Un écran titre minimaliste, un prologue qui donne le ton, à mi-chemin entre Kill Bill (vol 1) et les films Hong-kongais d’art martiaux et le ton est donné : Sifu est une perle ! (imparfaite, certes, mais une perle).
Graphiquement très beau pour peu qu’on adhère à cette DA coupée au couteau : les décors sont variés, détaillés, et on voit notre avatar vieillir au fur et à mesure. C’est simple, original et on sent un réel parti pris, pas un cache misère. Techniquement c’est du solide sur PS4 : temps de chargement assez courts, pas de ralentissements, l’action reste fluide même avec beaucoup d’ennemis à l’écran… On aurait aimé quelques détails mieux réalisés : le vent dans les ventilateurs par exemple. Mais qu’importe : ce qui compte dans ce titre, c’est un gameplay nerveux. Et bon sang, nous sommes servis !
Attaques faibles, fortes, projections, esquives, parades, armes, jets et j’en passe… Chaque affrontement est différent et malgré le côté « beat them all » qui est synonyme de répétition, les lieux, compétences à débloquer les rendent uniques. Un énorme effort a été fait sur l’IA : les ennemis savent prendre leur temps, vous attaquer au pire moment pour vous, ils n’hésitent pas à fondre sur vous alors que vous tabassez un autre ennemi, ils savent utiliser des armes au sol, ils réagissent quand vous en prenez une… Même le clampin de base vous donnera du fil à retordre. Seule ombre au tableau : une maniabilité parfois douloureuse quand il y a plusieurs ennemis : notre avatar frappe parfois un ennemi qu’on ne veut pas, la faute à une absence de lock. Et il aurait été intéressant d’avoir plus d’interactions avec le décors, mieux l’utiliser pour vaincre nos ennemis.
La progression est sublimée par un système extrêmement ingénieux : l’âge. A chaque mort, vous vieillissez et passé un certain âge, c’est le Game Over. Il y a un certain côté « Die and Retry », mais heureusement vous ne perdez pas toute votre progression. Chaque essai est donc un savant dosage entre stratégie à court terme et long terme (débloquer plusieurs fois une compétence pour qu’elle soit définitive quitte à sacrifier des compétences pour la run en cours). Seule ombre au tableau (pour pinailler) : les boss ne vieillissent pas et les dialogues ne s’adaptent pas à l’âge de notre avatar (« j’ai attendu ce moment depuis 8 ans » heu… non : 49 en fait).
Cette progression rend forcément le titre répétitif mais il y a une sorte de replay-value si on cherche à collecter tous les indices de chaque niveau et à débloquer de nombreuses compétences.
Le jeu est difficile, ou plutôt exigeant. Même le moindre ennemi arrive à parer, bloquer vos coups. Il vous faudra de l’entraînement, du timing mais si le titre est punitif, il se montre rarement injuste (on peut regretter une caméra qu’on doit replacer parfois et une absence de lock qui, si elle offre plus de liberté de mouvement, entrave forcément la précision).
Je ne suis pas ce qu'on appelle un hardcore gamer : je suis nul aux Souls et autres titres du genre. Sifu me donne du fil à retordre mais j'apprends de mes erreurs et je sais qu'à force d'entraînement j'arriverai à le surmonter. Et le système du jeu ne rend pas le game over si punitif que ça.
L’histoire est très classique, la mise en scène minimaliste mais diablement efficace, le titre est bourré de séquences qui vous rappelleront des scènes d’anthologie des films qui ont inspiré Sifu. Même si je regrette un peu les écrans de morts et de Game Over, un peu trop austères à mon goût.
Pour résumer : une très belle pépite, un jeu qui de part son approche offre un énorme vent de fraicheur sur le genre très classique qu’est le beat them all.