14/20 — Assez bon
Forspoken, autrefois Project Athia nous a subjugués avec son premier Trailer énigmatique. Et dans les mois qui ont suivi, d'autres vidéos ont laissé un goût d'ordinaire et d'effroi chez les plus curieux. Enfin, la démo déterminante, est venue débarquer de nombreux joueurs, convaincus que le titre de Square Enix n'est rien de plus qu'un AAA vide et prétentieux. Autant dire que je suis moi même un peu embêté en écrivant ces lignes. Parce que même si je resterai sur une impression globalement positive (j'ai terminé le jeu à 100%, c'était long), Forspoken est bradé. Une entrée en matière douteuse dans un New-york hideux, puis une introduction navrante dans un univers dimensionnel vu et revu mais surtout, un bracelet pipelette en guise de partenaire et Frey, une nouvelle héroïne exécrable qui n'a qu'un seul but; râler. Frey est présentée comme une fille solitaire et délaissée, paumée, mais la magie d'Athia va évidemment la métamorphoser. Krav le bracelet bavard va être son guide exigeant et pour nous, une voix assommante. Non pas que ce soit mal doublé, ni Krav, ni les autres personnages... mais Frey et Krav n'ont pas plus de 20 lignes de dialogue entre eux dans le monde ouvert. Les scènes d'action/petits affrontements sont légion, c'est donc très vite pénible, d'autant qu'encore une fois, Frey brancarde sur elle une forme d'ingratitude appuyée, ça passe par des vannes gênantes et même des insultes ridicules. Elle aurait mérité un traitement plus mature. Concernant le monde ouvert, j'ai rapidement apprécié le voyage. J'ai pris beaucoup de plaisir à compléter les zones...des grandes zones déterminées par des paysages denses magnifiquement éclairés. L'exploration est parfois contraignante ou mal pensée (vous n'avez pas toujours ce qu'il faut pour accéder à telle ou telle zone et le jeu ne vous prévient jamais), mais le plaisir est bien là. Frey doit manipuler des sorts pour venir à bout de son voyage et redonner ses lettres de noblesse à un Athia menacé. Bien sûr, les sorts gagnent en puissance, quitte à transformer carrément le gameplay, surtout au début après des heures passées à gérer la magie de Frey, c'est plaisant à jouer, même si malheureusement les affrontements ne requièrent pas un niveau de compétence très élevé. Chaque sort fera largement l'affaire. Inutile de multiplier les stratégies pour venir à bout des ennemis, le jeu ne s'y prête pas et le niveau des ennemis encore moins. Certaines créatures spectaculaires bien cachées font très mal, mais jamais le jeu ne vous demandera d'utiliser plus de cinq sorts différents pour les terrasser, c'est dommage. Les activités secondaires sont très nombreuses, notamment liées à l'exploration avec des récompenses qui font grandement briller les statistiques du personnage (assez vite), certaines sont donc nécessaires à défaut d'être passionnantes. Le scénario est quant à lui divisé en plusieurs parties, chacune reliée à un personnage magique puissant. C'est divertissant et un peu inattendu au final... mais Frey n'inspire aucune compassion et je le regrette. Je ne sais pas si Forspoken mérite cette réputation de jeu cabossé, sans doute pas, mais il est clair que le jeu est gâché par une caractérisation très caricaturale de l'univers, et de son personnage principal qui sonne totalement faux. Et aussi cette salve de scènes d'action à exécuter en appuyant toujours sur la même touche, des combats rythmés par une seule et unique composition (excellente cela dit). A recommander aux joueurs qui ne recherchent rien de plus qu'une grande aventure classique aux accents épiques.