Malgré ce que la plupart des joueurs en a pensé, Tomb Raider La Révélation Finale reste et restera l'un des coups de maître indéniables de Core Design, cet épisode place tous les éléments inhérents à la jeune Britannique au paroxysme de la transcendance. Malgré la fumisterie d'un éditeur toujours plus cupide, il faut avouer que le 4ème volet, désigné comme une cure de jouvence pour les fans n'est pas faux, loin de là. Il en reprend la base tout en la solidifiant, voilà pourquoi La Révélation Finale s'élève au rang de véritable masterpiece dans le monde de l'aventure aux tendances mystiques et immuables.
L'arrivée des nouveaux effets 3D a offert un beau lifting au moteur bien rôdé, moins fin que sur PC mais quand même très joli, ce sont les effets qui franchissent un cap de réalisme avec toujours un soin affolant apportés aux quatre éléments notamment l'eau et le feu, foudroyants de beauté. Les modèles 3D s'agrandissent, Lara est resplendissante même si les autres protagonistes bien que soignés ne jouissent pas du même faste. La majesté est comme toujours au rendez-vous.
Le Gameplay s'est sensiblement affiné, il y a plus de réaction de la part de la belle et puis bon, on a appris à la diriger dans ses cabrioles. Les phases de plate-formes sont juste jouissives, le level design torturé et majestueux donne naissance à des niveaux d'une rare magnificence, s'étalant parfois sur des hauteurs faramineuses, la verticalité est de toute façon l'un des points en béton des Tomb Raider ce qui donne souvent l'occasion à la belle de voltiger de pilier en pilier haut de parfois trente mètres. Les gunfights sont grisants à souhait, la pulvérisation des espèces en voie de disparition ou d'autres créatures à pourfendre se fait à grands coups de Uzis ou de pétoire à pompe, l'inventaire se voit réduit mais n'en ressort d'une certaine façon que plus affolant : arbalète qui explose tout sur son passage, des grenades qui pètent en trois fois pour aller faire sauter le gusse ou la "chose" à côté, bref c'est le bordel quand ça part en excitation gestuelle et on aime ça, d'ailleurs je crois que le seuil orgasmique est atteint quand il s'agit de pulvériser aux grenades dites "normales" des squelettes tout en jonglant entre moult précipices ne pardonnant pas le pas de travers tout comme les fourbes trente mètres en contrebas. D'ailleurs en termes de pièges, il sont tous aussi retors et fascinants les uns que les autres, des cercles acérés aux croix de la mort en passant par ces couteaux de trois mètres de long accrocs aux tendons. Chaque instrument de mise à mort (ou d'auto-dérision, c'est selon) est un pur régal à contempler car il inspire la volonté des développeurs ayant réellement voulu donner leur coeur aux fans. La conduite de véhicules fait son retour également bien que celle-ci soit très légèrement en retrait par rapport aux autres volets. Quel foutoir je mettais (et mets encore) avec le side-car dans la belle dans une ville du Caire plus sombre que jamais. C'est trop fun aussi de faire le mariole sur les dunes de sable de la Vallée des Rois en Jeep jusqu'à ce qu'on se rétame lamentablement dans un gouffre situé entre deux monts, c'est là que la perversion des développeurs rend ce jeu si sensationnel.
Trente-neuf niveaux de jouissance folle, tous éclectiques, tous enivrants, tous terribles, ce n'est pas Seth qui me contredirait. Tous se passent en Egypte et pourtant tous sont visuellement médusants car savamment conçus. Véritable dépaysement de bout en bout, l'aventure se déroule dans des niveaux labyrinthiques où les énigmes perverses abondent, et où l'émerveillement ne cesse de s'exacerber devant des créations dantesques sur à peu près une cinquantaine d'heures (14 heures et 42 minutes pour moi) mais moins pour les aficionados qui trouveront (enfin ont certainement déjà trouvé) à leurs heures perdues dans les tombes comment dénicher non pas 70 mais LES 73 secrets...
Peter Connelly signe une bande-son une nouvelle fois mirifique qui s'adapte toujours aussi bien aux aventures de la miss dans la droite lignée de ce que faisait Nathan McCree au service de sa Majesté.
Le scénario toujours bien ficellé, ancré dans cet univers mystique, entraîne le joueur au gré des dunes et du sirocco égyptien pour venir le suspendre à l'écran jusqu'à la fin, qui aura fait chavirer plus d'un inconditionnel de Lara Croft...
Il n'a peut-être pas la carrure de la véritable pierre angulaire ayant révolutionné le monde du jeu d'aventure en 1996 (de toute façon, on ne fera jamais un produit aussi puissant que le premier) mais ce quatrième volet dégage un faste hallucinant ineffable qui le place au rang des perles atemporelles, tout vieillira, sauf les piliers du genre, auxquels l'érosion temporelle ne peut rien faire car ils sont portés par cette volonté de conserver un coeur brûlant qui ne cessera jamais de briller de mille feux ou devrais-je dire, de mille trésors.