Critique complète sur le LeJeuneLoup.com
Il arrive que le jeu-vidéo soit marqué par de belles histoires : imaginez un créateur atteint d’une maladie du cœur, désireux de financer son jeu indépendant inspiré de classiques tels que Zelda, Diablo ou Dark Soul, le tout avec un pixel art ultra-soigné et un gameplay exigeant… Il avait besoin de 27 000$, il en récoltera plus de 600 000$, un succès largement mérité tant le jeu semble prometteur, et puis le temps passe, la maladie s’aggrave, il semble même à un moment que le titre soit condamné à rester à l’état de fantasme inachevé… Sauf qu’après plus de deux années de retard le jeu arrive sans prévenir, un 31 Mars, bel et bien fini et surtout très réussi. Acclamé par la critique et les joueurs malgré quelques réticences liées à la difficulté et aux attentes démesurées de certains idéalistes, malgré l'attente et le budget titanesque, le titre ne déçoit pas. Cette belle histoire, c’est celle d’Hyper light Drifter ; un jeu qui vaut le détour et le gros coup de cœur de ce début d’année pour votre serviteur.
Une Histoire de cape et d’épée.
Le scénario du titre est assez mince, (pour ne pas dire inexistant...) vous êtes un Drifter, un héros solitaire armé du croisement entre une épée et un sabre laser, et vous vous êtes fixé pour tâche de nettoyer le monde du mal qui y sévit. La narration, (pilier du jeu-vidéo, on le rappelle) est quasi-inexistante, vous allez découvrir l’histoire à mesure que vous explorez les différentes régions de ce petit univers qui semble avoir été marqué par la présence de titans et ou il ne fait pas bon sortir sans votre lame, tant tout ce que vous y croiserez est dangereux et risque de vous tuer. On meurt très facilement dans Hyper Light Drifter...
Visuellement le jeu est une énorme claque, mais il ne s’agit pas d’une démonstration technique à la façon du très attendu Uncharted 4, c’est simplement l’un des plus joli pixel art auquel j’ai joué. Tout fourmille de détail, il y a beaucoup d’environnements différents, d’ambiances plus ou moins oppressantes. Il y a par exemple, un jeu constant sur la profondeur de champs, et lorsque vous vous apercevez que l’espace dans lequel vous vous baladez est en fait un crane gigantesque, je vous mets au défi de ne pas dire à haute voix : « bordel, c’est quand même beau » En revanche tous les goûts sont dans la nature et si vous êtes allergique à ce style bien particulier qu’est le pixel Art, il vaut mieux passer votre chemin. D’ailleurs je me sens un peu triste pour vous, parce que cela signifie que vous avez également loupé beaucoup de très bon jeux tels que FEZ, Hotline Miami ou le plus récent Enter the Gungeon. Il y a actuellement une prolifération de jeux en pixel art, déjà parce que c’est souvent moins cher à réaliser et que cela permet au jeu de fonctionner sur beaucoup de bécanes, cette prolifération m’inquiète parce qu’elle peut amener un ras-le-bol général de « ces jeux pleins de petit carrés », mais Hyper Light Drifter se pose comme la preuve que le pixel art n’est pas forcement la solution de facilité et peut également servir un propos, créer un univers cohérent et dans lequel on prend plaisir à se plonger encore et encore, pour finir ce maudit mode Hardcore par exemple.
Le cœur du Jeu : Un gameplay exigeant.
Hyper Light Drifter peut se montrer assez retord au début, ou même à la fin vue que certains joueurs préfèrent rusher le jeu plutôt que prendre le temps d’explorer et de se perfectionner. Pourtant je vous l’assure le plaisir vient avec l’entrainement, à force de gagner en sens du rythme, en apprenant à utiliser vos coups et vos munitions avec parcimonie. Oui, il y a aussi des flingues qui se rechargent lorsque que vous frappez vos ennemis au sabre, ce qui permet de maintenir un savant équilibre, une petite danse marquée par le tempo de vos coups et de vos tirs. Tout cela vous procurera une réelle satisfaction lorsque qu’à la fin d’une séquence vous verrez gisant sur le sol tous les corps de vos ennemis.
Hyper Light Drifter n’est pas facile, il est gratifiant, et je vois que malgré un accueil très positif de la critique, (actuellement 86/100 sur Metacritic) certains joueurs ont réagi assez violemment, face à la difficulté du titre. À cela je n’ai pas grand chose à répondre, si vous trouvez le jeu trop dur, à l’image d’un livre ou d’un film que l’on n’arrive pas à finir, c’est simplement qu’il n’est pas fait pour vous, et c’est assez ingrat de le qualifier de mauvais, ou de raté simplement parce qu’il ne vous convient pas.