Dans la lignée de Quantic Dream et de Telltale Games, le studio français Dontnod (Remember me) lance Life is strange, jeu à scénario aux choix multiples dans lequel on incarne Maxine Caulfield, élève de terminale dans un lycée privé américain spécialisé dans plusieurs matières dont la photographie, qui découvre qu'elle a la faculté de remonter le temps sur de courtes périodes, lui permettant ainsi de revenir sur certains des choix qu'elle aura à faire, ce qui constitue une composante importante du gameplay.
L'épisode 1, dénommé Chrysalis, commence lors d'un cauchemar pendant lequel Max voit une tornade se diriger vers la ville, et continue dans sa salle de classe, puis dans le lycée, sur le campus (cour, dortoir et parking) et la dernière partie chez Chloé, son amie d'enfance qu'elle retrouve après cinq ans sans nouvelles.
Le jeu est assez beau et la direction artistique réaliste a une petite touche particulière qui fait qu'elle se démarque. L'ambiance est excellente grâce à de belles musiques plus ou moins mélancoliques et l'univers des lycées américains est très bien retranscrit avec les casiers, les élèves aux styles très différents, les équipes sportives et leurs trophées en vitrine et le très bon doublage américain.
On déplace Max à la troisième personne, on peut observer de nombreuses éléments sur les lieux, avoir une information sur chaque élève et leur parler. Il arrive souvent qu'on ait le choix entre répondre plusieurs choses, et on remonte parfois le temps quand on a appris une information afin de répondre quelque chose d'encore plus pertinent selon le contexte.
Contrairement aux Telltale Games, on observe, on bouge et on parle bien plus qu'il y a de cutscenes et la sensation de liberté est très grande, surtout au moment où on sort du lycée : on peut aller directement aux dortoirs pour continuer le scénario principal, mais aussi explorer la cour du campus et aller dialoguer avec pas mal d'élèves. Certains choix peuvent avoir des conséquences mineurs : si par exemple on se laisse dessiner, on pourra voir notre portrait sur facebook dans notre chambre. D'autres sont sans doute plus important, comme le choix de rassurer Victoria ou de se moquer d'elle quand elle est recouverte de peinture, les moments où on peut intervenir pour défendre des amies, et bien sûr le fait de dénoncer ou non Nathan.
Le background est déjà très étoffé grâce au journal de Max consultable dans le menu, dans lequel on peut lire ce qu'elle a fait les jours précédents sa rentrée et on en déduit déjà qu'elle est une fille timide, qui est retournée dans la ville de son amie d'enfance et qui est ravie d'avoir un grand photographe comme professeur. Pas mal de signes rendent bien compte de l'état d'esprit adolescent des personnages, comme l'écriture de Max comme quoi elle voudrait épouser son prof (même si elle précise bien qu'elle dit ça pour rire), le langage très djeuns (comme le skateur qui dit qu'un est une fake si on connaît pas les termes des figures), les chamailleries entre filles ou encore l'omniprésence de la technologie utilisée par les jeunes comme les smartphones et facebook, le terme "sexto" étant une parfaite illustration du tout.
Le découpage du chapitre est très bien dosé et le scénario reste très intéressant de bout en bout. Max étant une fana de photo, on peut en prendre un certain nombre qui seront recensées dans notre journal, comme une invitation à de petits objectifs secondaires. On peut recevoir des textos de nos parents ou de nos amis à tout moment, on les voit même s'écrire sur le moment et parfois Max y répondre : l'immersion n'en est qu'encore plus forte.
Life is strange commence très fort avec un excellent premier épisode qui instaure un très bon background, un univers très immersif, un gameplay avec pas mal de variantes dans les choix et des personnages fortement attachants. Toutes les six semaines un nouvel épisode : LIfe is strange est bien partie pour être un des meilleurs jeux de 2015 !!!