Game of Thrones : A Telltale Games Series : Le Nord se souvient, sauf de ce jeu
Ah, twins. Like the queen and her brother. Well, hopefully not JUST like the queen and her brother.
I. Le Red Wedding en hors-d’œuvre : bienvenue chez les pauvres
Telltale’s Game of Thrones ne commence pas : il vous étrangle. Tandis que le banquet tourne au charnier, vous êtes jeté dans le tumulte de Westeros comme un nourrisson dans une joute sans tutrice, sans tétine, et surtout sans glossaire. Ce n’est pas une introduction, c’est un piège. Un sudoku incestueux à base d’arbres généalogiques pourris, de drapeaux en peau humaine, et de noms propres défilant plus vite que la libido de Bronn en foire aux orphelines.
Ici, point de pédagogie : le jeu vous suppose fanatique. Il faut tout connaître les Whitehill (sorte de Lannister ruraux), les Forrester (Stark du déstockage), les Bolton (pourriture certifiée) et la hiérarchie implicite des regards à la Cour. Vous ne savez pas qui tue, baise ou manipule qui ? Retournez jouer à Candy Crush, infâme touriste.
II. Quintette tragique en sol mineur : cinq visages pour une gifle collective
Cinq personnages, comme cinq voix hurlant dans une crypte. Vous les incarnez tous, et pourtant vous ne serez jamais eux. Car dans ce théâtre d’ombres, tout est illusion. Le gameplay reste du Telltale pur jus : trois dialogues, deux choix moraux et un QTE pour tuer votre oncle à la fourchette.
Gared Tuttle, écuyer déporté au Mur, candide en terrain glacial, mélange de Jon Snow et d’un poisson pané.
Ethan, lord prépubère aux décisions molles, digne d’un épisode de L’École des Fans moyenâgeux.
Rodrik, ressuscité manchot plus raide qu’un enterrement de Ned Stark, parfait pour s’engueuler sur fond de ruines fumantes.
Mira, camériste ambitieuse jouant au poker avec Cersei, sans cartes, ni jetons, ni cul.
Asher, exilé à Essos avec la sublime Beskha, seule invention notable du jeu, brutale amazone bisexuelle, sorte de Brienne qui aurait lu Sade en boucle.
Les secondaires ? Cersei, Margaery, Tyrion, Jon Snow, Ramsay, Daenerys, tous présents, tous animés à la truelle. Les acteurs reprennent leurs rôles avec l’enthousiasme d’un stagiaire chez Funéraire Service. Seul Ramsay Bolton perce l’écran, comme un pétard dans une chapelle : sadique, malsain, orgasmique de cruauté. Le reste ? Tyrion sur pilote automatique, Daenerys la sainte-nymphe tétonlogiquement correcte, daigne à peine exhiber ses dragons et surtout pas ses seins, ce qui pour un jeu GoT, frôle la rupture de contrat moral, Margaery, toujours aussi inutile mais plus pixelisée. Enfin, Jon Snow semble avoir oublié son texte.
III. Tourisme de guerre : Westeros, ses murs, ses meurtres, ses morsures
Le jeu vous trimballe dans les cartes postales du continent : le Mur, King’s Landing, Essos, Ironrath... à croire que Telltale s’est dit : “Faisons une visite guidée de la misère en 3D”.
Mais chaque lieu suinte une ambiance sincère :
Le Mur, gelé, lugubre, peuplé de bites gelées et de vœux brisés.
King’s Landing, toujours aussi parfumée de traîtrise, de vin rouge et de foutre princier.
Essos, arène sableuse où Asher court, sue et tue en compagnie de Beskha.
Et Ironrath, forteresse forestière si déprimante qu’elle ferait pleurer un pin.
Malheureusement, l’écriture s’éparpille. Les arcs s’ouvrent, s’ouvrent encore, puis claquent au sol comme des oiseaux mazoutés. Il fallait une saison 2, il n’y en aura pas. Ce récit est un soufflé avorté, une fellation interrompue par un incendie.
Suite du test :
