Tout d'abord, je tiens à dire que j'ai fini Killer 7 et donc que ce que je dis est basé sur un jeu que j'ai fait de fond en comble.
Nous avons donc là une expérience tentée par Capcom. Un univers réduit à un mode d'expression le plus primaire puisque formé uniquement de lignes qui sont plus là pour suggérer des décors que pour en réaliser. L'histoire tordue à souhait est très attirante, ce n'est pas tous les jours qu'un jeu permet autant de se plonger dans la schizophrénie. L'ambiance sonore est également très bonne, le chara design très sympathique, l'univers rappelle les films de Quentin Tarantino. Bref, voilà ici les bons côtés de Killer7.
Or, qu'est-ce qu'un jeu vidéo sinon... un jeu ? Killer7, sous prétexte de se faire passer pour une soi-disante oeuvre d'art (ouais bof, ce n'est pas parce qu'on fait quelque chose de conceptuel que cela devient forcément artistique) multiplie les écarts quant à l'origine même du jeu vidéo. Que demande-t-on aux développeurs ? Du fun, de l'amusement, de l'éclate, de l'émotion ? Ou alors ne recherche-t-on que "tout ce qui tourne autour du jeu vidéo sans jamais l'atteindre", Je veux parler ici des mangas, de la psychologie, d'un chara design, d'un univers... bref, Killer7 n'est pas un jeu vidéo, mais l'enveloppe externe d'un jeu vidéo. On a le monde, on a l'ambiance, on a les personnages, on a l'histoire, on a la bande-son... mais on n'a pas le jeu. On s'ennuie DU DEBUT A LA FIN. On fait toujours la même chose, à savoir se balader dans des couloirs prédéfinis pour trouver un objet qui servira à résoudre une énigme qui se résoudra elle-même tant elle est facile (je ne plaisante pas, des fois les indices disent carrément en détails ce qu'on doit faire, vive la recherche !). On guette alors une petite phase de shoot contre des ennemis aussi charismatiques qu'une colonie de morpions. On se dit pour finir qu'il y a 7 personnages, avec des caractéristiques propres à chacun mais ce n'est qu'un leurre horrible puisqu'on peut changer de personnage sans cesse (avec des temps de chargements horribles à chaque fois), cela juste pour sauter un toit ou passer dans un couloir étroit. J'ajouterai enfin qu'il ne faut pas dire que le scénario est génial parce qu'il est tordu ; ce qui est complexe n'est pas forcément travaillé. Le soit disant coup de théâtre final est loupé, et l'histoire est tellement tordue qu'au final on ne la suit plus. On a alors qu'un choix : se concentrer sur le jeu et... dommage, y'en n'a pas. Non sincèrement, si vous aimez les mangas et les trucs tordus, achetez plutôt une bonne OAV. C'est simple, Killer7 s'est gourré de support, jamais il n'aurait dû être un jeu vidéo. Et si vous aimez le gameplay et le plaisir de jouer, alors là tout est dit : ne prenez surtout pas ce jeu. En tous les cas, essayez avant d'acheter.
Pour terminer, Killer7 n'est qu'une expérience, un moyen de faire passer un concept. Mais se concentrer UNIQUEMENT sur cet aspect dans le monde des jeux vidéo est une grossière erreur : on achète pour jouer, pas pour admirer le délire expérimental d'un concepteur qui oublie l'essence même du jeu vidéo. Tetris, Bomberman, ou Supermario n'ont jamais recherché des concepts à outrance ; ils sont simplissimes, et pourtant on s'amuse toujours avec. Une leçon pour Killer7. Le joueur veut un jeu, pas un truc qu'on appelle un jeu.