallu rajouter une vitesse supplémentaire comme celle des combats), cela se voyant d'autant plus dans les donjons où l'on crapahute des heures ce qui enclenche de nombreux combats.
Car oui, des combats, vous en aurez. Beaucoup. Si la zone tuto est simple et que votre première mission vous mettra dans le bain, la suite commence sérieusement à piquer le derrière. Pour moi, la presse n'a pas assez insisté sur ce point : DQ 3 est un jeu dur, peut être plus que l'original ou le remake SNES. En effet, il n'est pas rare de tomber sur des groupes de 4-5 ennemis qui peuvent attaquer deux fois par tour, pouvant raser la totalité de votre équipe même à haut niveau. Et arriver au bout d'un donjon, exténué, sans de trop de mana, il n'est pas rare de se retrouver face à un boss bien balaise. Certains petits malins seront tenter d'utiliser le mode facile (vous aurez toujours 1 PV quoi qu'il arrive) mais la fréquence des affrontements restera la même.
Et en ça, il y a une raison, le système de vocation : lorsque l'un de vos compagnons atteindra le niv 20, il pourra en changer à l'abbaye. Il conservera les aptitudes et une parmi de ses caractéristiques mais retournera niv 1. Le champ des possibles (qui sera bonifié dans DQ 6 avec les classes avancées) est gargantuesque permettant de nombreuses combinaisons. En revanche, cela inclut de farmer très souvent si vous voulez obtenir la meilleure équipe ou que l'un de vos alliés ne soit pas en décalage avec le reste du groupe. À noter que la classe monstrologue est sympathique sans plus si vous ne cherchez pas les monstres éparpillés ici et là.
Si les ajouts de conforts (téléportation n'importe où, vitesse, recommencer un combat immédiatement...), l'arène de monstres est anecdotique et de nombreux temps de chargements lors des transitions entre deux zones sont présents.
De mon point de vue, si vous connaissez la licence et qu'une expérience rétro ne vous fait pas peur en 2024, foncez. Si vous souhaitez découvrir DQ, mieux vaut prendre le 11. Pour ma part, même si ce n'est pas un coup de coeur, j'attends impatiemment la sortie du 1 et du 2 en 2025.