GRAPHISMES :
sans vous exposer la rétine, le titre met surtout l'accent sur l'immersion. L'ambiance est à mi-chemin entre Lovecraft et Sapkowski (The witcher). Les décors prennent essentiellement place en extérieur et en forêt, avec une certaine redondance sur les grottes. Visuellement, ça reste propre et stable malgré quelques petits bugs d'affichages mineurs qui n'entachent nullement l'expérience. J'ai néanmoins remarqué que les animations faciales des personnages, surtout celles des PNJ, auraient pu être un peu plus travaillées et manquaient de fluidité. C'est un peu raide et en retard sur les standards actuels. Côté textures, là encore, on n'est pas au niveau de ce que proposent les plus gros AAA du moment, mais l'intérêt principal du titre est ailleurs et tire son épingle du jeu à travers d'autres aspects.
SON :
Rien à redire. Les musiques se font discrètes le plus souvent, mais les thèmes sont d'excellente facture et collent bien à l'ambiance globale du jeu. J'ai noté quelques maladresses de transitions par ci par là, mais ça reste marginal. J'ai personnellement adoré certains effets sonores horrifiques parfois bien flippants. Je vois recommande d'ailleurs de jouer au casque, effet garanti.
GAMEPLAY :
Impossible de ne pas comparer le titre à God of War pour ce qui est des déplacements des personnages et de la progression dans les niveaux. Banishers offre un monde en "couloirs", mais suffisamment étoffé et vaste pour vous rapprocher le plus possible du sentiment de liberté d'un open world. La carte est grande sans être vaste, les niveaux regorgent de secrets et de coffres à découvrir (pour le plus grand bonheur des fans de trophées).
Les combats offrent une dynamique assez proche, là encore, de God of War, sans pour autant en avoir le même dynamisme ni la même variété dans les enchaînements et les attaques. Il y a bien un arbre de compétences dont l'originalité réside surtout dans le fait de faire converger et combiner les compétences des deux personnages, afin de les rendre plus forts ensemble. Mais le résultat reste assez répétitif, d'autant plus que le bestiaire l'est également. Peu de variétés dans les esprits malveillants à combattre. On alterne entre des loups, des esprits fantomatiques, des boss,... Rien de transcendant même si ça fait la taf tout de même.
Je note enfin une petite déception concernant l'inventaire et les boutiques, dont l'utilité est assez anecdotique. On peut vendre et acheter mais au final, ça n'impacte pas réellement la progression du perso. Il n'y a vraiment qu'en combattant qu'on fait évoluer l'arbre de compétences et les artefacts de votre équipement ne font que pousser vos pourcentages sans avoir à faire trop d'efforts pour y parvenir.
DUREE DE VIE :
En ce qui me concerne, j'y ai passé environ 70 heures, sans rusher mais sans poncer la carte non plus. Le coeur du jeu, selon moi, réside dans les quêtes secondaires (qui ne le sont pas tant que ça d'ailleurs) : les cas de hantise. Cela consiste en une sorte d'enquête au cours de laquelle on doit résoudre un conflit entre des PNJ, dans le but de chasser un esprit plus ou moins malveillant. Ce qui est assez génial, c'est que chaque fin de cas vous impose de prendre une décision difficile qui contribuera à influencer la fin du jeu. Je n'en dirai pas plus à ce sujet.
CONCLUSION :
Malgré quelques petits défauts, un scénario un petit peu bavard et une gestion RPG limitée, Banishers offre une belle expérience de jeu, avec une ambiance très immersive qui parvient sans trop de mal à faire oublier une certaine répétitivité dans les combats. L'intrigue principale, boostée par des quêtes secondaires extrêmement bien écrites pour la plupart, propose une qualité de développement élevée et plutôt rare pour un jeu solo, par les temps qui courent. L'équilibre bastons / enquêtes permet de ne jamais s'ennuyer. Si vous aimez l'univers "fantômes / magie / sorcellerie" de The Witcher et les bastons nerveuses de God of War, ce titre est pour vous.