Bon, JamesBond, faut bien le dire, c'est l'espion qui a le nom le plus classe depuis la création de l'humanité. Cherchez pas, Jason Bourne, c'est son gosse. Ethan Hunt c'est un comique. Jack Ryan, il est encore à la crèche. Et donc, James, c'est un fou : après 23 films, 700 décès, 600 ennemis descendus, 140 femmes sautées, 100 mortes, 0070000 munitions utilisées, et quelques bouquins de brûlés, fallait quand même qu'il change un peu de registre, et aille défourailler ailleurs.
Ben oui, comprenez bien, c'est plus marrant, au bout d'un moment, de détruire du papier et de se taper des bobines. Alors, il s'est attaqué au numérique avec Goldeneye. Le chef-d'oeuvre de la 64. Mais c'était y'a longtemps. Trop longtemps. Et le chef-d'oeuvre semble avoir été oublié par tous ceux qui ne sont pas des joueurs pointus. Et sur cette grande déception, on peut notamment remarquer le génie des escrocs à la base de ce nouveau Goldeneye.
On pouvait penser qu'ils reprendraient le film et son scénar. En fin de compte, ils nous livrent une intrigue plutôt alléchante. Donc oui, ce que j'ai dit plus haut est annulé. Et non. Parce qu'il faut le dire, le scénar est clairement rédigé avec les pieds. En fait, c'était cool de vouloir réunir tous les méchants de James Bond, mais... pas comme ça.
En même temps, c'est un truc carrément casse-gueule de vouloir faire ça : parce qu'il faut pas exagérer non plus, à moins de n'avoir jamais vu un seul film James Bond, on remarque clairement que James Bond c'est pas Batman; ses ennemis, il les tuent, bon sang ! Le Joker, avec lui, il aurait pas vécu 75 ans, hein... Enfin, on sait pas tellement qui aurait pu s'en sortir...
Et donc, vous l'aurez compris, ça respecte pas du tout la saga dont c'est censé porter le nom. Et donc, vous l'aurez compris, les mecs qui ont fait ce jeu n'en ont rien à foutre du personnage, et de sa mythologie. Et donc, vous l'aurez compris, je viens de beuguer, mais c'est normal, c'est qu'à ce moment précis de ma vie, franchement, je regrette vraiment de l'avoir acheté, ce fichu jeu.
Le scénar est donc complètement linéaire. Seulement, l'action l'est aussi. L'action et tout ce que l'on fait dans le jeu. En fait, c'est toujours la même chose. Alors au départ, tu te dis "ouais, c'est cool, je vais démolir du peuple". Et là, tu te prends pour un Dieu, t'es John Woo avec deux gros gun, et t'exploses des portes, et t'exploses des gens, et tu détruits du décors, et tu jouis sur la gueule de tata timone parce que t'es le roi du monde.
Et là, désillusion. Le premier niveau passe. Puis, le second. Et, le troisième. Et au quatrième, autant te dire que t'en as rapidement plus rien à foutre de buter des méchants. En même temps, même les armes ne changent pas, alors bon... Et donc, c'en devient vite gavant. Mais alors vraiment, vraiment gavant. C'est pas comme dans un Call of où le tout est vraiment varié, non là c'est tout le temps la même chose, c'est rébarbatif à donf.
Vous l'aurez compris, on s'ennuie vite. Les graphismes, plutôt corrects, apportent quand même du fun à la chose. Au début. Pas trop d'aliasing à l'écran, même si c'est loin d'être parfait. La jouabilité, quand à elle, est un poil trop rigide. Dommage. Vous n'aurez qu'à voir ( enfin jouer, manière de parler ) les autres jeux de la même licence, tels que "Nightfire", à tout hasard, pour voir que le truc est clairement moins bon que la moyenne des jeux du genre.
Et puis mince, pas une seule phase avec un véhicule dans un jeu James Bond, ça fait mal au bide. Même pas la peine de vous parler de l'absence de phases d'infiltration, je pense qu'on n'en est plus à ça de près. Loin d'un jeu d'espionnage délicat, GoldenEye : Au service du mal est un jeu d'action débile et bourrin, bourré d'action mais sans une once de finesse. Le rapport avec James Bond, s'il vous plaît?