Difficile de décrire l'expérience Fez. Ce "petit" jeu en 2,3D de plateforme / exploration / réflexion bourré de mystère, ce voyage magnifique dans les méandres du pixel. L'histoire de ce brave Gomez, personnage en 2D dans un monde en 2D, qui découvre un jour la 3D.
D'apparence un très classique jeu de plateforme 2D fait dans un pixel art plein de détail et très soigné, ce jeu nous permet de voir des 4 cotés du "pixel" d'une simple pression de gâchette, et cette mécanique permet des énigmes très inventives. Mais ce n'est pas tout. Outre la variété des décors, dont le point commun est toujours la beauté (je ne suis pas le plus grand fan de pixel art, mais quand il est utilisé comme ici, je m'incline), chaque zone a son petit gimmick de gameplay, sa petite spécificité. Le tout est bercé par une musique complètement folle, toujours en phase avec l'image. Une réussite artistique totale. Une ambiance incroyable. Une aura mystérieuse fascinante. Et des secrets partout.
Le jeu est composé de 2 quêtes si l'on peut dire. La première consiste à récupérer les 32 cubes dorées (soient morceaux par morceaux, soit entier), cela est à la portée de tous et fait plus parler l'aspect exploration du jeu que la réflexion. Cela débloquera la première fin puis le NG+ (où l'on garde tout) qui nous donnera un objet obligatoire pour compléter la 2ème quête du jeu, trouver les 32 anticubes. Et là ce sera plus difficile. Il faudra comprendre le "langage manette" du jeu (comme les cheats code d'antan), déchiffrer des codes grâce à lui, et résoudre des énigmes. Pour ceux qui en veulent encore plus le jeu dispose de son propre alphabet et de ses mathématiques à lui. Tous les détails comptent, et il faudra faire attention à tout pour traduire tous les langages du jeu. La carte est là pour nous aider, elle nous montre tout ce qu'on a oublié dans un tableau (cube doré, coffre, secret). Elle nous évite de chercher pour rien dans un tableau déjà clean et nous permet de savoir facilement où aller dans ce vaste monde pour récupérer ce qu'il nous manque. Ce n'est pas du luxe au vu de la construction du monde, très ouverte et un brin labyrinthique, qui oblige à d'assez nombreux aller - retour malgré la présence de téléporteur.
Le jeu casse régulièrement le 4ème mur, utilisant la liste des trophées pour vous aider à comprendre une mécanique, la vibration de la manette a aussi une utilité extrêmement original pour résolution d'énigme, il y a des codes barres qu'on peut scanner, avoir une feuille de papier et un stylo près de soi sera nécessaire au déchiffrage des codes, etc... Mais tous cela n'est nécessaire que pour débloquer la vrai fin, pas pour finir le jeu normalement. Chaque joueur a donc l'occasion de s'impliquer comme il le veut dans le jeu. Mais personne ne peut prendre sa richesse en défaut.
Au registre des défauts je parlerais de la carte, très pratique oui, original aussi, mais bien peu ergonomique et manquant parfois de clarté. Je parlerais aussi des sauts de ce bon vieux Gomez à l'inertie très daté. Certains trouveront certaines énigmes à la limite de l'insoluble (voir réellement insoluble pour l'une d'entre, oui, même à l'heure d'internet), mais celle là ne sont que bonus, tous comme le déchiffrage de l'alphabet, et ne sont pas du tout nécessaire à l’obtention de la vraie fin. Je ne vois donc pas la dedans un défaut, mais plus une qualité. Si ça vous intéresse vous avez de quoi y perdre des jours, sinon, passez votre chemin, tout simplement.
Ils sont rares les jeux d'aujourd'hui qui ne nous mâche pas le travail, qui ne nous prennent pas pour des idiots, qui nous font vraiment réfléchir. Des jeux qui savent garder une part de mystère, voir un culte du secret. Qui vous font sentir meilleur quand d'un coup, tilt, vous comprenez une de ses mécaniques cachés, et qu'elle vous ouvre de nouvelle perspective.
Un jeu intelligent.