Ce jeu mériterait un long texte mais je vais essayer de la faire relativement courte :
ToCS est l'héritier des Trails in the Sky, dont il présente la facette "Empire" du continent de Zemuria, qui sert d'univers à l'ensemble de la série Kiseki. Puisqu'il s'inscrit dans une chronologie fixée (2 ans après les évènements de TitSSC), cet univers parait vivant et permet l'implication du joueur de longue date. Ce qui ne veut pas dire que les nouveaux venus ne peuvent s'y plonger, il faut bien commencer quelque part. Cependant certaines têtes connues refont leur apparition ou sont évoquées, et il est toujours plaisant de comprendre les tenants et aboutissants de choses qu'on a participé à batir. Bref, ce premier volume se concentre sur la part politique, l'affrontement de diverses factions au sein de l'état d'Erebonia ; on devine en toile de fond que l'organisation Ouroboros va jouer à nouveau un rôle dans la suite.
Pour le reste, le jeu garde la grande majorité des systèmes, à deux exceptions près : la première étant les phases de vie scolaire de Rean Schwarzer, notre protagoniste principal qui accompagnera la classe VII. Durant ces phases rappelant un Persona, le joueur impliqué aura à cœur de parler à tout le monde, à régler leurs problèmes sous forme de petites quêtes généralement pas très développées, accompagnées de l'exploration d'un court donjon. D'autres phases nous enverront sur le terrain dans les villes alentours, et seront l'occasion (enfin) de faire évoluer le scénario. Il faut quand même noter que les élèves de la classe VII ont tous (ou presque) un background et une personnalité soignée (bien que très stéréotypée) qu'on apprendra à aimer petit à petit. Leurs relations font pour beaucoup dans le plaisir de jeu.
Ce découpage en phases distinctes a un défaut cruel, le manque de rythme général de l'aventure et le cloisonnement de celles-ci, qui de fait invite bien moins au voyage que TitS. On est sans arrêt transbahuté en train sans vraiment pouvoir aller flâner dans d'autres contrées ni revisiter les villes, et donc incapable (toujours par comparaison) de reparler aux PNJ pour voir ce qu'ils deviennent. Dommage car c'était un très bon point de TitS, cette façon de proposer un univers persistant demandant de s'intéresser à la vie des personnages ne prenant pas part à l'action mais la subissant. Seuls les élèves de l'école qu'on fréquentera avec assiduité ont droit à ce traitement. C'est déjà ça mais le jeu ressemble désormais à une aventure sur rails.
L'autre vraie nouveauté concernera le système de combat, qui s'il reste dans la droite ligne des précédents volets, est accompagné d'un système de Master Quartz. Il s'agit là de cristaux équipables, comme les autres, mais qui boosteront en plus les statistiques des persos, leur donneront plusieurs Arts et passifs utiles et bien marqués (boost d'attaque pendant x tours, améliorations d'état etc.) et surtout gagneront de l'expérience au fil des combats. Un apport louable qui améliore cette sensation de pouvoir accommoder chaque personnage à sa manière et selon ses gouts : faire de Rean un monstre de vitesse et d'esquive ou l'orienter plus bourrin, par exemple.
Seulement là encore, un double effet kiss kool : Les Arts sont désormais fixés à divers quartz, et non la résultante des forces élémentaires associées à ceux-ci. C'est certes plus simple, mais on perd beaucoup en souplesse puisque les quartz disponibles au début de jeu sont peu nombreux. Mais pire, les Arts eux-mêmes perdent très nettement en utilité, tant les Crafts (techniques spéciales) leur sont supérieurs en tout point de vue : facilement utilisables (les CP remontent vite), bien plus rapides à l'utilisation, et surtout beaucoup plus puissants surtout au début du jeu. Un déséquilibre qui relègue les "mages" au rang de soigneurs ou soutien.
Je m’arrête là, Trails of Cold Steel est un bon jeu, pas aussi excellent que les TitS mais une histoire agréable à suivre malgré quelques longueurs et mauvais choix de game design. C'est en tout cas un épisode à faire pour qui aime la série ou les RPG solides mais bavards (très bavards, même si le doublage anglais est très inégal), en j'en attends la suite avec impatience.