Jouer à un jeu plus de 10 ans après sa sortie c'est toujours casse-gueule
Surtout quand on y joue parce qu'on adoré BG3, qu'on a appris que le même studio allait faire un jeu Divinity et qu'on se demande ce que ce studio en question a fait avant comme jeu
Je dois avouer que je n'ai pas été déçu. Si on met à part les graphismes un peu juste, même en les resituant sur l'époque, qui n'est pas le cœur du jeu, le côté RPG rend bien. En fait ce qui en fait l'intérêt presque historique c'est qu'on retrouve tout ce qui va rendre génial BG3 même si ce dernier va pousser nombre de curseurs bien plus loin.
L'histoire est rapidement prenante, partant d'une simple enquête pour finir par sauver le monde tout en détricotant tout un ensemble complexe de croyance, y compris portée par les protagonistes. Ces derniers ne sont plus les mêmes entre le début et la fin, et cela même sans prendre en compte leur destin, et ça c'est fort. Un soin particulier a été porté aux compagnons et leur quête secondaire, je dois avouer que résoudre leur quête quand on a passé 60 heures avec eux est particulièrement réjouissant.
Ceci dit évidemment ce jeu n'est pas parfait (aucun jeu ne l'est, même quand on lui met un 20), le système de personnage est certes classique mais le fait de ne pas avoir accès au système D&D (faute de licence, évidemment) nous donne un bidule hybride peu pratique, si on veut se concentrer sur les combats (c'est vital !) on délaisse forcément tout le reste ce qui rend le charisme, la fabrication et tout le reste complètement inutile dans le gameplay (assurément les très bons joueurs y ont trouvé un intérêt, pas moi). La gestion de l'inventaire contient un peu les mêmes tares que BG3, parce que trop d'objets, tout le temps, et puis les grades des objets sont assez incompréhensibles, avec des objets Divins moins bons que des épiques, généralement parce que leurs stats sont aléatoires, ce qui donne des objets pour mage donnant de la force ou un objet pour gredin donnant de l'intelligence
Les combats sont parfois des purges, parfois des promenades de santé (parfois pour le même combat !) lié à des compétences overcheaté possédés par le moindre troufion de base (un petit envoûtement qui passe et le groupe est décimé, je parle même pas d'un sort de peur de masse), à l'inverse certains boss sont complètement sensibles à de petits sorts ce qui permet de les immobiliser à la chaîne (pas plus mal ceci dit, sinon ça aurait vraiment été encore plus dur). On passe son temps à zigzaguer entre des surfaces gelées ou brulées ou empoisonnées qui mettent un temps fou à disparaître, c'est vraiment lourd et on finit par se contente d'attaquer à distance et à ne pas bouger (car le poison et le feu n'agissent qu'en bougeant, c'est étonnant). Une fois bien avancé en niveau cela devient vraiment facile avec des compétences de niveau maître pour le coup overcheaté pour nous (genre des sorts de zone mais hyper selectifs ne touchant que les ennemis, c'est cool) jusqu'à arriver au boss de fin.
Bon, je n'ai pas de problème particulier avec le fait d'avoir un boss de fin difficile, c'est satisfaisant quand on passe l'épreuve. Ma première tentative a été un échec assez logique mais la deuxième tout en étant mieux parti a échoué mais pour une autre raison : ici on est dans une situation où on ne peut pas revenir en arrière sans se faire tout le dernier donjon donc assez chiant et puis de toute façon les possibilités de leveling sont plutôt faibles comme les monstres ne repope pas, et surtout la condition de défaite, outre le fait de perdre tous le groupe, est de perdre Astarté, la déesse.
Or le dragon du vide balance des dégâts qui vont la one shot sans difficulté, et cette imbécile est pas foutu de penser à se soigner et se protéger (elle a les sorts, elle les utilise sur les autres, parfois). A priori il aurait fallu que je positionne mes persos à distance autour d'elle pour qu'ils se fassent attaquer et pas elle, mais bon j'ai eu la flemme et je suis passé en mode explorateur pour le combat final, et même comme ça c'était une purge. Jusque là les sorts défensifs ont jamais été une nécessité, je n'avais donc développé mes persos dessus
En fait le truc le plus débile c'est qu'on passe tout le jeu à perdre parfois des compagnons tout en ayant toujours la possibilité de les ressusciter, et là on ne sait pas pourquoi ça ne fonctionne pas avec elle. Même Zandalor est mort plusieurs fois pour toujours revenir. Il aurait été logique de la perdre quelques tours, en mode assommé, et ne pas avoir ses bonus, tout comme Icara pête les plombs quelques tours pour laisser la place à Leandra pendant quelques tours, c'est assez rigolo d'avoir un perso qui alterne pendant le combat. Mais là non, Astarté elle est immortelle, mais là elle mourra bêtement
La durée de vie est plus qu'honorable, même si on passe beaucoup de temps à gérer l'inventaire
Dernier point, les musiques qui sont... relous !
Ce jeu restera un bon souvenir, je pense