7 ans après la sortie d’Until Dawn, Supermassive Games gèle temporairement la série des Dark Pictures pour nous proposer The Quarry. Si le studio n’a rien proposé d’exceptionnel ces dernières années, l’attente autour du jeu n’en est pas moins importante ; il est temps de renouer avec les fans de la première heure en leur offrant le jeu d’horreur de l’été.
En 2015, Until Dawn avait marqué un réel tournant dans l’animation faciale et proposait une aventure au visuel globalement très réussi. Le constat pour The Quarry est tout autre ; pourtant sorti 7 ans plus tard, il propose une technique à peine supérieure. C’est simple, on pourrait se demander si le moteur graphique a réellement évolué. Le travail sur les visages est toujours convaincant mais loin d’être épatant, tandis que le reste du décors profite d’éclairages efficaces et réalistes…mais présente parfois des textures assez grossières. On peut difficilement passer à côté du design des loups-garous, la nouvelle menace griffue à laquelle les joueurs devront survivre ; de leur silhouette squelettique à leurs yeux perçants, en passant par leurs longues griffes jusqu’à leurs mouvements, ces bêtes sont tout bonnement trop proches des wendigos d’Until Dawn. Il aurait été intéressant de proposer une formule légèrement différente pour marquer un réel changement dans la manière de faire face au danger. Vous l’aurez compris, on a réellement l’impression d’être resté en 2015, mais le moteur de Supermassive Games reste plus que correct et, si l’on met de côté les quelques bugs, propose un visuel immersif qui sert bien son histoire.
Côté son, l’expérience n’a rien d’extraordinaire mais reste propre. Les doublages français sont relativement bons et l’environnement sonore est convaincant. On notera malgré tout plusieurs bugs dans les dialogues qui viennent de temps à autres casser l’immersion d’une scène. A d’autres moments, ce sont les choix des musiques qui posent problème ; Supermassive a joué la carte d’un style décalé en accompagnant certains passages angoissants de musiques qui dénotent totalement avec ce que l’on voit ou ce que l’on vient de voir à l’écran…mais force est de constater que Tarantino reste le maître en la matière. Pour autant, certains morceaux sont bien placés et l’immersion sonore est souvent correcte.
Ce n’est évidemment pas d’un jeu de Supermassive Games que l’on attend un superbe gameplay, complet et dynamique. Non, une fois encore, la recette propose des déplacements assez lourds de temps en temps musclés par une séquence de QTE. Dans les faits, le fait de ne pas pouvoir se déplacer rapidement n’est pas un mal ; cela diminuerait probablement la tension de certaines scènes, tout en raccourcissant une durée de vie déjà mince. En revanche, il est regrettable que certaines mécaniques d’Until Dawn ait été remplacées par des versions bien moins efficaces, comme les courts instants durant lesquels il ne fallait pas bouger sa manette pour éviter de se faire repérer par les créatures…ici échangées pour ces scènes où l’on doit simplement maintenir la touche X un certain temps pour masquer sa respiration ; ce système s’avère malheureusement bien trop facile et réduit dès lors significativement la tension et le stress ressentis par le joueur.
L’histoire est intéressante et offre quelques passages bien inspirés, mais une fois encore, c’est en dessous d’Until Dawn. Les personnages sont moins marquants, tandis que les loup garous sont à la fois moins originaux et moins effrayants que les wendigos. En résulte un titre sympathique, meilleur q’un Man of Medan mais toujours en dessous de l’ainé de Supermassive Games. L’expérience en vaut néanmoins la peine, surtout si vous comptez y jouer à plusieurs grâce au mode coop locale, efficace et réellement amusant.