Alors voilà, je vois qu'aucun lecteur n'a posé de test sur PS4 alors je me lance, bien que je ne le fasse pas bien souvent, je tenais à exprimer ma déception sur ce jeu, qui n'est pas mauvais, loin de là, mais qui m'a profondément ennuyé.
Je précise que je suis trés friand de ce genre d'expérience contemplative au gameplay limité, c'est pourquoi je me suis laissé tenter par ce jeu qui m'intriguait depuis sa première bande-annonce, j'ai enfin franchi le pas à l'occasion des soldes sur le PSN. Je ne reviendrai pas sur tout l'aspect technique mais seulement sur le scénario qui est quand même 99% du jeu et pourquoi, à mon sens, il est profondément insuffisant. Si vous n'avez pas fini le jeu, NE LISEZ PAS IL Y AURA DU SPOIL.
D'abord, il faut bien faire la différence entre l'écriture des dialogues et le scénario. Les dialogues donc, sont trés bien doublés et bien écrits mais servent malheureusement un scénario très vain, malgré son incroyable potentiel et surtout, sur ce qu'il nous fait miroiter. Il n'aura échappé à personne que les développeurs ont choisi de partir sur un truc 100% réaliste. Je ne suis pas contre le réalisme et l'exploration de l'insondable âme humaine, mais là, le problème a commencé à m'apparaitre dans la dernière partie du jeu, juste avant la fin (ratée). Concrètement, le jeu va nous plonger dans une paranoïa de plus en plus grande (et qui FONCTIONNE, malgré le fait qu'on sache trés bien qu'il ne peut rien nous arriver a cause des mécaniques de gameplay limitées) avant de faire retomber le soufflet de façon encore jamais vue. J'ai même eu l'impression que le jeu s'autoparodiait lorsqu'à la toute fin, pendant le dernier dialogue entre Henry et Delilah, H résume parfaitement en une seule phrase : "alors qu'est ce qui vient de se passer ? un ancien garde forestier a peut-être tué son fils et décidé de vivre en ermite." "oui c'est ça." POINT. Rien de plus. Rideau. On n'en saura jamais plus sur H et D, alors qu'il y a de nombreuses pistes a explorer : la femme d'Henry ? La raison de la présence de D ? Vont-il se pécho ? Seront-il poursuivis en justice ? Rien, nada. Alors les fins ouvertes, oui, c'est bien, mais quand c'est bien fait. Au delà de cette impression de baclâge sur la fin, la partie "parano" méritait à mon sens qu'on s'y attarde un peu plus car c'est véritablement à partir de ce moment là qu'on se prend au jeu. Mais encore une fois, il ne se passe RIEN. c'est TROP realiste, trop PLAT, trop VAIN. J'en avais franchement marre sur la fin et j'ai quand même eu l'impression qu'on se foutait de ma gueule. J'ai rien ressenti pour le pauvre petit Brian.
Pourtant, dans le même registre, The Vanishing of Ethan Carter est bien meilleur et à au moins le mérite de nous proposer un scénario prenant, cohérent, et conclut magistralement. A l'inverse, dans le minimalisme, Journey restera pour moi une des expériences les plus marquantes de ma vie de joueur. Ce jeu manque d'un truc, d'un petit twist, n'importe quoi me serait allé (Henry qui pète un cable, des aliens, des fantomes, le FBI, NIMPORTE QUOI) mais encore une fois : immense déception.
Ce jeu doit être une métaphore du retour à la réalité. Le surnaturel n'existe pas. Et c'est bien dommage.