Ghosts'n Goblins Resurrection mix et revisite avec brio les deux premiers titres de cette saga mythique qui ont fait les beaux jours des salles d'arcade et des consoles 8 et 16 bits à savoir : Ghosts'n Goblins et Ghouls'n Ghosts.
Réputé pour être l'une des séries les plus difficile de l'histoire de ce média, G'n G Resurrection ne déroge pas à la règle instaurée par ces aînés. Ce dernier nous en fait voir de toutes les couleurs, mais c'est un plaisir masochiste dans lequel on aime revenir afin de connaître toutes les ficelles de game design, de découvrir des nouveaux secrets, d'acquérir des nouveaux pouvoirs et d'en augmenter leur niveau via l'arbre de compétence et d'améliorer notre skill. Le défi que représente ce type de jeu (action/plateforme, die & retry) flatte quelque peu notre propre ego de gamer persévérant lorsqu'on atteint les objectifs qu'on se fixe.
Bien qu'elle soit loin de faire l'unanimité, j'ai trouvé la D.A. façon livre de contes très jolie et en parfaite harmonie avec l'univers medieval-fantastique très coloré du jeu. Le level design piégeux est bourré d'inventivité. Les thèmes musicaux repris des anciens sont plutôt bons dans l'ensemble, quoique ces remix aux sonorités synthétiques ne sont pas à la hauteur de la musique instrumentale classique de Super Ghouls'n Ghosts.
Au rayon des reproches, on regrettera, comme ce fut déjà le cas dans les opus précédents, un trop grand déséquilibre dans l'efficacité des armes. Mis à part la dague (de très loin la meilleure arme), la lance (correcte) et l'arbalète qui peut s'avérer très pratique contre les ennemis de grande taille et les boss volants, les autres sont plus pénalisantes qu'autre chose, voir même inutilisables contre certains boss. Mention spéciale au marteau qui est particulièrement inadapté au game design du jeu. En revanche, à défaut d'être efficace en toutes circonstances en tant qu'arme, la boule à pointes a son utilité, elle permet de dénicher facilement les secrets enfouis dans le sol. Par ailleurs, il arrive assez fréquemment que le manque de visibilité nous fait prendre une arme involontairement dans le feu de l'action quand l'écran grouille d'ennemis. Sans parler de celles placées à des endroits que l'on ne peut éviter, je fais allusion aux armes lâchées par les ennemis, bien entendu. Cela dit, à l'instar des sauts incontrôlables et approximatifs, des hitbox parfois douteuses et de la lenteur de notre preux chevalier, la plupart de ces éléments caractérisant le gameplay sont inhérents à cette licence. Se voulant fidèle à ses ancêtres, il n'est donc guère surprenant de les retrouver.
L'aspect aléatoire de certains boss (ex : le Cerbère) dans l'enchaînement de leurs paternes, les rends imprévisibles, malgré leur nombre restreint d'attaques différentes. Notre réussite dépend donc d'une part de chance qui peut déplaire. Plus globalement, le hasard est plus que jamais déterminant dans ce remake.
G'n G Resurrection ne laisse pas de place au doute quant à sa difficulté, avec Ghosts'n Goblins premier du nom (1985), on est indiscutablement face à l'opus le plus difficile et injuste de la saga. Les seules différences notables, et non des moindres, rendant le plus récent des deux plus facile à terminer sont les vies infinies et les checkpoints (bannières) plus nombreux. Tout comme ces prédécesseurs la rejouabilité est infinie, même après de nombreuses années le plaisir ou plutôt devrais-je dire la souffrance ressentie en le refaisant demeura selon toute vraisemblance intact. Beau, addictif, entêtant et diaboliquement punitif, Ghosts'n Goblins Resurrection est le jeu marquant de ce début d'année 2021. Un bel hommage aux jeux mangeurs de pièces.
Ma note : 17,5/20